BOBINE DE RUHMKORFF
Cet appareil n'est autre chose que l'appareil d'induction de Masson et Breguet (1842) considérablement perfectionné. Il se
compose de deux bobines, dont l'une intérieure, enroulée autour d'un fer doux, est faite d'un gros fil peu résistant et est parcourue parle courant inducteur; la seconde est constituée par l'enroulement du fil induit qui doit être long et fin et former de nombreuses couches.
Un courant lancé dans l'inducteur et fréquemment interrompu donnera dans l'induit des courants alternativement de sens contraires que l'on pourra recueillir aux bornes de la machine. Depuis l'origine de ces machines les interrupteurs ont subi de nombreuses modifications; l'interrupteur de Masson et Breguet n'était autre que la roue dentée déjà décrite; RuhmkorflF y substitua, en i85i, un interrupteur automatique à marteau dû à de la Rive.
En avant d'un contact à vis B (^fig- 236) est un marteau de fer doux soutenu par une lame r/ flexible ; ce marteau se trouve en regard de l'extrémité de l'électro-aimant qui sert de noyau à la bobine; lorsque le courant d'une pile de quelques bunsens esl
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lancé en rr' dans Finducteur, il fait retour par a et 6 à la pile; r électro-aimant étant actionné, le marteau est attiré et le circuit se trouve rompu 5 le courant cesse tout aussitôt, l'attraction n'existant plus, la lame qui porte le marteau revient au contact de la vis B et le courant peut passer de nouveau ; la même série de phénomènes se reproduira indéfîniment, et à chaque établissement et à chaque rupture du courant inducteur, le fil induit sera parcouru par un courant instantané de très grande force électromotrice que l'on pourra recueillir en iV aux bornes de la machine. Un commutateur inverseur c, du système de Bertin, est placé sur l'appareil et permet de changer à volonté le sens du courant inducteur.
La méthode du filtrage des courants par l'étincelle permet de reconnaître que l'induit direct possède une force électromotrice incomparablement plus grande que l'induit inverse; si, en effet, on établit un faible intervalle entre les extrémités du fil induit, on peut constater en établissant et rompant une seule fois, à la main, l'inducteur, que les deux induits, inverse et direct, jaillissent sous forme d'étincelle; mais que, si l'on vient à augmenter peu à peu cet intervalle, le direct seul traverse la couche d'air de grande résistance interposée entre les extrémités de l'induit. Les bobines construites d'après ces principes ne pouvaient pas donner d'étincelles bien puissantes; deux perfectionnements importants ont fait de ces machines des instruments beaucoup plus remarquables.
Bobines cloisonnées. — D'après la construction que nous avons indiquée, deux points de l'induit qui se trouvent en contact et qui appartiennent à deux couches successives sont, en réalité, distants de toute la longueur du fil qui constitue ces deux couches; la différence de potentiel entre ces deux points peut donc prendre une valeur telle que les isolants ne puissent résister; une étincelle jaillira, la bobine sera crevée et toute la longueur du fil interposée entre ces deux points sera, après cette rupture, annulée au point de vue électrique.
Poggendorff (i855) a imaginé, pour éviter cQt inconvénient, de construire les bobines dites cloisonnées; la bobine est formée d'une série de bobines plates sur lesquelles le fil est enroulé; ces
bobines sont séparées par des cloisons isolantes, en verre, en ébonite, en papier paraffiné, les extrémités des fils étant soudées bout à bout de façon que les bobines soient, en réalité, placées bout à bout et parcourues par le courant dans le même sens ; Tisolement de rinduit est alors beaucoup plus facile à obtenir et Ton peut remplacer la soie par une simple couche de vernis.
Condensateur de Fizeau« — Dans les premières machines, il se produisait, entre l'enclume et le marteau, au moment de la rupture, une étincelle due à l'extra-cou ranl de rupture; les surfaces étaient rapidement détériorées, et de plus cet extra-courant, prolongeant l'inducteur au moment où l'on se propose de le faire cesser, diminuait la force électromotrice de l'induit direct. M. Fizeau fit disparaître cet inconvénient en établissant dans le socle même de l'appareil les feuilles d'un condensateur à lames d'étain, reliées les unes A à a, les autres B à 6. Au moment de la rupture de l'inducteur, l'extra-courant se répand dans le condensateur et charge positivement les lames A, négativement les autres; ce condensateur se décharge, d'ailleurs, aussitôt en donnant un courant qui traverse la bobine inductrice et la pile en sens contraire du courant inducteur qui vient de se terminer; ce courant sera donc exactement inverse de l'extracourant qui formait l'étincelle; son effet est d'augmenter, dans des proportions énormes, la force électromotrice de l'induit direct, puisque la longueur des étincelles qui, avant l'adjonction du condensateur, ne dépassaient pas 4"™ à 5'"°", atteint facilement 8"" à lo""*.
La plus grande machine qui existe est celle de Spottiswoode, construite par M. Apps; les données relatives à cet appareil sont réunies dans le Tableau suivant :
Nombre Puids. LoD|ra«ur. Diamètro. RAiUlance. de toon.
k mm
Appareil 7^^ 'j^vî o,5o8 » »
Fer doux 3o,5 i,!?. 0,09 » »
Bobine primaire.. . . 25 i ,07 » » »
Bobine secondaire.. » 0,96 » » »
Fil primaire « 546 a"", 5 2**"»',5 i344
Fil secondaire » 450*^" o™»,25 110200"»""' 34i85o
Condensateur : 1 26 feuilles de 45*=", 6 sur 46*=", 3. Avec 3o éléments Grove. Étincelle : i°»,o8.
APPLICATIONS DE L*INDUGTiON. SÔQ
Pour ces puissantes machines on peut employer un interrupteur indépendant; Foucault a construit un appareil répondant à ce desideratum ; Gordon, pour obtenir une vitesse d'interruption énorme, actionnait une roue de Masson par une machine magnétoélectrique.