PROPRIÉTÉS DES CORPS ISOLANTS
Nous venons d'étudier les condensateurs, en supposant toujours que leurs deux armatures étaient séparées par une lame d'air. Cette hypothèse se justifie par la simplicité de la théorie dans ce cas.
La substitution d'une lame, d'un corps isolant à la lame d'air qui sépare les deux armatures change, non le sens, mais la grandeur des résultats précédents : en particulier, la capacité d'un condensateur se trouve fort augmentée par cela même.
C'est à Cavendish que l'on doit la découverte et la première étude de ces phénomènes présentés par les corps isolants : ses travaux datent de 1771 î mais c'est Faraday qui, en 1837, sans avoir connaissance des expériences de son prédécesseur, a institué le premier des dispositifs précis pour les mesurer.
II construisit (Jîg- 44) une sorte d'électromètre à feuilles d'or E, mais dont les deux feuilles, portées par deux tiges distinctes, pouvaient être mises en communication respectivement avec les deux plateaux d'un condensateur plan A, A'; un troisième plateau B était équidistant des deux premiers.
Cela fait, mettant A et A' en communication avec le sol, il chargeait B d'électricité positive ; enlevant alors les communications de A et A' avec le sol, il constatait que les feuilles d'or restaient verticales, ce qu'on pouvait prévoir, puisqu'elles n'étaient pas chargées. Vient-on alors à approcher A de B, les feuilles s'attirent, et il est facile de reconnaître que a est chargée positivement, a' négativement. La capacité du condensateur (A, B) a augmenté, puisque l'épaisseur de la couche d'air a diminué; l'électricité positive, rete-
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nue également sur les deux faces de B, s'accumule en plus grande quanllté sur la face qui regarde A; il en résuUe qu'une partie de
Fig. 44.
rélectricité négative de A', redevenue libre, s'écoule jusqu'en a' y et que, d'autre part, une nouvelle quantité du fluide neutre de A est décomposée, ce qui fait apparaître du fluide positif sur a.
Or, l'expérience étant disposée comme nous l'avons dit au début, si, au lieu de diminuer l'épaisseur de la couche d'air qui sépare A de B, on vient à placer entre ces deux armatures une lame isolante quelconque, le résultat de l'expérience reste le même, à la grande.ur des eflets près : a et a' s'attirent et sont chargées, la première positivement, la seconde négativement. Tout se passe donc, en définitive, comme si l'on avait augmenté la capacité du condensateur AB.