‹ Leçons de physique générale (volume 2)Chapitre 65 sur 308 · Q = CV · texte numérisé non relu

Q = CV

la charge du second sera

Q'=GV'.

Entre les deux conducteurs A et B plaçons-en un troisième, S, très petit^ à égale distance r des deux autres, et chargé d'une masse fixe d'électricité M; les corps A et B vont attirer S. Supposons que les forces soient assez petites pour que les distances r ne changent pas et désignons-les par F et F', nous aurons

MESURES ÉLEGTEOSTATIQUBS. Io5

la résultante sera

ou, en appelant U le potentiel du corps mobile S et y sa capacité,

L'action est donc proportionnelle au potentiel du corps mobile et à la dîfTérence des potentiels des deuiE paires de quadrants.

Quant au coefficient de proportionnalité -^> il ne peut être déterminé que par l'expérience.

Sir W. Thomson avait donné, de son appareil, une théorie plus complexe qui l'avait conduit, pour expression du moment du couple directeur, à la formule

Si, comme on le fait presque toujours, on prend pour V et V

V H- V deux potentiels égaux et de signes contraires, le terme — ; — est

nul, et nous retombons sur la formule (i).

Si, comme on le fait quelquefois, on charge Taiguille à un potentiel très élevé relativement à celui des quadrants, on peut

négliger vis-à-vis de U, et l'on retrouve encore la formule

démontrée plus haut.

Nous ne décrirons ici l'appareil que sous la forme adoptée par les constructeurs français, sur les indications de M. Mascart, forme beaucoup plus simple que celle adoptée dans le principe par Sir W. Thomson.

Tout l'appareil {Jig. 60 et 61) est enfermé dans une cage métallique c formant écran électrique ; le couvercle de cette cage porte des tiges isolantes i qui soutiennent les quatre quadrants réunis deux à deux par des iils fins, et dont chaque paire communique métalliquement avec une borne soigneusement isolée t placée sur le couvercle.

Une troisième borne b se termine par un fil qui plonge dans une

capsule pleine d'acide sulfunque; dans cette capsule plonge également une légère tîge verticale formant le prolongement de Taxe de suspension de ralguille; c'est parla que Ton charge celle-ci, qui est suspendue à l'aide d'une suspension bifilaire formée de

Fig. 60 et 61.

J-^3L.Aj-v'A^jfr-^'

deux fils de cocon à un seul brin. Celte suspension est renfermée dans un tube de cuivre T porté par le couvercle de la cage ; une vis tangente permet de ramener l'aiguille à son zéro exact quand l'appareil n'est pas chargé. Tout l'instrument, d'ailleurs, est mobile autour d'un axe vertical reposant sur trois vis calantes, comme le montrent les deux figures ci-jointes. Une pince d'arrêt P permet de le fixer dans un azimut déterminé. L'un des quadrants peut subir, parallèlement à lui-même, un mouvement de translation horizontaj. Une borne, vissée sur l'un des pieds, permet de mettre la cage en communication avec la terre.

MESURES ÉLECTROSTATIQUES. IO7

Cet instrument esl bien plus sensible que les précédents; il accuse, en effet, des forces électromotrices de ^ de volt.

Son inconvénient réside surtout dans le peu de fixité de son zéro, et dans la lenteur avec laquelle il prend sa position d'équilibre (*).

Nous verrons, après l'étude de l'électricité dynamique, comment, par une disposition ingénieuse, MM. J. et P. Curie ont réalisé un électromètre à quadrants qui conserve son zéro et y revient rapidement.

Pour se servir de l'appareil de Sir W. Thomson, on charge ordinairement les deux paires de quadrants en les attachant aux deux pôles d'une pile d'un grand nombre d'éléments dont le milieu est en communication avec le sol. Les potentiels V et V sont alors V et — V, égaux et de signes contraires.

(») Dispositif de Af. Branly, — Dès 1873, M. Branly avait indiqué une forme

beaucoup plus simple encore

Fig. 62.

de réleclromélre à quadrants.

Ce dispositif consiste, ainsi que le montre la fig, 62, à supprimer la forme de hottes donnée aux quadrants, et à les prendre sous la forme plane; Taiguille oscille simplement au-dessus d'eux, dans un plan parallèle au leur. La suspension est métallique, et le fil se termine par une tige portant un petit miroir a.

Cette forme est vraiment une simplification de Télectromètre de Sir W. Thomson; elle a, de plus, l'avantage de permettre à un physicien de construire lui-même son élcclromètre, dont les î^ quadrants peuvent très bien

être faits en carton recouvert ' ^

de papier d'étain. L'aiguille

peut être faite également en bristol doré, argenté ou étamé.

Toutefois, M. Gouy, dans un travail récent, a remarqué que, dans le cas où Ton charge les deux paires de quadrants à des potentiels égaux et de signes contraires, la sensibilité n'est pas proportionnelle au nombre des éléments de la pile, comme la formule rindique, mais atteint un maximum pour un certain nombre d'éléments, et décroît rapidement quand ce nombre augmente.

Page 1