ÉLEGTROMËTRE A QUADRANTS DE SIR WILLIAM THOMSON
Les instruments qui précèdent donnent en valeurs absolues les différences de potenliels. Ceux dont nous allons parler maintenant ne nous les feront connaître qu'en valeurs relatives, mais avec une sensibilité bien supérieure à celle des instruments absolus. Le principe de leur construction est également dû à Sir W. Thomson et ils portent le nom A' électromètres à quadrants.
L'instrument se compose essentiellement d'une aiguille très légère, en aluminium mince, A {Jig^ 58), ayant la forme d'un
Fig. 58.
double secteur de 90^ dont les angles seraient opposés par le sommet. Cette aiguille est libre d'osciller dans le plan horizontal de symétrie de quatre boîtes en forme de quadrants, comme le montre la figure (p). Ces quadrants sont numérotés 1, 2, 3, 4, de façon que les deux quadrants impairs soient séparés par les quadrants pairs. Un conducteur réunit le quadrant \ et le quadrant 3; un autre conducteur réunit le quadrant 2 et le quadrant 4. Chaque paire est isolée de l'autre, et il est possible, par construction, décharger séparément, à des potentiels différents, l'aiguille que nous supposerons provisoirement supportée par un mince fil d'argent, le système des quadrants 1-3, et le système des quadrants 2-4; la torsion du fil de suspension est réglée de façon que l'aiguille soit en équilibre quand elle est symétriquement engagée sous chaque paire de quadrants, comme le montre la figure (P), l'appareil n'étant pas chargé. On voit tout de suite que, si l'on charge la paire de
quadrants 1-3 à un potentiel V, la paire de quadrants 2-4 au potentiel V, l'aiguille au potentiel U, cette dernière sera sollicitée par un couple de torsion et subira une certaine déviation.
Il n'est pas possible de calculer exactement la relation qui relie cette déviation aux potentiels qui entrent en jeu ; car on voit que le champ, à cause de la forme même de l'aiguille, non seulement ne sera pas uniforme dans l'instrument au repos, mais encore changera dès que l'aiguille se mettra en mouvement.
Nous n'essayerons donc pas de donner une théorie complète de l'instrument; nous donnerons simplement une explication qui montrera que le déplacement doit être proportionnel au potentiel absolu de l'aiguille et à la différence des potentiels de deux paires de quadrants. Cette explication est celle que donne M. Cornu dans ses Leçons à l'École Polytechnique.
Prenons deux conducteurs identiques A et B {Jîg* 09) mis en
Fig. 59.
communication, l'un avec une source au potentiel (V), l'autre
avec une source au potentiel (V). Si les deux conducteurs étaient
primitivement au potentiel zéro, le premier aura une charge
donnée par l'équation