MESURE DES POUVOIRS INDUCTEURS SPÉCIFIQUES
C'est Gavendish, en 1771, qui fit les premières mesures de pouvoirs inducteurs spécifiques. Ces mesures, reprises par Faraday, étaient faîtes d'après la méthode que nous avons indiquée (p. 1 10) en comparant les capacités de deux condensateurs, l'un à lames d'air, l'autre à lames diélectriques, constitués par des sphères concentriques kfig' 68).
Cette méthode, perfectionnée d'après les indications de Maxwell et de Sir \V. Thomson, a été mise en œuvre par M. Gordon. Les appareils étaient, toutefois, d'une complication et d'une délicatesse extrêmes.
Le dispositif de Gordon a été grandement simplifié par M. Negreano; ce sera celui que nous décrirons ici.
Expériences de M. Negreano. —
Comme nous l'avons fait observer (47), il faut charger et décharger le condensateur pendant un temps infiniment faible, caria polarisation U est fonction du temps. Aussi fallait-il, pour avoir des nombres exacts, réduire au minimum possible la durée de la charge. On réunit, à cet effet, les deux armatures du condensateur aux deux pôles du fil induit d'une petite bobine de Ruhmkorff, qui donne, par seconde, un très grand nombre d'inversions.
MESURES ÉLECTROSTATIQUES. Il3
L'appareil {fig^ 69) se compose de cinq plateaux équidistants A, B, C, D, E; le premier est mobile à Taide d'une vis micrométrique, les quatre autres sont fixes. A et E communiquent avec
Fig. 69.
une source au potentiel -{- V (l'un des pôles de la bobine); G communique avec une source au potentiel — V (le second pôle de la même bobine); enfin B et D sont reliés aux deux paires de quadrants d'un électromètre de Thomson rendu apériodique par le dispositif de MM. Curie; de plus, C communique avec l'aiguille de l' électromètre .
Par raison de symétrie, l'aiguille reste en équilibre.
Mais, si Ton introduit entre A et B une lame diélectrique d'épaisseur e, la symétrie qui existait entre tous les plateaux équidistants n'existe plus, car tout se passe comme si l'on avait rapproché le plateau A du plateau B. Pour rétablir l'équilibre et ramener l'électromètre G au zéro, il faut donc écarter le plateau à l'aide d'une vis micrométrique V.
Soit e l'épaisseur de la lame diélectrique; soit K son pouvoir inducteur spécifique; rf représentera le déplacement du plateau A.
La lame diélectrique d'épaisseur e joue le même rôle qu'une lame d'air d'épaisseur g; il faut donc remonter le plateau A d'une
quantité e — g; donc
rf = e(i-i),