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MESURE DES POUVOIRS INDUCTEURS SPÉCIFIQUES

C'est Cavcndish, en 1771, qui fit les premières mesures de pouvoirs inducteurs spécifiques. Ces mesures, reprises par Faraday, étaient faites d'après la méthode que nous avons indiquée (p. 1 10) en comparant les capacités de deux condensateurs, l'un à lames d'air, l'autre à lames diélectriques, constitués par des sphères concentriques (Jig* 80)-

Celle méthode, perfectionnée d'après le»

indications de Maxwell et de Lord Kelvin, s* été mise en œuvre par M. Gordon. Les ap^ pareils étaient, toutefois, d'une complication"-* et d'une délicatesse extrêmes.

Le dispo>ilif de Gordon a été grandement simplifié par M. Negreano; ce sera celui que^ nous décrirons ici.

Expériences de M. Negreano. — Comme nous l'avons fait observer (53), il faut charger et décharger le condensateur pendant un __ temps infiniment faible, car la polarisation II est fonction du temps. Aussi fallait-il, pour avoir des nombres exacts, réduire au minimum possible la durée de la charge. On réunit, à cet elîVt, les deux armatures du condensateur aux deux pôles du lil induit d'une petite bobine de Ruhmkorir, qui donne, par seconde, un très grand nombre d'inversions.

L'appareil (Jiff. 81) se compose de cinq plateaux équidistants A, 13, G, I), K; le premier est mobile à l'aide d'une vis micrométrique, les quatre autres sont lixes. A et E communiquent avec une

yxiTce au potentiel -h V (l'un des pôles de la bobine); C commuique avec une source au potentiel — V (le second pôle de la mérite obine); enfin B et D sont reliés aux deux paires de quadrants d'un lectromètre de Lord Kelvin; de plus, C communique avec l'aiuille de rélectromètre.

Par raison de symétrie, l'aiguille reste en équilibre.

Fig. 81.

Mais, si l'on introduit entre A e4 B une lame diélectrique d'épaisseur e, la symétrie qui existait entre tous les plateaux équidistants n'existe plus, car tout se passe comme si Ton avait rapproché le plateau A du plateau B. Pour rétablir l'équilibre et ramener l'électroraèlre G au zéro, il faut donc écarter le plateau à l'aide d'une vis micromé trique V.

Soit e l'épaisseur de la lame diélectrique; soit À* son pouvoir inducteur spécifique; d représentera le déplacement du plateau A.

La lame diélectrique d'épaisseur e joue le même rôle qu'une lame

d'air d'épaisseur j-\ il faut donc remonter le plateau A d'une quan-

tité e— |; donc

L'appareil a la forme représentée par \&fig. 82.

l*fig. 83 montre comment, à l'aide de bagues d'ébonite s'engageaui à vis sur des colonnes de même substance, les plateaux peuvent être rendus horizontaux à la cote voulue; la cote de chaque plateau peut varier de façon qu'on puisse, dans deux expériences, avoir entre tous les plateaux ou une distance de 1 cm, ou une distance de 3cm. Le plateau supérieur est porté par une vis micrométrique V, et tout 'appareil est contenu dans une cage dont l'air est desséché par une

1l8 ÉLECTRICITÉ STATIQUE.

cuve O contenant de l'acide sulfurique. Les plateaux sont arrondis

Fig. Si.

et nickelés; les plateaux B el D ont mcm de diamètre; les plateaux

A, C, E ont i6cm de diamètre.

M. Negreano a mesuré les pouvoirs inducteurs spécifiques de la benzine et de divers corps de la série aromatique.

Il a trouvé ainsi que le pouvoir inducteur spécifique, qui varie quand on avance dans la série, est relié à la densité A par la formule

- . ~~- - — const. Enfin il a vé-

rilié pour tous les corps étudiés (une trentaine environ) la loi prévue analjtiquement par Maxwell : n — y À*, n étant l'indice de ré-

CHAP. IX. — MESURES ÉLECTROSTATIQUES. I HJ

fraction d'an corps isolant, et k son pouvoir inducteur spécifique.

M. Negreano a montré aussi par des expériences sur la benzine, le tolnène. le xjlène que, entre o° et 5o° environ, les constantes diélectriques de ces substances diminuent lorsque. la température s'élève.

On peut employer d'autres méthodes pour mesurer X\ Nous avons indiqué (54) que L'attraction d'un corps isolant par un corps conducteur était d'autant plus grande que le pouvoir inducteur spécifique était plus grand. M. Boltzmann. en étudiant l'attraction d'une petite sphère de soufre ', a ainsi déterminé son pouvoir inducteur spécifique. M. Boltzmann a aussi mesuré, par une méthode di (Térente, le pouvoir inducteur spécifique des gaz par rapport au vide.

Pouvoir* inducteurs spécifiques de différents cor pi.

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