‹ Leçons de physique (volume 2)Chapitre 44 sur 244 · DIS GAZ · texte numérisé non relu

DIS GAZ

revient à son premier volume et ramène le piston à la positiofl qu'il occupait d'abord.

TraatiBÎMBoii àt» prewîiMn par 1m gas. — Les gaz 8ont éminemment fluides, et comme les liquides proprement dits, ils transmettent en tous sens les pressions qu'on exerce sur eux.

Que Ton conçoive un vase de petites dimensions, communiquant avec un corps de pumpe A muni d'un piston P, et en B, C, D, avec da^ tub<» recourbés renfermant chacun à sa partie

Fifç. 71.

inférieure un liquide de niveau dans les deux branches. Si Von vient à exercer sur le piston P une certaine pression, le liquide montera dans tous les tubes de la même quantité, de façon à Iquilibrer l'accroissement de la pression intérieure.

On peut à ce sujet faire une expérience assez frappante, et qui , pour ainsi dire, sert de complément à celle que Pascal fliècula avec les liquides (voir page 51).

On prend une vessie ou un gazomètre en toile imperméable, communiquant par un robinet avec un tube de caoutchouc muni d'un robinet (fîg. 12). Le sac étant à demi plein d*air, onpo8e|MU^ dessus une planche un peu lai^e et un poids assez considérable,

Fig. 72.

4 0 kil., par exemple; puis on ouvre le robinet, et en soufflante travers le tube, on soulève le poids. Le souffle doit ici être as»mile à un effort de quelques grammes exercé sur l'étroite section

PESANTSUa KT PRESSION DE L'AIR. 71

du tube de caoutchouc, et cet effort, en se transmeUant 8ur toute la sur&ce de contact de la planche avec le gazomètre, se trouve accru dans une proportion assez forte vaincre l'action du poids qu'il s'agit de soulever.

§2. — PESANTEUR ET PRESSION DE l'AIR.

L/iir est pesant.

Âristote admettait ce principe, mais il en méconnut la fécondité, eine sut pas en déduire Texplication d'une foule de phénomènes, dans lesquels il crut voir seulement une sorte d'aversion de la nature pour le vide, aversion que Ton prit longtemps pour une loi fondamentale sans en chercher une raison naturelle. Ainsi, qu'un tube AB plonge dans l'eau par son extrémité B, si en aspirant par A, on enlève l'air qui le remplit, l'eau monte ; mais d'où provient la force qui s'oppose si visiblement à l'existence du vide au haut du tube? Le philosophe grec ne le découvre pas ; et pourtant, une fois admise la pesanteur de l'air , il semble bien naturel de remarquer que le fluide doit presser par son poids sur la surface extérieure XX' ; tandis que si le vide existe dans le tube, aucun effort sembhible ne s'exercera contre la tranche intérieure m; et que dès lors, enfln. celle-ci recevant par transmission la pression qui lui vient du dehors, ne pourra manquer de s'élever dans le tube AB', où rien ne ~^ gêne plus son mouvement ascensionnel.

Fig. 73. Quoi qu'il en soit de l'apparente simplicité de

ces déductions, l'horreur du vide fut enseignée dans les écoles jus- (juau commencement du xvu* siècle.

K^énflB0e de OaUlée. — Vers cette époque, Galilée voulut soumettre au contrôle de l'expérience l'assertion d'Aristote touchant la pesanteur de l'air. 11 pesa donc un ballon de verre d'alx)rd plein d'air à son état naturel, et puis plein d'air condensé. Dans le second cas, le poids fut notablement plus grand que dans l'autre.

Et cependant, pas plus qu' Aristote, le savant italien ne parait

avoir saisi toute l'importance du fait qu'il avait mis hors de doute.

Lor^u'en effet, un peu plus tard, les fontainiers du duc de

Florence vinrent lui demander pourquoi l'eau ne pouvait être

aspirée dains les pompes à plus de 32 pieds du niveau inférieur, il

l PK8AMTKUR ET PRESSION DE L'AIR.

répondit que la force de la nature pour s'opposer au vide avait une limite délerrainée par le poids d'une colonne d'eau de tH pieds, mais il n'alla pas plus loin.

Ezpérienoe de Torrioelli. — En 4 643 , Torricelli , disciple de

Galilée, pensa que si la force avec laquelle la nature s'oppose au vide peut soutenir une colonne d'eau de 32 pieds, elle doit équilibrer une colonne d'un fluide quelconque pesant autant que l'eau sur la même base. Pour vérifier celte idée, il prit un tube d'environ trois pieds onze lignes de long, fermé par un bout et ouviTt à l'autre, le remplit de mercure, et apri» avoir placé le doigt sur l'extrémité ouverte, il la plongea dans une cuvette pleine de mercure; retirant alors le doigt de dessus l'orifice, il vit le liquide descendre dans le tube et se fixera environ 28 pouces du niveau de la cuvette.

Au dessus du mercure existait un espace AC (fig. 74) apparemment vide de toute matière pondérable.

Expérience de Pascal. — En 4646, Pascal répéta l'expérience de Torricelli et la varia de cent façons, on employant « toutes séries de tuyaux de toutes longueurs, grosseurs et figures, chargés de différentes liqueurs, comme vif-argent, eau, vin, huile, etc. »

On cite surtout une expérience faite à Rouen

avec un long tuyau de verre de 46 pieds de

long, et dans lequel il vit une colonne de vin

se soutenir à 32 pieds de hauteur verticale

..p, ... au-dessus du niveau de la cuvette, etcelaquelle

que fut l'inclinaison du tube à l'horizon, pourvu, bien entendu,

que l'extrémité bouchée ne fût pas elle-même abaissée au-dessou.

de cette limite.

Mais jusque-là pas d'explication de cette curieuse suspension

des colonnes liquides : on croyait à l'horreur du vide.

Cependant Torricelli vint à penser que puisque l air était pesant, sa pesanteur pourrait bien être la cause de tous les effete attribués jusque-là à l'horreur du vide. Pascal fut averti de cette pensée en 1647. « Il la trouva tout à fait belle; mais comme ce « n'était qu'une simple conjecture et dont on n'avait aucune preuve « pour en connaître la vérité ou la fausseté,fil fit plusieurs expé- ^( riences, »

Fig. 74.

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