PRSANTEUR ET PRESSION DE L'AIR
La plus célèbre de toutes est celle qui fut exécutée au Puy-de- Dôme, à la demande du géomètre français, par M. Périer, son beau-frère. Voici en quels termes Pascal s'en exprimait dans la lettre où il la lui indiquait, le 45 novembre 4647 :
u J*ai imaginé une expérience qui pourra lever tous les doutes, si elle est exécutée avec justesse. Que Ton fasse lexpérience du vide plusieurs fois, en un même jour, avec le même vif-argent, aa bas et au sommet de la haute montagne du Puy qui est auprès de noire ville de Oermont. Si, comme je le pense, la hauteur du vi^argent est moindre en haut qu*en bas, il s'ensuivra que la pesanteur et pression de Tair est la cause de cette suspension, puisque, bien certainement, il y a plus d*air qui pèse sur le pied de la montagne que sur son sommet, tandis qu'on ne saurait dire <|iie la nature abhorre le vide en un lieu plus qu'en l'autre. »
L'expérience fut faite et répétée avec soin un grand nombre do fois le 4 9 septembre 4648. Pendant toute la journée, au couvent des Minimes , au bas du mont, le mercure se tint à 26 pouces 3 lignes et demie, tandis qu'au sommet, à 500 toises environ audessus de la première station, sa hauteur fut trouvée de 23 pouces ^ 2 lignes. « Ce qui ravit les opérateurs
d'admiration et d'étonnement. »
Avant que cette expérience eût pu être exécutée, Pascal en avait fait une autre très-intéressante aussi, et qu'il nomma l'expérience du vide dans le vide.
Il prit un ap[>areil formé de deux pièces, savoir : 4" un siphon ABC (fig. 75) fermé en A, et ouvert en C, et T un tube droit CD soudé en C au siphon et ouvert à ses deux extrémités. L'orifice commun C étant fermé avec une bonne vessie, et tout l'appareil retourné en une position inverse de celle qui est figurée, on le remplit de mercure, et le retourna de façon à faire plonger l'extrémité D dans une cuvette de mercure comme en l'expérience do
Torricelli.
Le mercure, dans le siphon, s'arrêta dans les deux branches au même niveau aa\ et dans le tube droit il se tint suspendu à 28 pouces au-dessus du niveau rr' de la cuvette. Ceci fait, on déboucha l'orifice C. la colonne alors fut complètement déprimée dans \e UVb© ^vo\\
74 BARUMÈTaES.
Dans le siphon, au contraire, le niveau baissa en éf, monta en 6, et il s établit une différence de i% entre les points d et 6, où le liquide se fixa dans les deux branches.
D'où Ton conclut que c'est bien la pression de Fair sur le mercure en d qui lient la colonne soulevée, puisque la différence lie niveau disparaît complètement quand il n'y a pas d'air pour presser en ce point.
Enfin on peut citer encore une troisième expérience, teudanl toujours au même but, et sur laquelle Pascal insista dans son Traité de la pesanteur de fair.
Si l'air est pesant , les couches inférieures de l'atmosphère, ayant à supporter le poids de toutes celles qui leur sont super- )K)sées, doivent être plus condensées que les couches supérieures. Si donc on pouvait isoler et transporter à une grande hauteur une portion limitée d'une couche inférieure, on devrait la voir se dilater en s'élevant. Pour réaliser cette expérience, après avoir rempli imparfaitement une vessie à la surface du sol, on la ferma; puis on la transporta à une grande hauteur sur une monUigne,et on la vit graduellement se distendre et redevenir ensuite « Oasque et molle quand elle fut ramenée au point de dé^iart. »