‹ Leçons de physique (volume 2)Chapitre 74 sur 244 · POIDS SPÉCIFIQUES · texte numérisé non relu

POIDS SPÉCIFIQUES

S'il s'agit d'un liquide, alcool, par exemple, on suspend une petite masse de verre À au-dessous d'un des plateaux d'une balance; on lui fait équilibre; puis, on la plonge dans le liquide à essayer, et l'on voit quelle perte elle éprouve, en cherchant le poids P qu'il faut ajouter dans le plateau au-dessous duquel elle est suspendue, pour rétablir l'horizontalité du fléau. On opère de même en plongeant la masse de verre dans Feau, soit P' la nouvelle perte de poids.

P et P' sont les poids de volumes égaux d'eau et d'alcool, et p p} est le poids spécifique de ce dernier. Cette méthode, employée

par Mersenne et Boyle, est d'un excellent usage. 11 convient seulement de substituer à la masse de verre solide A une ampoule do cette substance lestée avec du mercure.

Gas où le corps est plus léger que l'eau. — Lorsqu'il s'agit de corps solides plus légers que l'eau, la méthode d'immersion semble n'être plus apphcable; voici, dans ce cas, comment opérait Mussembroëck, t. Il, p. 235 : « Je prends, dit-il, un vase de verre tel que A (fig. 463), que je suspends au bras d'une balance. Je couvre l'ouverture de ce vase avec une petite grille de métal C. Je plonge ce vase dans l'eau, et je le mets en équilibre avec un contre-poids E (fig. 664), attaché au-dessous du plateau opposé de la balance. Je place après cela le corps que je veux éprouver dans le bassin au-dessous duquel le vase A p. ^ est suspendu, et je cherche son poids dans l'air en * mettant un contre-poids sufiisant dans le bassin opposé de la balance : lorsque j'ai trouvé le poids que je cherchais, je mets ce corps dans le vase de verre et l'y retiens par le moyen de la petite grille. Alors ce corps et le vase de verre sont plongés dans l'eau , et jç mots des poids dans le bassin qui leur répond jusqu'à ce que j'aie rétabli l'équilibre. » Ce poids représente évidemment celui de l'eau déplacée par le corps; on a donc tout ce qu'il faut pour calculer la densité cherchée, a Les bulles d'air qui pouvaient être attachées au corps s'échappent par les trous de la petite grille, et cela est important, car si elles lui restaient adhérentes elles pourraient occasionner des erreurs, en accroissant le volume d'eau qu'il déplace. »

Problème d'Arehîmède. — Quand OU connaît les poids spéci- Gques de deux substances différentes, et le poids absolu d'un mélange ou alliage de ces deux corps, on peut déterminer les proportions relatives dans lesquelles ils s'y trouvent, pourvu toutefois <iue le mélange ait heu sans contraction : en effet, soient x et y les

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poids inconnus des éléments, d et d' leurs poids spéciQques, P et D le poids absolu et le poids spécifique du mélange, la somme des volumes de a: et de y étant, par hypothèse égale au volume de P, on a

d'autre part on a aussi P = a: + y.

De ces deux équations on déduit

+s Ki.-r)=Kî'-â)

^ -^' Dd • d,d' - ^ d - d' ^ D. '^-^\* d-d'^D/~*^ {d-d')î) ^ (d-d')D

Il paraît qu'Archiraèdo suivit cette méthode pour découvrir la proportion d'argent que Torfévre de Syracuse avait introduite dans la couronne du roi Iliéron. Enfin, si l'on en croit Vitnivé, pour trouver les valeurs de rf, d' et D, le grand géomètre chercha directement les volumes d'eau qu'il faisait sortir d'un vase exactement plein de ce liquide, en y plongeant d'abord la couronne, puis des poids d'or et d'argent égaux entre eux et celui de la pièce dont il voulait connaître le titre.

Soient V, V et V" ces volumes, et P le poids connu,

Y y/ yr/

seront respectivement égaux à D, c? et d\ ainsi que nous l'avons établi plus haut.

Procédé de Klaproth. — Quand les dimensions d'un corps sont suffisamment petites, on peut commodément mesurer le poids ou le volume de l'eau qu'il déplace en employant une méthode adoptée par Klaproth dans les nombreuses déterminations de poids spécifiques qu'il exécuta vers la fin du dernier siècle.

Après avoir pesé le corps sur lequel on opère, on le place dans un des plateaux d'une balance à côté d'un flacon plein d'eau (fig. 1 64), et fermé par un bouchon à l'émeri ; ce bouchon doit être percé en son centre d'un petit trou capillaire jusqu'au sommet du-

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