PROCÉDÉS DE M. BREWSTER
former un prisme de dimensions appréciables. Ils ne peuvent plus être appliqués quand il faut prendre l'indice de minces lames solides ou celui de liquides rares et dont on possède seulement quelques gouttes dans un état de pureté satisfaisante. — Le duc de Chaulnes a résolu la première de ces deux difficultés par une méthode toute spéciale et qui a conduit aux procédés maintenant employés pour déterminer les indices dans ces cas intéressants.
Nous avons démontré page 215 que, si l'on interpose une lame transparente à faces parallèles ayant une épaisseur e et un indice n sur le trajet d'un faisceau lumineux divergent d'un point P situé à une distance p de la face antérieure de la lame, ces rayons, à leur émergence, semblent diverger d'un point P",dont
la distance à la face postérieure de la lame est égale à p + ^.
La dislance des points P et P" est donc
» \ nj
Ceci posé, imaginons qu'à l'aide d'un microscope on vise un
trait fort délié tracé sur une lame de verre mise sur le porte -objet, en réglant la dislance, pour que l'image ait son maximum de netteté. Si l'on interpose sur le trajet des rayons une lame réfringente à faces parallèles d'épaisseur connue e, la mire semblera rapprochée, l'image deviendra confuse, et, pour lui rendre sa netteté primitive, il faudra reculer la mire d'une quantités égale à e ^1 —
Si le porle-objet est mû par une vis micromélrique, on mesurera d avec une grande exactitude, et Ton en déduira la valeur de n.
Procédé de M. Brewtter. — M. Brewster a étendu au cas des liquides la méthode du' duc de Chaulnes. — Voici de quelle manière il opère :
Concevons un microscope (fig. 626) disposé de telle sorte que la distance de l'objet au Fig. 626. système objectif puisse se mesurer très-rigoureusement, et l'on sait qu'un mouvement de vis micrométrique permet de satisfaire à cette condition. Admettons, de plus,
Réf RAGTOMtTftB.
que Ton puisssa amener une lanic^ de verro bien plane ot bien transparente au contact de la face inférieme l'objectif, de telle sorte que, tout autour du point do îanL'onco. il oxisto entre le verre convexe et la lame plane un espace ayant la forme d'un ménisque concave.
Que l'on place maintenant sur le porte-objet un micromètre finement divisé AG, et qu'on l'approche ou l'éloigné à une distances p jusqu'à ce que son image soit vue bien nettement, c'est-à-dire vienne se former au foyer de l'oculaire, à une distance p' de l'objectif; entre les quantités p' et la distance focale a de Tobjectif existera la relation
Si Ton met une goutte liquide entre les deux verres C et BH, on aura un système objectif différent du premier, et rimaftesera rejetée k une distance plus grande que p'.
Pour la ramener à la position qu'elle occupait d'abord, il faudra reculer l'objet à une distance de l'objectif plus grande que p, soit Pi . Ces deux positions successives de l'objet devront être des foyers cnnjngués par rapport au ménisque; autrement les rayons qui pénètrent dans la lentille convexe C ne convergeraient pas à la distance p'. Si donc on représente par n l'indice du liquide et par r le rayon de courbure de la lentille G, onaum
Ainsi n se trouve exprimé en foiK Lion de r et des données de, l'observation directe, eavoir p et
Il est vrai que la recherche directe de la valeur numérique de r paraît à peu près impossible ; mais heureusement elle n est pas
nécessaire.
On peut opérer, en effet, sur un liquide d'indice connu N etdé-
terminer pour ce liquide la valeur jp l'expression — - — . Far
suite on aura
d pù Ton déduit s.
Béfraotooiètre. — M. F. Bernard a imaginé et décrit, sous le nom de réfractomètre, uo appareil à l'aide duquel on peutdéier-
318 HÉFRACTOMÈTUE.
miner l'indice de réfraction d'une lame à faces parallèles en mesurant la quantité dont se trouve rejeté latéralement, dans un sens ou dans l'autre, un rayon lumineux qui la traverse obliquement (fig. 627).
Fig. 627.
Soit ABGD la lame transparente, EFGH le rayon lumineux qui la traverse; soit représenté par i l'angle d'incidence NFE, et par r l'angle de réfraction GFL ; soit enfin e l'épaisseur de la lame mesurée normalement à ses faces, et n son indice, el GK le rejet latéral du rayon ; posons GK = f, on a :
= GK = FG sin ( i - r) ,