THERMO-ELECTRIQUE
ment de la flamme à la pile produise une déviation convenable. Quand celte déviation a été mesurée, on place le miroir sur le cercle, de telle sorte que sa surface soit verticale et passe par le centre du cercle divisé, et que, de plus, elle tasse avec le rayon incident un angle a; l'angle d'incidence est alors 90 — «.On tourne alors l'alidade de façon à ce qu'elle fasse avec le rayon incident un angle égal à 2 X ( 90" — a) ; et, au moment où l'écran est de nouveau abaissé, l'aiguille dévie. Que l'on change un peu la position de l'alidade , l'effet produit diminuera beaucoup ou même disparaîtra complètement. La ligure 768 donne le plan de l'appareil disposé pour recevoir les rayons primitivement émanés de la source s, puis réfléchis sur le miroir MM'.
La pince dans laquelle on fixe les miroirs est détaillé fig. 769 : AB plateforme servant de support à la pince; H pivot entrant dans l'orifice central c du cercle divisé AB de la fig. 767 ;
D, D' mâchoires de la pince; a, h, v, d, ressorts qui tirent les mAchoires DU', vers la plateforme E; PP' miroir.
Si l'on voulait constater la dispersion de la chaleur rayonnante par un prisme, on placerait ce dernier à la place occupée par le miroir MM' dans l'expérience précédente, fig. 708, et l'on reconnaîtrait que l'on obtient des effets calorifiques très-sensibles lorsqu'on fait mouvoir l'alidade entre doux limites assez reculées l'une de l'autre; ces limites comprennent le spectre lumineux, et le maximum d'effet calorifique s'observe lorsque la pile est
oriont(>e de façon à recevoir à |>eu près les rayons rouges de ce dernier.
Graduation. Méthode de Mellonî. — Pour transfonnor le
thprmo<;cope de MM. Nobili or Melloni en «n appareil de mesure, il faut en graduer le rhéomètrp, ou. si Ton aime mieux, ehercher la relation qui exi^^le entre les déviations de raîgaille et les intensités des actions calorifiques qui les produisent.
Pour T arriver, Melloni opérait de la manière suivante :
Sur une des deux feces de la piie. il faisait tomber le rayonnement venu d*ane source consianle S' placée à une distance déterminée, et il observait la déviation produite \)\ puis, ractton de S' étant supprimée, il faisait Hîîir sur la deuxiAmo fare une autre source S", et il obtenait une déviation D" Ces déviations D" et D' avaient liéu des deux côtés opposés de la ligne 0^ f8p*du cadran^ nous supposerons D" < D'. Enfm, sans changer en aucune faQon les distances, il faisait agir S' et S" ensemble. Si la déviation nouvelle D était égale à D'^D'\ il admettait que de D" à D les déviations étaient proportionnelles aux actiens calodOques. Cette éj^lilé DmD'— >D" parait en .effet avoir existé dans ses expériences pour les valeurs de D' inferfettres à 20^« Au delà de cette limite « elle n'existait plus; on avait, en général D' < D+D". Alors tant que D et D" élaient Tun et Tautre plus petits que !I0% M. Bfelloni admettait que les actions calorifiques qui produisaient la déviation D' avaient pour mesure « non plus cette déviation elle»roéme, mais la somme D + D".
En cherrbant à appliquer ce procédé de graduation, nous nous sommes trouvés arrêtés par la difficulté suivante :
Souvent des rhéomètres très-sensibles* et par conséquent pré* oienx pour lc>s recbcrches, donnent sdus Faction d'ime même source des déviations dont la grandeur absolue varie, tontes choses égales d'ailleurs, avec le sens dans lequel elle s'effectue.
Pour s*en convaincre, il suffit de mesurer a^'ec soin l'action produite par une source constante placée en une position bien fixe, et puis de recommencer roxpérionce en dos conditions parfintement identiques d'ailleurs, mais m intervertissant les contacts entre la pile et le i ln'(Hln■(^(^ ce qui cluingj» lo sens du courant. Avec beaiir.ou(i ti appareils, la tleu.\iOiiic dévialion est différente de la première.
Dans ce cas, le procétie de Melloni n'est plus applicable, puis(ju'il sufjpose implicitement la symétrie parfaite de rap;iareil rhéométrique. Voici en quoi consiste celui que nous avons adopté:
Méthode de MM. de la Prorottaye et Desaint* — On dispose d'un même côté de la piie deux sources d'intensités cou-
TIlERMO-ELECTilii^lIK.
stantes, par exemple deux lampes à modérotour, en s arrangeant de manière que les droites menées du centre de la fl.imme de chacune de ci^s lampes à la pile fas^^ent avec Taxe de celle-ci des angles peu considérables. On fait agir eucceasivement sur la pile chacune des deux lampes seules, puis on les fait agir tOQies les deux à la Tois. Soient n, n' et N les déviai ions obtenues; la quantité de chaleur qui produit la déviation N est certainement la somme de celles qui produisent les déviations n et II' ; or^ pour des valeurs de n et n suffii^amment peliiea» oa commence par avoir Ns»n + »^ et, en pariiculier, NabIii, lorsque fi'; par conséquent, on conçoit qu'en irraduant convenablement l'action dessojurces qu'on emploie, on peut conslmire expérlmetitalemeritune table qui exprime les rapports de la quantité de chaleur qui, en tombant sur la pile, produit une déviation N à celle qui produit une, autre déviation plus petite et égale à ».
Il est, du reste, facile de firouver que, sous Taction de deux sources agissant ensemble, un corps quelconque doit atteindre un excès de tem()éralure final égal à la somme de ceux que chaque source lui communiquerait en agissant isolément sur lui, pourvu que cet excès soit petit.
Soient en eiret (voir p. 573),
(a) . «[AT) - f(t)] = A»> - fi') + K
les éf|uattons d'équilibre relatives aux cas où chaque source agit isolément.
L'équation relative au cas où elles agiront ensemble sera : ou
D*autre part, en ajoulaallcs équations [a] et (6), on a
(rf) -[r{T)-f./)n- (ATo - m] =r(«)-/"(04-K(«-o+An-Ao
En rapprochant cette équation {d) de la précédente (c), on en déduit
l / (•") -fm - 1 /■(«)-/'(<) 1 - Ui^'i - m + K i(r'-i) -(•-#)- («' 'h\ =«.
5W APPAREIL TUËEMO-ÉL&CTRIQUE.
Mais quand les excès de température
août faibles, on peut, aux différences substituer
et alors l'équation précédente se réduit à
Dans le cns do l'nppnreil de Mellonî, le corps qui s'éclinuffr» e«l In première couche de la pile. Or à chaque instant cette coiirho so refroidit d'un côté par rayonnement et action de 1 air, de I autre par conductibilité. Mais ces causes difTérentes agissent toutes Irois proportionnellement à la différence qui existe entre la température de la couche et celle de Tenceinte : on est donc dans le cas auquel la démonstration précédente s applique.
L'excès de température et, par suite, l'intensité du courant produits par l'action des deux sources doivent donc être la somme des effets que chacune produirait isolément.
Fig. 770.
Modification! de la dispo^^ition de quelques pièce* de l'appa-
mU. — Nous avons aussi été conduits à apporter à la disposition
ÉMISSION DE Ik CHALbUa
môme de l'appareil de M. Melloni quelques modifications de détail que nous indiquerons, parce qu'elles nous ont souvent été commodes :
4" Au liou de glisser à frotleincnt simple dans un piod creux, la Lige qui supporte la pile est mise on mouvement à l'aidod'une crémaillère et d'un pignon. La liHe do ce dernier est an ivuiie, elle conduit mal la chaleur; on peut donc manœuvrer la pile sans lui donner de la chaleur par le contact des^ doigts; i" le pied de la pile pont prendre un mouvement de quelques centimètres dans une direction perpendiculaire à la règle principale; la fig.770 représente la couli>so dans hiquollo ce mouvement s'effectue; 3» enfin, nous avons adopté un système d'écrans beaucoup plus grands que ceux dont on faisait ordinairement usage; on en voit indiqués fi g. 7G6. Une partie de ces écrans se fixent sur la table mémo où est placé l'appareil, et il^ tonnent autour de la pile une sorte d'enceinte ouverte seulement à la partie supérieure, et qui la préserve aussi coni[^I< îrrnent que possible de Taction de tous les rayonnements qui pourraient troubler les expériences.