REFLEXION IRRÉGULÎKRE OU DIFFUSION DE LA CHALEUR
§ I. — ExpÉaiKNCES d'Uerschell et os Melloni.
Lorsqu'un faisceau de chaleur tombe sur un miroir d*on d'argent, d acier ou de verre bien poli, il e-^t en pnrtie absorbé par le miroir. Qusmt à la portion qui échappe à celte absorption, elle se rôflécliit régûlièrement, cTest-k-dire dans le pl n dincî* dence et en suivant la loi de Tégaltté des' angles d'incidence et de réflexion; ou tout au moins, la portion qui se trouve dis* géminée irrégulièrement n'est qu'une fraction négligeiible du faisceau primitif; au contraire, les surfaces maltes peuvént n*ab« sorber qu'une fraction assez faible de la clialenr incidente, sans paraître Jouir d un pouvoir réflecteur régulier appréciable; et les rayons qu'elles rejettent se trouvent disséminés tout autour du point d'inddence, suivant des lois qui, généralement, semblent être fort compliquées. Le fait de la diffusion de la chaleur par les substances blanches et dépolies est de ceux qui ont é!é cuiinus de tous les temps; mais l'une des premières séries de
60» DIFFUSION DK LA ClIALtUE.
recherchas systématiques faites sur ce sujet est celle d'Herschell; elle a été publiée en 4 SOS.
Pour mettre en évidence la diffusion de la chaleur solaire, Herscbell plaçait un thermomètre sensible h peu de distance d*une surfiice matte, sur laquelle il faisait tomber un fiiisoeau de rayons solaires; toutes précautions étant prises pour soustraire Tappareil thermoscopique à l'action directe des rayons incidents, Herscbell reconnaissait qu'il s'échauffait sous l'action des rayons renvoyés par la surface matte dans des directions toutes différentes de celle de la réflexion régulière. Il constata ainsi Texistence de la diffusion à la suHace du papier, des substances organiques, des métaux dépolis, etc.
Melloni revint sur celte question dans un Mémoire imprimé aux Annales de physiqm et de chimie, année 1840, et Ton conçoit aisément que la p:rande sensibilité de son appareil doit élrp d'un fort ^rand secours dans des recherches sur ce sujet délicat.
Les expériences de M. Baden-Powel avaient prouvé que le rapport entre les pouvoirs absorbants du blanc de céruse et du noir (le fumée diminue quand la température de la source s'olèvo, d'où l'on devait conclure que l'action diffusive du blanc de céruse doit s'accroître lorsque les rayons incidents proviennent de sources dont les lemjH ratures sont de plus en plus élevées. L'étude directe de la dillusion a donné k Melloni une confirmation de ce lait. Voici la description de ses expériences sur ce sujet.
Lo corps ditTusant était un disque en cartoii imnce. noirci d'un côté et !)ianc de l'autre. Sur la laco blanche tombait normalement le rayDimcmont d'un métal chaufT*» à 400. du platine incandescent, d une lampe, pris successivement pour sources de chaleur; le disque s'échauffait, et quand il avait atteint un état stalionnaire, Melloni en faisait snrt*e««ivement rayonner les deux faces vers sa pile thermoscopique, en prenant soin d'inclinci crlle-ci toujours de la même quantité sur la normale au disque et de îa maintenir toujours à môme distance du centre de ce dernier. L'emploi de l'alidade mobile, représentée fig. 767, rendait Texpérience facile.
£n ces circonstances, le rapport das déviations obtenues changeait avec la source; il restait constant, au contraire, « l'on répétait une série d'expériences semblables, mais en noircissant les deux faces du disque.
Nous extrayons les nombres suivants du mémoire de Melloni :