‹ Leçons de physiqueChapitre 265 sur 293 · AIMANTATION PAU LRS COURANTS · texte numérisé non relu

AIMANTATION PAU LRS COURANTS

Très-peu de temps après la découverte d'OErstod, Arago, on répétant ses expériences, reconnut que le courant développe fortement la vertu magnétique dans des lames de fer ou d'acier, qui d'abord en étaient totalement privées. Voici comment il rapporte cette grande découverte. {Aim. de chimie y t. XV.) ■

a Ayant adapté un Gl cylindrique de cuivre assez fin à l'un des pôles de la pile, je remarquai qu'à l'instant où ce fil était en communication avec le pôle opposé il attirait le fer doux comme l'eûtfait un véritable aimant. Aussitôt que le fil cessait d'être en communication avec les deux pôles de la pile à la fois, la limaille s'en détachait. Ces effets ne dépendaient pas d'une aimantation préalable de la limaille, puisque des fils de fer doux ou d'acier n*en attiraient aucune parcelle. On ne saurait davantage les expliquer par des actions électriques ordinaires, car la limaille (le cuivre et la sciure de bois no s'attachent en aucune sorte au fil conjonctif.

te fil conjonctif ne communique au fer doux qu'une aimantation momentanée. Si on se sert de petites parcelles d'acier, on leur donne parfois une aimantation permanente. Je suis même parvenu à aimanter ainsi complètement une aiguille à coudre.

M. Ampère, à qui je montrai ces expériences, pensa à l'instant, d'après ses idées sur le magnétisme, que l'on obtiendrait une plus forte aimantation en substituant au fil conjonctif dont je m'étais servi une hélice au centre de laquelle l'aiguille serait placée, et, de plus, il espérait par là obtenir une position constante des pôles.

L'expérience vérifia complètement les idées précédentes. >>

Lorsqu'on veut aimanter des aiguilles à l'aide de courants électriques, on prend un tube de verre d'un diamètre intérieur

Sta AIAIAHTATIOH PAA JLSS CODRANTB.

ppu considérable; mr co liibe, on enroule en hélice, à spires très-rnpprochéeiï, un fil de ruivre recouvert d'une ?ub«itance isolante, en prenant soin de donnera lliélice une longueur un peu plus frrnnflo que celle de«î ai.euilîe? à aimanter (Iil:. 8i3),

î/helice, ain?i construite, on en met tes deux extrémités on contact avec les fils polaires d une pile à intensi'é constante, puis on introduit raiguille dans son intérieur, de manière qu'elle y soit complètement plongée, et cela est possible dans les conditions spécifiées auj^ lignes précédentes. Un instant de séjour dans rhélioo donne en général à Taiguille autant de magnétisme qu'elle en prendrait en y restant plua longtemps. Touterois, qoaod l'aiguille est fortement trempée, on parvient quelquefois à accroître le magnétisme qu'elle reçoit d'une première introduction dans i'iiélice, non pas en faisant durer le temps pendant Jequeâ elle y demeure, mais en Ton retirant et l'y iiiisant rentrer plu^ sieurs fois de suite.

Cette manière d'opérer est surtout nécessaire quand il s'agit d*aimanter de forts barr^ux à l'aide d'hélices puissantes.

D'autres fois, on introduit i'aiguiile dans l'hélice avant de faire passer le courant dans cette dernière. On établit les contacts, on les rompt presque aussitôt, et l'aiguille est aimantée* • Dans tous les cas, le pôle austral de Taimant produit est tou« toujours k la gauche des courants qui circulent autour de raiguille. Si cette dernière avait seulement une de ses extrémités plongée dans Thélice, l'un de ses pôles serait toujours voisin de cette extrémité, mais l'autre pôle ne serait pas en général à l'autre bout de l'aiguille, il se trouverait en Tun de ses points intermédiaires; en d*aatres termeSt Taiguille neserait pas aimantée dans toute sa longueur.

Quand l'hélice présente des points de re.broiissemenl, l'aiguille soumise à son action présente autant de points conséquents. Cette remarque curieuse est encore une de celles que l'on doit à Arafjo. Enfin, Arago reconnut aussi que des décharges d'électricité ordinaire transmises ù travers des hélices dont les spires étaient bien isolées les unes des autres pouvaient communiquer le magnélisme à des aiguilles placées dans i intérieur do ces hélices.

Dans un mémoire inséré au fome î dos Annales de chimie el physique ,9>6neu\, M. Abriaafait une éhide étendue de l'aimantation par les courants, et l'un de« résultats établis dans ce travail est (|ue, si l'on oîniîlit entre 1(S dimensions de Thélice et celles de raiguille certaines relations que l auteur assigne, l'intensité du magnétiàme développée croU proportion neliemcnt au carré de

biyilizûu by GoOgI

AtUANTÀTION PAB LES COUaAKTS. 191

l'intensité du courant qui le produit, et cela quelque courte que soit la durée du temps peodaot lequel l'aiguille est soumise à l'action de courant.

Ârago, comme nous ravous dit aux pages précédentes, avait ' reconnu qu un morceau de l'er doux se transforme passagèrement an aimant sous l'influence d'un courant voisin. C'est en partant de ce ftit que Ton construit ces puissants éleclro-atmantâ dont nous avons déjà eu plusieurs fois l'occasion de parler.

Pour foire un électro*aimant droit, on prend un cylindre ou une barre de fer doux et un fil de cuivre recouvert d'une substance Isolante, de soie par exemple. On enrotile le fil en spires * serrées autour du fer doux, en faisant progresser régulièrement rbélice, d'abord de Textrémité T vers Textrémitô T' (fig. 843), puis en revenant de B vers Â, et ainsi de suite un certain nombre de fois, mais toujours en évitant les points de rebroussementdans Thélice ainsi formée. Il est clair alors que, quand on mettra les deux bouts de Thélice en contact avec les pèles d*une pile, la gauche du courant dans chaque spire sera toujours tournée vers une même extrémité de Thélice, A par exemple, et la droite vers l'autre en ces conditions. Un pôle austral sera développé en A, et un pèle boréal en B.

Si le tjarreau de fer dou\ etaiL conlournc en fer k cheval, on enroulerait d'abord le iil auLuur d'une cie se^ branches, en se conformant aux précautions indiquées, pui.^ on ferait passer lo fil sur la deuxième brandie, en prenant soin de l'v conduire cl enrouler de telle sorte que le couiant qu'il doit transmettre ail à sa droite l'extrémité do celte seconde branche, s'il avait celle de la première à sa gauche et réciproquement.

1! était très-important de savoir conuneuL ie moment magnétique d'un electro-aimunt de longueur donnée varie avec le diamètre d du fer doux intérieur et avec l'iiUensite l du courant, ie nombre des tours de l'hélice mai^nétisante, ainsi que le lil qui la forme reslant toujours les mêmes. MM. Lenz et Jacobi, en r[mJi;nU la question, sont arrivés à ce résultat que le moment magnétique m est lié aux variables l ti d par une relation de

la forme i» » CI y/cT, G étant une constante.

L'expérience a prouvé en outre, qu'entre certaines limileSf lorsque l'aimant s'allonge, la constante G varie proportionnelle^ ment à la longueur de l'aimant, pourvu que le nombre des couches de fils superposées reste toujours le même dans toute

rétendue do cet aimant.

Dos recherches posléi ieure?, dues à M. Muller, ont établi quf

ut AIMINTATIOM PAS LES COUBANT^.

la pro^riionnalité entre le moment magnétique de Taimant et l'intensité du courant n*a lieu que si le diamètre d du fer doux n'est pas très-petit par rapport à la longueur de ce dernier, et Tensemble des recherches du savant professeur de Fribour^^ oat établi que la relation entre l'intensité du courant , le moment magnétique de Taimant et te diamètre du fer doux, est exprimée par une équation de la forme

A est une constante qui change avec l'êlectro-aimaol emplox é. Lorsque d est assez grand pour que l axigle ^ oqoqs

inférieur à une quinzaine de degrés, cette formule se confond

sensiblement avec eellt; do MM. Lenz et Jacobi, mais elle s'en écarte pour les petites valeurs do c/et aussi pour le» trcs-grandes valeurs de I. Lorsque, en effet, l'intensité du courant devient trèsconsi(l( [ iliio, la valeur de m tend, non pas vers 1" infini, mais vers une valeur maximum donnée par l'équation

tf. Mulfôr s'est assuré par de nombreiisos expériences de la réalité de œtle conséquence imporlanto.

PHÉNOMÈNES DUNDUCTION.

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