INDUCTION PAU LES COURANTS
revient au repos, elle se meut en sens inverse et par suite accuse un courant direct si P' vient à s'éloigner.
Ces effets seraient encore visibles, quoique moins intenses, si les fils tendus sur les planches P et P', étant rectilignes, n'agissaient l'un sur l'autre que dans une étendue égale à celle de ces planchettes. On obtient, au contraire, des phénomènes ^'induction beaucoup plus intenses en enroulant en spirales plates (voir fig. 861) les conducteurs entre lesquels doit se développer Yaciïoïk indue Irice.
La manifestation de ces phénomènes d'induction peut aussi s'obtenir de la manière suivante : on fixe la planche P au-dessus de P' et à une très-petite distance, en s'arrangeant de façon à conserver le parallélisme des circuits et à éviter les contacts métalliques entre eux; alors on met le conducteur de P' en communication avec les pôles d'une pile; aussitôt l'aiguille de G est déviée et accuse un courant inverse de celui qui circule dans AP/'j- Quand elle est revenue au repos, on rompt le circuit dans P' et alors on obtient en af un courant direct. Enfin l'appareil le plus simple de tous consiste en une bobine sur laquelle on a enroulé ensemble et parallèlement entre eux deux fils couverts de soie, abcdj a'b'c'd' (fig. 845), Si l'on joint a cld avec les extrémités
Jb'ig. 84tj.
du fil d'un rhéomètre, on constate aisément que tout courant qui commence en a'd' détermine un courant inverse en ad^ et que tout courant qui finit en a'd' détermine un courant direct en ad; à ({uoi il faut ajouter que si le courant que Tappareil électro-moteur donne au conducteur a'b' éprouvait des variations d'intensité périodiques, à toute période d'accroissement du courant en a'b' correspondrait le développement d'un courant inverse en ab; et à toute période de décroissement dans l'intensité du courant de ab répondrait le développement d'un courant direct en ab. Induction par lef aimants. — L^action inductrice des aimants
INDUCTION PAU LES AtMANlS.
se manifeste par des expériences analogues. Concevons une bobine creuse sur laquelle soit enroulé un fil dont les extrémités communiquent avec les fils d'un rhéomètre. Si l'on approche un aimant d'une de ses extrémités en prenant soin que l'axe polaire de l'aimant et Taxe de fijîure de la bobine soient sensiblement dirigés suivant la mAme droite, on constatera que, tant que l'aimant s'approche du circuit, ce dernier est traversé d'un courant inverse de celui qui donnerait à l'aimant sa polarité; il s'y produit, au contraire, un courant direct lorsqu'on éloigne l'aimant. L'effet est encore plus marqué quand on introduit un fer doux dans la cavité centrale de la bobine.
Si l'aimant était un électro-aimant, c'est-à-dire un cvlindre de fer doux entouré d'un fil de cuivre traversé par un courant, le mouvement d'approche déterminerait dans la spirale de la bobine fixe un courant inverse de celui qui circule dans les parties voisines de la spirale magnétisante.
Action inductrice de la terre. — Dans Ics exemples que nous avons donnés pour montrer comment des courants d'induction se développent dans un circuit qui se meut dans le voisinage d'un aimant ou d'un conducteur traversé jwr un courant, nous supposions au circuit un mouvement de transport complet : cette condition n'est pas nécessaire. Une rotation partielle autour d'un axe fixe est souvent suffisante à la production da phénomène.
C'est par une rotation de ce genre que M. Faraday a mis en évidence l'action inductrice de la terre.
Fig. 846.
Il prenait une hélice électro-dynamique HU' (fig. 846) dont les
m INDUCTION PAR LK TERRE.
extrémités A et B étaient celles d'ua axe autour duquel l'appareil entier pouvait tourner; AB étant perpendiculaire au méridiea magnétique, et la direction de HM' élant celle de Taiguille d'inclinaison, M. Faraday faisait brusquement pivoter l'hélice de 480 degrés, et il constatait le développement d'un courant suffisant à dévier l'aiguille d'un rhéomètre mis à l'avance en communication avec B d'une part et A d'autre part.
Le sens de ce courant était tel, que, sous son inOuence, l'hélice aurait eu son pôle austral à celle de ses extrémités qui primitivement plongeait au-dessous de l'horizon.
Appareil de M. Delezenne. — M. Deiezenne a disposé un appareil [voyez Bgure 847) qui permet et de répéter commodé-
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Fig. 847.
ment les expériences de M. Faraday touchant l'induction terrestre et aussi d'en analyser tous les détails. II se compose essentiellement d'une sorte de bobine plate fe, dâ grande dimension, soutenue dans un cadre rectangulaire ahcd, et mobile autour d'un axe YY' qui passe par le centre du cadre et se trouve parallèle à deux de ses côtés. Enfin le cadre ahcd peut, de son côté, pivoter autour d'un autre axe XX', lequel est horizontal et soutenu par les montants verticaux PP, P'P'.
Le plan des deux montants PP, P'P' peut être placé dans un azimut quelconque, le cadre ahcd peut recevoir toutes les inclinaisons possibles, donc l'axe YY' peut être mis dans une direction donnée quelle qu'elle soit. Ceci posé, quand cette direction coïncide avec celle de l'aiguille d'inclinaison, le mouvement de n'engendre aucun courant dans le conducteur qui le recouvre.
INDUCTION PAR Ik TKEEË
Hors ce eas^ la rotatiOD dont il s'agit détermitie, {wr suite de rînftâenoe terrestre, la production d'un courant dans le conduc^ teur /e, et l'on peut recueillir ce courant soit en iaisaut communiquer les deux extrémilés du fil où il se développe avec les -deux tronçons métalliques extrêmes de Taxe de rotation, soit par d'autres procédés qui seront développés bientôt à roecaslon d^ machines électro-magnétiques.
L^apparei! de M. Delezenne, ou tout autre semblable, est éminemment propre à étudier toutes les particularités du phénomène de la production des courants d'induction dans un circuit qui se déplace ainsi autour d un axo fixe fian> le voisinage de courants ou d'aimants capables d'agir par inlluence sur lui.
Loi de M. Lens. — Tous les résultats que Ton obtient dans des expériences de ce genre et tous ceux par la description desquels nous avons comnnencé' ce chapitre se résument dans un énoncé général dû k M. Lenz, et que nous allons reproduire.
Toutes les fois qu'on produit un déplacement relatif entre un courant et un circuit fermé à l'état naturel, celui-ci est traversé par un courant d'induction qui réaj^it pour déterminer un mou* vement inverse (ie celui qui donno lieu à l'induction.
Comme nous Tiivons dit, celle loi est le résumé de tous les phénomènes d induction cilésjusqu'ici. Tous contribueal donc à en établir la réalité et il serait superflu de discuter k nouveau chacun d'eux {)our mieux mettre le l'ait enés idence; mais il ne le sera pas de consigner ciuore ici, à l'appuido ce théorème, un nouveau résultat d'expérience et qui forme pour ainsi dire la seconde partie dt^ la démonstration ; c'est que toutes les fois qu'un conducteur mobile autour d un axe ne peut recevoir aucun mouvement autour de cet axo sous l'action d'un courant voisin, on peut, tandis qu'il est soumis à l'action de ce courant, lui imprimer mécaniquement une pareille relation sans qu'il devienoe le siège d*aucun phénomène d'induction.
Ainsi, en particulier, l'action de la terre serait impuissante à développer un courant d'induction dans un conducteur asiatique tel que celui de la figure 809, mis en mouvement autour de l'axe PP'.
S 9. ACTION INDUCTRICE d'uN COURANT SUR UNE PORTION
DU ClUCtlT IL ÏRAVËUSE.
Jusqu'ici nous venons de voir les courants induits se développer dans un circuit distinct du circuit inducteur. Il n'en est pas toujours ainsi.