LEÇ0H5 DE PSYCH
I. Facultés (fiïiiuition* ou I d'acquisition par les-l queiles l'esprit acquiert 1 spontanément* les pre-< mièrrs données et Comme j les matériaux de la connaissance.
II. Facultés d^élaboration* par lesquelles TespritL opérant sur les données!
intuitives*, les élabore* et i les coordonne ' pour en j faire des pensées propre- 1 ment dites.
III. Facultés de conserva- ^ iion et de combinaison, par lesquelles l'esprit conserve les connaissances acquises et en tire de, véritables créations. ',
L'expression : Les signes et le
Raison (déûnition) . . . ^
Perception extérieure {
(définition). |
Conscience (définition). . ,
(L'attention.) Comparaison (défin.) Abstraction* (définition).
Généralisation (défin.). .
ÎInductif (défin.).
Déductif (défln.).
Mémoire
Association des idées. ,
Imagination < langage.
Activité instinotive de Vesprit.
]Activité réfléchie de Vesprit, correspondant à la volonté libre.
1 Habitudes mea- \ taies.
I Inférieure.
\ Supérieure {YiTl)
liéll«l(lon. — Nous entrons dans l'étude de Tintelligence. V intelligence est la faculté de penser, c'est-àdire de connaître et de comprendre. Connaître se dit des objets. Comprendre se dit des vérités.
Rapports avec les deuK autres facultés. — Il e$t bon de rappeler ici quels rapports étroits existent entre rintelligence et les deux autres facultés, la volonté et la sensibilité.
L'intelligence préside à la décision volontaire et lui fournit ses motifs. Elle accompagne sans cesse chez rhomme les émotions et les passions, qui môme n'existeraient absolument pas si elles n'étaient plus ou moins conscientes. Réciproquement, la volonté exerce son empire sur l'intelligence, qui par elle devient attentive et infiniment plus puissante. La sensibilité agit aussi sur la pensée ; car on voit beaucoup plus clair, on pense beaucoup plus vivement, quand le cœur est intéressé.
I. L'intelligenee en général. — Considérons d'abord la nature de l'intelligence en général, c'est-à-dire l'essence môme de la pensée. Nous verrons ensuite comxuent notre pensée exécute plusieurs opérations dis-
tinctes, et dans quel ordre peuvent se ranger ces opérations.
Penser, c'est esaenUellenieBt distinguer pals rapproeher i c'est §aisir des dlirérenern, pals des ressemblanees f en on mot, e'est eamparer. — Penser, c'est essentiellement lier, enchaîner des idées en jugements, des jugements en raisonnements ; mais en dernière analyse^ penser c'est d'abord distinguer ou discerner, puis rapprocher ; c'est saisir des différences d'abord, puis des ressemblances; en un mot c'est comparer.
Tout lé monde sait qu'un même objet uniforme, simple, regardé d'une manière continue, sans qu'il se produise aucun changement ni dans l'objet, ni dans l'intensité de l'attention, ne peut être contemplé bien longtemps sans que la pensée s'éclipse et que la conscience disparaisse. Les sujets particulièrement susceptibles tombent dans le somnambulisme * par le seul fait de regarder ^fixement la lumière d'une bougie. Le bercement régulier, continu, surtout accompagné d'un chant monotone, endort infailliblement. Si un fil continu, d'une grosseur parfaitement uniforme, glisse entre nos doigts, sans qu'à aucun moment nous le serrions plus qu'à un autre, sans qu'aucune différence se présente dans ' «a contexture*, nos doigts ne tarderont pas à devenir insensibles au mouvement du fil, au point de ne plus nous apprendre ni s'il est mobile, ni dans quel sens il se meut; mais qu'il s'y trouve un nœud et que ce nœud passe entre nos doigts, il y aura immédiatement secousse et réveil de la conscience. C'est donc le contraste qui fait réapparaître la pensée distincte.
* Quelque objet que l'on considère, on verra que le connaître, c'est tout d'abord le distinguer de ce qui n'est pas lui ; le distinguer plus ou moins grossièrement ou délicatement par les sens, puis par la pensée réfléchie, lui assigner sa place dans une classification, le rapporter au groupe dont il fait partie.
Cette action de distinguer le dissemblable se complète immédiatement, nécessairement, par l'action inverse de
mettre ensemble le semblable, de réunir co qui est analogue. Par exemple, si ce môme fil dont j'ai parlé offre. plusieurs nœuds à la suite les uns des autres, à mesure qu'ils passent entre mes doigts, je reconnais la même impression que j'ai éprouvée au passage du premier; tous ces états, se ressemblant, font dans la conscience une même impression, par conséquent- vont se grouper ensc»mble dans mon esprit et y former une seule catégorie. De même, les intervalles continus pendant lesquels le fil glisse sans secousses sont perçus : !• comme distincts des impressions que cause le passage des nœuds, 2® comme analogues entre eux ; si bien que la distinction se complète immédiatement par l'identification*.
Tel est dans tous les cas le mécanisme de la pensée ; elle va toujours distinguant et unissant, séparant le divers et unifiant l'identique *.
Étymolofcle des mots, penser, Jn^er, comprendre. — L'étymologie des mots désignant les grandes opérations de l'esprit marque en général cette nature de la pensée, et montre bien que l'acte fondamental de .l'intelligence est essentiellement une comparaisoli. Penser veut dire peser (pensare) c'est-à-dire discerner (discerner ce qui est plus lourd de ce qui l'est moins).
Le mot juger vient de judicare qui veut dire prononcer sur le droit, c'est-à-dire reconnaître dans un cas donné la culpabilité ou la légalité d'une action, par conséquent distinguer si elle est innocente ou coupable.
Comprendre veut dire saisir ensemble, embrasser y ce qui indique très bien le travail le plus élevé de la pensée : il consiste, après la perception des différences, laquelle nous donne une multiplicité d'idées, à rapprocher ces idées, à les lier entre elles, à les enchaîner pour en faire un tout dans l'esprit.
On a pu comparer le travail de la pensée à celui d'une aiguille enfilée, qui, d'elle-même, spontanément*, réunirait des perles éparses de façon à en former un collier.
L'esprit, en effet, se promenant pour ainsi dire au mi- Fieu de la diversité des choses, a pour tache essentielle de mettre l'unité dans cette diversité, et de relier les idées entre elles.
JLe Jugement, aete fondamental de l'intelligenee. Il eensiste dans la pereeption des rapports. Juger, e'est unir on séparer. — L'acte fondamental de l'intelligence*, c'est le jugement ; il consiste toujours dans la perception des rapports des choses. Juger, c'est affirmer que deux idées se conviennent ou ne se conviennent pas. Dans le premier cas on les unit : le jugement est àffirmatif; dans le second cas, on les sépare : le jugement est négatif.
La ▼érité et l'erreur. — La vérité et l'erreur sont la conformité ou la non-conformité de nos jugements avec la réalité. Il y a vérité quand nous lions les idées dans notre esprit exactement comme les choses sont liées dans la réalité. Il y a erreur dans le cas contraire.
Esprits Justes et esprits faux. — Les esprits justes sont ceux qui, soit naturellement, soit par l'effet d'une heureuse éducation, enchaînent habituellement leurs idées d\une manière conforme à la vraie nature des choses, affirmant ou niant comme il convient, c'est-àdire selon que ces choses ont entre elles des rapports de convenance ou de disconvenance. — Les esprits faux sont ceux qui jugent à contre sens, qui d'hahitude affirment de bonne foi une relation entre des choses qui n'en ont point, une convenance entre des idées qu'on ne peut logiquement unir, ou inversement.
I«e travail de l'esprit est, an fond, le même & tons les degrés s idée, Jugement, raisonnement. -~ Le travail de l'esprit est toujours le même à tous les degrés. Il y a pour ainsi dire trois moments dans la marche de la pensée :
I® L'esprit conçoit Vidée ;
2" L'esprit conçoit le rapport de deux idées et l'énonce ; c'est \q jugement 'proprement dit;
3® L'esprit rapproche entre eux plusieurs jugements
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et les enchaîne^ en allant du connu à Tinconnu, c'est 1& raisonnement.
Tout le travail de l'esprit se ramène à ces opérations.
Une simple idée s'exprime par un terme détaché, unique, le plus souvent par un nom commun, exemple : homme, cheval, livre. On ne doit donc pas dire, rigoureusement parlant, qu'une idée est vraie ou fausse : elle est dans l'esprit ou elle n'y est pas, voilà tput ; il n'y a de vrai ou de faux que le jugement.
Dans le jugement il y a toujours affirmation (car la négation môme se ramène à une affirmation), et le verbe, qui marque l'affirmation, sert de lien entre deux idées ' exprimées ; exemple : les hommes sont mortels. Ce qui est vrai ou faux, c'est le jugement, selon qu'il affirme la convenance ou la disconvenance de choses qui réellement se conviennent ou ne se conviennent pas.
De môme que le jugement s'exprime par la proposition, qui est une liaison, un arrangement d'idées, de môme le raisonnement qui est une liaison de jugements s'exprime par un arrangement de propositions. Il faut au moins trois jugements, donc trois propositions, dans un raisonnement complet; exemple : le vice est dégradant; le mensonge est un vice; donc le mensonge est dégradant.
Ce raisonnement s'appelle syllogisme *.
Répétons-le, dans ces trois actes successifs de l'esprit, qui diffèrent infiniment en complexité, le travail est toujours le môme : on distingue le dissemblable et on lie ensemble le semblable. — Former une idée, c'est se faire dans l'esprit une représentation à laquelle on alta- * che un terme, et sous laquelle viennent se ranger toutes les représentations ou perceptions analogues. Si, après avoir formé dans mon esprit l'idée d'homme, je vois des hommes, quelque différents qu'ils soient de race ou de couleur, je vois clairement qu'ils ont plus de ressemblance avec ce groupe qu'avec tout autre, et qpi'ils T^ût^yent ôtre désignés par le même terme. — De même, 'on juge que l'homme est mortel, on prononce qu'il
est du groupe des êtres dont Texislence est éphémère* : juger est toujours une manière de classer. — Qu'estce enfin que raisonner, sinon coordonner des jugements?
Le Génie. — Le génie scientifique et philosophique, qui est la plus haute manifestation de la pensée, a été défini : la faculté d'apercevoir les rapports lointains des choses. En effet, l'homme de génie, le savant aperçoit des analogies que personne ne voyait, et saisit des différences où le vulgaire n'en soupçonne pas. Ainsi Goethe *, qui avait surtout le génie poétique, a eu une vue de génie scientifique, lorsque, en considérant le squelette d'un mouton, il a émis cette idée, que la tête n'était que la dernière vertèbre très développée. Il identifiait* de la sort« des choses dont personne n'avait soupçonné la parenté avant lui.
Analyse et synthèse*. — En logique, nous verrons que les deux grandes opérations fondamentales dans tout travail intellectuel sont l'analyse et la synthèse*; l'analyse qui consiste à diviser le composé pour aller au simple ; la synthèse * qui consiste à recomposer le tout en remettant en place les éléments.
En tous genres de recherches, l'esprit n'avance pour ainsi dire que par ces deux mouvements alternants : l'analyse et la synthèse*; il procède constamment à la division des difficultés et à la reconstruction des ensembles. Aussi y a-t-il deux espèces de savants : les uns d'un esprit analytique, qui excellent dans les recherches minutieuses, les autres qui excellent à embrasser d'un regard d'ensemble et à coordonner tout le travail accompli jusqu'à eux, à orienter pour ainsi dire la pensée au milieu des faits épars et des vérités de détail.
II. L'aeiivUé intelleeCnelle est une, mais infiniment complexe. — L'activité intellectuelle est une, mais elle s'applique à des objets si divers et elle a tant de ressources, qu'il est impossible de ne pas la subdiviser, la fragmenter, pour l'étudier.
Ei'analyse y dlstin^e plusieurs farnltés oa opérations t d*eù le tableau suivant. — L'analyse y dis-
VINGT-DEUXIÈMp LEÇON.