FIN
ET
Aberration (du iatin ab, qui marque l'écart, et errare , errer) : erreur qui s'écarte grossièrement du sens commua.
AbjecHioa, état abject (du latia ahjectus^ rejeté, repoussé).
Ablafian (du latiu ablatus, ôté, enlevé) : action d'enlever.
Alwtractioii, action à* abstraire, abstrahere ^ iirer à part, opération qui consiste à penser séparément ce qui n'est pas séparé dans la réalité.
Abstrus (du latin a&^(rusu^, enfoncé, caché) : difficilement accessible à TeoteDdement.
Aotioa {principe de moindre action) « Tout se fait dans la nature par les voies les plus courtes, avec la moindre dépense possible de temps et de force. »
Adage, sentence, dire populaire (du latin adaçium, conseil).
Adaptation, action d*adapter ou de s'adapter à... c'est-à-dire de se mettre en rapport avec quelque chose : du latin ad, qui marque l'accord, et aptuij qui marque l'arrangement.
AfTeotif, qui a rapport aux afrections, c'est-à-dire aux sentiments, au cœur.
Afliné, rendu fin; esprit affiné, esprit rendu plus fin, plus pénétrant par l'instruction.
Affrétât (du latin grex , gregis^ troupeau) : réunion de particules en un tout, groupement , groupe.
Aitraisme, amour d'autrui : mot formé du latin alter, autre, comme égoïsme Test de ego , mot.
Ambiant, de amb (grec amph) , particule qui signifie autour, et ienSj allant : air ambiant, l'air qui circule autour de nous.
AHPÉRE (André Marie), né à Lyon, en 1 775, mort le 10 juin 1836 ; grand mathématicien) physicien et philosophe ; fut tour à tour professeur à TËcoie centrale de Bourg, au lycée de Lyon, à l'Ecole polytechnique et au Collège de France,— puis inspecteur général de l'Uni versité ; il mourut en tournée d'inspection à l'infirmerie du lycée de Marseille. Ses principaux travaux sont relatifs aux Mathématiques du
/eu, c'est-à-dire au calcul des hasards; à la Classification des sciences, à la Théorie de Vélectricité : il est le premier inventeur du télégraphe. Aussi remarquable par sa bonté et sa simplicité que par son génie, célèbre par ses distractions, qui tenaient à la profondeur de ses pensées, Ampère est une des figures les plus originales et les plus belles parmi les savants de tous les pays et de tous les temps. — Le voyageur et littérateur Jean Jacques Ampère, auteur de VHisloire rtH maine à Rome, était son fils.
Analocto, rapport, ressemblance; raisonnement par analogie, raisonnement fondé sur des ressemblances: du grec ana, d'après, et logos, raison.
Analytique, qui tient à Tanalyse^ qui procède par analyse : du grec analuOf résoudre, séparer les parties d'un composé.
AN AXAGORE, philosophe grec (500-428 av. J.-C); fut le maître, dit-on, de Socrate. Le premier, il reconnut comme cause du monde, outre la matière et la nécessité^ un principe raisonnable.
Anémia, manque de sang: du grec an^ qui marque la privation , et aima, sang.
Anthropolo^e, science de Phomme : du grec anihropos, homme, et logos , raison.
Antiiropomorphisme, tendance à concevoir les autres êtres, notamment Dieu, à l'image de l'homme : du grec anthropos, homme, et morphè, forme.
AntitlièM^ du grec anti, contre, et thésis, thèse, position : thèse contraire, contraste.
ANTOIIVE (Marc) , général romain (86-30 av. J.-C). Partisan de César, il se déclara son vengeur après sa mort, et^ sous ce prétexte, fit la loi à Rome. Cicéron souleva contre lui le parti du jeune Octave ; mais bientôt Octave et Antoine réconciliés, se livrèrent des otages; le premier demandé par Antoine fut Cicéron. La rupture d'ailleurs ne tarda pas; Antoine, vaincu, se perça de son épée.
Aperoeption, substantif formé d^apercevoir, désigne une perception claire, par opposition à une perception confuse qu'on a sans s'en apercevoir.
Apoloffia^ défense, justification : du grec apo, qui marque l'écart, et logos, discours : discours pour écarter une inculpation.
Araméen, nom d'un groupe de langues: racine aram, nom oriental de la Syrie.
Arbitre, du latin arbitrium, choix : libre arbitre, libre choix de la volonté.
ARCHiniàDE, géomètre et physicien grec de Syracuse (287-212 av. J.-C), un des plus grands savants de l'antiquité : trouva en géométrie la mesure du cercle, de la sphère, du cylindre, etc. ; en physique, la loi qui porte son nom, relative à l'équilibre des corps plongés dans les fluides ; en mécanique, la vis creuse, la poulie mobile, la théorie du levier. Il défendit trois ans à force de science sa patrie assiéffée parles Romains. Plein d'admiration pour lui, le général en-
nemi ayait ordonné de Pépargner, mais il fut tué par ud soldat.
ABISTOTE, le plus grand savant et philosophe de l'antiquité (384-322 av. J.-C), était fils d'un médecin, fut le précepteur et Tami d'Alexandre le Grand. Il enseigna à Athènes, où il avait été disciple de Platon, et fonda à son tour une grande école de philosophie. De tous les points de rAsié Aleiandre lui envoyait les animaux et les plantes rares recueillis dans les pays conquis, ce qui lui permit d'être aussi grand naturaliste que grand penseur ; il a écrit une Mélaphysiqtte, une Physique, une Logique, une Psychologie, etc., etc. Il a embrassé tout le savoir de son temps, et plus on Tétudie, plus on est dans l'admiration devant la sûreté de ses vues et la profondeur de ses pensées.
ARYAS (les), habitants présumés de Tancienne Arie, province d'Asie où les savants placent le berceau de la race indo-européenne. Les Aryas auraient été les ancêtres communs de tous les peuples d'Occident, et auraient parlé une langue primitive d'où sont sorties toutes les langues aryennes ou indo-européennes, savoir : le sanscrit, le latin, le grec, le celtique, etc., comme langues mortes, et toutes les langues vivantes qui en dérivent.
Aryen (enne), nom d'un groupe de langues : voir Aryas.
AMimller (s*), convertir en sa propre substance, digérer (au propre et au figuré), du latin ad, à, qui marque l'action de rendre, et similis semblable.
AssoaaBoe (du latin ad, à, et sonare , sonner) , similitude de son.
Atavisme, (du latin atavus, aïeul), mode d'hérédité qui fait qu'on tient moins du père ou de la mère que d'un aïeul : hérédité qui «saute une ou même plusieurs générations. »
Atrophier (s') , dépérir par défaut de nutrition (du grec a privatif, et trophè, nourriture).
Audition, action d*entendre (latin audire, entendre, écouter).
Auriculaire, qui s'adresse à l'ouïe (latin auricula, oreille).
Automatisme, mouvement machinal ; de automate, machine qui se meut par ressort (racine grecque : atUos, soi-même, et matas, effort).
Autonomie, indépendance , état d'un être qui se fait à lui-même sa loi (du grecaiitof, soi-même, eXnomos, loi).
BAOOIV (François), célèbre philosophe anglais, (1560-1626). Témoin de la grande Renaissance scientifique du seizième siècle, il ne fut pas lui-même un savant, mais il renouvela la philosophie des sciences, et particulièrement la Logique, conformément à l'esprit de la science moderne. De même qu'Aristote avait donné les règles du raisonnement exact. Bacon essaya de fixer celles de l'expérience. Il écrit en latin avec plus d'abondance et d'éclat que de pureté. Très mêlé à la vie politique de son temps, il fut un médiocre caractère et n'eut pas* une réputation intacte. Ses Essais, en anglîfis, sont d'un esprit vif et pénétrant.
BAYI4E (Pierre, 1647-1706), célèbre écrivain et critique français.
né près de Foix ; étudia à Toulouse, fut précepteur à Genève, puis & Paris, obtint au concours la chaire de philosophie à rAcadémie protestante de Sedan, puis passa à Rotterdam. Il y fonda les Nouvelles de la République des letlres^ une des premières revues savantes qui aient existé : le premier numéro parut en mars 1684. Son grand ouvrage est le Dictionnaire historique et critique, il s*y montre philosophe un peu sceptique, mais subtil et bon logicien; écrivain net, vif, clair et souple autant qu'érudit.
BEAVHONT (de) chirurgien du commencement de ce sièc.e, d'une famille française, en partie fixée au Canada, eut le premier Toccasion d'observer l'intérieur de Testomac vivant et la sécrétion du suc gasti*ique. Depuis lui, l'expérience qui consiste à pratiquer une ouverture dans Testomac des chiens et à y mettre une fenêtre de verre pour observer ce qui s*y passe, est devenue usuelle dans les laboratoires de physiologie.
BEETHOWEN, grand compositeur allemand, né à Bonn en 1770, mort à Vienne en 1827, un des grands maîtres de la musique. Après avoir admiré et imité Mozart, il adopta un genre plus large et plus vigoureux. II excelle surtout dans les ensembles d'instruments à cordes et d'orchestre. Il a laissé beaucoup d'ouvrages de ce genre, des ouvertures, mais un seul opéra, Fidelio. 11 a écrit un « Traité d'harmonie et de composition ».
BERKELEY (Georges 1684-1753), évèque et philosophe irlandais, professa la doctrine appelée immatériaXisme ou idéalisme absolu : selon lui, non seulement la matière n'est pas la seule réalité comme le croient les matérialistes, mais il se peut même qu'elle ne soit pas du tout une réalité ; car les sens ne saisissent pas les objets euxmêmes, mais seulement des qualités, c'est-à-dire en somme des ûiées, et nous n'avons aucun moyen de savoir si quelque chose y répond hors de nous. Cette doctrine est exposée dans les Dialogues entre Hylas et Philonoiis et dans les Principes de la connaissance humaine.
BERLIOZ (Hector), musicien français, né en 1803 à la Côte-Saint- André (Isère), mort en 1869, abandonna ses études médicales pour entrer au Conservatoire. Il inaugura un genre nouveau de composition, fort usité maintenant, mais encore combattu, qui veut tout exprimer par les sons seuls, sans le secours des mots. Depuis 1835, il écrivait un feuilleton de critique musicale pour le Journal des DébcUe. Il a aussi écrit quelques ouvrages : Voyage miisical en Allemagne et en Italie, Études sur Beethowen, Gluck et Weber, etc. Ses œuvres musicales les plus exécutées sont : Roméo et Juliette^ le Carnaval romain^ la Damnation de Faust^ V.^nfance du Christ.
BERIVARD (Claude), illustre physiologiste français, originaire du Beaujolais, mort à Paris en 1878 ; la Chambre des députés, pour honorer en lui un des plus grands maîtres de la science française, voulut que ses funérailles fussent faites aux frais de l'État. Il était aussi grand par la simplicité de sa vie el la pureté de son caractère, que
par ses découvertes connues du monde entier. La clarté élégante de son style 4'aya1t fait appeler à rAcadémie française ; il était depuis longtemps une des gloires de notre Académie des sciences. Son écrit le plus connu est Vlntrodttctionàla médecine expérimentale; il étudia surtout les poisons, découvrit les fonctions du foie, et inventa une multitude d'expériences qui le font regarder comme le véritable créateur de la méthode en physiologie.
Biologie, science de la vie : du grec Bios, vie, et Logos, raison.
mOILEAU (Nicolas, 1636-1711), poète français, esprit droit, d'un goût sûr, donna dans son Art poétique^ sous une forme précise et élégante, les règles de cet art, méconnues par tant d'écrivains médiocres alors en renom. Ses Èpttres sont moins originales que son poème comique, le Lutrin; mais après VArt poétique^ qui vaut par l'autorité et la raison, les Satires surtout montrent la vigueur de son esprit critique.
BONAIiD (de), philosophe français, né dans TAveyron en 1754, mort en 1840, fut député et pair de France sous la Restauration et membre de TAcadémie française : a écrit : La Législation primitive y Théorie du pouvoir politique et religieux. Recherches philosophiquesy,. etc.- Sa philosophie, d'un caractère tout religieux et conforme à sa fol royaliste, repose sur cette idée que la parole n'ayant pu être inventée par l'homme (parce qu'elle précède la pensée) a dû être l'objet d'une révélation spéciale, en même temps que les vérités qui servent de base à la morale.
BOBGIA (François de) , né en Espagne 1510, mort en 1572, fut le troisième général des Jésuites ; malgré les désordres de sa jeunesse, par où il se rattache à cette famille trop fameuse, il donna à la fin Tezemple des vertus monastiques et fut canonisé en 1671.
BOSSUET, grand évêque, orateur, historien et philosophe, né a Dijon en 1627, mort en 1704; montra en tout un admirable mélange d'inspiration et de raison, d'enthousiasme et de méthode. On connaît surtout ses Oraisons Funèbres, mais elles n'égalent pas la beauté de ses Sermons, Chargé par Louis XIV de l'éducation du Dauphin, il écrivit pour son élève le Traité de la connaissance de Dieu et de soi-même, la Logique, le Traité du libre arbitre, et surtout le DiS' cours sur VHistoire Universelle, Il fut évêque de Condom , puis de Meauz, rédigea la déclaration du clergé de France de 1682, et prit part à de célèbres controverses. La France n'a pas d'écrivain plus parfait.
Bondd'hiame, doctrine philo^pbique et religieuse de l'Iode, ainsi nommée de son fondateur, le Bouddha (c'est-à-dire le Sage) ; cette doctrine compte encore aujourd'hui 150 millions d'adeptes dans les Indes» la Chine, le Japon, etc.
lIOUBDAEiOIJE. Célèbre prédicateur, né à Bourges 1632, mort en 1704. Son éloquence vaut par la logique, la virilité, la force du raisonnement. Il fut remarquable surtout par la rude franchise avec laquelle il fît entendre à Louis XIV et à une cour enivrée de plaisir y les avertissements de la loi chrétienne.
BROUSSAIS. Célèbre médecin né àSaÎRt-Malo 1772,mort en 1838. Fut chirurgien de la marine, médecin militaire, professeur au Val- 4e-Grâce, etc. Son Traité de Virritation et de la folie a seul un intérêt philosophique : la doctrine en est toute matérialiste.
BROUriV-SÉUUARD, savant contemporain, d'origine américaine, mais fixé en France ; a succédé à Claude Bernard dans la chaire de physiologie du collège de France ; est célèbre par plusieurs expériences, notamment par celle qui prouve que Tépilepsie qu'on donne artificiellement au cochon d'Inde par une certaine lésion est héréditaire.
BÏICHNER, philosophe allemand contemporain, dont le livre Matière et Force fit grand bruit : c'est une tentative plus hardie que philosophique pour établir le matérialisme comme la seule doctrine conforme à la science moderne.
BUFFON, grand naturaliste, né à Montbard, Côte d'Or, 1707, mort en 1788, voyagea en Italie et en Angleterre; puis, nommé directeur du Jardin du Roi (jardin des Plantes), entreprit d'écrire l'histoire de la nature. Il consacra 15 volumes à l'histoire de la terre, de l'homme, et des quadrupèdes ; 9 volumes à celle des oiseaux, etc. : œuvre immense qui, par l'éclat des tableaux, la beauté du style, l'audace de certaines explications, donna une impulsion extraordinaire aux sciences naturelles.
CABAWIS, médecin matérialiste, né dans la Corrèze 1757, mort en 1808. Son fameux livre des Rapports du physiqtte et du moral, identifie les facultés morales avec les fonctions physiques, nie toute liberté et présente le crime comme une maladie.
CARPENTER, savant anglais contemporain, dont les travaux nombreux et divers ont presque tous une portée philosophique : La nature dans Vesprit de Vhomme, La vie animale dans les profondeurs de la merj etc. Il a contrôlé et confirmé la théorie aujourd'hui classique de la vision , en ce qui concerne la perception du relief et de la distance.
Cartésianisme, doctrine cartésienne, ou de Descartes : de Carte-' siusj nom latin de ce philosophe.
Catalepsie, état cataleptiqae , maladie dans laquelle le corps garde pendant toute la durée de l'attaque l'attitude qu'il avait au commencement, ou celles qu'on parvient à lui faire prendre : du grec caia* lêpsis, prise, attaque.
Causalité, caractère de ce qui est cause, action de causer, de produire, eautalité physique, manière constante et nécessaire dont un phénomène physique est lié à un précédent appelé cause , ou à un suivant appelé effet, — Causalité morale , production volontaire d'un acte par uoe personne intelligente et libre. — £ie/i causal, rapport de cause à effet, par opposition au simple rapport de succession.— Loi causale, loi qui énonce le rapport de deux phénomènes dont l'un est cause de l'autre ; par opposition aux lois purement empiriques, qui éooncent que deux phénomènes s'accompagnent ou se suivent, mais sans qu'on sache pourquoi.
CauM s«prêm« ou première, la cause la plus haute, à laquelle on s'arrête quand on remonte la série des causes secondes ou secondaires , et dans laquelle on cherche l'explication dernière de tout : Dieu.
Gbanviniame, patriotisme ayeugle et étroit; le chauvin est un per- -sonnage des dessins populaires représentant les succès ou les revers de Napoléon I**.
CHÉNIER (André), poète français (1762-1794). Sa mère était grecque, de là son goût pour la poésie grecque qu'il connaissait à merveille, et dont il atteignit parfois la perfection dans ses Idylles et ses Elégies, D'abord passionné pour les idées de 1789, il s'éleva courageusement contre les excès de la révolution et périt sur l'échafaud.
CHESELDEN, chirurgien anglais (1688-1752), surtout célèbre par son habileté dans l'opération de la cataracte et par les observations qu'il fit sur les aveug)yis-nés rendus à la lumière
Chorégraphie, art de la daose : du grec choreia, danse, et ^aphein, tracer.
ca^onoloffle, connaissance des dates historiques (du grec chronos, temps, et logos, raison).
. CICÉRON, le plus grand orateur latin (107-44 av. J. -G.) , d'abord simple avocat, passa tour à tour par toutes les plus hautes charges de la République romaine, sauva Rome d'une dangereuse conjuration, fut grand citoyen autant qu'admirable écrivain, mérita le surnom de père de la patrie. Mêlé aux luttes politiques les plus ardentes, la fin de sa vie fut orageuse ; il connut l'exil; la trahison d'Octave le livra aux soldats d'Antoine, qui le mirent à mort. Quoiqu'il fût d'un caractère mobile, un peu indécis et trop enclin à la vanité, ce fut un honnête homme et une noble nature. Il a donné non seulement de nombreux modèles d'éloquence, mais des traités précieux sur l'art de parler et d'écrire. Quand il n'était pas au pouvoir, il s'en consolait par la philosophie; il n'y montra point d'originalité, mais il mit en beau langage latin tout le meilleur de la philosophie grecque dans ses écrits De VÀmilié^ De la Vieillesse f etc., etc.
CIIHON (510-449 av. J.-C), général athénien, fils de Miltiade, gagna plusieurs grandes batailles et employa son butin a orner et fortifier Athènes. Banni par caprice en 461 il fut rappelé en 456 et fit la paix entre Sparte et Athènes. 11 conquit l'ile de Chypre mais mourut devant Citium.
CSomplexe, le contraire de simple : ce qui comprend plusieurs éléments (latin complexus, entrelacé).
GonoomitaBoe, accompagnement, réunion de deux ou plusieurs choses dans un même temps (latin cum avec , et comitari accompagner).
Concret, le contraire d'abstrait, c'est-à-dire ce qui est réel, et, comme tel, formé de plusieurs qualités réunies O&^in eoncrelus, réuni en un seul tout).
490 VOCAByLAIRE DES NOMS PROPRES
Conenpisoibto, qui est de la nature du désir (latin coneupiseere, désirer) ; passions ^cneupiscibles, celles qui consistent à désirer yîolemment quelque chose (Bossuet).
OOIVDIIAAC, né à Grenoble en 1715, mort en 1780, philosophe célèbre, et grammairien. Esprit clair et précis il écrit une excellente langue et fut de TÂcadémie française; sa doctrine est un sensualisme étroit, mais subtil et ingénieux. Il a écrit une Logique,une Gramr maire, un Traité des Sensations, et un Cours eompUt d'études pour nn jeune prince dont il fut le précepteur.
CUmnaacioB, rapport, liaison (du latin eonnexus, lié ensemble).
CSoBscfont, ce qui a conscience, et ce qui est saisi par la conscience. Quand OQ éprouve quelque chose à son insu, le sujet qui réprouve, et le phénomène éprouvé sont dits Tun et l'autre inconscients (latin cum , avec, et scire, savoir : savoir avec soi-même).
GoBsécatloii, succession, rapport de deux choses dont l'une précède et l'autre suit dans le temps (latin consequi, suivre).
Gontextare, liaison, enchaînement de parties formant un même tout (latin eum, avec, et texere, tisser : tisser ensemble).
CSontingeat, s'oppose à nécessaire; c'est ce qui arrive en fait, co qui est, mais pourrait ne pas être (latin, quod contingit, ce qui arrive, ce qui se rencontre). Le nécessaire non seulement est, mais ne peut pas ne pas être.
GoBtlnaifé, suite sans interruption, liaison (latin continuus, coa tinu, de ctim, avec, et tenere, tenir : ce qui tient ensemble).
Coordonner, ranger*, mettre en ordre plusieurs éléments divers (la* tin, cum avec, et ordo, ordre : établir l'ordre entre plusieurs choses).
CORNEILLE (Pierre). Le père de la tragédie et de la comédie classique en France, né à Rouen en 1606, mort en 1684; fut d'abord avocat, débuta au théâtre par des comédies, révéla son génie tragique par jr^d^e; donna le Cid en 1636, puis Horace, Cinna, Polyeucte, le Menteur, etc. 11 est parfois compliqué, obscur, emphatique et sans goût; mais il est incomparable par la grandeur des sentiments et la beauté de la langue.
GorrélattoB, relation constante, rapport étroit de deux choses entre elles et plus particulièrement équivalence. La grande loi de la corrilation des forces, qui est la plus générale de toute la physique, porto que rien ne se perd, que, par exemple, la même quantité de mouvement produit toujours la même quantité de chaleur et réciproquement).
Cosmolofflqae, relatif au monde (du grec cosmos, monde, et logos^ raison).
GoamopolItUnne, doctrine de certains moralistes (par exemple les -Stoïciens), qui se disent cosmopolites, c'est-à-dire citoyens du monde entier (grec coxmof, monde, et politês^ citoyen). Ils croient à tort que l'amour de la patrie est un sentiment inférieur et suranné. Il n'est pas admissible que l'amour de l'humanité doive et puisse être établi sur les ruines du patriotbme.
€i}iriER (Georges)» grand naturaliste, né à Montbéliard en 1769, mort en 1832; d'abord destiné à être pasteur protestant^ il étudia à Stuttgard , où la lecture de BufTon lui donna la passion de Thistoire naturelle. Précepteur dans une famille de Normandie, la vue des falaises de la Hanche tourna sa pensée vers la géologie, et le voisinage de Tocéan vers Tétude des animaux marins. Quatre ans après il était membre de Tlnstitut. Professeur au Muséum , il y fit ses Leçons (Vanatomie comparée, suivies plus tard de ses Recherches sur les ossements fossiles, auxquelles sert de préface le célèbre Discours sur les Révolutions du GJobe. Dans le Règrie animal distribué d'après son organisation, il posa les principes de la classification zoologique demeurée classique. Guvier fut membre de trois académies , comblé d'honneurs, élevé à la pairie, admiré de toute TEurope savante. A sa mort, r£tat acheta ses collections et sa bibliothèque, et sa veuve reçut une pension comme récompense nationale.
DAIiTON, physicien et chimiste anglais 1766-1844, écrivit un Système de philosophie chimique et fit beaucoup pour le progrès de cette science. L'Institut de France lui ouvrit ses portes, honneur rarement fait aux étrangers.
DAIVTB, célèbre poète italien (1265-1321) , étudia toutes les sciences et la philosophie, combattit pour sa patrie, fut chargé de hautes missions politiques, eut une vie errante, aventureuse et presque toujours malheureuse. Son grand poème de la Divine Congédie, le premier qui ait été écrit en langue italienne, est à la fois populaire, religieux et patriotique. 11 est divisé en trois parties : VEnfer, le Purgatoire et le Paradis; c'est une production sans pareille pour la variété, la sublimité et la grâce des tableaux, la force des pensées et l'éclat des images.
DARWIN, le plus grand naturaliste anglais contemporain. Ses princi]»aux ouvrages, V Origine des Espèces, la Descendance de VHomme, YExpression des Émotions, ont été traduits en français. Malgré la valeur de ses travaux spéciaux , qui suffiraient à la gloire de plusieurs naturalistes , Darwin est surtout connu par sa doctrine sur l'origine des espèces (voir Transformisme); c'est une hypothèse hardie, que ses disciples ont poussée trop loin et donnent à tort comme prouvée de tous points, mais qui a renouvelé toutes les sciences naturelles et donné une impulsion incroyable aux recherches.— No en février 1809, Darwin est mort en avril 1882.
DédnotioB,' raisonnement dédnotif, opération par laquelle on tire les conséquences de certaines vérités (du latin deducere, tirer de)»
Déffradatioa (des couleurs], diminution progressive, distribution décroissante des couleurs par degrés successifs (latin de, qui marque le passage du haut en bas, du plus au moins, et gradue, degré).
DÉMOCRITE, philosophe grec, né en 470 av. J.-C, visita l'Egypte et l'Asie, fut au retour disciple de Leucippe et compléta, dans son Traité sur le monde j la théorie des atomes.
LEÇONS DE PSTCn. 28
r, rabaisser en pressant, empêcher de grandir, au propre et au figuré (laiin deprimere, de de et prendre, presser de haut en bas).
Dérivé, qui provient d'autre chose, s'oppose à ce qui est primitif on principal. Pasiion dérivée, passion qui ne vient pas directement d'une inclination naturelle , mais qui en découle indirectement (du latin de, qui marque Péloignement et rivus, ruisseau.)
DésaMdmilatioB, travail physiologique par lequel quelque chose qui faisait partie de la substance organique s'en sépare (de dés, préfixe qui marque Taction de défaire, et (usimiler (voir ce mot).
DESCARTCS, né en Touraine, 1596, mort en Suède, 1650, le plus grand philosophe français, et un des plus puissants génies qui aient été, dans toutes les branches du savoir humain. I^e premier il écrivit des ouvrages philosophiques en français : Le Discours de la Méthode ^ les Principes, les Méditations, le Discours sur les Passions, «ont les principaux. Il fut en correspordance avec plusieurs princes, et mourut à la cour de la reine Christine. D'admirables découvertes lui sont dues en mathématiques et en physique, notamment dans la théorie de la lumière. Il vécut surtout en Hollande, craignant de ne pas avoir en France la liberté de pensée dont ii avait besoin. Mazarin défendit qu'on prononçât son oraison funèbre ; mais la Convention décerna à ses cendres les honneurs du Panthéon.
Désnétvda, perte graduelle d'une habitude (latin desuetudo, de de qui marque la cessation, et swtudo^ habitude).
Déterminisme doctrine selon laquelle tout est enchaîné, déterminé nécessairement, même la volonté humaine (latin determinare^ tracer les bornes, arrêter les limites).
Devenir fie), le mouvement progressif par lequel les choses se font. On oppose le devenir à l'ôtre, comme le mouvement à l'immobilité.
Difltfrenoiation, action de distinguer, d'établir une différence entre deux ou plusieurs choses.
Dilemme, du grec Dilemma, argument à deux fins {dis, deux, et lêmma, argument) : c'est le raisonnement qui commence ainsi : de deux choses l'une.
Dieoarsive. (pensée, opération) du latin discursus, raisonnement (préfiie dis, qui marque l'écartement, et eurrere courir) opération par laquelle l'esprit s'éloigne logiquement d'un point de départ, va du connu à l'inconnu.
DiTergenoe, au propre, situation de deux lignes qui vont en s'écartant; au figuré, opposition d'idées, d'opinions (latin di-tergere, incliner en sens contraires).
DUlatJESCLIIV» célèbre homme de guerre français, né près de Rennes en 1314. mort en 1380 devant Chateauneuf-de-Randon qu'il assiégeait; le gouverneur avait promis de se rendre et vint déposer les clefs du château sur le cercueil de Duguesclin. Toute sa vie il combattit les Anglais et fut deux fois leur prisonnier; il leur reprit plusieurs des provinces qu'ils occupaient en France. Plein d humanité
!I disait : «En temps de guerre, les gens d'église, les femmes, les enfants et le pauvre peuple ne sont pas des ennemis. «
Dynamisme, s'oppose à mécanisme, c'est l'état d'une chose qui a en elle un principe de mouvement, une force propre; c'est aussi le nom de la doctrine qui conçoit les choses en général comme animées de forces (du grec dynamity force, puissance).
Ébriété (Latin ebrietat, ivresse)f état d'une personne ivre.
Éc»iiomlste, celui qui s'occupe d'éoonomle politique, c'est-à-dire de la science des richesses (du grec Otcof, maison et Nomot, administration).
Efflcient, qui produit, qui fait; cause efllciente, cause productrice par opposition à cause finale (voir ce mot) (latin effieere, produire, d'où vient aussi effeetus, effet).
Élaboration, action d'élaborer, c'est-à-dire de faire subir une modification par un travail. Élaboration des connaùsancegf transformation des données primitives de l'esprit, par exemple des sensations, en pensées proprement dites, par les opérations de Tentendement (latin elahorarCy tirer par un travail).
Étootivee (affeotions), affections qui choisissent leur objet (ex : Tamitié) par opposition à celles qui ne le choisissent pas (ex : l'amour maternel) latin ehyere, choisir, de eeilegerey prendre parmi.
Élimination action d'éliminer, c'est-à-dire écarter, mettre hors OAim eliminare, dee, hors, et limeny seuil).
Émotionnel (lan^ace) , langage qui ne traduit que les émotions et non les pensées proprement dites; s'oppose au langage rationnel, dont la parole est le type le plus parfait. Les animaux selon Max Mttller n'ont que le langage émotionnel (gestes, cris, mouvements).
Bmperière, le féminin d'empereur dans Montaigne : on ne dit plus qu'impératrice.
ÉPICTÉTB, philosophe stoïcien du 1" siècle après J.-C, était d'abord esclave, devint le familier de l'empereur Adrien, mais ne cessa dans aucune condition de mépriser la fortune et de vivre en sage. On a de lui un Manuel de sagesse et des Entretiens recueillis par un de .«es disciples : le stoïcisme n'a rien produit de plus simple et de plus beau.
ÉPICURE9 célèbre philosophe grec (341-270 av. J.-G.), fils d'un maître d'école et d*une magicienne. Témoin dans sa jeunesse des misères que cause la superstition, il entreprit d'en délivrer les hommes par la philosophie; son système comprend: une Logique sensualiste, une Physique ^ qui est la théorie des atomes perfectionnée, et une Jf orale, qui est celle du plaisir, mais du plaisir choisi, du plaisir bien entendu. Épicure était bon et sobre, sa vie et sa mort furent celles d'un sage.
Bmpiriqnee (lois) , par opposition aux lois causales (voir ce mot).
Empirisme, du grec Empiria, expérience, doctrine selon laquelle toutes nos connaissances viennent de l'expérience, y compris les prin-
cipes mêmes de la raison. Connaissance empirique , s'oppose à con" naissance raisonnée.
Entendmnent (du verbe entendre, dans le sens de comprendre) : Tesprit, en tant qu'il se rend compte, par opposition aux sens et à l'imagination.
Enthyméme, raisonnement abrégé , dont une proposition reste sous-entendue dans l'esprit (grec en, dans, Thymos^ esprit).
Entité, l'existence d'une chose considérée comme distincte et indépendante de la chose elle-même; autrement dit existence abstraite, d'où cet autre sens voisin , dans lequel entité s'oppose à réalité : on dit une entité vaine, pour une abstraction sans réalité, faussement prise pour réelle (latin entitas, de ens, entis, participe présent de essCj être).
Entrainement, action d'entrafner, c'est-à-dire de préparer un cheval pour les courses par un régime et une série d'exercices convenables. Se dit aussi au figuré pour la préparation de l'homme à des exercices déterminés.
Éphémère qui ne dure qu'un jour (du grec ep, sur, et Hémera, jour).
Équivalence, qualité'de ce qui est équivalent , c'est-à-dire d'égale valeur ou d'égale force (latin xquus, égal, et valere. valoir, pouvoir). En physique Véquix>alence des forces est la même chose que la corrélation (voir ce mot).
ESCHYLE, grand poète tragique grec (525-456 av. J.-C.) , fut littéralement le père du théâtre ancien, car il inventa l'architecture théâtrale, les décors, les machines et les costumes, en même temps qu'il donna les premiers chefs-d'œuvres dramatiques : ses principales pièces sont les Perses , Agamemnon^ les Cho^hores^ les Euménides, Prométhée. Soldat intrépide, il avait été blessé dans plusieurs grandes batailles ; un ardent patriotisme l'inspirait. On ne l'a pas surpassé dans le grandiose et le terrible.
Esprit positif, esprit dont la tendance est de ne s'en rapporter qu'aux faits établis, de ne chercher que des avantages certains, etc., par opposition au goût des conjectures, des explications hypothétiques, de la rêverie.
Essence (du latin esse y être) , ce qui fait qu'une chose est ce qu*elle est, nature propre et fondamentale. L'essence du triangle est d'avoir trois angles.
Esihétiqne, qui a rapport à la beauté; V Esthétique est la science du beau, le sentiment esthétique est le goût du beau, etc. (du grec AisthèsiSt sentiment, sans doute parce que le beau est par excellence affaire de sentiment).
Éther, fluide invisible et impondérable, bien distinct de l'air, que les physiciens supposent remplir les vides et les intervalles des corps et les espaces célestes, et par lequel ils expliquent la transmission de la lumière (latin jEther, grec Aither).
Euphémisme, figure de langage qui cQnsiste à déguiser des idées
ET DES EXPRESSIONS PHILOSOPHIQUES. t95
désagréables sous des noms qui signifient autre chose ; (du grec eu y bien et phêmij dire).
Évocation, acte d'appeler, de faire sortir en appelant; évocation des motifs acte par lequel la volonté qui délibère évoque les motifs divers pour les peser (latin e-vocare, appeler hors de.).
ÉTolntionnisme, doctrine de l'éTolnUon, celle qui consiste à croire que les choses n'ont pas été faites du premier coup telles qu'on les voit, mais qu'elles ont pour loi de changer, de se former et transformer avec le temps, de se développer par une série de modifications (latin evolveret dérouler).
Exactes (sciences) du latin eâ;ac(u«, achevé, les sciences qui comm les mathématiques, sont des encbaîuements rigoureux de vérités absolument certaines.
Expansion, action de s'étendre, de se développer, ou encore d'épancher ses idées et ses sentiments (latin expandere^ déployer).
Extériorité, état, qualité de ce qui est extérieur.
Extrinsèque, qui se trouve au dehors (latin extrinsecus, dehors) ; qui n'appartient pas en propre à une chose, mais lui vient d'ailleurs.
Far-niente, locution italienne, mot à mot, faire-rien, état d'oisiveté, loisir.
Fatalisme, doctrine qui consiste à croire que tout ce qui arrive est fatal, y compris nos actions volontaires; du latin /d(um, destin, nécessité.
FÉNELOIV, né en Périgord 1651, mort en 1715, fit de brillantes études. Â peine sorti du séminaire Saint-Sulpice, il fut chargé de diriger l'établissement des Nouvelles Catholiques; c'est alors qu'il écrivit son Iraité de VÉducation des Filles j chef-d'œuvre de délicatesse et de raison. Envoyé en mission chez les protestants du Poitou, il fut nommé au retour précepteur du duc de Bourgogne, et bientôt fait archevêque de Cambrai. Condamné à Rome après un grand débat théologique avec Bossuet, il acheva sa vie dans une retraite pleino de simplicité et de dignité. Son Télémaque lui attira la colère de Louis XIV. Ses autres écrits sont des Dialogues sur V Éloquence y une Lettre à V Académie y un Traité de V Existence de Dieu, des Fables des Dialogues des mortSy etc.
Féticliisme, le culte des fétiches; forme grossière du sentiment religieux chez les nègres d'Afrique, qui consiste à adorer un objet naturel quelconque, bois, pierre, etc., auquel on prête un pouvoir divin (la racine semble être le mot fée).
Finale (cause), celle qui agit par finalité, c'est-à-dire, comme fin, comme but vers lequel tend l'agent. Un meurtre est commis : le meurtrier est l'agent, ou la cause efficiente ; mais pourquoi a-t-il tué, en vue de quelle fin? La cause finale sera par exemple le vol.
FJL.OUBEIVS9 physiologiste français (1794-18G7), originaire de l'Hérault, fut professeur au Muséum d'histoire naturelle et au Collège de France, membre de l'Académie des sciences et de l'Académie
française» député de Béziers, pair de France, etc. Ses principaux écrits physiologiques ont trait à la Formation des os, aux Fonetians^ du système nerveux, à la Génération, à la Longévité humaine ; son traité De Vinstinct et de Vlntelligence des animaux est Tœuvre d'un philosophe autant que d'un savant.
FONTfilWELLEy excellent écrivain français, né à Rouen 1657» mort en 1757» était neveu de Corneille : d'abord avocat, puis méchant poète, il se révéla comme prosateur par ses Dialogues des MortSt ses Entretiens sur ta pluralité des Mondes, son Histoire des Oracles. Membre de l'Académie française, il devint bientôt secrétaire perpétuel de V Académie des Sciences, dont il écrivit l'histoire : Ses Éloges des Académiciens sont des chefs-d'œuvre. Il fait le lien entre le dixseptième et le dix-huitième siècle. Son style, un peu maniéré, est plein d'esprit, de délicatesse et de grâce.
Fouiwevr (de fouir, latin fodere, creuser). Nom des animaux qui creusent le sol, comme la taupe.
FBANZ (D'j , médecin allemand, dont les expériences sur la vision confirment celles de Cheselden et de Platner, et prouvent que l'œil ne perçoit pas primitivement les trois dimensions des objets.
GALTOIV , savant et philosophe anglais contemporain , a surtout étudié l'hérédité des aptitudes intellectuelles et des dispositions morales dans les diverses classes de la société anglaise. Son livre le plus connu a pour objet le Génie héréditaire; mais il n'est pas traduit.
GARNIEB (Adolphe), philosophe français OB0M864>, élève et disciple de Jouifroy , lui succéda dans sa chaire de la Sorbonne : a laissé plusieurs ouvrages, dont le principal est un Traité des Facultés de Vdme,
GASSENDI, philosophe français, né près de Digne en 1592 mort en 1656; professa la rhétorique à Digne, la philosophie à Aix, les mathématiques au Collège de France ; excella dans tous les genres, fut l'ami des plus grands savants de son temps et, dit-on, le ma!trede Molière. Comme philosophe , il est contre Descartes et enseigne à peu près la doctrine d'Epicure. Ses écrits sont en latin.
iBénéraiiaatioB, action de généraliser , opération par laquelle ou forme les idées générales (c'est-à-dire les idées de genres) et les jugements généraux; du latin genus, generis, genre).
Genèse, formation (grec Génèsis , devenir).
GEOFFROY SAINT-HILAIHE (Etienne) , grand naturaliste, né à Etampes en 1772, mort en 1844, fut professeur de zoologie au Muséum et à la Sorbonne, fouda la Ménagerie du Jardin des plantes, posa les principes de la science des monstruosités, enseigna la varia* bilité des espèces, précurseur en cela de Darwin comme l'avait été Lamarck. 11 eut à l'institut un débat célèbre avec Cuvier sur la philosophie des sciences naturelles. Esprit profond, il exerça une influence puissante sur la marche de ces sciences. Parmi ses écrits très nom-
breux nous citerons son Histoire naturelle des mammifères, sa Philosophie anatomiquef ses Principes de philosophie xoslogique,
CSOETHE, 1749-1832, le plus grand poète de TÂlIemagne. Son premier succès fut le drame de Goetg de Berlichingen ; le roman de Werther suivit de près : puis vinrent la tragédie à*Egmont, le roman de Wilhelm Meister, Iphigénie, le Tasse , Faust. Savant en même temps que poète, il adonné aussi une Théorie des couleurs, des Essais d'Histoire naturelle, des Essais sur lamétamorphose des plantes. Napoléon voulut le voir et le décorer de la Légion d'honneur. Sa vieillesse, belle et sereine, s'acheva dans une gloire incontestée et toujours grandissante.
Grand «ympathlque (le nerl), partie du système nerveux , distincte de la moelle épinière, et desservant les viscères (de sympathie).
GBikTIOLET , physiologiste français, né à Sainte-Foy. (Gironde) en 1815, mort en 1865. Fut d'abord aide-naturaliste au Muséum pour Tanatomie comparée, puis professeur à la Sorbonne. Ses travaux ont surtout pour objet l'anatomie du cerveau et les rapports qui existent entre nos facultés et la structure de cet organe. Son étude de la Physionomie est seule connue du grand public.
Gravitation, action de graviter, c'est-à-dire de tendre par son poid» Ters un point (du latin gravis, pesant). En physique la gravitation est la force reconnue et mesurée par Newton, qui fait que toutes les par ticules de la matière pèsent les unes sur les autres en raison directe de leur masse et en raison inverse du carré de leur distance.
GIJIZOT, célèbre historien et homme d'État français, né à Nîmes en 1787, mort en 1874; professa avec éclat à la Sorbonne, contribua à la Révolution de 1830^ fut plusieurs fois ministre sous Louis-Philippe : On lui doit la loi de 1833 sur Tinstruction primaire, et le rétablissement de l'Académie des sciences morales. Ses principaux ouvrages sont : Histoire de la civilisation en Europe. Histoire de la civilisation en France, Histoire de la Révolution d'Angleterre, Histoire dfi France racontée à mes enfants. Mémoires pour servir à Vhistoire de mon temps. Homme d'autorité, sévère , hautain , Guizot représenta depuis 1830 la politique de résistance, et contribua à amener la révolution de 1848. Son éloquence et son style avaient la même dignité froide et un peu raide que son caractère.
Hallucination, sensation faussement rapportée à un objet extérieur, illusion (du latin hallucinari, avoir l'esprit égaré).
HAMIIiTON (sir William)^ philosophe écossais (1788-1856); professeur à l'Université d'Edimbourg, il publia sous forme d'articles dans la Revue d'Edimbourg nombre de dissertation $> , traduites en français sous le titre de Fragments de Philosophie (1841) ; elles sont remarquables par l'étendue de l'érudition et la vigueur de la discussion. Stuart Mill y a vu toute une philosophie, qu'il a soumise à un examen minutieux, dans un gros volume.
HARTMJlIVN (de), philosophe allemand contemporain, dont
TouTrage le plus célèbre a pour titre : Philosophie de Vtncofueieta. Il a aussi écrit sur la morale ; il est un de ceux qui ont repris et développé le pessimisme de Schopenhauer.
■ABYET, illustre médecin anglais (1578-1658). Avait étudié en France, devint médecin du roi Jacques I*', découvrit la circulation du sang en 1628 ; il faisait ses expériences sur les cerfs des parcs royaux.
HÉGÉSIAfit, philosophe grec de Técole cyrénaîque (vers 300 av. J.-C), surnommé PisithanatCf c*est-à-dire conseiller de mort, parce qu'il déclarait que, la somme des maux dépassant celle des biens, mieux valait mourir. Getts doctrine ayant causé plusieurs suicides, recelé fut fermée et le maître exilé.
HEIilMHOLiTZ, illustre physicien et physiologiste allemand contemporain, enseigna d'abord à Heidelberg et depuis à Berlin. Son Acoustique physiologique et son Optique physiologique sont ses ouvrages les plus connus en France ; presque tout y est original, la méthode comme les résultats, lesquels ont conduit à des applications précieuses pour l'art.
HEIi¥ÉTltJS, philosophe français (1715-1771). Riche financier, il s'entoura de tous les philosophes et beaux-esprits de son temps. Son livre De ^Esprit, qui fut condamné par la Sorbonne, le Parlement et le Pape, et brûlé par la main du bourreau, proclame le matérialisme, identifie la vertu à Tintérêt, l'homme à l'animal : il dut rétracter cette doctrine et alla jouir de sa célébrité auprès des cours d'Allemagne et d'Angleterre. Malgré ces hardiesses de plume , son honnêteté, comme homme, est incontestée.
■ÈBACLITE, philosophe grec, vécut vers 500 av. J.-C; avait écrit un Traité sur la nature dont il ne reste que de rares fragments, il enseignait que rien ne dure, que tout s'écoule, que la nature est dans un continuel mouvement, que le feu est le premier principe de toutes choses, etc.
BEBBERT-SPEMCER, philosophe anglais contemporain dont les ouvrages très nombreux sont presque tous traduits en français : Les Premiers Principes; Principes de Biologie ; Principes de Psychologie ; Principes de Sociologie ; Principes de Morale; Introduction à la science sociale ; Essais sur V Education^ etc., etc. Sa doctrine est celle de l'évolution (voyez ce mot) ; sa méthode consiste à réunir une multitude de faits pour en dégager ensuite les lois générales : c'est un esprit libre, hardi et original, qui choque souvent les idées reçues , mais qui instruit toujours et fait penser.
Héréditaire, transmis par Hérédité c'est-à-dire légué par les parents avec la vie, comme un héritage (latin hereditas, héritage, succession). L'hérédité physique transmet le tempérament, les traits etc ; Vhéredité mentale et morale les dispositions de l'esprit, du cœur et du caractère.
Héiéroffène, qui n'est pas de la même nature qu'une autre chose (du grec hétéros, autre et Génos, genre).
Uiérogïjphtu, les caractères de l'ancienne écriture Egyptiennei
qui consistaient en images des choses réelles (da grec hiéros, sacré et glyphein, graver, parcequ'ils étaient d'abord gravés sur des monuments sacrés).
■OBBES (Thomas), philosophe anglais (1588- 1679) , voyagea en France et en Italie, écrivit en anglais et en latin. Ses ouvrages principaux sont un Traité de la nature humaine, à tendances matérialistes, un Trailé du Citoyen et le Léviathan, Ces deux derniers écrits contiennent une philosophie politique claire et bien enchaînée, mais dont le principe est faux et Tesprit général manque d'élévation morale. Hobbes enseigne qu'à Torigine Thomme est ennemi de Thomme, que la société est née d'une convention, que le corps social, ce géant ou « Léviathan » ne peut être tenu en paix que par le despotisme le plus absolu.
HOLBACH (D'), philosophe français, d'origine allemande (1723- 1789), était riche et bienfaisant, érudit dans les sciences naturelles. II fit scandale par son Système de la nature^ bientôt suivi de plusieurs autres écrits, tous médiocres et prétentieux, remarquables seulement par l'audace des attaques contre tous les principes reçus en philosophie, en morale et en politique, aussi bien qu'en religion.
HOMÈBE, le premier poète grec et peut-être le plus grand de tous les poètes, auteur de VIliade et de VOdyssée^ deux poèmes épiques dont le premier raconte le siège de Troie et le second les aventures d'Ulysse. On ne sait rien de positif sur la vie d'Homère; la légende le représente aveugle, errant, récitant lui-même ses poèmes à mesure qu'il les composait.
Homogène, qui est de même nature , (du grec homos pareil et Génos^ genre). Mélange homogène , mélange formé de parties toutes semblables ou également réparties.
HORACE, poète latin (64-7 av. J.-C)., était fils d'un affranchi, fut quelque temps commis au trésor public, débuta dans la poésie par des satires, qui attirèrent l'attention de Virgile. Bientôt, il eut pour protecteurs les plus grands personnages et Auguste lui-même, à qui il dut l'aisance et l'indépendance. Écrivain exquis, mais plus spirituel et délicat que puissant, il a écrit des Odes et des Êpitres dont la principale est Y Art poétique,
H CCIO (Victor), le plus grand poète français de notre temps, un des plus grands de tous les pays et de tous les temps, né à Besançon en 1802. 11 n'avait pas vingt ans quand il donna les Odes et Ballades, aussitôt suivies des Orientales, Ses autres grands recueils de poésie lyrique sont les Feuilles d'automne, les Rayons et les Ombres , les Chants du crépuscule, les Voix intérieures, les Contemplations, la Légende , des siècles, les Châtiments, VArt d'être grandrpère, eic. Ses drames ' en vers, Hernani, Ruy-Blas, etc. , contiennent des beautés poétiques de premier ordre. Son meilleur roman est Notre-Dame de Paris. Le goût de V. Hugo n'est pas toujours irréprochable j mais, par la grandeur de l'inspiration, l'éclat des images, le souffle poétique et la richesse de la langue, il est sans rival. Aucun poète n'a mieux chanté
]SL nature; aucun non plus A^a parlé des enfants avec plus de grâce et d'émotion.
HUXLEYf savant anglais contemporain, des plus célèbres, auteur d'une étude très remarquée sur notre grand philosophe Descartes^ qu'il n'hésite pas à proclamer le père de la science comme de la philosophie modernes. Ses autres ouvrages traduits en français sont : La Place de Chomme dans la nature; Les Sciences naturelles et le» problèmes qu'elles font naître; Éléments d'Anaiomie comparée ; Éléments de Physiologie;. VÉcrevisse, introduction à VÉtude de la Zoologie.
Bybvide, en latm hyhrida (du grec,, hyhris) , qui provient de deux espèces différentes; tel est le mulet»
Idéal, qui n'a d'existence que dans l'idée, dans l'esprit; et par extension , qui réunit toutes les perfections que l'esprit peut concevoir. — L'idéal, dans Tart, est le modèle intérieur que l'artiste se fait , plus beau que la réalité.
Iddaliame a plusieurs sens : dans l'art c'est le souci de l'idéal et il s'oppose au réalisme ; en métaphysique , c'est le système qui regarde les idées et par suite la pensée , comme plus réelles que les choses^ et même comme seules réelles.
Identilioatioii» action d't*denft/ier, c'est-à-dire de rendre le même ou de reconnaître comme le même : de identique et du suffixe fier, faire.
Identique, qui est le même , qui ne fait qu'un avec une autre chose (du latin tdem, le même).
Idéographique, (écriture) par opposition à écriture phonétique ^ celle qui dessine l'idée (grec idéa idée et graphéin, dessiner), au lieu de rendre le son, (phonê),
Imacrinatlve (mémoive), mémoire des images,, ou imagination inférieure qui consiste uniquement à se représenter ce qu'on a vu, sans y rien changer.
Immanent^ ce qui réside dans une chose (latin vn, dans, et manere, rester); par opposition à ce qui agit du dehors et n'appartient paa à la chose elle-même.
Immatérialiame, doctrine qui consiste à làei l'existence de la matière , à ne reconnaître que des êtres non matériels (im^matérieU), les esprits et leurs idées (V. Berkeley).
Immuable, qui ne change pas (du latin in négatif et mutare, changer, d'où vient aussi immutàbilitéy caractère de ce qui ne change pas).
. Importun, qui est fâcheux d'une manière répétée, continue riatin in , négatif, et portus, port, qui n'a point de port).
Incoercible, qu'on ne peut réprimer, retenir (latin, in négatif et coercercy empêcher).
Incohérent, qui ne se tient pas, qui manque de lien et de suile /!•♦;« .•« "4gatif et eo'haerere, être attaché à eu avec)w
Indéstmctibillté, qualité de ce qui ne peut être détruit (latin in, négatif et destruere , détruire).
Individualité, ce qui constitue VindieidUf c'est-à-dire ce qui fait un être un et simple, un seul et même tout (latin inditiduus^ qui n*est pas divisé).
ladnotion, raisonnement indnctif, opération par laquelle l'esprit 8*éIèTe du particulier au général, des faits aux lois (latin inducerey induire, conduire à..).
Inétendn, qui n'est pas étendu; élimerUs initendttt^ éléments réels , mais n'occupant point de place, analogues en cdaau point mathématique.
Inférenoe, conclusion du particuiier au particulier, d'un cas donné à un cas pareil ; inductitm d'un genre inférieur (latin in- ferre, mettre dans, parce qu'on met le cas inconnu dans la catégorie des cas analogues connus).
inUni, ce qui n'a pas de bornes (latin m, négatif et fines, limites).
Infinitésimal (calent), calcul des quantités infiniment petites : nom commun du calcul différentiel et de son inverse le calcul intégral.
Inhérent, joint inséparablement (latin in-hxrerej être attaché à.
Inné, inhérent par nature et dès l'origine (isXin in-natus, né dans). innéité^ caractère de ce qui est inné et non acquis; doctrine qui reconnaît des principes innés et nécessaires dans l'esprit humain.
Intrinsèqne, qui appartient en propre à une chose et se trouve en elle (latin intrinseeut , au dedans).
Intuition, action de percevoir directement (latin iniuerij voir en face). Les facultét intuitives s'opposent aux opérations discursives (voir ce mot).
Iranéen, ou Iranien, groupe de langues (de l'Iran, nom oriental de la Perse moderne).
Irascible, qui est de la nature de la colère (latin irasci, se mettre en colère), par opposition kconcupiscible : Passions irascibles, celles qui consistent à s'irriter contre un obstacle (Bossuet).
Irréductible, qui ne peut être réduit à autre chose; ramené k d'autres éléments (»n, négatif et reducere, réduire).
JACQUJlRD, célèbre mécanicien de Lyon (1752-1834). Fils d'ouvriers, il travailla lui-même, tout enfant, jusqu'à compromettre sa sani é, fut apprenti chez un relieur, où il fit seul son instruction» puis dans une fonderie de caractères. Après une vie aventureuse, comme soldat, il inventa une machine destinée à tirer le^ lacs, puis une autre, destinée à faire des filets, puis enfin le fameux métier à tisser la soie, que tous les pays adoptèrent bientôt en faisant à l'inventeur des offres brillantes : il reAisa par patriotisme.
JA^ET (Paul), philosophe contemporain, professeur à la Sorbonne, auteur d'un grand nombre d'ouvrages, dont quelques-uns sont populaires, comme la Famille et la Philonophie du bonheur, et d'autres plus savants ou plus spéciaux : Histoire de la Science politique dans
ses rapports avec la Morale, le Matérialisme contemporain, les Causes finales^ la Morale ^ Traité élémentaire de Philosophie, etc. Représentant des Facultés des Lettres au Conseil supérieur de l'instruction publique, M. Janet a pris une part active à la rédaction des programmes de Psychologie et de Morale appliquées à la pédagogie.
JOI3FFROT (Théodore), philosophe français, né au hameau des Pontets (Jura) en 1796, mort en 1842 ; fut professeur de philosophie au Collège Bourbon , à TÉcole normale supérieure et à la Sorbonne, membre de TAcadémie des sciences morales et du Conseil Royal de l'Université, député pour Tarrondissementde Pontarlier. Psychologue très fin et moraliste très pur, il observe avec pénétration et décrit dans un style lucide les phénomènes intérieurs. On lui doit, outre des traductions des philosophes écossais Dugald-Stewart et Thomas Reid, un Cours de Droit naturel, un Cours d'Esthétique, et deux volumes de Mélanges philosophiques.
Juxtaposé, placé à côté d'une autre chose [làim juxta, auprès et posé).
KJlIVT (Emmanuel) (1724-1804), le plus grand philosophe allemand avec Leibnitz et un des maîtres de la pensée humaine ; passa toute sa vie à Kœnigsberg, sa ville natale. Il entreprit de mesurer la portée de la raison humaine, ses bornes et son étendue ; pour cela^ il la soumit k une critique rigoureuse, d'où le nom de « philosophie critique » donné à sa doctrine. Cette doctrine est renfermée surtout dans trois grands ouvrages : la Critique de la raison pure, c'est-à-dire des principes de la science ; la Critique de la raison prcUique, c'est-àrdire des principes de la morale ; et la Critique du jugement, c'est-à-dire des principes du goût. Dans le premier de ces ouvrages, Kant admet bien que la raison peut connaître les phénomènes, mais il la déclare impuissante à sortir d'elle-même pour atteindre le fond même des choses, la nature de Tâme et fexistence de Dieu. Au contraire, la notion d'obligation morale lui parait avoir une certitude et une portée à part, et sur cette notion seule, dans son second ouvrage, il réédifie toute une métaphysique, tout un système de croyances non seulement morales, mais même religieuses. A ce titre^ il peut passer pour le plus grand des moralistes, et par ce côté sa philosophie est abordable à tou^. — Comme presque tous les grands philosophes, Kant était aussi un mathématicien et un savant.
KEPLER. Grand astronome allemand (1571-1630) , fils d'un cabaretier, montra de bonne heure le goût des mathématiques. Il succéda à Tycho-Brahé comme astronome à la cour de Praj^ue. n découvrit les lois qui régissent les mouvements des planètes autour du soleil. Ses écrits sont en latin.
IjA bruyère, écrivain moraliste (1645-1696), d'abord trésorier à Caen, puis précepteur du petit-fils du grand Gondé. Il publia la traduction des Caractères de Théophraste, philosophe grec, en y loiffnant les Caractères ou les Mœurs de ce siècle, qui eurent un im-
mense succès et lui ouvrirent les portes de rAcadémie. Son style est YÎf, élégant, sobre; ses observations sont fines et souvent profondes. n est moraliste en ce quMl peint les mœurs telles qu'elles sont, non en ce qa*il donne des règles de morale.
liA FAT BTTE (marquis de), né près de Brioudeen 1757, mort en 1834, épousa à seize ans une demoiselle de Noailles. Lorsqu'éclata la révolte des colonies d'Amérique en 1777, il équipa une frégate à ses frais, et prit une part brillante à la guerre de Tlndépendance. Revenu avec une immense popularité , il fut vice-président de rassemblée de 1789 et fut proclamé commandant de la garde nationale. Mêlé à toute Tbistoire de la Révolution, il eut une vie orageuse, mais pure. Son honnêteté est incontestée, sinon ses aptitudes politiques. Libéral et modéré, il eut toujours des intentions droites, s*il ne fut pas toujours à la hauteur des situations où l'appela sa grande popularité.
MJk FUNTAÏNE, notre grand fabuliste,néà Ch&teau-Thierry en 1621 mort en 1695 ; songea d'abord à entrer dans les ordres et passa un an au séminaire , mais il n'eut de goût sérieux et constant que pour les lettres. Sa vie fut assez désœuvrée; ses Contes, où la grâce de la forme ne fait pas toujours excuser la légèreté du fond, sont d'un esprit charmant mais tout à l'amour du plaisir. Il avait quarante-sept ans quand ildonna'ses FaMe;, œuvre inimitable, sans pareille dans aucune littérature.
liAMABCKf célèbre naturaliste français , né en Picardie , en 1744, mort en 1829 ; émit le premier des idées analogues à celles qu'a développées depuis Darwin. Il avait d'abord été soldat , mais , forcé par un accident de quitter le service, il s'était mis avec passion à l'étude de la botanique. En 1778, il donna une Flore française, remarquable par l'esprit d'ordre et de méthode. Quand la Convention réorganisa le Muséum, il fut chargé d'enseigner l'histoire naturelle des insectes et des vers. U embrassa avec ardeur cette étude nouvelle pour lui et y montra la même puissance de travail : VHisioire naturelle des animaux sans vertèbres, et la Philosophie Zoologique sont ses ouvrages les plus connus. Sa vieillesse fut attristée par la pauvreté et les infirmités; il était devenu complètement aveugle.
liAlIlilLRTIIVBy célèbre poète et homme politique, né à Mâcon en 1790, mort en 1869. Les Méditations, les Harmonies poétiques et religieuses, Jocelyn, sont ses meilleures productions en poésie ; VHistoire des Girondins et le Voyage en Orient sont ses principaux ouvrages en prose. Comme homme politique , il fut député sous le gouvernement deJuillet , prit une part active àla révolution de Février 1848, fut membre du gouvernement provisoire. Son éloquence et son courage lui valurent une immense popularité. Mais sa longue vieillesse fut attristée par une gène voisine de la misère. Le Corps législatif venait de Ini voter une pension quand il mourut.
li AlHBTTRIfi, médecin et philosophe, né à Saint Malo en 1 709, mort liBerltnenl751.Soni7ûtotre naturelle de Vdme, ouvrage matérialiste,
LEÇONS DE PSTCH. )9
fut bientôt suivi d6 V Homme mctchine etc.Tous ses écrits ont. le même caractère et furent assez mal accueillis en France ; il se réfug^ia d'abord à Leyde , puis en Prusse , auprès de Frédéric II.
EiJk PliJiCEy grand géomètre, né dans le Calvados en 1749, mort en 1827; était fils d'un pauvre cultivateur. Il devînt professeur de mathématiques à TËcole militaire , à l'Ecole normale, etc., et membre de l'Académie des sciences; il se plaça par sa Mécanique céleste au premier rang parmi les savants. Dans son Exposition du système du monde , il propose une théorie demeurée classique sur la formation de notre système planétaire. Il fut ministre, sén^^ur, pair de France et créé marquis par Louis XVltl.
liA R€N!;H£FOl}CiilILD (1613-1680)» an de nos meilleurs écrivains ; joua un rôle médiocre dans la Fronde; mais, si l'homme fut égoïste et ambitieux sans grandeur, le moraliste, dans ses Maximes ^ est un peintre exact, précis et impitoyable des petitesses humaines. Il rapporte toutes nos actions et tous nos sentiments à un seul mobile, l'intérêt personnel : ce n'est pas voir tout l'homme, ni lé meilleur de U nature humaine, mais ce qu'il a bien vu il le dit avec infiniment d'esprit, de force et d^éclat.
Latent, caché (latin kAens^ participe présent de laiere^ être caché).
liATOISIBR, grand chimiste français (1743-1794), découvrit l'oxygène ^ créa la nomenclature chimique et posa les bases de la chimie moderne. En môme temps que savant de génie il était bon administrateur et ferme caractère. Le tribunal révolutionnaire ayant condamné à mort tous les fermiers généraux , il vint lui-môme se constituer prisonnier et mourut sur l'échafaud.
LEIBNITZ9 le plus grand philosophe allemand avec Kant^ ne en 1646, mort en 1716; auteur de nombreux écrits en français, en latin et en allemand. Ses grands ouvrages sont les Nouveau» Essais sur VEntendement humain, et la Théodicée^ ou Essai sur la bonté de Dieu, mais plusieurs de ses petits écrits contiennent en quelques pages toute une philosophie profonde. Leibnitz a excellé dans les mathématiques, où il dispute à Newton l'invention du calcul infinitésimal, dans le Droit, dans PHistoire, dans presque toutes les branches des connaissances humaines. C'est un des esprits les plus vastes et les plus puissants qui furent jamais.
LËLIJT9 médecîQ philosophe contemporain, mort depuis peu; était membre de l'Académie des sciences morales; se fit connaître du public surtout par son étude intitulée: le démon de Sacrale' et Tamulette de Pascal, dans laquelle il soutient que le génie des plus grands hommes a d'étroits rapports avec la folie.
LESSING, littérateur allemand (1729-1781), publia des études critiques , des fables et des pièces de théfttre. Ses meilleurs drames sont Minna de Bamhelm, Nathan le Sage et Emilia Galotti, Son principal ouvrage de doctrine est le Laocoon.
iMbmrgim, état dans lequel on semble mort, sommeil profond 00
l'on tombe dans ceFtaines maladies (racine grecque Léthêj oubli).
liEUCIPPE» philosopb€Lgrec, qui le premier inventa le système des atomes environ 500 ans avant. J.-C. Sa doctrine est toute matérialiste.
lAgnée, race, descendance , série des descendants (de ligne).
LOCKE» philosophe anglais (1632-1704) , était d'abord médecin, voyagea en France, séjourna à Montpellier, qui était alors une résidence d'hiver pour les malades, eut un rôle dans la révolution de 1689, reçut de Guillaume III, qu'il avait connu eu Hollande, des fonctions élevées dans l'État, mais ne put les eiercer avec suite à cause de sa faible santé. Ses principaux écrits sont: en philosophie pure, VEssad sur VEntendement humain; en politique, le Traité sur le Gouvernement civil , Téritable code du libéralisme anglais; en pédagogie les Pensées sur VÉducation, Il donne à l'éducation un but un peu trop utilitaire ; mais il est remarquable par le bon sens pratique. On lui doit en grande partie la prédominance des exercices physiques et des usages hygiéniques dans l'éducation anglaise.
Looomotioii, action de se mouvoir d'un lieu à un autre (latin loeus^ lieu, et motus ^ mouvement).
liUCBËCEy le plus grand poète latin avec Virgile^ né en 95 av.- J.-C. Son poème -de la Nature est inspiré par la doctrine fataliste d'Épicure; mais l^enthouslasme du poète pour la grandeur des forces naturelles, son horreur des superstitions, son amour des hommes, à qui il veut rendre le repos en les délivrant de la crainte, font de cette œuvre une des plus belles de la littérature latine.
HACAVLJlT» homme d'État et historien anglais (1800-1859). Plusieurs fois député, reçut le titre de baron et de pair pour ses services, notamment dans l'administration des Indes. Ses principaux ouvrages sont : Histoire â^ Angleterre depuis le règne de Jacques II; Hiitoire de Guillaume IH et surtout Essais de critique et d'histoire. Esprit élevé et généreux autant que grand écrivain, il contribua à toutes les grandes mesures libérales de son temps.
HUigiiétimne, propriété de l'aimant (du grec Magnés, aimant, proprement pierre de magnésie). Par extension et au figuré , sympathie mystérieuse ; magnétisme animal, système de pratiques par lesquelles on produit sur le corps humain des phénomènes insolites, comparés dans l'origine à ceux que produit l'aimant.
HALEBRANCBE (1638-1715), prêtre de l'oratoire, profond philosophe et grand écrivain , disciple de Descartes, mais indépendant et original. Son grand ouvrage est la Recherche de la vérité où se trouve décrite en traits saisissants la puissance des imaginations fortes. 11 donna encore des Conversations métaphysiqiies et chrétiennes, un Traité de la Nature et de la Grâce, un Traité de Morale, etc. Sa doctrine est un idéalisme analogue à celui de Berkeley.
IMARIOTTB (l'abbé), célèbre physicien né en Bourgogne vers 1620, mort en 1684, avait un talent rare pour les expériences, en fît.
un grand nombre et a découvert une loi qui porte son nom. Il fut un des premiers membres de l'Académie des Sciences. Il a écrit un Traité du mouvement des eaux.
HABIVS, fameux général romain, né vers 153 , mort en 86 ay. J.-C; était plébéien et se livra d'abord aux travaux de la campagne, mais il les quitta de bonne heure pour le service militaire. Il devint tribun du peuple, puis, durant une guerre en Afrique, fut nommé consul; envoyé en Provence, il battit les Teutons près d'Aix. Mais, trop avide d'autorité , il entama contre Sylia une lutte dans laquelle il fut vaincu; il triompha de nouveau en Tabsence de son rival, mais craignant son retour, il voulut s'étourdir par la débauche et hâti ainsi sa propre fin.
Hartyroloffe, catalogue des martyrs, d'où , au figuré, longue liste de victimes.
Matériallaiiie, doctrine selon laquelle tout ce qui existe est matériel, et les facultés morales elles-mêmes ne sont que le produit de la vie physique.
HAÙRT (Alfred), écrivain et savant français contemporain, professeur au Collège de France, dont les ouvrages sont à la fois d'une érudition exacte et profonde et d'un intérêt populaire : Le Sommeil et les Rêves, La Magie, Les Forêts de V ancienne Gaule, etc.
MAX 1IICI«I«ER« savant allemand contemporain, un des maîtres de la science du langage. Il a passé la plus grande partie de sa vie en Angleterre; c'est en Angleterre et en anglais qu'il a professé et publié ses célèbres Leçons sur le langage. Il a aussi écrit sur la Science des religions.
MATEBy physicien allemand contemporain, dont les travaux les plus célèbres contribuèrent surtout à établir la grande lot de la Corrélation des forces (voir ce mot), qui domine aujourd'hui toutes les sciences physiques.
Hantai, qui appartient à l'esprit, qui concerne l'intelligence (latin mens, mentis, esprit).
Métaphore (du grec Jf ^top/»orai transport), comparaison abrégée, figure de langage par laquelle la signification naturelle d'un mot est changée en une autre : c'est par métaphore qu'on dit d'un homme courageux qu'il est un lion.
■étaphysiolen, celui qui fait son étude de la métaphysique. Hétaphjralqae, ce qui est au delà et au-dessus des choses physiques, ce qui vient après les questions naturelles (du grec m^to, après, et physica, choses naturelles). La métaphysique est la partie la plus élevée de la philosophie , celle qui traite de l'essence des choses, de leur première origine et de leur fin dernière.
HIClIEL-ilLlVtiEy grand peintre, sculpteur et architecte italien (1474-1564). Il dut à de fortes études d'anatomie la perfection de son dessin et l'exacte proportion de ses sculptures. Il modifia les plans de <<^int-Pierre de Rome et en dirigea les travaux pendant 17 ans. En
oture, son Cupidon endormi et son Bacchus furent pris quelque
temps pour tles chefs-d'œuvre antiques. Un des murs de la chapelle des papes à Rome est* entièrement courert d'une immense peinture représentant le Jugement dernier^ qui est d'un dessin admirable, et à laquelle il travailla pendant huit ans. Michel-Ange a aussi écrit quelques poésies.
HICHELET (K98-t874), historien français contemporain, était fils d'un imprimeur et fut d'abord ouvrier compositeur; fit pourtant des études rapides mais brillantes, fut professeur d'histoire, d'abord dans les lycées de Paris, puis à r£cole normale, puis au Collège de France en même temps qu'Edgar Quinet, son ami. Il a écrit une Histoire romaine^ une Histoire de France, une Histoire de la Révolution^ etc. Son style vif et brillant anime et fait revivre les événements et les personnages. Passionné pour la nature, il est écrivain exquis dans Y Oiseau, Vlnsecte^ la Mer, la Montagne.
Militer (pour, en faveur de), venir à l'appui, (latin mUtare^ combattre).
HILTIADE, général athénien, sauva, par la victoire de Marathon (490 av. J.-G.) , la Grèce menacée par les Perses. Mais, Tannée suivante, n*ayant pu prendre Paros, il fut accusé de trahison, condamné à une amende et, ne pouvant payer, fut mis prison, où il mourut.
■iaantiurope , (du grec Misos, haine, et Ànthrâpos, homme), celui ^ qui hait les hommes.
HITHBIDATE, roi de Pont (123-63 av. J.-C), après avoir acquis une grande puissance en Grèce et en Asie-Mineure, fut combattu et vaincu par les généraux romains (entre autres Sylla, puis Pompée), ses fils eux-mêmes se tournèrent contre lui; et, pour éviter d'être fait prisonnier des Romains, il se fit tuer par un Gaulois. — Il s'était tellement habitué à prendre du poison, que les substances vénéneuses n'avaient plus d'effet sur lui.
HNËIIIOSTIKE, du grec Mnémosunè, mémoire, était, dans la mythologie ancienne, une fille du Ciel et de la Terre, mère des neuf Muses.
■némoteohBie (du grec Mnémê, mémoire, et Téchnê, art); art de graver les souvenirs.
HOLIÉBE, le plus grand poète comique et un des plus excel. lents écrivains français, né en 1622, mort en 1673, fils d'un tapissier du roi, fit de bonnes études, puis son droit, mais préféra le théâtre. 11 voyagea avec une troupe de comédiens dans tout le midi de la France , et joua toujours lui-même dans ses propres pièces. Presque toutes sont des chefs-d'œuvre de bon sens profond et de verve comique; les principales sont le Misanthrope, VAvare^ le Tartufe^ les Femmes savantes.
Monade (grec Monas, unité, Monos^ unique), élément simple et inétendu dont toutes choses sont faites, selon Leibnitz.
HONTAICHVE (Michel), philosophe et moraliste, un des premiers et des plus grands prosateurs français, né en Périgord (1533), mort en 1592. Il apprit le latin dès le berceau, étudia à Bordeaux et devint
conseiller an parlement de cette vUle, parut un moment à la Cour, yoyagea, notamment à Rome, fut à son retour maire de Bordeaux. Toute sa renommée est due à ses Essaii, ouvrage unique, ou plutôt causerie, sans plan, sans but connu, mais d'une variété, d'une grâce'et souvent d'une profondeur admirable. La partie des Essaigoii il traite de l'éducation est une des plus parfaites* •
■orale (du latin mores ^ mœurs), la science des mœurs et de ce qu'elles devraient être, c'est-à-dire la science des devoirs. Le milieu moral est Pensemble des mœurs au milieu desquelles nous vivons. Le moral de rhomme, c'est la volonté, le cœur, le caractère, par opposition au physique.
Horaliste, celui qui traite des mœurs, soit qu'il les observe et les décrive simplement telles qu'elles sont (ex. : la Rochefoucauld), soit qu'il vise à les améliorer (ex. : Socrate).
■orbido, qui est de la nature de la maladie (latin mordue, maladie).
HOZABT» célèbre musicien allemand, né à Salzbourg en 1756, mort en 1791 , montra dès son enfance des dispositions extraordinaires. Lorsque son père le présenta à l'empereur d'Autriche, François l*', il n'avait que six ans et déjà il jouait les morceaux les plus difficiles, composait des pièces pour le clavecin (premier modèle du piano) et . improvisait sur cet instrument. 11 a laissé des œuvres nombreuses et dans tous les genres. Lorsqu'il mourut, il composait un Requiem qui lui avait été demandé ; mais il était persuadé que ce morceau serait exécuté pour la première fois à son propre enterrement, et c'est en elTet ce qui arriva. Les opéras de Mozart les plus connus en France sont : les noces de Figaro j Don, Juan et la Flûle enchantée,
MIJBILLO, célèbre peintre espagnol (1618-1682), étudia d'abord i Séyille, puis dans les Pays-Bas, revint ensuite en Espagne. Ses tableaux présentent, réunies, toutes les qualités que Ton admire chez les grands artistes. Le musée du Louvre possède huit de ses tableaux, le plus fameux est la Conception de la Vierge,
MUSSET (Alfred de), poète français contemporain (1810-1857), publia des poésies diverses dont les plus belles sont \és Nuits, V Espoir en Dieu, les Stances à la Malihran, des comédies et proverbes, des contes et des nouvelles en vers et en prose. Il obéit à une fantaisie brillante et originale ; la plupart de ses productions ne ressemblent à rien de connu, il écrit une langue pure, sobre, harmonieuse, presque toujours parfaite.
Mythe (grec mythos, fable, légende), récit allégorique, contenant sous forme d'images des vérités profondes.
Hâtif, apporté en naissant (latin natus, né).
nerveux. Bon équilibre nerveux, état dans lequel les nerfs sont sains et fonctionnent bien, par opposition aux névroses ou maladies des nerfs, caractérisées par leur extrême irritation et de graves désordres <ians leurs fonctions.
~VTOIV, très grand mathématicien, physicien et astronome
anglais (1642-1727), trouva la gravitation universelle, la décomposition de la lumière, et la théorie de Tarc-en-ciel, le télescope, Tezplication des marées, etc., etc. Mais sa découverte la plus féconde est encore la découverte du calcul infinitésimal. Son grand ouvrage est intitulé : Principes mathématiques de la philosophie naturelle. Comme savant, il est sans égal, au témoignage des plus grands. Il était aussi philosophe et théologien.
NICOLE (Pierre) , moraliste français, né & Chartres (1625), mort en 1695, un des célèbres solitaires de Port-Royal. Il fut mêlé à plusieurs controverses, mais son vrai titre littéraire, ce sont des Essais de Morale^ vivement loués par M"* de Sévigné et par Voltaire , et traduits en anglais par Locke. 11 prit aussi une part active à la rédaction de la Logique de Port- Royal.
NirTâna (le), mot sanscrit qui signifie anéantissement, doctrine de rinde, selon laquelle le néant est meilleur que Têtre, et la sagesse serait de chercher la mort.
nooloffiqvA, quia rapport à l'esprit, par opposition à cosmologique (v. ce mot); du grec nous, noos, esprit, et logos, raison.
Objectif (-Te), qui est relatif à un objet ; une idée a une valeur objective, quand un objet réel y répond en dehors de l'esprit; si elle n'est que dans le sujet sans que rien de réel y réponde , on dit qu*elle est toute subjective.
Occulte, caché , secret (latin oecultus^ caché) ; sciences occultes, la magie, l'alchimie, etc. ; vertus ou qualités occultes^ propriétés cachées par lesquelles la scolastique croyait expliquer suffisamment les phénomènes.
OCTAVE (64 av. J.-C. — 13 apr. J.-C). Neveu et fils adoptif de César, dont il disputa l'héritage à Antoine ; vainqueur, il distribua des terres aux vétérans et, à la faveur de sa popularité, changea les hautes dignités républicaines dont il était revêtu en une autorité absolue, inviolable : ce fut le commencement de l'empire. Sous le nom d'Auguste qu'il prit alors, il compte comme le premier empereur romain. Protecteur des lettres, il a donné son nom au plus grand siècle de la littérature latine.
Ooahdre, qui a rapport aux yeux (latin oculus, oeil); signes oculaires^ ceui qui s'adressent à la vue.
Omniprésent, qui est présent partout, comme omniscient^ qui sait tout : attributs de la divinité (latin omnis, tout, et prsesens^ présent, Xiusciens, sachant).
Ondes (lumineuses, sonores, etc.). Ondulations de l'éther ou de Pair, que Ton admet par analogie avec les ondes de l'eau pour expliquer les phénomènes de la lumière, du son, etc. (latin unda^ flot). Les ondes de l'eau sont au sens propre des soulèvements, par exemple les traces circulaires qui se propagent à la surface du liquide quand il est ébranlé en un point*
Opaqncî, qui ne laisse point passer la lumière (latin opacus).
Optimisme, doctrine professée notamment par Leibnitz, selon la« qaelle ce monde est aussi bon qu'il pouvait l*étre, et la sagesse est de s'en accommoder; — d'où, tendance à prendre tout en bonne part (latin opHmus^ le meilleur).
Ordoanafenr (trice), qui met en ordre, qui range et arrange (latin ardo, ordre).
Oriipiiiel, qui remonte jusqu'à Torigina, qui tient à l'origine d'une chose.
Ost«naiblem«nt, d'une manière très apparente (latin ostendere, montrer).
PaléoBtoioffie, science des végétaux et des animaux qu'on trouve dans les couches du globe et dont l'espèce est éteinte (grec palaios, ancien , onta^ êtres, et îogos^ traité).
Paradoxal, qui tient du paradoxe ; paradoxe, opinion contraire à l'opinion commune (grec para^ à côté, et doxa, opinion).
Paroxysme, le plus haut degré d'une douleur, d'un accès (grec para, marquant augmentation, et oxys^ aigu, aigre).
PASGAI4 (Biaise), philosophe français, savant de génie, écrivain incomparable, né à Glermont en 1623 mort en 1662 : trouva seul tout enfant la géométrie; excella dans toutes les branches des mathématiques; inventa la Brouette, le Baquet, les Omnibus; fit au Puy-de- Dôme et à la Tour St-Jacques de célèbres expériences sur la pesanteur de l'air. Les Lettres provinciales, dans lesquelles il dénonce avec une ironie éloquente la morale et la politique des Jésuites, sont le modèle des pamphlets, modèle inimitable par la force delà logique et la vigueur du style. Les Pensées n'étaient que des matériaux amassés pour un grand ouvrage destiné à désabuser les hommes de la raison et de la science pour les jeter dans la foi, Pascal mourut à 39 ans, dans une piété profonde exaltée par de longues souffrances.
PASTEIJB9 un des plus illustres savants français contemporains, unanimement reconnu pour le maître de la Micrographie moderne, c'est-à-dire de la science des êtres microscopiques. Ses belles études sur la maladie des vers à soie, sur les maladies du vin et de la bière, sur les fermentations, sur le charbon des animaux, etc. etc., l'ont rendu populaire. La Chambre des députés lui a voté une pension à titre de récompense nationale, en raison de l'honneur que ses travaux font à la France et de l'importance qu'ils ont au point de vue de la richesse publique. Ses dernières recherches en particulier font espérer qu'avant peu le charbon des bétes pourra être prévenu par une sorte de vaccine, à la manière de la petite vérole.
Péda^o^ie, art de l'éducation, mot à mot, direction des enfants; pédagogue : du grec paidagôgos celui qui conduit les enfants (patt, paidos, enfant, et a^etn, conduire).
Peiiaflrre, nom d'une maladie dont le premier caractère est une -^ de la peau (latin pellis, peau, et agra, affection, prise).
PcarCQctible, susceptible de s'améliorer, de devenir plus parfait (latin perfectusj parfait).
PÉBIEB (Casimir), homme d'État français né à Grenoble en 1777, mort en 1832; d'abord officier du génie, puis banquier , fut député de Paris sous la Restauration et contribua à la chute de la royauté des Bourbons; prit part à la révolution de ;]uillet, devint président delà Chambre des Députés, ministre et président du Conseil. Homme d*autorité et d^énergie il fit régner Tordre à l'intérieur et'la paix au dehors , à force de bon sens , de décision et de dévouement au pays. L'expédition de Belgique et l'occupation d'Ancône montrèrent que son amour de la paix n'était pas de la faiblesse. Il mourut du choléra à la suite d'une visite aux hôpitaux de Paris.
Pessimisme, doctrine qui consiste à déclarer le monde mauvais, et la vie misérable; tendance à tourner tout en mal (latin petsimus, très mauvais).
Philanthropie, amour des hommes (du grec philos, ami, et anthrch • poSj homme).
Philologie, science des langues (du grec philos, ami, et logos, discours, langage).
PhoBétiqne, de la voix, qui a rapport aux sons (du grec phonè , voix).
Physiolôirique, relatif à la physiologie, ou science des fonctions organiques {grec physiologia, de physis, nature, et logos, doctrine).
Physiqne (nUUen), l'ensemble des conditions naturelles (climat, territoire, animaux, plantes, etc., etc)., au milieu desquelles un être se développe.
Plasticité, qualité de ce qui est plastique, c'est-à-dire susceptible de prendre ou recevoir différentes formes (du grec plassein, former).
PliiiTIVEB, médecin et philosophe allemand de Leipzig (1744- 1818), fils d'un chirurgien ; fit des expériences sur la vision, analogues à celles de Cheselden.
PLATON, très grand philosophe grec (427-347 av. J.-C), élève de Socrate et maître d^Âristote, a composé dans une langue magnifique des Dialogues nombreux (le Phédon, le Phèdre, le Banquet, la Uépublique, etc., dont le principal personnage est presque toujours Socrate, et dont la pensée dominante est inspirée par les doctrines socratiques ; mais poète autant que philosophe , il donne à renseignement tout familier de son maître une ampleur, une force et une profondeur toutes nouvelles! Les doctrines idéalistes et les aspirations vers l'idéal en toutes choses, n'ont pas de plus grand interprète. Les erreurs de Platon en politique tiennent elles-mêmes à son ardent désir de faire régner à tout prix ce qu'il regardait comme le Bien.
PLOTirV, philosophe grec, chef de l'Ëcole d'Alexandrie (205-270 ap. J.-C). Sa philosophie combine les doctrines de Platon avec celles de l'Orient ; elle est noble et pure, mais se perd dans le mysticisme.
PLUTiiVQLE, historien et moraliste grec (50-138 ap. J.-C). Ses OEutres morales sont inspirées par la philosophie de Platon ; sei
Vies des hommes illustres , ont à la fois une grande valeur historique et un vif intérêt li'ltéraire.
Polythéiaine, système de religion qui admet plusieurs dieux (du grec poly.,, qui marque la pluralité, et ThéoSj Dieu).
Pondéré, mis en équilibre , ou qui sait garder Téquilibre (latin ponderare, équilibrer).
PositiT« (science), science qui repose sur des données certaines, soit des notions exactes, soit des faits, par opposition aux recherches hypothétiques, et surtout à la métaphysique.
Postulat (latin postulatum, chose demandée), vérité qu'on demande à poser comme certaine sans la démontrer.
Préexistant (latin prœi avant, et existant), qui exbte avant un moment donné, qui précède dans l'existence.
Préformé (latin prœ, avant , et formé) , déjà formé^ formé auparavant ou d'avance.
Préhensien (latin prehendere), action de saisir.
Préhistoriens (pras, avant, et historique), qui précède les âges historiques, qui est d'un temps auquel l'histoire ne remonte pas.
Prémisses (latin prxmissaB, missœ envoyées, prœ en avant), les deux premières propositions d'un syllogisme, savoir la majeure et la mineure f envoyées en avant pour préparer la conclusion qui eh découle.
Prescience (latin prœ, à l'avance, et scire, savoir), attribut de Dieu selon lequel il sait tout ce qui arrivera.
Présomptive (volonté présomptive de Dieu), volonté présumée^' expression de Leibnitz. Nous ignorons la volonté de Dieu, mais nous devons présumer, c'est-à-dire croire, prendre pour établi (latin pnrsumerCj prendre d'avance) qu'il veut précisément ce que la raison nous commande, et qu'en faisant de notre mieux, en conscience, nous lui serons agréables, advienne que pourra.
primordial, qui est à l'origine, qui sert d'origine à autre chose (latin primusy premier, et ordium^ commencement).
Prosélytisme, zèle pour faire des prosélytes, c'est-à-dire pour attirer les autres à sa croyance (grec proséiytoSj nouveau venu).
Prototype (grec prôtos, premier, et typos, type), premier type, modèle.
ProTidenoe, suprême sagesse, attribut de Dieu par lequel il conduit tout et pourvoit à tout (latin providere, pourvoir).
Psendo-scientifiqne, qui passe OU se donne à tort pour scientifique. Pseudo est le grec pseudos, mensonge; il se met devant un grand nombre de mots pour signiOer que la qualité qu'ils expriment est fausse ou ne convient pas à la chose, à la personne.
Psittacisme (latin psittocus, perroquet) , état d'esprit dans lequel on ne pense pas réellement au sens des mots qu'on emploie et où Ton parle en perroquet.
Qnailtatir, qui est de l'ordre de la qualité.
OoanUtatif, qui est de l'ordre de la quantité : Le thermomètre monte
de 20 à 22 degrés, c'est un changement quantitatif, presque inaperçu pour les sens, mais s'il descend de 10 degrés à 0 et que Teau gèle, ou s'il monte de 90 à 100 et que l'eau entre en ébulUtion, c'est un changement qualitatif, parce qu'il change la qualité des choses et l'impression qu'elles font sur nous.
QUINET (Edgar), célèbre écrivain contemporain, à la fois poète, historien, éiudit, homme politique et philosophe, un des plus nobles esprits et des caractères les plus purs de notre temps : né à Bourg en 1803, mort en 1875. Put professeur à la Faculté de Lyon, puis au Collège de France, où ses cours eurent, comme ceux de son ami Michelet, beaucoup d'éclat et d'influence. Plusieurs fois député, il fut exilé en 1852, vécut d'abord en Belgique, puis en Suisse, dans une solitude laborieuse et glorieuse. Rentré à Paris en septembre 1870, il fut de nouveau élu député. Jusqu'à son dernier jour il écrivit. La Création, Vesprit Nouveau, sont des livres pleins de grandeur, où la chaleur des sentiments ne nuit jamais à la clarté sereine des pensées. Ce qui caractérise Quinet comme penseur, c'est l'union de la science et de la poésie, du libéralisme ardent et de l'enthousiasme religieux. Parmi ses meilleurs ouvrages citons encore la Révolution, le Génie des Religions, la Grèce moderne. On a une bonne édition complète de ses œuvres.
RABELAIS (François) , grand écrivain français, un des premiers, en date et en importance. Né près de Chinon en 1483, mort en 1553, fut d'abord moine , puis docteur en médecine, accompagna à Rome le cardinal du Bellay, en qualité de médecin, devint vers la fin d'une vie aventureuse curé de Meudon. Son roman satirique, les Faits et dits du géant Gargantuor et de son fils Pantagruel, est un livre extraordinaire, où les plus sages et les plus belles pensées (notamment sur l'éducation) s'offrent pêle-mêle avec des inventions extravagantes et des plaisanteries grossières. « Où il est bon, dit La Bruyère, il va jusqu'à l'exquis et à Fexcellent. » Rabelais est un des créateurs de la langue française,
BACINE (Jean), un des plus grands poètes français, né à la Ferté- Milon en 1639 mort en 1699. Orphelin à quatre ans, recueilli par sa grand'mère et sa tante, il fit d'excellentes études; on le destinait aux ordres, il préféra la poésie. Ses principales tragédies sont: Britannieus, Phèdre, Àndromaque, Esther eXAthalie, Il a aussi écrit une excellente comédie : Les Plaideurs. Plus délicat et plus constamment parfait que Corntille, il atteint moins souvent au sublime. Comblé de faveurs par Louis XIV, il tomba en disgrâce pour avoir écrit un courageux mémoire sur la misère du peuple.
BAPHAEL, grand peintre italien (1483-1520). Ses tableaux, qui représentent pour la plupart des Madones ou des Sainte Famille; sont remarquables par la grâce du modelé, la^pureté du dessin et le «harme de la couleur. Le musée du Louvre possède plusieurs de ses» œuvres, entre autres un portrait de lui-même.
(latin ratio j raison), qui appartient à la raison et en a les caractères : langage rationnel y langage général et abstrait, comme la parole (s*oppose à langage émotionnel); imagination rationnelUt celle qui est réglée , contrôlée par la raison.
BA¥iilSSMNV (Félix), philosophe français contemporain , inspecteur général de l'Enseignement supérieur, auteur d*une savante étude sur 2a Philosophie d^Aristote, d'une thèse profonde sur V Habitude, d'un rapport sur l'état de la Philosophie en France au III* siècle et de plusieurs études relative^ aux beaux-arts, notamment des articles Art et Dessin dans le Dictionnaire de Pédagogie, '
Réalisme, goût du réel (latin res, rei, chose); dans l'art s'oppose à idéalisme (voir ce mot). En métaphysique, c'est une doctrine da moyen &ge qui consistait à prêter une existence réelle aux idées générales.
Béflé^la (oonsoienoe) , acte par lequel on porte son attention sur ce qu'on éprouve intérieurement, au lieu de l'éprouver sans y prendre garde (latin re-flectere, fléchir en arrière, retourner sur soi-même son attention) voy. conscient.
Réfl«L« (mouvement, action), mouvement qui succède directement à une impression sans intervention de la volonté ni de la pensée; ex. l'éternument qui suit le chatouillement des narines (latin re/lezt», réfléchi, mouvement réfléchi , répercuté).
BEID (Thomas) (1710-1796), philosophe écossais, tour à tour pasteur et professeur, auteur de plusieurs ouvrages, entre autres^ des Recherches sur Vent'endement humain diaprés les principes du sens commun y dont le but est de ramener au sens commun la philosophie anglaise, égarée selon lui par les hardiesses de Hume et de Berkeley. Ce ne fut pas un philosophe de génie, mais un observateur délicat; un écrivain habile et un sage.
REMBBJlNDT, célèbre peintre et graveur hollandais (1606-1669) était fils d'un meunier. Il étudia le latin, mais montra bieotôt plus de goût pour le dessin que pour la littérature. Il se fixa à Amsterdam où il vécut jusqu'à sa mort. 11 a laissé des tableaux d'histoire, d'admirables portraits et des gravures à Teau-forte. Il peignait et gravait « à l'effet » par vives oppositions d'ombre et de lumière.
Béminlsoeaoe, souvenir imparfait, plus ou moins effacé (latin r<miniseiy penser de nouveau , se ressouvenir).
REIHOVITIEB, philosophe français contemporain, ancien élève de l'Ëcole polytechnique. Après de fortes études scientifiques, il s'adonna exclusivement à la philosophie et est devenu le principal représentant français de la doctrine de Kant. Essais de critique gêné* raie, tel est le titre de son grand ouvrage ; il a aussi donné : La Science de la mtyraU et fondé une revue influente : la Critique philosophique.
RépercusaioD» rewmÊkJfwa mouvement reçu, d'un son, etc. Répet" MifMT. c'est renvoyer ce qui vient frapper. (Latin re, qui marque l'acte '>yer, eljpemivr«, frapper).
Rfcythme, mouTement successif soumis à certaines proportions, suite dé sons qui frappent l'oreille à certains intervalles bien marqués. (Le mot est le même en latin, en grec, etc).
BIBOT, philosophe français contemporain, directeur de la Bévue philosophique j auteur d'études importantes sur VHérédité, sur la Psychologie anglaise eorUemporaine , la Psychologie aUematule eon* temporaine^ les Maladies de la mémoire. On lui doit aussi des iraduci tions; il est un des écrivains qui ont le plus contribué à faire connaître en France les ouvrages philosophiques de rétranger»
BIGBELIEIJ (cardinal de), né à Paris en 1585 , mort en 1642* Grand homme d'État, fut d'aboid aumônier de Marie de Médicis, puis premier ministre de Louis XIII. Sa politique , aussi remarquable par la grandeur des desseins que par la vigueur de l'exécution, eut un triple but : l'affaiblissement du protestantisme, l'abaissement des grands devant la puissance royale, la prépondérance de la France en Europe. Il fonda l'Académie française, protégea les lettres, commença le Jardin des Plantes, agrandit la Sorbonne, la Bibliothèque et l'Imprimerie Nationales, etc. Quoiqu'il fût dur, cruel et trop peu scru« puleuz, aucun ministre ne tient plus de place dans l'histoire de France.
BOVSSEAIJ (Jean-Jacques), grand écrivain et philosophe français, né à Genève en 1712, mort en 1778, fils d'un horloger, tour à tour laquais, écuyer, professeur de musique, etc. etc., il fit tout seul son éducation, mena une vie aventureuse et tourmentée. Orgueilleux et sombre, mais enthousiaste, homme de profonde réflexion, passionné pour la nature, pour le bien et pour la liberté, il exerça une grande influence sur son siècle. Son principal ouvrage, Le Contrat social,e}xX une action directe sur la Révolution française. VÉmile est un traité d'éducation où abondent les idées fausses ou contestables, mais que tout le monde doit avoir lu. D'humeur sauvage et blessé des vices de son temps, Rousseau rêvait de refaire la société et de ramener les hommes vers l'état de nature. C'est la pensée dominante de tous ses écrits.
SAINT TflOlHilLS (d'Aquin) 1227-1274, grand dominicain, théologien et philosophe d'Italie, un des plus grandshommes du moyen Age, surnommé VAnge de l'École, Sa Somme est un livre d'une science vaste et profonde, où sont traitées toutes les questions de philosophie* Ses écrits très nombreux sont tous en latio.
Satiété, dégoût (physique ou moral) pour une chose dont on a beaucoup usé (latin satietas, de satis, assez, satiiu, [dus qu'assez).
gcepticisme, doctrine qui consiste à douter, du grec skeptomai^ examiner, parce que le Sceptique examine sans se prononcer, n'admettant pas que l'homme puisse savoir sûrement la vérité.
Sooiastiqne (la), philosophie de l'École, celle qui régnait dans les écoles au moyen ftge.
Sélectioa, choiz^ triage (du latin selecius, choisi, pris à part). Dans
]a doctrine de Darwin, la sélection naturelle est la prédominance [ assurée aux êtres les mieux doués et aux espèces les mieux armées dans la lutte pour Vexistenee» '
Sémitique, nom d'un groupe de langues (hébreu, arabe, etc.), parlées par les Sémites, ou descendants de Sem , selon la Bible.
SÉMÉQIJE, philosophe latin du premier siècle après J.-C., répandit par son style brillant la doctrine stoïcienne. Chargé de l'éducation de Néron, il s'attira^ par son honnêteté et son indépendance, la haine de cet empereur qui lui envoya Tordre de se donner la mort, il se fit ouvrir les veines et mourut avec fermeté. Ses écrits sont nombreux : De (a Clémence, Des Bienfaits, De la tranquillité d'âme, De la Brièveté de la vie , De la Vie heureuse, etc.
Sens moral, discernement naturel du bien et du mal , par analogie «u discernement du doux et de Tamer , du chaud et du froid par les «ens.
Sensaelisme, doctrine selon laquelle toutes nos connaissances nous viennent des sens.
SÈITIGNÉ (M-* de), femme d'esprit, d'une grande culture intellectuelle. Restée veuve à vingt-cinq ans avec deux enfants, elle se consacra tout entière à leur éducation; ayant marié sa fille à M. de Grignan, gouverneur de Provence, elle s'en vit séparée pendant des années entières. Ce sont ses lettres à sa fille pendant ce temps qui font sa renommée littéraire. Elle conte avec une vivacité, un esprit et un charme de style qui n'appartiennent qu'à elle. Desacampagne desJRo- €hers, près de Vitré en Bretagne, elle fait de charmants récits de sa vie de solitude et des visites des voisins. Elle fut l'amie de la plupart des célébrités de son temps et était fort recherchée, mais elle préférait la retraite.
SHAKESPKAKE, le plus grand poète dramatique de l'Angleterre, 1564-1616. Sa vie aventureuse et d'abord assez misérable est peu connue; on sait seulement qu'il fut acteur et que son génie lui valut à la fin la protection royale. Roméo et Juliette, le Marchand de Venise, Le Roi Lear, Hamlet, Macbeth, Othello sont ses principaux chefs-d'œuvre. Il a du mauvais goût, de l'obscurité et des rudesses, mais il atteint plus souvent que personne au terrible et au sublime, et d'autre part, quelques-unes de ses créations sont d'une exquise délicatesse.
Sidéral, des astres (latin sidéra, les astres).
Simnltenéité (du latin simul, ensemble, à la fois), existence de deux ou plusieurs choses dans le même temps.
Sooieliste, partisan d'un système de réformes profondes dans Tétat social.
SooioloitiAf science du développement et de la constitution des sociétés (du latin toeto..., qui rappelle l'idée de société, et du grec loffos, doctrine).
80CII ATE, grand sage et philosophe de la Grèce (470-400 av. J-C). Il n'enseignait pas et n'a pas laissé d'écrits, mais il lUlait causant dans
les rues, les boutiques et les gymnases, et répandait sous /orme de conversations familières la philosophie la plus pure et la plus noble. Un des premiers, il parla de Fimmortalité de Pâme, du devoir, de la Providence. Ses disciples nous ont conservé quelques-uns de ses entretiens. Accusé de croire à un Dieu unique, contrairement à la religion athénienne, et d'enseigner ainsi Timpiété, il fut condamné à boire la ciguë. Il pouvait fuir, mais ne le voulut pas; sa défense devant ses juges fut admirable de simplicité et d'éloquence sereine; sa mort fut telle qu'il n^en est pas de plus belle dans l'histoire.
Somnambnlisnie, état, disposition maladive du somiuimbnle, c'est* à-dire de celui qui marche et circule comme s*il était éveillé, alors qu'il est plongé dans un profond sommeil (ïsiinsomntu, sommeil, et amhulare, se promener).
Sophisme, raisonnement faux qu*on fait sciemment pour tromper les autres (du grec sophista, faux sage, celui qui affecte de savoir),.
SOPHOCLE, célèbre poète tragique de la Grèce, auteur de : Antigonej Œdipe à Colone, Œdipe roiy Philoctète, Electre, etc. Il s'élève peut-être moins haut qu'Eschyle, mais il est plus clair, plus égal, plus constamment élégant et plus humain.
Sortie, (du grec sôros, tas) , raisonnement qui consiste en une série de propositions amoncelées ainsi qu'il est expliqué dans le texte.
Spécifique, qui appartient à une espèce et la caractérise (latin spe- €ies, espèce, et facere, faire).
Spéonlatif, s'oppose à pratique (latin speeulari, contempler, par opposition à agir). Spéculation pure est en philosophie synonyme de théorie.
SPIXOZA, 1632-1677, célèbre philosophe de Hollande, disciple original de Descartes. Son Ethique est un livre obscur, mais profond^ où il présente sous forme géométrique une philosophie fataliste et panthéiste, choquante en bien des points, mais forte et digne d'étude. Il a aussi écrit (en latin) sur les principes de la politique et la science des religions. Très hardi comme penseur, il était dans sa vie privée le plus doux, le plus simple, le plus sobre et le meilleur des hommes, aimant la pauvreté, refusant les honneurs et la richesse, vivant de son travail, qui consistait à polir des verres de lunettes.
Spiritualisme, latin spiritus, esprit, doctrine qui consiste à admettre l'existence de l'esprit ou de l'âme, distincte de la matière.
Spontané, qui agit avec spontanéité, c'est-à*dire de soi-même : latin sponte , de son propre mouvement.
Station droite, action de se tenir debout, un des caractères de l'homme par opposition aux animaux.
stoïciens (les), grande école de philosophes grecs, trois siècles av. J.-C, connue surtout par une doctrine morale très forte et très noble. C'est en somme la morale du devoir : Fais ce que dois, ad* vienne que pourra; et quoique plusieurs détails en fussent fâcheux ou contestables, elle fait un heureux contraste avec la morale du plaisir enseignée dans le même temps par Ëpicure. Ëpictète, Sénèque et
Tempertar romain Marc-Aurôle nous ont conserré les plus belles maximes du stoïcisme : toutes respirent la piété, la fierté, le mépris de la mort. Elles pèchent par l'excès d'orgueil et le dédain de la Tie, mais Tantiquité n'atteignit nulle part un plus haut sentiment de la dignité humaine.
Stoidamè, doctrine desStéleieas, (V. ce mot); mot à mot: philosophie du Portique : grec »ioa^ portique, parce que le chef de Pécole, Zenon, enseignait, à Athènes, sous un portique.
STlJiiBT-BlIIiL, philosophe et économiste anglais, né en 1806, mort en France en 1873 , dans le département de Yaucluse. Il fut quelque temps député de Londres, mais c'est surtout comme écrivain et comme penseur qu'il servit la cause de la raison et de la liberté. Son Système de Logique, ses Prineipet de V Économie politique, ses traités de la Liberté et du Gouvernement représentatif sont des chefsd'œuvre, dont le succès fut aussi grand en France qu'en Angleterre.
SnlOMÉif, qui est dans le sujet pensant, qui a rapport à lui, par opposition à objectif {V. ce mot).
SubordiiuitioB (des caractères), rapport des caractères d'un être vivant, qui fait que les uns sont subordonnés aux autres, c'est-à-dire sous la dépendance des autres.
Mnggemtkm, action de suggérer, c'est-à-dire de faire naître, une idée, un dessein; et aussi l'idée, le dessein suggéré: latin suggerere, [sub^ sous, et gerere^ porter).
STBBL (de) historien allemand contemporain, auteur d'une étude sur le baron de Stein, le réorganisateur de la Prusse après Tibitt; d'une étude sur Napoléon HT, et sur la guerre Franco-Allemande de 1870; etc. Il croit que la « lutte pour l'existence » qui est, selon Parwin, la grande loi de l'histoire naturelle , régit de même l'histoire des peuples.
STLIiA, célèbre général romain (136-78 av. J.-G.). servit d'abord sous Marins puis devint son rival, combattit contre Mithridate, prit Athènes. Ayant vaincu le p^rti de Marius il devint iout puissant à Rome et fut nommé dictateur perpétuel, mais l'année suivante il abdiqua. Il a laissé un terrible renom de cruauté; lorsqu'il triomphait, c'est par milliers qu'il condamnait à mort et proscrivait ses adversaires.
Sylloffiame, du grecfy/i, avec, et logos, raison, ensemble, enchafnement de raisons : la forme parfaite du raisonnement.
SymbolA, figure ou image employée comme signe d'une. chose: grée symbolon, marque convenue, de «yn, avec, et ballein, jeter.
Sympathie, mot à mot : communauté de sentiments, partage des mêmes émotions : du grec «yn, avec, et paihos^ émotion.
SyncthroBlsme, rapport d'événements arrivés dans le même temps: du grec syn, ensemble, et chronot^ temps.
SyBoopa, interruption subite de la respiration , du mouvement et des sensations : grec syn^ avec, et eopfem, couper.
Synthèse, action de placer ensemble, de réunir les éléments d*iui
tout ; opération contraire de Tanalyse , laquelle divise on tout en ses éléments : grec syn^ ensemble, et thésts, action de placer SyBtliéti4iM, qui procède par synthèse, par réunion et groupement.
Taotito, qui a rapport au tact ou toucher. Imprestion tactile, impression faite sur Torgane du tact : latin toelus, tact.
TAINB, philosophe et historien français contemporain, membre de l'Académie française ; a écrit : Les Philoeophes français du ziz* siècle, Voycige aux Pyrénées, Voyage en Italie, Philnsophie de VÂrt, VArt en Ualiej VArt aux Pays-bas, VArt en Grèce, Histoire de la Littérature anglaise, Vlnielligenee, Origines de la France nouvelle, etc., etc. Penseur original et Tigoureuz, M. Taine est un des plus grands travailleurs et de meilleurs écrivains de notre temps.
TarUre, nom d'un peuple originaire du Turquestan, et étendu vaguement à tous les peuples de l'Asie moyenne, depuis la mer Caspienne jusqu'aux côtes orientales. — Nom du groupe de langues parlées par ces peuples ; on les appelle encore Toaraalamics, du Touran, qui était le pays appelé aujourd'hui Sibir depuis la conquête des Russes.
Tautotosie, répétition, vice de langage qui consiste à redire la même chose ; du grec toufo, le même, eilogos^ discours : nom technique de ce qu'on appelle familièrement vérité de la Palisse.
Teàbniqu; qui appartient ou convient en propre a un art ; mot technique, terme particulier à telle ou telle science, à tel ou tel art : grec technê, art.
Théodloéa, du grec theos, Dieu, et diké^ cause, procès : la science philosophique qui traite de Dieu. Mot formé par Leibnitz pour désigner d'abord spécialement le grand débat sur le mal, c'est-à-dire la question de savoir si le mal répandu dans le monde est compatible avec l'existence d'un Dieu bon. Le sens primitif est : Justification de Dieu.
ThéoricteB, celui qui fait des théories, qui aime la théorie, san^ s'occuper des applications pratiques : grec théoria , contemplation, spéculation.
Thibétala, langue du Jhibet.
TonrbiiiDB vital, mouvement^ changement incessant de la matière d'un corps vivant, qui fiiit qu'il se renouvelle continuellement.
Tranafonniame, doctrine de certains naturalistes modernes selon laquelle les espèces vivantes, au lieu d'être fixes et faites une fois pour toutes, se transforment sans cesse et sont toujours en train de se faire (V. Darwin).
Tnuiaffreaaion, TÎolation d'une règle, d'une loi, etc. : lat. <ranfgredi^ passer au delà , franchir.
Tranaiioira, passager, qui n'est que pour un temps : latin Iront tre, passer.
VpaaamntaflaB, changement d'une chose en une autre, par exemple des cendres en verre ; particulièrement transmutation des métaux,
^u moyea ftge, tentative de changer les métaux en d'autres métaux, cela en vue de faire de Tor.
TYKDAIX9 illustre physicien anglais contemporain, de Tlnstitution Royale de Londres, connu à la fois par plusieurs découvertes et par un rare talent d'exposition. Ses travaux les plus célèbres en France ont pour objet : La Théorie de la chaleur, Les germes atmosphériques et Vaction de Vair sur les plaies y Les particules en suspension dans les eaux potables, enfin. Les glaciers et les transformations de Veau : ce dernier ouvrage est le résultat de longues études faites en Suisse, sur le grand glacier d'Aletsch. M. Tyndall possède auprès de ce glacier, sur les plus hauts pâturages des Alpes, un chalet, où il paâse depuis de longues années ses vacances et où il poursuit ses recherches toujours brillantes et originales.
Ultime, dernier ; fait ultime, fait irréductible, au delà duquel il n'y ■a rien à chercher.
UnlTersàlltét totalité, somme complète : latin universi, tous, — caractère de ce qui est universel , c'ést-à-dire convient à tous.
¥AIJVENARGUES, moraliste français, né à Aix (Provence) •en 171 5 , mort en 1 747 . Il entra dans la carrière militaire à dix-sept ans, perdit la santé dans une campagne en Allemagne ; acheva sa vie dans la solitude en se consolant par la culture des lettres. Penseur délicat, écrivain pur, il a moins de force que Pascal, mais plus d'élévation morale que La Rochefoucauld. 11 est surtout connu par ses Maximes.
YÉLASQVEZ» célèbre peintre espagnol (1599-1660), fut d'abord renommé pour ses portraits, mais s'est aussi montré un grand maitre •en d'autres genres, notamment dans les tableaux d'histoire. Personne n'a mieux que lui imité la nature. Parmi ses tableaux on cite surtout la Tuniqvte de Joseph et le Tableau de famille. Le Louvre possède de lui quatre toiles dont Tune est le Portrait de Vinfante Marguerite.
Vertiffe moral, entraînement irrésistible , par exemple de la passion, qui fait qu'on perd la. tète, comme au bord d'un précipice : latin vertigOy de vertere, tourner.
Vide, qui ne contient rien : abstracHon vtdé, pensée ou expression abstraite, qui ne contient rien de réel,
¥ILLG]IIA1IV, célèbre professeur et littérateur (1790-1870), enseigna au lycée Charlemagne, à l'École normale, à la Sorbonne; eut tous les honneurs académiques; fut député, pair de France et ministre deTInstruction publique; sa critique large et libérale fait comprendre les œuvres littéraires en les replaçant dans leur milieu historique. Tableau de la littérature au Moyen-dge , Tableau de la littérature au dix huitième siècle, Tableau de V Éloquence chrétienne au quatrième siècle j tels sont ses ouvrages les plus connus.
VIRCSILE, Le plus grand poète latin (69-19 av. J.-C), fils d'un cultivateur, a écrit des poésies pastorales, les Bucoliques, un poème sarl'aflrriculture, les Géorgiques , c'est-à-dire «travaux des champs «,
«t un grand poème national sur les origines de Rome, VÉnéide. La langue latine n'a rien déplus parfait que les vers de Virgile.
ViriUté. qualité d'homme, au physique et au moral, au propre et au figuré : latin vtr* l'homme par opposition à la femme.
Voiltton, acte de vouloir, de se déterminer: latin volo, Je veux. . ITOLTAIBE, un des plus grands écrivains français, poète, philosophe, historien (1694-1778); fit ses études chez les Jésuites; fut misa la Bastille à vingt et un ans pour une satire qui n'était pas de lui. Son nom était François-Marie Arouet; Voltaire est un nom d'emprunt. Son esprit mordant lui ayant attiré la colère d'un grand seigneur , il passa de nouveau six mois à la Bastille et s'exila en Angleterre. Passionné pour la philosophie et la science de ce pays, il en rapporta, avec une grande étendue de connaissances, l'ardent amour de la liberté et de la tolérance. Sa longue vie fut assez agitée. Il séjourna en Prusse auprès de Frédéric II, fut attiré et fêté par les plus grands princes du temps, mais vécut surtout dans sa terre de Femey près dç Genève. Le Siècle de Louis XlVj Charles Xll^ V Essai sur les mœurs sont ses meilleurs écrits historiques; s^s Lettres sont inimitables ; Mérope eX Zaïre sont deux bonnes tragédies, mais la Henriade est un médioère poème épique. Les œuvres complètes de Voltaire forment 70 volumes in-8''. La lecture en est infiniment variée et d'un intérêt inépuisable.
IVRBEB9 physiologiste allemand contemporain, surtout connu chez nous par ses recherches sur les sensations.
Zoophyltis, du grec xôon, animal, et phytoUf plante ; animauxplantes, êtres qui tiennent à la fois de la plante et de l'animal, ex., les polypes, les éponges, etc.
PREMIÈRE LEÇON. — Introduction. — La psychologie et la morale; leur objet; lear place dans le cadre des sciences. — La pédagogie; son objet; son importance. — Rapports de la pédagogie avec la psychologie et la morale. — Rapports généraux de la théorie et de la pratique 9
Aperçu d'une classification des sciences.
I. Sciences cosmolqgiques ; l'Abstraites; 2* Ck>ncrète8; 3* Mixtes.
II. Sciences noologiques : 1* Sciences morales; 3* Sciences philosophiques.
Objet de la psychologie et de la morale. — Objet de la pédagogie — L'éducation; dÎTers sens du mot. — L'éducation proprement dite. — Ses grandes diTÎsions. — Importance de la pédagogie.
Rapports de la pédagogie ayec la psychologie et la morale. — En quel sens la pédagogie est un art.
Rapports généraux de la science et de l'art, de la théorie et de la
pratique. — Ce que c'est que sayoir scientifiquement. — Conclu-
sion ; application à la pédagogie : Respect de la pensée, amour do
savoir pour lui-même et de l'étude désintéressée.
DEUXIÈME LEÇON. — La psychologie: son objet; sa méthode.
^ Rapports de la psychologie et de la physiologie. — Rapports
du physique et du moral 19
' Caractère et économie du cours. — La psychologie est une science à part. — Elle a son objet propre; elle a une méthode propre. — Rapports de la psychologie et de la physiologie. — Union du physique et du moral. — Conceptions de l'antiquité et du moyen âge & ce sujet. — Opinion des modernes : synthèse des deux points de Tue. ^ Que la spiritualité de l'âme est hors de cause.
Causes principales qui influent sur la yie morale : le tempérament. — Influence des fonctions physiques : fonctions de nutrition ; respiration. — Le cerreau et la pensée. — Aliments et poisons de l'intelligence. — Influence du moral sur le physique. — Hérédité psychologique et morale.
TROISIÈME LEÇON. ^ Tableau général de la psychologie. — Classification des faits de conscience. — Les trois grandes facultés de l'âme 39
Objet de la psychologie. — Classification des faits de conscience en trois groupes. — Premier groupe : Faits d*actiTÎté. — Deuxième groupe : Faits sensitifs ou affectifs. — Troisième groupe : Faits intellectuels.
Trois facultés de l'âme. — Ce que c'est qu'une faculté. — Rapports qui existent entre les facultés. — L'éducation doit les cultiver toutes les trois.
Vue d'ensemble de la Tie psychologique : Trois degrés ou trois phases dans le déreloppement de chaque faculté.
Conclusion.
QUATRIÈME LEÇON. — Actions et réactions mutuelles des différents foits psychologiques. — Influence de chaque faculté sur les autres 37
Unité de la vie psychologique. — Chaque faculté a ses caractères propres, mais influe sur les autres et en subit l'influent.
Influence de l'actÎTité et de la volonté sur la sensibilité. •— Influence réciproque de la sensibilité sur Tactivité et la volonté. — Influence de l'actiTité et de la volonté sur l'intelligence, et réciproquement.
Rapports de la sensibilité et de Tintelligence, du cœur et de l'esprit.
— L'intelligence influe sur la sensibilité. — Influence réciproque de la sensibilité sur Tintelligence. — Conclusion pédagogique.
CINQUIÈME LEÇON. — Du caractère, par opposition à Tesprit et au savoir. — De Téducaiion proprement dite, par opposition à rinstruction. — Discussion du paradoxe de Herbert Spencer. . 45 Trois sens du mot caractère : Sens large. — Sens étroit. — Sens
propre. — Le caractère et l'esprit. — Le naturel. L'éducation proprement dite et l'instruction. — Première thèse : il faut tout attendre de l'instruction, même et surtout le progrès moral. — Antithèse : ne rien attendre de l'instruction pour le progrès de la moralité. — Arguments de M. Spencer. — Arguments a posteriori,
— Arguments a priori. — Aveux. —■ Réfutation.
Utilité morale de l'instruction : — 1* Elle accroît la moralité privée.
— 2* Elle améliore les relations sociales. — 3* Ses rapports avec la Religion.
SIXIÈME LEÇON. — De l'activité en général et de Tinstinct. . 58
Raisons de commencer par l'étude de l'activité. — Raisons psychologiques et métaphysiques. — Raisons morales.
Coup d*œil sur l'activité universelle dans les règnes inférieurs de la nature. — Activité et ordre dans les corps bruts (exemples empruntés à l'astronomie, à la physique, à la chimie, etc.). — Activité et ord re dans le règne végétal (mécanisme, dynamisme). — Activité et ordce dans la vie animale.
L'instinct proprement dit : où il commence et ce qui le caractérise par opposition aux activités inférieures : Instincts de divers degrés : Exemples.
Caractères de l'instittct (cinq caractères fondamentaux d'après Cuvîer et Flourens).
Nature de l'instinct par ^rapport à l'intelligence proprement dite (ils sont en raison inverse l'un de l'autre).
Applications et réflexions pratiques.
SEPTIÈME LEÇON. — Le progrés dans la nature. — Variabilité dans les instincts 69
Nécessité d'une nouvelle leçon sur l'instinct. — L'esprit des sciences naturelles dans ce siècle.
Deux manières d'envisager la nature ; l'idée de devenir et d'évolution dans la science contemporaine : en cosmographie, en géologie, en botanique, en zoologie. — Hardiesse excessive de l'hypothèse transformiste; son intérêt pour nous et son application au sujet restreint qui nous occupe. — Y a-t-il variabilité dans la constitution naturelle et en particulier dans les instincts des espèces vivantes ?
Les faits : Variabililé dans les espèces botaniques. » Variabilité dans les espèces animales. — Exemples d'instincts détruits et d'instincts créés, soit par l'intervention de l'homme, soit par la seule action de la nature. — Variabililé dans l'espèce humaine.
HUITIÈME LEÇON. — Variabilité de rinstinct (suite et fin). . . 73
Explication proposée : 1* Variations proToquées ou artificielies; lenre
causes. — 2* Variations naturelles ; leurs cause». Conséquences : Ces dernières leçons viennent corriger et compléter,
mais non détruire les conclusions de la première :
I. Conclusions générales : Les transformations constatées ne peuvent expliquer la genèse des organismes. — Élimination du transformisme à outrance. — Cette théorie ne porterait cependant pas atteinte à la dignité humaine ni à la moralité. — A ne prendre que *
■ ce qu'il y a de certain dans la théorie transformiste, elle est riche en conséquences morales.
II. Conclusions particulières touchant l'humanité et sa destinée morale : 1* Interprétation du passé; 2* Intelligence du présent; 3* Pré- ' paration de TaTenir : — Réfutation du paradoxe de M. Spencer
qui propose de s'en fier à la seule sélection naturelle pour le perfectionnement de l'espèce humaine. — L'homme doit intervenir avec sa raison et sa liberté. — Le progrès est peut-être réel, à coup sûr possible, mais nullement nécessaire : variabilité possible en mal . comme en bien. — Forces nouvelles dont il faut tirer parti : instinct d'imitation, opinion, coutume, langage, enseignement. — Il tient à l'homme de dépouiller entièrement le sauvage qui est encore en lui.
Conclusion 'finale : vigilance individuelle, avenir de l'espèce. NEUVIÈME LEÇON. — L'activité volontaire : La personnalité. . 91
Le vouloir par opposition à l'instinct. — L'activité volontaire suppose l'intelligence et la sensibilité, mais en diffère. — Distinction du désir et de la volonté : Le désir est un fait sensitif, il est mêlé '.
de trouble, fatal, souvent vague et inconscient, souvent porté vers . l'impossible, susceptible de mille degrés ; le vouloir a tous les caractères opposés.— Analyse du vouloir : i* Conception des alternatives • possibles; 2* délibération; S* résolution; 4* exécution (exemples).
La personne par rapport aux choses et aux animaux ; la personne pro» prement dite par opposition à l'enfant. — La personnalité, fondement de la responsabilité morale. — L'éducation a pour but de la former ; respect de l'enfant.
Objection. — La personnalité comme vice chei l'homme, chez l'ei»> fant. — L'entêtement et la désobéissance. Réponse. — Immolation volontaire de la personnalisé. •
Applications pratiques : L'obéissance qu'il faut demander è l'éulant, moyen de l'obtenir. — Sacrifices mutuels des personnes dan la vie . sociale (justice et charité).
DIXIÈME LEÇON. — De la liberté. — Discussion du Aitalisme. . 101
I. Deux sens du mot liberté en philosophie : 1* Le libre arbitre, ses caractères; 2* La liberté, ses degrés. ~ Rapports du libre arbitre et de la liberté.
II. Raisons qu'il y a d'admettre la liberté du vouloir : r Raisons psychologiques : La liberté présente dans les quatre moments du vouloir ; 2* Raisons logiques : La liberté impliquée dans toute notre vie morale et sociale ; 3* Raison morale : La liberté nécessaire au devoir et prouvée par l'idée d'obligation (Kant).
m. Examen des objections : Fatalisme et déterminisme. — Examen du fatalisme. — 11 prend deux formes un peu distinctes : i* Fa- Ulisme oriental. — Exposé (ce qui doit arriver arrivera). — Causes et effets de ce fatalisme. — Réfutation; 2* Fatalisme tiré de la prescience divine. — Exposé de la difficulté. — Solution ^9 > — Solution de Leibnits (Théodicée). •- Conclusion.
ONZIÈME LEÇON. — Du déterminisme physique. — La liberté devant la science 112
Le déterminisme : en quoi il difl^re da fatalisme. — Il prend deux formes.
Déterminisme physique ou scientifique : 1* Exposé de cette doctrine. — Le principe, de causalité. — La causalité physique et son caractère essentiel, la nécessité. — Certitude absolue de la pré- TÎsion scientifique. — Le calcul et la science ; le mécanisme universel, — L'homme, parcelle de Tunivers. — Le mécanisme régit tous les mouvements de l'homme, non seulement ses actes extérieurs, mais sa vie intime. — Causes déterminantes des actions humaines : causeâ extérieures (climat, milieu) ; causes intimes (tempérament, santé, nutrition).
Conclusion. — La loi de la corrélation des forces appliquée aux résolutions des hommes.
T Critique de cette doctrine. — Le respect dû à la science ne doit pas être superstitieux. — La vraie science, ses bornes : la science et la conscience. — Insuffisance pratique de ce déterminisme : contradiction dans laquelle tombent ceux qui le professent. -- Le principe de causalité n'exclut pas a priori la liberté. — Deux types de causalité : le monde physique et le monde moral. — L'imprévu . dans les actions humaines. — Notre ignorance ne prouve rien contre la liberté, au contraire. — Les statistiques et la liberté. — Les prétendues causes déterminantes de nos actions ne sont que des conditions et des influences composantes; seule conclusion légitime : liberté limitée, vigilance et indulgence. — Discussion du mécanisme universel ; il n'exclut pas nécessairement la spontanéité morale. — Tout mécanisme présuppose un dynamisme : la force, c'est-à-dire la spontanéité et la vie partout répandues. — Le monde fait pour la liberté et la moralité. — La loi de corrélation et d'équivalence n'exclut pas la liberté. — Contingence des lois de la nature. — Optimisme de Leîbnitz.
Conclusion. — La liberté est possible scientifiquement; la morale exige qu'elle soit réelle.
DOUZIÈME LEÇON. — Du déterminisme psychologique. ... 123
Retour sur les conclusions de la leçon précédente : la science positive n'exclut pas comme impossible la liberté ; la morale l'exige. — Le déterminisme psychologique.
L Exposé de cette doctrine : a L'âme est un automate spirituel. » — Preuve a priori : Le principe de raison suffisante. Preuve de fait : Influence déterminante des. motifs.
II. Essais de réponse imparfaitement satisfaisants : l* La liberté d'indifférence ; — Exposé de cette tentative ; — Critique ; Ce qu'il en reste; 3* Distinction des motifs et des mobiles (Jouffroy). — Insuffisance de cette tentative. Ce qu'il en faut retenir.
m. Solution que nous proposerons. — Position de la question : Être libre c'est se déterminer en connaissance de cause. — Réponse à Spinoza. — La volonté n'est pas une balance inerte. — Les motifs 1 ne sont pas des poids apportés du dehors, ils sont quelque chose de
nous-mêmes. — Spontanéité intelligente et responsable dans les quatre moments du vouloir. — La liberté ne consiste pas à agir sans motifs, mais à se déterminer par raison. — La moralité ne consiste pas à agir contre toutes raisons, mais habituellement selon les mriUeures.
Objection deux éléments dans tout motif, les circonstances et
lé naturel, le caractère, Tétat do siget; or, ni l'an ni l'antre de ces éléments ne dépend de nous.
Réponse : au contraire, tous denx dépendent de nous pour une bonne part, ce qui suffit. — Raisons qu'il y a de se contenter de cette solution. Nul inconvénient, tout avantage à reconnaître les limites de la liberté, la liaison des causes et des effets dans' le monde moral. — Indulgence pour les autres; vigilance pour soimême et pour ceux dont on a charge.
Conclusions : La responsabilité répartie sur les parents, les maîtres, etc. — Importance et efficacité de l'éducation en général, de rinstruction en particulier. — - L'éducation de soi-même. — Accroissement possible de la liberté.
TREIZIÈME LEÇON. — De l'habitude en général. — Les habitudes organiques 140
Rapports de l'habitude avec l'instinct et la volonté. — Qu'il y a des habitudes dont l'origine n'est pas dans le vouloir. — Sens étymologique du mot. — L'habitude se rencontre partout on il y a vie : elle implique à la fois devenir et fixité. — Définition ; Loi.
Les habitudes organiques sont de deux genres. — Deux conditions : 1* Condition négative (limites). Exemples. — 2* Condition positive (le temps). Exemples. — Loi des habitudes qui naissent d'actions subies. Exemples; ex[l'cation. — Loi des habitudes qui naissent d'actes spontanés. Exemples; explication. — Habitudes héréditaires. — Perfectibilité des vivants..
QUATORZIÈME LEÇON. — De Thabilude (suite). — L'habitude psychologique 149
I. Puissance de l'habitude selon Montaigne. — Formation de l'habitude : elle naît de l'action même et s'accroît en raison de l'activité déployée.
II. Effets de l'habitude : 1* Sur l'activité elle-même; S* sur It conscience ; 3* sur la sensibilité. — Les punitions.
III. Perte ou modification des habitudes. — Rapports de l'habitude et de la morafité. — Le vice. — La vertu. -^ Importance morale des habitudes même involontairement contractées : Sophismes de justification. — Toute pratique engendre une théorie correspondante. — La coutume et l'opinion.
Conclusion. — L'habitude, condition de tout progrès.
QUINZIÈME LEÇON. — De la SERSiBiLiré» — La sensibilité en général : Les penchants ou inclinations. — Inclinations per* sonnelles : L'égoîsme 159
La sensibilité : Ses rapports avec l'activité. — Analyse de la sensibilité : ses trois moments (inclination, émotion, passion) et leurs rapports. — L'inclinatioa : ses caractères. — Deux inclinations fon- '
damentales de tout vivant. — Classification générale des inclinations ,
de l'homme : trois grandes divisions. Inclinations : 1* personnelles on égoïstes ; 2* sociales ou sympathiques ; 3* supérieures.
Définition des inclinations personnelles. ~ Sens du mot égoîsme. -~ j
Grande division qui se retrouve dans tous les groupes. — Instincts fondamentaux : de conservation ; de développement ou perfectionnement. — Subdivision des inclinations personnelles en trois catégories selon leur objet : \
V Besoins corporels ou appétits : leurs quatre caractères. — Pria- t
cipaux besoins : nutrition, mouvement. — Leurs rapports avec là volonté. — Ce qu'ils deviennent chez l'homme grâce à l'intelligenos
T Penchants spirituels : amour-propre, honneur, émulation, ambition (l)e8oin de domination, besoin de paraître) ;
3* Inclinations mixtes : amour de la yie, de la propriété, des choses et des lieux accoutumés. — - Dans l'égoïsm^ même quelque chose annonce des inclinations d'un autre ordre.
SEIZIÈME LEÇON. — De la sensibilité (suite). — Inclinations sympathiques. —' La sociabilité 174
Sympathie et sociabilité : définition. — Plan de la leçon.
I. Ces inclinations existent (Réfutation de Hobbes, La Rochefoucauld, Rousseau), — Comment elles se concilient avec l'amour de soi et le dépassent.
II. Causes qui font naître la sympathie et conditions favorables à son développement : 1* Elle est compatible avec la diversité et le contraste ; 2* Elle croit avec Tactivité déployée ; 3* Elle est communicative et pour ainsi dire contagieuse ; 4* Elle est en relation étroita av.ec nmaginaiion.
in. Effets généraux de la sympathie : Adoucissement des peines. — Accroissement des joies. — Effort pour complaire à ceux qu'on aime : bienveillance, bienfaisance, charité, etc. — - Imitation, admiration, vénération, bettoin d'approbation, besoin d'épanchement, indiscrétion.
IV. Modes spéciaux de la sympathie : 1* Affections électives : amour, amitié; 2* Affections domestiques : la famille, remarque; 3* Affections civiques : la patrie, paradoxe de Platon ; 4* L'humanité : erreur du cosmopolisme.
V. Réflexions pédagogiques : 1* Moyen d'inspirer la sympathie à l'en« £int; 2* Moyen de développer ses dispositions affectueuses; 3* Nécessité de régler la sympathie : amour, justice.
DIX-SEPTIÈME LEÇON. — Aspirations sufébieures. — I. Amour da vrai. — IL Amour du beau. — III. Amour du bien. — IV. Sentiment religieux 189
Les inclinations supérieures : Elles aspirent à l'infini; 2* Elles supposent la raison; 3* Leur objet est essentiellement impersonnel, éternel, et d'une valeur absolue ; 4* Elles sont généreuses et cornmunicatives ; 5* Elles sont la source des plus hautes manifestations de l'activité humaine : la science, l'art, la vertu, la religion.
I. L'amour du vrai. — Différence entre la curiosité des animaux et celle de l'homme. — L'homme aime le vrai pour lui-même. — Vérités secondaires et partielles (la science). — Vérité première et toU«e i (philosophie et métaphysique).
Manifestations de ce penchant : Crédulité naturelle; esprit de recherche ; courage scientifique ; oubli de soi. Véracité. — Le prosélytisme. — Le martyre.
Objection : Le mensonge. — L'enfant est-il naturellement menteur ?
Explication : a On ment comme on prend médecine ». — Causes du mensonge.
Application pédagogique : Nécessité d'amener l'enfant à dire toujours vrai. — Moyens.
II. Amour du J>eau. -^ Rapports du beau avec le vrai. — L'esthétique. — L'amour du beau est naturel et universel, quoique susceptible de progrès. — L'amour du beau chez les animaux supérieurs; chez l'homme : l'art pour l'art. — Origine de l'art dans les âges préhistoriques.
Objection : Les variations du goût; prétendu amour du laid* — > Réponse.
UÇOnS OB F81CH. 30
528 TABLÉ DBS MATIÈRES.
Indications pédagogMfufis. — Coltore du goût. — Poiesaneo éducative de Tart.
ni. Amour du bien. — Rapports du bien arec le yni et le beau. — La morale.
Objection : Variations du sens moral ; son absence et sa disparition. — Réponse.
R^exions pédagogiques : Le sens du devoir est<trop peu cultivé.
— Manque de nuances dans nos jugements moraux et nos exhortations.— Manque de prudence dans nos conversations et nos exemples.
IV. Sentiment religieux. — La notion de Dieu et le sens du divin. — La Théodicée. — Caractère primitif et universel du sentiment reli- ^ gieux, quoiqu'il puisse et doive être cultivé, épuré. — Ses effets : adoration, prière, culte.
Objections. — Réponses. — Variété infinie des conceptions et pratiques religieuses. — Ce qu'il y a de commun au fond : Le sentiment de rinfini. — La religion naturelle : a Cri de la terre vers le ciel ». — Tolérance. — Application pédagogique. — Culture du sentiment religieux chez l'enfant : ce qu'elle doit être.
Conclusion. — L'idéal. — Les hommes d'idéal et leurs « illusions».— Leur rôle. — Les désabusés : vanité de a l'esprit positif». DIX-HUITIÈME LEÇON. — Des émotions. — Nature du plaisir
et de la douleur 209
Le besoin de changement. — L'émotion et ses rapports avec l'inclination. — Le plaisir et la peine. — Grande division des plaisirs et des peines en sensations et sentiments. — Rapport du sentiment et de l'idée. «- Les sentiments composés (exemples). — Difficulté d'une classification des sentiments; aperçu de ce qu'elle pourrait être : r L'objet qui cause l'émotion est actuellement présent : joie, sécurité inquiétude; peine, découragement, espoir et désespoir; 3* L'événement agréable ou pénible est rapporté au passé : réjouissance, reconnaissance (remarque de Guizot) ; aversion, horreur, rancune (remarque) ; S* L'événement agréable ou pénible est prévu pour l'avenir : l'espérance et ses degrés, ses effets; la crainte, le désespoir, VépouTante.
Nature du plaisir et de la douleur. — Théorie d'Aristote et de Sir W. Hamilton. — Le plaisir achève l'acte et le complète : né dé l'activité, il raugme^te à son tour (exemples). — Attrait de la nouveauté, comment il s'explique. — Besoin de changement. — Le plaisir et la vie. — Le souverain bien. — Formules de W. Hamilton sur le plaisir et la douleur.
Objections : Le far nienlej la servitude (mot de Vauvenargues) .
— Réponse. —■ L'ennui. — Le jeu. — Rapports du jeu et du travail; leur identité (exemples de Herbert Spencer). — Le travail attrayant. — Le plaisir de Teffort.
DIX-NEUVIÈME LEÇON. — Des émotions (suite et fin). — I. Rapports du plaisir et de la douleur. — II. Le pessimisme. — III. Rôle de la douleur dans la vie et 'dans l'éducation. . . 218
I. Rapports du plaisir et de la dc%leur. — Ils s'accompagnent sans cesse, et alternent sans interruption : Pas d'état neutre. — Mythe de Platon sur leur union et mot de Lucrèce. — Relativité de
\ toutes nos émotions* — Le plaisir précède la douleur et n'est pas
purement négatif : Exemples.
II. Le pessimisme. — Le pessimisme dans l'École d'Épicure. — Lf pessimisme contemporain en Allemagne, — Réponse : Erreur psychologique ; erreur morale, fausse conception de la vie.
m. Rdie de U douleur dans la destinée de Thomme. — Elle est un mal : mot de Malebranche . — Mais elle est : la conditioa et Ta»saiaonnement du plaisir; un avertissement et une sauvegarde; une cause de progrès; la condition du mérite; une raison pour Tbomme de porter les yenx au-delà de cette vie.
Rôle de la douleur dans l'éducation : C'est un crime de la multiplier à plaisir; un devoir de Tinfliger au besoin. — Sa nécessité comme moyen de redressement; comme inséparable de TefTort. — Douleurs qu'il ne faut jamais infliger.— Caractères des bonnes punitions.— Leur première qualité est d'être rares et modérées : pourquoi. VINGTIÈME LEÇON. — Des passions. — Nature, formation, effets des passions 227
La sensibilité a ses habitudes, d'où les passions.
L Nature des passions : l" Définition (très générale). — Distinction importante : passions principales et passions dérivées; 2« Définition : Rapports de la passion avec l'inclination (rupture de l'équilibre originel ; exaltation anormale et souvent perversion dis penchants). — Rapports de la passion avec l'émotion : le plaisir pris pour fia exclusive. — Intensité des émotions spéciales. — Mot de Pascal : a On ne peut avoir deux grandes passions à la fois. »
II. Formation des passions. — Prédispositions héréditaires; exercice et habitude, satisfaction et répression des penchants; exemple et explication physiologique. — - Causes extérieures : milieu physique et milieu moral ; circonstances, exemples, lectures, conversations. — Causes intérieures : réflexion et attention ; imagination (ses rapports étroits avec la sensibilité), le vertige moral, la force des précédents, etc ; volonté et raison, d'abord complaisantes, puis complices.
III. Effets des passions une fois formées. — Grande activité, mais fatale (mot de Malebranche). — Description de l'âme passionnée : elle est comme possédée d'un démon. — Analogie de la passion avec la maladie (mot de Pascal) et avec la folie. — Influence de la passion sur le physique ; influence sur la volonté ; sur l'intelligence en général (mot de Nicole); sur l'imagination en particulier.
VINGT ET UNIÈME LEÇON. — Des passions (suite et fin). — Classification et importance des passions. — Nécessité et moyens de les régler 236
I. Classification des passions: 1* Selon leur objet; elle se calque sur celle des inclinations : passions personnelles, corporelles (exemples), spirituelles (exemples), mixtes (exemples) ; passions socïiles (exemples). 2* D'après leur nature et leur direction : amour et haine (distinction de Bossuet) ; 3* Passions nées d'émotions dominantes, ou passions dérivées (exemples) ; colère, peur, etc.
II. Importance morale des passions : Elles sont la source des plus grands maux (Bourdaloue), et aussi des plus grands biens ; Comment. — Jugements opposés des moraliirtes sur les passions — Il y a des passions nobles, et même les mauvaises ne sont pas toutes condamnables sans réserve : orgueil, mépris, indignation, etc. -^
La passion et la responsabilité : difficulté, solution. — Responsa- l
bilité répartie sur toute la vie, sur les parents, les maîtres, etc. UL Nécessité et moyens de les régler. — Il faut les régler, non les étouffer; pourquoi (mot de Diderot). — Appel à la raison et à la volonté; efficacité bornée du raisonnement, même quand il s'agit do nous-mêmes, plus encore, quand il s'agit des autres (Molière). — Appcfl à la fierté : le pUisir de se vaincre (Bossuet) . — La passion est une habitude, il faut s'en défaire comme d'une habitude, c'est-à-
dire, créer de nooTelles associations d'idées et de sentimento; profiter des < bons mouTements »; faire dÎTersion et chercher des distractions; procéder graduellement; donner un autre aliment k l'activité et au cœur ; opposer passion à passion . — Citation de Leibnitz. — Règles particulières à observer arec l'enfant: la vigilance vaut mieux que la répression et les conseils. — Nécessité 4e respecter toujours sa pudeur et de lui laisser toujours l'estime de lui-même. " Conclusion.
VlNGT-DEUXIÊME LEÇON. — Db l*intelu6Engb. — De rîntelKgence en général. — Tableau d'ensemble des facultés et opérations intellectuelles !151
Nous entrons dans l'étude de l'intelligence : définition. — Rapports avec les deux autres facultés.
L L'intelligence en général. — Penser, c'est essentiellement distinguer, puis rapprocher, c'est saisir des différences, puis des ressemblances, en un mot, c'est comparer. — Étymologie des mots penser, juger, comprendre. — Le jugement, acte fondamental de Tintelligence : il consiste dans la perception des rapports; juger, c'est unir ou séparer. — La vérité et l'erreur. -— Esprits justes et esprits faux. — Le travail de l'esprit est, au fond, le même à tous les degrés : idée (terme) ; jugement (proposition} ; raisonnement (syllogisme). — Le génie. — Analyse et synthèse.
C. L'activité intellectuelle est une, mais infiniment complexe : l'analyse y distingue plusieurs facultés et opérations ; d'où le tableau suivant :