Leçons de science hippique générale ou traité complet de l'art de connaître, de gouverner et d'élever le cheval
De la lecture et de l'étude des principaux ouvrages écrits sur les haras il est résulté pour moi cette conviction, que le sujet n'avait pas encore été envisagé sous son véritable point de vue, et qu'il restait à entreprendre une lâche nouvelle et utile.
Chaque auteur a son système, ses opinions, ses préjugés; mais le plan varie peu et rentre dans une forme donnée. Je puis signaler trois formes principales; c'est toujours Winter, Newcastle ou Huzard; un directeur de haras, un écuyer, un vétérinaire.
Winter s'adresse à un grand seigneur qui voudrait élever sur une vaste échelle et créer un haras dans ses domaines. Il répond aux besoins de son temps et de son pays; piqueur allemand, né au commencement du xvn* siècle, on dirait qu'il a entendu la conversation rapportée par Schiller dans la tragédie de Wullenstein. La famille de ce général s'inquiète de la manière dont il
pourra employer l'oisiveté où le réduit sa destitution : m. i
Eh bien! il Ituhiteta tu terres, il suri ridera ses vassaux, il fera valoir, »7 aura de beaux haras, lies troupeaux, etc.
Et voilà Wintcr qui dresse ses plans et organise tonle son adminisf ration ; il dessine les bâtiments, mesure les conrs, Iraee le manège, distribue les pacages, règle les enceintes, indique le choix des producteurs, détaille les fonctions, les devoirs de chacun, depuis le chef jusqifau dernier employé. 11 va jusqu'à indiquer Pheure de
Rt. i.
la prière en commun ; jusqu'à nous donner une planche explicative des châtiments à infliger au palefrenier paresseux ou insuhordonné.
« Il (le maître du haras) ne doit point souffrir de querelles, jeux, maquerelles, yurogneries, et autres semblables désordres des valets, mais les punir sévèrement de chaque excès, il leur faut mettre le manteau d'Espagne (fig. 1), on la cappe de fer (fig. 2), avec un bec
Fia. i.
par Je\anl , mais sans aucune ouverture, autrement ils s'enytireraient aussi bien qu'auparavant. » Winter, de lté Equariâ, page 265, § 16, 1677. Édition rare.
Aewcastle veut créer le cheval tel qu'il désire le monter; il s'occupe de lui trouver un père et une mère; mais peu au fait et peu soucieux de tout ce qui n'est pas effet de main, de caveçon, d'éperon ou de jambes, il ne donne que des aperçus vagues et succincts sur les soins, la nourriture, le régime. Tout occupé de passades, voltes et autres tours de force de haute école, il abandonne le poulain au cakacadnr jusqu'à ce qu'il aille tout seul , et il a à peine quelques pages à consacrer à tous ces détails.
Huzard, dans ses Haras domestique*, est un vétérinaire qui essaie de servir les intérêts d'un fermier. 11 donne des conseils d'économie, d'hyeiène et de pathologie, le tout rédigé dans une forme régulière et méthodique; c'est Hourgelat avec des considérations spéculatives sur l'administration publique et particulière. Mais on y chercherait vainement un principe réel d'élevage, une méthode pour arriver à produire un cheval de service prêt à marcher, et tel qu'on se le procure chez un marchand.
L'esprit de régularité qui sert à bien'diriger un établissement, quel qu'il soit, la science d'un écuyer consommé, l'expérience d'un vétérinaire habile, voilà sans contredit trois choses fort utiles pour élever des chevaux ; mais ni séparément, ni même réunies, elles ne donneront le moyen de bien produire. Ce moyen, il faut le demander à la zootechnie.
Zootechnie est un mot que les Français ont tiré du grée pour nommer une science que les Anglais ont découverte et qu'ils pratiquent avec plus de succès qu'aucune autre nation. Aussi, est-ce d'Angleterre que nous tirerons tous uos exemples et tous nos principes, quoique l'Angleterre ne soit pas, après tout, le seul pays qui produise de bonnes races de chevaux ; il est vrai qu'elle produit les meilleures, sans qiril soit possible de le contester raisonnablement.
La zootechnie est l'art de conserver ou de modifier les diverses variétés d'un même genre d'animaux, et d'en créer de nouvelles.
Lue analogie frappante existe entre le règne végétal et le règne animal, qui ne sont après tout que les deux manières d'être de la nature organisée. Celte analogie tend à rendre inséparables la zootechnie et l'agriculture ; en effet, l'éleveur et l'agrouome opèrent sur uu germe, par leurs soins et au moyeu de circonstances dont ils peuvent disposer.
L'un choisit ses semences, observe sou sol et sou climat, et il adopte tel ou tel système de culture.
L'industrie de l'autre consiste premièrement à se procurer les producteurs convenables et à combiner des alliances judicieuses; secondement, à se rendre compte de ce que peut produire la localité où il se trouve ; troisièmement enfin, à régler la nourriture et le régime de ses animaux.
Il y a plus, indépendamment de l'analogie qui existe entre les deux sciences, il faut que celui qui élève des
chevaux étudie en même temps l'agriculture , afin de savoir comment il doit nourrir, et quelles espèces pourront subsister ou se développeront le mieux dans l'endroit qu'il habite. Il y a un grand avantage à considérer rélevage du cheval sous ce point de vue élevé et analytique.
C'est le moyen de se rendre compte des erreurs dans lesquelles sont tombés généralement tous les écrivains hippologiques.
Essayons, en effet, de passer sommairement en revue les principaux systèmes adoptés par les divers auteurs.
Les uns vous disent qu'il y a trois manières principales d'élever les chevaux :
Haras sauvages;
Haras demi-sauvages ;
Haras domestiques.
Les autres reconnaissent trois méthodes de croisements :
1° Améliorer une race par elle-même en choisissant pour la reproduction les meilleurs individus de celte race. Sélection ; in and in.
2° Par l'introduction et la conservation d'une race étrangère pure ;
3° Par le croisement de l'espèce autochlhone et d'une race étrangère.
Il en est qui prétendent que le pays seul, c'est-à-dire l'ensemble de circonstances résultant des particularités du sol et climat, peut ramener à tel ou tel type les animaux qu'on élève dans une localité. Quelques-uns vont
jusqu'à soutenir que, par exemple, une famille cauchoise, ou toute autre, importée en Arabie, deviendrait d'ellemême parfaitement arabe au bout de quelques générations.
On a dit encore que le régime et l'éducation suffisaient pour rendre les animaux tels ou tels, et aptes à la spécialité voulue, quelle qu'elle fût.
J'ai entendu raconter, à l'appui de cette opinion, que pendant la campagne d'Egypte, les chevaux de selle arabes consacrés à l'artillerie étaient devenus, au bout de quelque temps, de véritables chevaux de trait.
11 serait facile sans doute de démontrer en quelques mots en quoi pèche chacun de ces divers systèmes ; mais je crois préférable d'en faire un examen approfondi.
Au milieu des erreurs, il y a toujours un fonds de vérité qu'il est bon de faire ressortir, et d'ailleurs une analyse théorique n'est jamais bonne à exposer qu'après des études synthétiques qui familiarisent avec le sujet.
Des haras sauvages
Certains esprits se passionnent, à l'exemple de Jean- Jacques, pour une utopie qui consiste à soutenir que tout est sorti pur et parfait des mains de la nature, que l'homme seul a tout gâté.
La conséquence de celte manière de voir, appliquée à notre sujet, est d'abandonner une harde de chevaux à eux-mêmes dans un vaste terrain, et d'attendre les résultats sans s'en préoccuper.
J'ouvre le Journal des Haras et je lis ce compte rendu d'une discussion hippologique.
« L'immortel Buflbn et Cuvier, après lui, permeltez- « moi de me mettre en troisième, Bu (Ton, Cuvier et moi, « avons remarqué que les souris n'avaient jamais, de « puis des siècles, éprouvé la moindre dégénéra lion.
« Or, quelle est l'espèce de quadrupèdes plus aban- •< donnée dans le monde que celle des souris ?
« Ceci nous prouverait, messieurs, que la dêgénératiou «. n'est que la mal œuvre de l'homme et que le meilleur « moven d'avoir de bons chevaux est de faire des haras « sauvages. . . .
« Nous reviendrons à l'âge d'or, « Adoptez les haras sauvages.
« L'orateur finit par ces deux vers dits avec une voix « de fausset dont la modulation rappelait la romance du « Champ (Tasule. »
Gaspar Saunier, dans son Art de la cavalerie, page 1G, intitule un alinéa : Comment on doit prendre les chevaux sauvages qui sont dans les bois.
Plus loin, page 70, il raconte que feu S. A. l'Electeur palatin le faisait assister à une chasse aux chevaux sauvages dans la forêt de Binberg.
« S. A. Electorale me montrant un jour quatre jeunes « gens destinés à monter quelques chevaux sauvages, « me porla la main sur l'épaule en me disant : voilà des « jeunes gens à qui il faut que je donne du pain pour le « reste de leurs jours s'ils viennent à être estropiés en
« montant les premiers les chevaux que nous venons de ■ prendre. »
Un entraîneur français eut une fois l'idée singulière, par un beau jour de neige et de verglas, de lâcher tous ensemble dans sa cour les jeunes chevaux de course confiés à ses soins dans le but de leur donner du robuste sauvage.
Malgré ces exagérations qui, quoique historiquement vraies, passeront pour des caricatures, il y a à dire en faveur des haras sauvages certaines vérités qui ont pu séduire quelques bons esprits.
Il est incontestable, par exempte, que les chevaux rudement élevés se font en général remarquer par beaucoup de vigueur, de résistance et de durée.
L'élevage civilisé, si je puis m'exprimer ainsi, a au contraire pour résultat de donner des animaux faibles, mous, incapables de toute espèce de fatigue.
Mais on remarquera premièrement que les chevaux élevés dans les haras sauvages sont toujours de petite taille, et généralement, sinon laids, du moins d'une conformation irrégulière.
Cela doit être, en effet, et s'explique facilement. Lorsque plusieurs chevaux entiers se trouvent abandonnés à eux-mêmes, ils se battent avec fureur, jusqu'à ce que les plus forts se soient assuré la possession exclusive d'un certain nombre de juments ; les vaincus sont écartes ou soumis.
L'étalon vainqueur dans ces luttes peut bien n'être pas toujours le plus apte à produire des poulains pro-
près au service; et les jumenls qu'il se réserve ne sont pas non plus celles qui lui conviendraient le mieux.
L'homme perd donc ici une action utile sur la production.
La nature, il est vrai, travaille à la conservation de l'espèce, car le résultat de ces combats, ainsi que des rudes épreuves de la vie sauvage, est de réserver exclusivement le droit de reproduction aux individus les plus robustes et les plus courageux ; les faibles sont rebutés ou périssent. Mais ce n'est pas un perfectionnement dans l'intérêt du propriétaire.
Le mot nature est donc ici vide de sens.
Si on considère ensuite que le cheval, en liberté ou à l'écurie, ne peut profiter réellement qu'au moyen d'une nourriture excellente, et par conséquent dans un bon pays, on verra qu'il faut abandonner aux haras sauvages un terrain précieux pour l'agriculture.
Les rigueurs de la vie sauvage ôtent de toute nécessité au cheval une partie de sa taille et de son développement, et il arrive que pour plusieurs espèces de services la vigueur de la constitution ne supplée pas avantageusement à la hauteur et au volume.
Les. chevaux que l'on arrache adultes à leur état natif d'indépendance sont d'une éducation difficile et dangereuse.
A Ekaterinoslaw, et dans les contrées environnantes, les Cosaques vendent à la douzaine les chevaux qu'ils ont pris au lacet, et sur chaque douzaine il en est, dit-on, un ou deux que l'on abat comme intraitables.
Bien des individus périssent par mille accidents qu'aurait prévenus le régime domestique.
La perte du terrain et des fourrages est incalculable.
Toutes ces circonstances doivent donc nous démontrer que le système des haras sauvages est insoutenable, alors même qu'il serait possible de le pratiquer chez nous, et que partout ailleurs ce mode d'élevage doit disparaître devant les progrès de l'agriculture et de la civilisation.
Daus certaines contrées, l'insuffisance de la population, un climat rigoureux, un sol ingrat ou une agriculture arriérée, amènent l'existence de terrains vagues cl inoccupés.
On les utilise eu y laissant errer une grande masse de chevaux qui y trouvent une subsistance plus ou moins convenable.
Le propriétaire dirige les alliances a son gré; les juments ne sont lâchées qu'après avoir été saillies; on ne laisse point de chevaux entiers avec elles, et on retire les poulains pour les dresser à l'âge que Ton juge convenable.
Tels sont les haras demi-sauvages.
Il est facile d'en apprécier les inconvénients ou les avantages s'il y en a.
Haras domefttlqne».
Dans les haras domestiques le poulain, aussi rapproche de l'homme que possible, est soumis à tous les effets de réducalion qu'on lui donne, bonne ou mauvaise.
Il est facile de conclure, après cet aperçu, que dans ces trois systèmes rien n'est spécifié, rien n'est trouvé pour faire un bon ou un mauvais cheval.
Tout se réduit à dire : l'homme fera-t-il quelque chose ou ne fera-t-il rien ?
Il est évident qu'il doit faire quelque chose ; mais quoi ? La question n'est donc pas traitée.
Examinons à présent les trois systèmes qui consistent à s'occuper des origines, en important ou en conservant des races pures, ou en croisant les espèces.
Celte manière d'envisager la question a beaucoup préoccupé les esprits.
Buffon recommande de croiser uniquement pour croiser, il ne veut que des métis ; la race pure indigène, la race pure exotique, il repousse .également leur conservation, et on ne peut se rendre compte ni de ses motifs ni même de sa pensée intime à ce sujet.
D'autres auteurs varient à l'infini sur les avantages et les inconvénients qu'il peut y avoir à laisser dégénérer les races, à les importer, à les croiser ; et toujours préoccupés de celte idée de nationalités hippiques, ils multiplient les descriptions de chevaux particuliers à chaque
contrée. Winler nous offre 18 portraits de chevaux de diverses provenances.
Nous avons de Stradanus, dans son Eqnile Johannis Austriaci, plus 30 planches parfaitement gravées.
Il y en a plus de la moitié pour les divers cantons de l'Italie seulement; mais ces figures sont tellement identiques, qu'il est impossible de distinguer aucun type spécial.
Tout homme qui aime la lecture mettra peut-êlre de l'intérêt à connaître et à comparer toutes les opinions émises sur le grand problème de l'importation et de la conservation des races; mais un esprit positif et avide de solutions claires et de résultats immédiats se fatiguera du récit de tant de faits contradictoires.
Bourgelal dit que le cheval d'Espagne donne rarement à ses poulains une taille aussi avantageuse que la sienne, Huzard déplore la réforme d'un étalon espagnol d'une vitesse extraordinaire. Tous deux s'entendent pour rejeter le cheval anglais comme dur et roide dans ses épaules, el sitôt qu'en Normandie, ajoute Huzard, le sang anglais disparait, la liberté des épaules se rétablit.
Aujourd'hui, il n'y a de place que pour le pur-sang, d'après certaines personnes.
Saunier et Garsault avaient dit que les étalons et juments barbes et arabes , unis ensemble ou croisés avec d'autres espèces, n'ont donné rien de bon.
Cliez tous, c'est à peu près le même concert de lamentations, et tous conseillent de recourir aux espèces c'Mrangères.
Sans m'amuser à faire ici en ce moment la critique
des opinions actuelles, qui, depuis des siècles, ont moins changé quant au fond que quant à la forme, je crois pouvoir donner de toutes ces divergences une explication simple et utile.
On importe des chevaux étrangers, parce qu'ils plaisent, ils doivent d etre ce qu'ils sont, à un ensemble de circonstances que leurs produits ne retrouvent pas dans leur nouvelle patrie, et ce que l'on aimait dans les pères disparait chez les enfants.
Le problème est donc ramené à la recherche de ces circonstances.
Ces circonstances peinent s'attribuer à trois causes principales entièrement distinctes:
i° La race, ou la transmission par hérédité; 2° Les influences du climat et du sol ; 3* Le régime.
Ces trois influences peuvent se combinera l'infini, de manière à se fortifier ou à se combattre; connaître les résultats de ces diverses combinaisons, les reproduire, à son gré, lorsque cela est possible, tel est véritablement le problème à résoudre en zootechnie.
Tel doit dor.cêlre l'objet de noire étude.
lin cheval primitif.
Chaque animal de la création a une patrie, c'est-à-dire une portion de te surface du globe, où toutes les cir-
constances favorables à son organisai ion particulière se trouvent réunies.
Là son espèce subsiste et se maintient dans un état permanent de perfection, si on veut employer ce terme.
Indépendamment de cette patrie, où l'espèce se conserve sans altération, il existe une patrie secondaire, où Panimal peut encore vivre et se multiplier, mais en subissant des modifications.
Ces changements augmentent de génération en génération, d'une manière plus ou moins sensible , jusqu'à ce que l'individu de\ienne tel que l'exigent les circonstances, au milieu desquelles il se trouve.
Cette série de métamorphoses successives constitue 1 1 dégénération.
Le point où ces modifications s'arrêtent, et où la nouvelle forme tend à se fixer, ce point sig nale la formation d'une race, ou famille nouvelle.
Les mots races, familles, variétés, esjmcs. n'ont pas une acception parfaitement arrêtée en physiologie.
Nous serons obligés quelquefois d'adopter des expressions et de les définir pour fixer les idées.
Nous ne considérons ici l'animal qu'a l'état de nature, et suivant le même genre de vie; nous isolons ainsi la question de climat , puisque l'origine et le régime ne changent point.
On peut ici chercher des exemples et des points de comparaison dans l'élude des variétés de gibier, qui peuplent les dix erses parties de la France ou de V Europe. On verra des animaux d'apparence* fort disparates con-
server cependant la faculté de s'allier entre eux et de produire. Leur espèce est donc identique , niais il s'est formé plusieurs variétés.
(Test toujours la facilite des alliances et leur fécondité qui constate l'identité des familles, en dépit des variations apparentes.
Le cheval primitif sera, suivant nous, le cheval arabe. . Voici nos motifs : il est universellement connu et renommé depuis des siècles, et toutes les investigations de l'archéologie ne nous démontrent aucun changement survenu en lui après tant de siècles et de générations.
Sa longévité est remarquable, il n'y a pas de famille qui soit comparable à la sienne sous ce rapport.
Sa taille est moyenne et toujours constante. Je n'ai pas vu, à proprement parler, de ponys arabes, et je ne crois pas les gens qui disent avoir rencontré en Orient une multitude dechevaux.de cinq pieds.
Il possède encore d'autres caractères de fixité de race.
L'uniformité et la constance de sa robe. Le rouan, le pie, le noir, les balzanes, les marques hétérogènes et bizarres sont plus rares dans cette espèce que dans toute autre.
Sa puissance en génération ou virtualité. Le plus mauvais cheval arabe imprime toujours à ses produits un cachet particulier, quoique variable. Tantôt c'est une ressemblance notable avec le père, tantôt une taille et une force très-supérieures, etc. En un mot, le cheval arabe est le cheval virtuel par excellence.
Oifon ne croie pas voir en moi pourtant un amateur
fréuétique, exclusif, du sang arabe. Plus tard, je dirai avec détail ce qu'on doit penser du cheval arabe, comme cheval de service et comme étalon* Je ne le cite que comme lype, comme spécimen, comme point de départ.
Peu importe ici qu'il soit ou non le plus utile à Thomme; il est le plus utile à lui-même, c'est-à-dire le mieux organisé pour vivre à Tétat de liberté dans sa patrie naturelle.
On peut donc le considérer comme le cheval tel quil est sorti des mains de la nature, pour parler le jargon philosophique du XVIIIe siècle.
Mais le cheval a été créé pbiar Vhamme ! Ceci est un abus de mot.
Puisque Dieu a donné par l'œuvre de la création à Thomme l'intelligence nécessaire pour détruire ou asservir tous les animaux, sans lui interdire par la révélation Tcxercice de cette puissance, on peut dire en ce sens que les animaux ont été créés pour Thomme.
Mais soutenir gravement que le cheval a été fait tout exprès pour être monté , le bœuf dans le but qu'on le mangeât, c'est dire une niaiserie et c'est provoquer une critique inconvenante de la création. Car, il est évident que, dans cette hypothèse , le cheval aurait dû venir au monde tout sellé, tout bridé, tout dressé. Et le bœuf donc, pourquoi nVt-il pas été créé tout cuit?
La lettre tue et Tesprit vivifie.
Le cheval a été créé pour exercer le talent des écuyers
et la sagacité des éleveurs.