‹ Leçons de science hippique générale ou traité complet de l'art de connaître, de gouverner et d'élever le chevalChapitre 16 sur 53 · LX1Y · texte numérisé non relu

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11 ne faut pas attendre le sevrage pour ouvrir le coffre

à l'avoine, il faut au contraire hâter le moment du sevrage, en mettant le poulain à même de se passer de sa mère.

La nourriture cependant ne doit pas èlre prodiguée sans discernement, car une dépense inutile n'est pas le seul inconvénient à redouter.

La meilleure condition d'un poulain est de rester maigre en mangeant beaucoup, pourvu que la santé soit parfaite. Celle maigreur est la preuve qu'il profite et qu'il grandit.

Si, au contraire, on le voit s'arrondir, il est à croire qn* il tourne à la graisse; dans ce cas, s'il est nourri de bons aliments, il deviendra robuste, infatigable, plein de longévité; mais il restera petit et peut-être sans allures et sans moyens.

La nature est ainsi faite que le développement des organes peut dévier dans un s» us ou dans un autre. Cesl a l'homme d'observer la marche de la nature, afin delà modifier s'il le petit.

La richesse du sang peut avoir ses inconvénients. Celle phrase a besoin d'être expliquée.

Toule race pure et excellente est parfois susceptible de s'égarer loin du but (tour lequel on l'a créée.

C'est ainsi que souvent les lxeufs de Durham, les porcs dits Tonquins. destinés à l'entrais manifestent une \igueurel une action qui, développées, produiraient précisément les qualités contraires a l'obésité.

Pour une raison analogue, un poulain de course <!<• l'origine la plus lashionnabie peul, en cerlains cas. si on

if y met pas bou ordre par l'entraînement , devenir plus propre à l'hippophagie qu'à toute autre chose

Lorsque le jeune cheval a 18 mois ou 2 ans, et qu'on ne le fait pas travailler, il peut sans inconvénient, il doit même pâlir et apprendre à supporter, jusqu'à un certain point, la faim et la mauvaise qualité des aliments.

Ici, le proverbe du maquignon trouve sa place.

Tant que V échine du poulain présente assez de surface pour qnun corbeau puisse y percher, il n'y a pas de soin.

Pour le cheval de course, et pour bien d'autres espèces, le travail peut être employé à donner à la nourriture une bonne direction.

Ici, nous allons encore rencontrer les discours interminables d'une secte à préjugés, les mé nageurs de poulains.

Attendez que les organes se développent, que les tissus aient acquis la dureté nécessaire pour ne pas se briser au travail, etc., etc.

Moi, je dirai, faites travailler le jeune cheval, dans un double but, 1° pour diriger l'assimilation de ce qu'il mange vers le côté utile; 2° aOn que l'exercice le fasse manger davantage, el que ce qu'il mange le développe encore plus.

La nature est élastique , plus on lui donne , plus elle produit. Ccst là le privilège de la vie; la vie appelle la vie, la vie produit la vie. Le cheval n'est pas comme un

habit que Ton peut conserver dans une armoire pour la saison suivante.

L'homme avide et sans pitié pour les animaux serait trop heureux de ce principe si commodément posé

pour justifier ses exigences brutales ; mais il ne lui est pas permis d'user et d'abuser à sa fantaisie de la nature organique. La vie n'est pas à lui.

Il est un point où la nature forcée au delà de ses limites se brise sans retour.

Voilà le point à saisir.

Voilà la théorie, l'application est difficile.

Voulez-vous une idée juste de celte application? Voulez-vous un exemple le plus parfait?

Supposez le meilleur cheval de course dans les mains du meilleur entraîneur, et arrivant au poteau dans la plus splendide condition.

Le nom du cheval de l'entraîneur, le jour de la course, je n'en sais rien, peu importe.

Cela ne s'est peut-être jamais rencontré.

Cela peut exister.

Toujours est-il que jamais Monarque n'eût été ce que nous l'avons vu, s'il n'y avait eu dans la même écurie un autre cheval tel qu'Hervine, pour lui servir de terme de comparaison, et l'accompagner dans ses galops.

En cherchant ce milieu précis entre la fatigue utile et la fatigue nuisible, on dépasse souvent le but, on exténue des chevaux, on en estropie, on en tue, je ne dis pas le contraire , mais d'abord je demande à répondre de mes paroles, et non des sottises d'un palefrenier brutal et maladroit.

De plus, il y a encore ceci, c'est qu'un cheval travaillé un peu trop tôt, un peu trop fortement, peut se remettre, car il est des choses qu'on répare; et que même taré, il

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vaut mieux qu'un pareil qui a été élevé dans Poisiveté et. à l'engrais ; il vaut même mieux quelquefois avec les tares qu'il a gagnées que s'il était resté net; mais ceci est peut-être un peu trop fort pour certaines intelligences.

Tout le monde n'est pas à cette hauteur.

Lorsque le poulain est arrivé à trois aus, il peut se trouver dans diverses sortes de conditions. Voici les deux extrêmes :

11 est cheval de course, le voilà sur le turf; on le trouvera ficelle, mince, propre tout au plus à porter un poids léger.

Il est gras à fendre à l'ongle, et cause l'admiration de Ions ceux qui le voient souffler, renâcler et bondir. Il en est qui, dans leur enthousiasme, voient en lui un hunier de 20 stones.

Achetez les tous deux, remettez le premier dans la condition normale d'un cheval de service.

Dressez l'autre et rendez-le capable de faire le même travail, un travail ordinaire, celui que vous voudrez.

Lequel aura alors le plus de gros ? La Ocelle qui a couru.

Si on ne me croit pas, qu'on essaie.

J'ai essayé et je crois.

Que de fois on admire un cheval anglais, bien accentué, d'un bon modèle, de ces chevaux comme on nen ramène ^/u*, dont le type n existe plus ai Angleterre, phrase officielle.

Et on ne sait pas que, le plus souvent, ce qui plaît eu lui n'est dû qu'à un travail judicieux, fait à propos.

Mais le pareil de ce cheval est auprès de vous , chez votre fermier ; il a 3 ans, vous pouvez l'avoir pour le prix

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de la remonte, vous l'avez vu, lenez, le voilà. — AL ! par exemple? — Mais, sans doute; il n'y a qu'à le faire, mais dépêchez-vous ; si vous attendez, il ne sera plus temps, et d'ailleurs on l'aura gâté.

Peul-êlre un Turenne, un Corneille,

Qui dans l'ombre a vécu, de lui-même ignoré.

Thomas, Pftréide.

Lisez, si vous en avez la patience, Garsault, Solleysol, Saulnier et bien d'autres ; voyez avec quel profond et n;«ïf découragement ils vous disent que certains chevaux admirables n'ont rien fait qui vaille.

Mais sans doute ! ils les ont achetés, à 10 ans, tout faits et tels qu'ils les aimaient. Ces chevaux ont produit à leur image des poulains qui, à 18 mois, ont été ce que les pères avaient été eux-mêmes à cet âge, et ces poulains ont déplu parce qu'ils n'étaient pas ce qu'étaient leurs pères à l'état adulte. On a bien eu la patience de les attendre, mais on n'a pas eu l'esprit de les faire.

Mais comment faire un cheval ?

Outre les recettes dont j'ai fait l'énumération raisonnée, il en estime dont je n'ai point encore parlé, léquitatioti. Car, si plusieurs écuyers ont pris pour épigraphe de leurs ouvrages, ex equo eques, il ne serait pas moins juste de dire ex équité equus.

Il est vrai qu'en ma qualité d'éleveur, je me suis souvent rendu coupable des plus affreuses imprécations contre des hommes d'un grand mérite en équi talion. Et si je me repens de la forme donnée à mes plaintes, je suis loin de me dédire quant au fond.

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