‹ Leçons de science hippique générale ou traité complet de l'art de connaître, de gouverner et d'élever le chevalChapitre 32 sur 53 · DE L'ÉDUCATION DES CHEVAUX · texte numérisé non relu

DE L'ÉDUCATION DES CHEVAUX

BT PARTICULIEREMENT DES POULAINS AU F OINT DE VUE DES RAPPORTS QU'ILS DOIVENT AVOIR AVEC l'hoMME.

Ei cquo equ«s.

Le cheval n'est pas une machine que l'on fait manœuvrer par la statique et la dynamique. Les cartésiens ont tort et les écuyers aussi .

Un homme de cabinet monte un jour dans un tilbury, prend les guides comme il peut et arrive sans accident à Versailles.

Un écuyer savant essaie le cheval d'un collègue , il le fait tourner, piaffer, pirouetter, virevolter, à la grande admiration des assistants et même des connaisseurs.

Ni l'un ni Pautre n'ont rien fait qui ait rapport à 1 education du cheval.

Le premier a guidé sans trop le gêner un vieux routier qui savait sa besogne.

Le second a interrogé un disciple dans un langage connu du maître et de l'écolier.

faime mieux mon adresse et ma solidité, criera un cassecou.

Je m'y prendrai de douceur, dira un paysan bonasse.

Et puis viendront les dompteurs de profession, les

possesseurs de recettes, les inventeurs de mécaniques.

Charlatans ou hommes de mérite, je n'en ai que faire, m. 30

Prenons la chose de haut, el ne négligeons cependant aucun détail de la pratique.

La chose est difficile, el cependant elle est bien simple; niais les ignares et les pédants la compliquent.

Commençons donc par établir que tout se fait mal, el que presque tous les chevaux existants sont, par suite de mauvaise éducation, au-dessous de la valeur qiTils auraient acquise sans plus de frais.

Nous avons fait notre possible pour obtenir le cheval tel que nous le désirions.

Maintenant nous allons le prendre tel qu'il est, fût- il créé par les méthodes les plus contraires à nos principes, fût -il né tout à fait en dehors de nos prévisions.

Commençons par l'examen du poulain dont on veut entreprendre l'éducation.

Quel est-il?

11 y a diverses opinions sur Féducabilité des races.

Les perdurons ont un si excellent caractère qnon les met immédiatement en service sans dressage.

Cela veut dire qu'ils sont mous par manque de sang, lourds par largeur de poitrail, insensibles à la gêne et aux coups par épaisseur de peau.

Le plus commode et le plus aimable est le cheval de par sang, parce qnil est le plus noble et le plus intelligent.

Ce n'est pas donner une preuve de grande intelligence que de ne pas jeter par terre immédiatement un cavalier tel que vous !

Mais essayez de dresser vingt poulains de pur sang

pris au hasard, au lieu de choisir les plus doux d'inu; écurie de course, et vous m'en direz des nouvelles !

La vérité est que l'adage suivant n'a pas le sens commun :

Le cheval est fait pour l'homme et destiné à lui servir à tout usage.

J'ai toujours vu le poulain aimant la liberté , les herbages, la société de ses semblables, s'habi tuant facilement aux abris et autres douceurs de la vie domestique, mais plein d'aversion pour les licols, le pansage et généralement tout ce qui a rapport à ce à quoi on le destine.

Cette aversion se manifeste comme tout autre sentiment avec une énergie proportionnée à la vigueur de l'individu.

D'où il résulte que la docilité est en raison inverse de la race. Le plus difficile à approcher de tous les poulains est le poulain de pur sang, parce qu'étant le plus éveillé, le plus vif et le plus rapide, c'est celui qui s'y prend le mieux pour s'échapper.

Qu'une fois dompté et apprivoisé, le cheval de pur sang soit plus adroit, plus souple et d'une instruction plus prompte, je ne dis pas non, mais c'est autre chose.

Toujours est-il que sur cent poulains percherons et cent poulains de pur sang, quatre-vingt-dix percherons traîneront la charrue avant que le vingtième pur-sang ait supporté le contact des traits sur ses jambes de derrière.

Le vaillant nous raconte les efforts qu'il fit pour ap-

piivoiser un zèbre cl le chagrin qu'il éprouva d'être obligé cTy renoncer parce que ses domestiques voulaient à toute force manger l'animal, il ajoute :

« Les animaux domestiques, nés patients..., se sou- « mettent sans résistance, etc.; mais il n'en est point « ainsi des animaux sauvages et des bêles féroces. Toute « contrainte est insupportable à ceux-ci : la souffrance « les irrite; les douleurs aiguës les rendent furieux, « et leur rage forcenée s'exalte même à un point tel « que si dans leur captivité ils ne peuvent point se « venger sur leur ennemi, ils se détruisent eux-mêmes.

Tel est exactement le cheval de pur sang lorsqu'on Ta laissé sans soins, sans société, ou soumis à de mauvais traitements.

Lorsqu'il est arrivé à craindre l'homme, à le haïr, à le braver, et à exercer ses forces contre lui, alors le métier de dresseur n'est plus qu'une vie de dangers auxquels on succombe tôt ou tard, et souvent sans avoir réussi.

Dans ces circonstances, l'intelligence du cheval, sa vigueur, son sang et ses ressources, tout est employé contre vous, et s'il est réellement bon, il sera offensif et récalcitrant en raison directe de sa bonté.

C'est pour cela que j'ai jeté de la défaveur sur les poulinières d'un méchant naturel, et à cause de la transmissibililé héréditaire et à cause des mauvais exemples.

Actuellement, quelles que soient les conditions où se trouve le poulain une fois né, je dis qu'il faut évidemment s'occuper de le rendre Irai table et docile.

L'éducation doit commencer aussi tôt que possible; ce-

pendant il serait inutile, nuisible même, de fréquenter le poulain au lait et à côté de sa mère; son premier sentiment est la peur ou un désir de jouer presque toujours accompagné de méchanceté.

Dans le premier cas, il évite sans cesse rapproche de l'homme en se mettant derrière sa mère. On n'est nullement maître de lui, et les efforts qu'on ferait pour Pap-' procher ou le toucher n'aboutiraient qu'à l'effrayer et à inquiéter la jument.

Dans le second, il arrive que le jeune cheval cherche à mordre, à ruer ou même à charger l'homme ; il est nécessaire de se faire respecter, par conséquent de le frapper avec modération, mais sévèrement, à chaque démonstration offensive.

Quelque temps avant le sevrage on doit mettre un licol au jeune poulain, et cette opération demande à être bien faite, en prévision de l'avenir.

Le principe est de développer autour de lui un appareil de force imposant avec beaucoup de douceur.

Oter tout espoir de résistance et montrer qu'on ne veut pas faire de mal.

Trois personnes ayant un peu d'habitude et de résolution cernent le poulain, éloiguent la mère, le saisissent, le poussent avec fermeté et douceur dans un coin, et on cherche à lui passer prestement un licol léger et fort ; autant que possible en cuir doux.

La meilleure forme est celle que représente la figure ci -jointe.

Un anneau est fixé à deux courroies munies chacune

Fig. 37.

Lirol de poulain.

d'une boucle; Tune sert de collier, l'autre de muserole, réunies de chaque côté par un montant. La mesure est prise d'avance, approximativement, sur la taille de ranimai.

Un peu d'adresse suffit pour assujettir d'abord le collier, ensuite la muserole.

Cela fait, on laisse le poulain tranquille, s'accoutumant de lui-même à cet objet nouveau. Le lendemain, ou plus tard, on tâche de l'approcher et de le saisir, sans se presser, évitant à la fois d'effrayer, d'irriter et de céder.

La gradation ne peut s'indiquer ici d une manière fixe. On n'a d'autres guides que le tact et Ta- propos.

Le tenir immobile et calme pendant une minute est un grand pas de fait, et il ne faut pas se hâter d'en venir là ; car toute lutte est un mal, lors même qu'on réussirait, tant il est à craindre de donner au cheval ridée de la résistance.

Une fois sûr de tenir le licol, on passe dans l'anneau, ou même dans la courroie qui sert de muserole, une longe de cuir dont on tient les deux bouts dans la main ; de la sorte, on peut, en lâchant une des extrémités, rendre la liberté au poulain, si cela est nécessaire.

Un homme vigoureux et bien d'aplomb sur ses jambes tiendra facilement en respect un poulain au lait près d'être sevré ; des aides sont derrière pour lui ôter l'idée de reculer ou de se débattre d'une manière désespérée.

Inutile d'ajouter qu'on doit, autant que possible, avoir fait choix d'une localité spacieuse, commode et bien garnie de litière, afin de rendre sans danger des chutes souvent inévitables.

Sitôt que le poulain, par fatigue , crainte ou incertitude, arrive à l'immobilité, on cherche à lui faire aimer cet état de choses.

Il tendra alors à y revenir, et l'immobilité passée en habitude est immanquablement suivie de calme.

Lorsque le poulain demeure sur ses jambes, sans tirer sur la longe, regarde l'homme sans effroi , et se laisse caresser, on a déjà gagné beaucoup.

Il reste à le sortir de sa boxe : tiré par la longe, et poussé

à bras par derrière ; éviter les menaces, car il se précipiterait en avant avec désespoir et furie.

Pas à pas ; à chaque pas, relâche, caresses et louanges. A toute tentative de reculer, résistance ferme, mais impassible.

Ne pas confondre la traction pour empêcher le mouvement rétrograde, et la traction pour solliciter la progression. Celle-ci est douce, faible, graduée, attractive; l'autre doit être Gxe comme celle d'un anneau scellé dans le mur.

Eulre un effort de défense et un pas en avant, il y a toujours un intervalle marqué; car les idées du cheval dans Tune et Tautre circonstance sont d'un tout autre ordre.

A sa résistance, une résistance invincible qu'il doit expérimenter et comprendre.

LTobéissauce doit être libre, morale, bien sentie. Si le dresseur est bon, l'animal exécute avec connaissance de cause, confiance et plaisir.

Car il est susceptible d'approbalivité et même de goût pour sa besogne, si on la lui prépare facile.

Tout le monde a enteudu dire qu'on punit les mules en Espagne, en les attachant derrière la voilure et en les privant de leurs sonnettes.

Cela est peut-être plus vrai qu'on le croit.

11 faut se ménager suivant les localités, une espèce de couloir ou allée trop étroite pour que le poulain ne gagne pas trop de terrain à droite et à gauche en se débattant ; un homme le mène à la longe dans celte allée et le tire

à lut. Un autre suit avec un fouet, mais de très-loin, de si loin que le poulain ne fasse pas attention à lui et cherche à reculer.

C'est alors que cet aide se fait remarquer et arrête le mouvement, mais avec une gradation très-délicate. Un mouvement de bras, un pas en avant, le fouet traîné par terre avec bruit, des démonstrations de plus en plus menaçantes, tant qu'elles ne font pas d'effet ; et tout cessant sitôt que le poulain a quitté sa position de résistance.

Le premier venu n'est pas apte à bien remplir ce rôle,il n'est que secondaire, mais il exige beaucoup de tact : il consiste à disparaître entièrement à l'état habituel, et à se montrer à mesure qu'en a besoin le conducteur par qui toute l'attention de l'animal doit être absorbée.

Un tour ainsi fait suffit pour la première fois, car, autant que possible, il faut décrire un cercle ou un carré, mais ne pas aller et revenir.

Le lendemain, deux tours.

En trois ou quatre jours, l'habitude est prise, et l'aide est oublié et inutile.

Voilà le poulain qui accompagne l'homme, pourvu que nul objet étranger ne vienne le troubler.

On peut employer les deux derniers mois de la lactation à rendre le jeune cheval complètement docile à la laisse. On peut s'y prendre plus tard.

Se faire accompagner d'un poulain à droite ou à gauche sout deux choses distinctes. La seconde serait plus facile à un gaucher. L'ambidextre enseignerait Tune et l'autre à ses poulains, cela n'en serait que mieux.

La manière de se comporter à l'écurie n'est pas chose moins importante que la manière de se laisser conduire en main.

Il faut apprendre au cheval à rester attaché sans se défendre, sans tirer en renard, sans s'impatienter de la solitude.

Rien de plus incommode que ces jeunes chevaux domptés ou à peu près, qui, sans être méchants, se retournent, se courbent sur les stalles, se roulent, montent dans les mangeoires, s'enchevêtrent, troublent leurs voisins et se livrent aux manœuvres les plus incohérentes.

Dans les foires, vous entendrez dire en argot de maquignon, prenez-moi ce cheval-là, il est bon d'écurie, et vous n'y ferez pas attention. Bien heureux si vous n'apprenez pas à vos dépens ce que c'est que d'acheter un poulain sans s'être assuré qu'il est bon décurie.

Pour les rendre tels, il faut s'y prendre de bonne heure, avant surtout qu'il n'y ait de mauvaises habitudes prises, et reconnaître quelles pourraient être les tendances héréditaires à mal faire.

Mettez les poulains en stalle en réunissant ceux qui se connaissent, et ont l'habitude d'être ensemble; ils en seront plus tranquilles. Surveillez-les d'abord avec soin, et lorsqu'ils sont calmes, absentez-vous, ou plutôt feignez de vous absenter, pour reparaître au moindre bruit.

11 est des individus dont la susceptibilité est exceptionnelle : plus de soins et de patience pour ceux-là.

Et dans tous les cas, lorsque l'on emmènera un poulain, surveillez ceux qui restent, surtout s'il n'y en a

qu'un , car c'est dans ce cas surtout que les accidents arrivent, que les prises de longes sont à craindre.

11 est encore très -utile, très - important de prendre les pieds aux poulains, aûn qu'un jour ils soient dociles au ferrage.

Tout poulain de race et chatouilleux ne se laisse pas prendre les jambes et se couche sur l'homme au moindre toucher. Le poulain plus commun, le normand surtout, est plus méchant que susceptible, et donne tout d'abord et brutalement un coup de pied.

La douceur pour les chatouilleux, des coups pour ceux qui frappent, avec rigueur et sans colère ; voilà tout ce qu'on peut écrire.

Pluvinel a dit que les piliers donnent de l'esprit aux chevaux : on n'a jamais indiqué le moyen d'en donner aux hommes. Toujours est-il qu'un poulain de quinze mois qui se laisse approcher* dans sa stalle , brider et mener partout où Ton veut, quitdonne ses pieds avec complaisance, est facile à dresser, et celui qui s'y entend trouve la besogne à moitié faite.

Mais, pour amener à cet état un poulain bien né, vigoureux et de grande âme, ce n'est pas le premier venu qui peut s'en charger.

Castration.

Quant au labour irec des uureaux, les Israélites u'élaient pas de jolies portées mais des hommes tigoureux et robustes.

L'abbé GutsÉE, Lettres de quelques juifs.

Avant de parler de la manière de pratiquer celle opération, voyons jusqu'à quel point elle est indispensable et ce qu'il faut penser de ceux qui la déconseillent.

« En Arabie, en Perse, et généralement dans tout « l'Orient, dit certain auteur, on se sert toujours de che- « vaux entiers, ou n'y châtre que les hommes. »

En Espagne, dans une grande partie de l'Italie, l'usage des étalons est général et habituel. Les Anglais, les Allemands , les Russes , les Tartares ont presque tous leurs chevaux hongres.

II n'en a pas toujours été ainsi, car il y a 150 ans environ on faisait encore la guerre en Europe avec des chevaux entiers ; les tableaux de Van der Meulen, Wouvermans, Ridinger et autres peintres exacts, en font foi.

Si on cherche consciencieusement la raison de ces différences de localité et d'époque, on s'en rendra compte aisément.

Quelques-uns prétendent que les chevaux du midi sont tranquilles et ceux du nord inquiets et querelleurs ; ce n'est pas le même sang, disent-ils.

La vérité n'est pas là. La chaleur du climat allourdil les chevaux et les rend apathiques. D'un autre côté , les

hommes du nord, pins cavaliers et plus judicieux, recherchent davantage la vigueur cl le nerf, et, par conséquent ils se font des espèces plus fières et plus énergiques.

De plus , dans les pays où Ton se sert généralement de chevaux entiers, les juments de service sont rares, et ne se trouvent pas là à tout moment pour mettre le trouble parmi les mâles.

Autrefois, comme les manèges sont d'origine italienne, nos écoles ont adopté l'usage des chevaux entiers.

Aujourd'hui les manèges n'existent plus ou se plient aux usages actuels, et il n'y a plus guère de chevaux en* tiers en circulation, que quelques malheureux hacks échappés de nos hippodromes.

La France a consacré une singulière habitude. Tous les chevaux de selle , de voiture, de luxe, c'est-à-dire ceux qui sont ou qui devraient être dressés , veillés de près, confiés à un homme qui n'en a qu'un ou deux au plus à conduire, sont hongres.

Les chevaux de gros traits, pas dressés du tout , abandonnés par quatre, cinq ou six à la direction d'un homme à pied, quelquefois du premier venu, sont entiers.

On prétend que les chevaux entiers sont plus forts. Je ne connais pas d'expériences qui le prouvent.

Je sais seulement qu'en Angleterre, dans les courses, le hongre, assimilé à la jument, porte trois livres de moins que le cheval entier du même âge. Je sais que les deux exemples les plus remarquables de longévité que l'on cite tant, l'un au moins, et peut-être les deux, étaient hongres.

Je me suis beaucoup servi de chevaux entiers de toutes les espèces et pour tous les usages. J'ai monté et attelé des chevaux de pur sang anglais et arabes , faisant la monte ; je les ai pratiqués dans la compagnie des juments.

Je me suis convaincu à loisir de la possibilité de s'en servir. Il n'ont généralement ni la méchanceté, ni la turbulence dont ou les accuse. Il ne faut pas redouter pour eux le voisinage des juments, qui leur plaît et les calme beaucoup plutôt qu'il ne les dérange. En un mot, toutes les terreurs qu'éprouvent la plupart des hommes à leur égard sont exagérées.

Mais comme pour se servir des chevaux entiers il faut être cavalier , vigoureux , attentif et très-versé dans la connaissance du cheval, leur usage est impossible chez nous ; et il serait urgent , indispensable , qu'on l'interdit d'une manière absolue, à tout le monde, sauf les exceptions les plus scrupuleusement motivées.

La castration universelle a l'inconvénient de priver ça et là de quelques bons producteurs. Elle a l'avantage de supprimer une foule de rosses conçues par hasard; elle empêche encore le caprice du premier venu de faire passer pour étalons de mauvais chevaux entiers.

Une fois la nécessité de la castration démontrée, passons à la manière de la pratiquer.

Thiroux commence par déplorer l'habitude de mutiler et de dénaturer les animaux; il voudrait que chaque propriétaire eût un cheval entier et une jument produisant chez lui ; institution matrimoniale et touchante , ridicule peut-être, mais préférable aux mariages républicains dus

à un autre citoyen, contemporain de Thiroux, et professant les mêmes opinions.

Notre bon écuyer fait alors une concession aux préjugés, et demaude qu'au moins on ne livre les chevaux à la dégradation que le plus tard possible et quand ils ont acquis toutes les qualités de leur sexe.

Il n'est d'accord, en cela, ni avec l'humanité, ni avec la physiologie.

Le poulain castré jeune, avant d'avoir connu son sexe, s'aperçoit à peine de l'opération, et acquiert une foule de qualités qui le rendent plus propre au service.

Ampleur de croupe, légèreté d'avant-main, docilité, abnégation, souvent de la taille, de la longueur et du volume.

Le cheval castré tard conserve une encolure épaisse , des hanches coulées, une croupe maigre, souffre beaucoup de l'opération, est long à s'en remettre, et ne reprend jamais sa vigueur primitive.

Ce n'est jamais qu'un animal changé.

L'autre a été maintenu dans son étal primitif. On a seulement prévenu le changement que la nature eût plus tard opéré en lui, ce qui est bien différent.

Il ne faudrait cependant pas se figurer que changer l'époque de la castration suffit pour changer totalement une race. Pendant longtemps, en Normandie, on a eu le tort de conserver entiers tous les chevaux sans exception.

Carrossiers, chevaux de selle, de troupe et de luxe, arrivaient entiers aux foires, et l'acheteur les faisant castrer,

c'était en quelque sorte un acte de propriété qui constatait la vente.

L'espoir de vendre ces produits comme étalons, et plus encore la routine, avaient consacré ce pernicieux usage, auquel cependant il ne faudrait pas attribuer tous les défauts qu'on reprochait à la race.

Croire que tous les individus entiers qu'on trouve défectueux eussent été bons, castrés à un an, ce serait une erreur grotesque ; elle a été commise et soutenue. Mais ce n'est pas ici le moment d'en parler.

Le cheval doit être castré le plus tôt possible ; mais il faut que les organes soient apparents ; ce qui n'arrive d'ordinaire que vers le 9* ou le 10* mois. Souvent même à deux ans un seul testicule est apparent, et je me suis vu plusieurs fois obligé d'atlendre plus tard.

Il doit arriver souvent que dans ce cas on opère le cheval autant qu'il est possible de le faire, et on le vend alors comme hongre, quoique réellement il ne le soit pas.

On appelle improprement bistoumés les chevaux sans testicules apparents, soit que les deux soient restés dans l'abdomen, soit qu'un seul soit invisible et que l'autre ait été enlevé. Ces animaux ont tous les inconvénients de Tétalon.

J'en ai rencontré assez souvent dans la troupe et ailleurs.

Adultes, on les reconnaît facilement à leur physionomie. L'acheteur de poulains novice doit se mettre en garde contre de pareilles acquisitions.

Le mode opératoire m'importe peu : couvert ou à dé-

couvert, par le feu comme eu Angleterre, ou par les casseaux ; le meilleur est celui qui est le plus familier au praticien.

La dextérité est la chose essentielle, et elle ue vient que par la grande habitude.

Le routinier vaut mieux en ce cas que le savant.

J'ai toujours vu que les poulains qu'on promenait le plus après l'opération étaient ceux qui réussissaient le mieux.

Les chevaux mis immédiatement sur couples et en route, dans les foires de Normandie, arrivaient presque toujours guéris à leur destination lorsque le voyage se prolongeait.

C'est ainsi qu'à la guerre les hommes amputés guérissent mieui en dépit des fatigues, du manque de soins, qu'à domicile et avec toutes les précautions imaginables.

La vérité m'oblige d'ajouter que pour la première fois, l'année dernière, il m'est arrivée de faire castrer deux poulains par un Anglais à la manière anglaise, et que jamais je n'ai vu d'opération si bien réussir.

. . . . Nec tu pueri tontempseris anoos.

Juvéral.

Nous venons d'indiquer les moyens d'amener à l'âge m. 31

d'un an ou de quinze mois le poulain dans le meilleur état possible.

Bien né, bien nourri, et assez docile pour être mené partout, on le conserve sans danger, soit en liberté, soit à récurie.

D'un poulain à un cheval de service la différence est très-grande, et encore plus difficile à parfaitement définir.

Qu'est-ce en effet que ce que le public entend par cheval fait?

C'est bien simple, dira-t-on, c'est un cheval de sept ans qui a jeté ses gourmes, est bien dressé, très -habitué au travail et qui peut résister à tout sans maladie et pendant de longues années»

Cela peut être très-clair, aux yeux de certaines gens, mais cela est loin d'être facile à expliquer en physiologie.

D'abord il y a une loi de la nature qui condamne la vie animale à ressembler parfaitement à une échelle double que chaque individu passe son existence à monter d'un côté et à descendre de l'autre Pareil au héros de je ne sais plus quel conte de matelot, il monte mousse et il redescend invalide.

Au sommet, il n'y a pas de temps d'arrêt : le dernier jour de l'accroissement est la veille du premier jour de la décrépitude.

Si donc vous voulez un cheval qui dure longtemps, acbetez-le avant l'âge où il va décroître. Mais alors il a encore besoin de soins î

Sans doute ei doutant plus de soins qu'il lui rcsle plus à gagner ; je n'y puis rien et ce n'est pas ma faute.

Par conséquent il n'y a pas d'âge où un cheval soit fait ou pas fait. Tel cheval peut être moins prêt à sept ans que tel autre à trois; et, dans tous les cas, celui de trois ans a des progrès à faire que ne fera jamais l'autre.

Mon but est ici, comme toujours, de sabrer les formules et de remplacer les dictons par la vérité.

A quel âge doit-on commencer un poulain?

Je ne veux p;ts répondre à cette question. La réponse tromperait un. ignorant.

Commençons par faire la revue des principales opinions, l'examen des pratiques ordinaires, et nous conclurons après.

Ce qu'on dit :

// triste en Espagne îles races de chevaux qu'on ne commente jamais avant huit ans; aussi sont-elles excellentes.

Les chevaux limousins que Von attendait jusqu'à sept ans rendaient encore d'excellents services à vingt- cinq.

Laissez les organes se développer d'eux-mêmes et prendre leur vigueur normale ; attendez pour exercer V animal que sa charpente ait pris l'accroissement et la dureté désirables.

« La rébellion et l'indocilité \iennent de ce qu'on les

« monte trop jeunes et qu'ils n'ont pas assez de force;

« le véritable âge pour dresser un cheval est six, sept on

- huit ans, suivant le climat où il est né. »

Lagi ÉniMÉRK, page 65.

« Les chevaux tTAIençou et du Mcrlerault sont gêné- « ralement plus difficiles et plus sauvages, parce qu'on « ne les monte pas d'assez bonne heure. »

Comte de Montendre, Institutions hippiques.

« Donne de forge et abuse. »

Proverbe arabe cité par le général Daumas.

dt n'est pas, comme on voit, la diversité d'opinions qui manque. Toutefois les écrivains et les hommes qui ont plus de théorie que de pratique sont en majorité pour le système des ménagements et des éducations tardives. Le contraire a lieu chez les praticiens.

ce qu'on fait :

Les courses amènent partout au poteau une foule de chevaux de deux ans, ce qui nécessite un dressage commencé à dix-huit mois, souvent plus tôt.

Tous les chevaux de trait sont mis au collier à peu près au même âge.

Les huniers anglais sont en chasse des l'âge de cinq ans. Et si vous voyez parfois dans le BelVs Life celte annonce : Cheval de six ans apte à faire un bon cheval de chasse, cela veut dire qu'il a déjà été dressé, pratiqué et quelque peu essayé.

En Irlande, on commence encore plus tôt ; J'y ai vu des chevaux faire des demi-chasses à trois ans et demi.

Dans tous les pays renommés pour vendre de bons chevaux à l'élranger , on les fait travailler de bonne heure.

Les chevaux du Nord, qu'on nous amène à qualre ans, prennent le harnais de manière à prouver au connaisseur qu'ils ont été pratiqués depuis longtemps.

11 n'y a guère qu'en Normandie, et en Angleterre poulies carrossiers du Yorkshire, que l'habitude des éleveurs soit de présenter aux foires des chevaux de qualre ou cinq ans, tout à fait neufs ; ècrus en style de maquignon.

Concluons.

Pour se former une opinion saine et raisonnable, il faut, non pas raisonner, mais voir et bien voir les résultats de tout ce qui se fait, même avec excès, dans un sens ou dans l'autre.

Jugeons d'abord les habitudes universelles du turf.

Que voyons-nous? Beaucoup de chevaux exténués; et, sans exception, tous ceux qui sortent de renlraînement, brisés dans leurs allures, désagréables et dans un état tel, qu'il faut souvent beaucoup de peine et beaucoup de temps pour leur rendre la fraîcheur de leurs mouvements.

Ceci peut- il passer pour un argument contre les courses? En aucune manière.

Un bon cheval fatigué par une saison de courses et les accessoires obligés n'a en définitive qu'une sorte de courbature, dont il sortira plus sain et plus vigoureux qu'avant.

La carrière des courses est interdite, en général, à des chevaux qui ont passé un certain âge.

Pourquoi ? D'abord parce qu'ils ne gagnent pas en force ce que les règlements ajoutent aux poids à porter,

ensuite parce que la spéculation n'offre plus les mêmes chances.

De plus, la course est un effort suprême, et la jeunesse est l'âge îles excès.

Ce n'est pas sans raison que la loi assigne aux soldats en général l'âge de 20 à 30 ans.

Mais la course ne lue pas les chevaux, ouvrez l'obiluaire des étalons.

La vie moyenne est là de 24 à 27 ans, y compris les morts accidentelles, et presque toujours ou y lit : shoty abattu d'un coup de feu. Les bons che\aux de course oui donc pour eux la longévité.

Passons aux mauvais. Je ne dirai pas que leur perle est peu de chose, et qu'ils ne valent pas la peine d'être conservés : maxime vraie peut-être, mais contraire à l'humanité....

Je dirai qu'il serait plus profitable, peut-être, de consacrer à d'autres services les individus incapables de supporter la course ou même rentraincmcul.

Mais peu importe.

Voyons dans rinslilulion des courses ce qu'il y a. Si les prix se donnent dans un but d'amélioration et de bien général, les prix ne se courent que dans un but de spéculation et d'intérêt privé. Cela est ainsi et ne saurait être autrement.

Les chevaux de trait gagnent leur nourriture de bonne heure ; ce qui le prouve, c'est que le prix moyen d'un cheval de celte espace à cinq ans est inférieur de beau-

coup à la valeur de ee qu'il a consommé pour arriver à cet âge.

Vivent-ils moins que les carrossiers ménagés jusqu'à cinq ans? Non, et cependant ils ont moins de sang : ils devraient donc vivre moins longtemps.

Si ces considérations ne paraissent pas satisfaisantes, je citerai ce que j'ai pratiqué et expérimenté moi-même pendant trente ans.

JYi élevé des chevaux de toute sorte, de toute race, de tous les degrés de sang, de toutes les conformations.

J'en ai commencé à tous les âges, à deux ans, à trois ans, à quatre ans, à cinq ans révolus même, et cela comparativement en essayant des méthodes diverses sur les frères et sœurs dans les conditions les plus semblables.

Toujours ceux qui ont travaillé le plus tôt ont été les plus robustes et les plus durables.

Les tares ont été toujours et partout ce qu'elles devaient être, le résultat d'un vice inné et tenant à l'origine.

Il est vrai qu'il y a moyen d'amener sans tares à six ans par l'oisiveté l'individu qui devait être taré; mais au travail les tares réparent le temps perdu. Et après un an de travail, le cheval de sept ans est plus taré, plus usé, moins bon que son frère qui, travaillant à deux ans, s'est taré tout de suite, et s'est soudé à un certain degré.

Voilà la vérité : que le maquignon en profite pour vendre de mauvais élèves à quelqu'un qui n'y entend

rien ; le connaisseur n'achètera que des chevaux propres au service, tarés ou non tarés.

L'éleveur ne fera bien que lorsque le consommateur ne voudra que du bon.

Je veux donc commencer les poulains à dix-huit mois; et indiquer la manière de les rendre les meilleurs possible, quelle que soit l'individualité de chacun. ,Ji.

Considérations préliminaires sur ce que deviennent, abandonnés à eux-mêmes, les poulains depuis rage de quinze à dix-huit mois. -ï,w

Les mâles.

Dès la fin de la première année, souvent même avant, le poulain engraisse et s^alourdit , la conformation masculine se développe , l'encolure grossit , la tête devient lourde et chargée, les désirs se manifestent; ranimai est pesant, épais, volumineux (Fig. 38).

Cest le moment de se défaire des poulains entiers, car ils plaisent a tout le monde; en cela qu'ils sont affreux, car le mauvais goût est universel.

Voyez celte physionomie qui a un petit air de prétention et d'élégance menteuse; cet œil de taureau, ce dos plein et arrondi; si le poil est luisant et sans balzanes, l'admiration n'aura pas de limites.

L'amateur de course dira : forty développé, il aura da fonds et de la vitesse pour les longues distances.

L'homme de haras : Bâti en étalon.

Fig. 38.

Mon Dieu qu'il a uni belle queue et une belle tête! dira Mmc et un sculpteur eu fera un modèle pour sa première statue équestre.

Lemoutey prétend qu'il »/ a toujours dans un philosophe espagnol tle quoi faire ûauc moines fiançais. Il y a toujours dans un auglomaue français une prédilection occulte, mais déeidée pour le genêt d'Espagne ou le normand de Géricault (Fig. 30). ■

Ce sont justement toutes ces belles apparences que je veux détruire dans mon poulain entier pour en faire, si je peux , un vainqueur du Derby, ou un bon reproducteur.

Le» femelles.

Les pouliches deviennent grêles, allongées ; elles perdent la rondeur d(S proportions, et semblent maigres, lois même 411c leur embonpoint est excessif, le garrot se

décharné, sans s'élever ; les jambes paraissent s'allonger ainsi qne l'encolure el la têle. Elles sonl dans Pétai le pins

défavorable aux yeux du Mil::. .ire qui les traile de (icelles; el cependant celles que le connaisseur estime le plus, sonl souvent celles sur qui ce changement est le plus caraclent', perce que ce sont celles-là qui se forment; ello senties plu* vigoureuses, ellesatifimlroui le plus grand développement; non pas peut-être cette taille gigantesque et ridicule qui est presque toujours un signe de mol lesse, et annonce une constitution lymphatique et serol'uleuse; mais ces proportions à la fois longues, amples et fortes, dues à l'épanouissement d'une nature \érilablenu'ut riche et xigoureuse (Fig. 40).

Fip. 40.

On retrouve l'analogie de celte période de la vie féminine dans l'espèce humaine, si on observe ce que sont en général les jeunes filles entre 10 et 13 ans.

Je me rappelle qu'un jour, un de mes amis, grand connaisseur en chevaux, me faisait ce compliment: ce qui me plaît chez vous, c'est que ne je vois pas de ces poulains étriqués, manques, dégingandés, qui encombrent si souvent les écuries de nos éleveurs. Comment faites-vous pour éviter cela ? — Voici ! et je lui ouvre une boxe que j'avais tenue fermée tout exprès jusqu'à ce moment, car je m'attendais à l'observation; et je lui montre une bête de 18 mois, haute de près de 5 pieds, toute raccourcie, sous elle, avec des jambes démesurées, des quartiers plats, une tête allongée et une encolure de girafe.

C'était horrible a voir.

Ou'allez-vous faire de ça ? — La garder, car c'est ce que j'ai de mieux. — Quand vous m'aurez fait croire cela ! — J'eus beau montrer et la sœur cadette et la sœur aînée de ma pouliche, dire que Tune n'avait pas encore passé par cette crise, que les autres l'avaient subie et bien franchie, que je jugeais avec certitude, par analogie et par comparaison, que ce phénomène était général , mais plus particulièrement caractérisé dans cette famille ; ce ne fut que deux ou trois ans après que je pus convaincre mon interlocuteur, en lui faisant revoir dans une jument adulte, assez régulièrement conformée , celte affreuse pouliche, qui heureusement était encore reconnaissable à certaines marques ineffaçables dans la robe.

Le* hongre».

Ceux-ci se partagent en deux classes.

Lorsque l'opération a précédé le commencement de cette crise naturelle que nous venons de décrire, les poulains mâles subiront la même métamorphose que les femelles, quoique moins caractérisée.

Si au contraire le poulain a déjà eu le temps de commencer à devenir mâle, il y a un arrêt dans toutes les fonctions; peu à peu les caractères qui se manifestaient s'effacent, et l'animal prend avec plus ou moins de difficulté une nouvelle physionomie.

Et voilà une des grandes raisons qui plaident en faveur de la castration hâtive.

Quels que soient donc, le sexe, l'espèce, l'apparence et la destination future du poulain, je veux, pour le tourner à mes vues, profiter du moment où la nature, en travail par elle-même, est la plus malléable et la mieux disposée par sa propre mobilité, à subir le cachet que je veux lui imposer.

Que les hommes de goût, si difficiles sur le type, le genre, la physionomie des chevaux, se pénètrent bien de ceci, c'est que l'éducation seule , et l'éducation précoce, forme et moule les chevaux dans les divers modèles qui leur plaisent.

Non pas que d'un poulain quelconque on puisse faire le cheval que Ton veut ; mais tel poulain étant donné, un éleveur expérimenté devine quels sont les quatre ou cinq

types différents qu'il pourra affecter un jour, ou sans soins, ou avec telle on lelle direction ; et alors il choisit et travaille en conséquence.

Utilité du travail considéré aous an antre peint

de vue.

Battez le Ter quand il est chaud.

J'ai cité ce proverbe de maquignon , comme quoi tant que sur l'échiné du poulain un corbeau trouve à se percher, il n'y a rien à craindre.

J'y reviens, parce que dans cet usage de laisser presque périr d'inanition les poulains pendant l'hiver, il pourrait se trouver autre chose qu'une preuve de stupidité et d'avarice.

Des expériences répétées nous apprennent que généralement le poulain ne grandit point pendant l'hiver.

La nature animale aurait-elle un repos pendant l'absence de la chaleur, aussi bien que la nature végétale (1), une sorte d'hivernalion latente analogue à Thivernation réelle de certains animaux, la marmotte, le loir et même l'ours et quelques autres?

Dans celte hypothèse, il serait inutile de nourrir copieusement et avec choix les poulaius pendant l'hiver. Or, ce qui est inutile est nuisible, et par conséquent n'estil pas à craindre que les jeunes chevaux, sous l'influence

(1) Ce fait est consigné dans la Physiologie de Richcrand, par rapport à l'espèce humaine.

d'une nourriture trop forte, ne tournent à la graisse, à un arrêt de développement, ou n'éprouvent des accidents quelconques ?

J'en ai vu de fréquents exemples.

Dans ce cas, le travail ne devrait-il pas avoir pour effet de réveiller la nature engourdie , d'utiliser les aliments, en leur donnant une fonction à remplir, enfin de faire réellement vivre pendant l'hiver ranimai comme il vit pendant Tété?

La physiologie nous apprend que les appartements chauffés à une haute température pendant les longs hivers du Nord, ont sur les organisations humaines une influence fort analogue à celle des serres chaudes sur les plantes.

Ce qu'il y a de certain, c'est que les poulains qui ont pâti pendant l'hiver, qui arrivent au printemps, maigres, le poil brûlé et faméliques, reprennent plus vite et mieux que les autres à la pointe des herbes, en sorte que quelque temps après, on ne voit plus de différence entre les uns et les autres.

Ceux qui, au contraire, ont passé l'hiver à un travail d'entraînement assidu et appuyé d'une nourriture convenable, ont pris un développement particulier.

Quand on compare les poulains de pur sang consacrés à la course à ceux que Ton élève avec la négligence usi tée chez nous, on est tenté d'attribuer au sang des premiers bien des différences qui nous frappent à leur avantage, et qui ne sont que le résultat du régime.

Je prétends donc que le travail prématuré rend le ebe-

val précoce; mais je ne crois pas, pour cela, que ranimai al teigne plus lot son enlier développement.

Ce qu'il est donné à un individu de gagner depuis sa naissance jusqu'au moment où commence la décrépitude, n'est pas une somme fixe et comptée dont on obtient plus lôt le paiement par tel ou tel moyen, c'est une faculté susceptible de varier , et quant au temps, et quant à sa puissance.

Ainsi le cheval , dont on aide la nature par l'entraîuement, profite plus tôt, profite plus vite, mais rien ne dit qu'il ne profitera pas aussi longtemps, plus longtemps même.

Il ne faut, en un mot, établir aucune comparaison entre ce que devient le cheval abandonné à lui-même, et ce qu'il est susceptible de devenir par un régime bon ou mauvais, approprié ou non à sa nature, aux circonstances et à ce qu'on veut tirer de lui.

Nous allons développer en quelques mois cette idée.

Influence du dressage et du tramll

L'éducation est «ne seconde nalure.

Nous l'avons dit, le jeune cheval arrive à dix-huit mois dans un état particulier d'embonpoint dû à mille circonstances; le premier effet du travail est de faire fondre cette graisse et de donner à l'animal une physionomie toute différente ; le second effet consiste à lui rendre un embonpoint tout autrement réparti.

Chaque muscle se développe suivant le mode d'exercice auquel il est soumis. Ces changements, il est vrai, ne sont pas toujours à la volonté de l'homme qui les provoque. Il faut beaucoup d'expérience, de tact et de mesure pour faire, en partie, ce que Ton veut et pour diriger la nature dans tel ou tel sens.

Mais, si difficile que ce soit, la science est là ; elle existe, il s'agit d'en deviner le secret.

Soit, par exemple, un poulain provenant d'un étalon do pur sang et d'une jument de gros trait. À sa naissance, ii ressemble d'ordinaire, non pas à un poulain de pur sang, mais à un cheval de pur sang, ce qui est bien différent ; par conséquent il offre avec le père une ressemblance qui flatte l'éleveur, et fait sa grande satisfaction pendant quelques mois.

Plus tard, il se déforme et se rapproche de sa mère, à ce point que, vers dix-huit mois ou deux ans, il offre l'aspect désagréable d'un percheron qui aurait les quatre jambes cPun cheval de pur sang, c'est-à-dire pas de membres, et on se désole.

Mis à la charrue, à côté de sa mère, sous le gros collier, habitué au tirage et à une marche massive, il deviendra cheval de trait , et ce sera à grand'peine qu'on retrouvera en lui quelques traces de sa noble origine, lesquelles encore ne tendront guère qu^à le déprécier.

Mais qu'au lieu d'une pareille destination il rencontre

la selle d'un hardi cavalier, ou les brancards d'un tilbury.

il prendra une autre figure , et pourra ressembler à un

cheval allemand ou à un coach horse anglais , ancien moiii. 32

dèle, suivant les nuances particulières de son origine, le mode de ménage auquel il aura été soumis , et aussi le hasard, autrement dit, les conditions que nous n'aurons pas su deviner.

Lisez attentivement les vieux livres écrits par les écuyers sur les haras, vous les verrez tous parler avec enthousiasme de telle ou telle race étrangère dont ils recommandent les étalons ; et puis ils conviennent plus ou moins franchement que ces étalons, si beaux qu'ils fussent, accouplés avec des juments pareilles, ne produisaient rien qui vaille.

Sans doute il y avait bien parmi les causes de leurs désappointements, à mettre le défaut de soins, de régime, et bien d'autres causes encore, mais assurément celleci, c'est que les éleveurs n'avaient pas l'idée de ce qu'il faut faire pour rendre un poulain semblable à son père ; ils ne savaient pas que le père aurait été pareil au fils, etgti'ti avait été fait autre; on attendait que la métamorphose s'opérât d'elle-même, et elle ne s'opérait pas.

De nos jours, on a attribué ce que l'on reproche à nos chevaux normands, à une castration trop tardive; cette observation était vraie sans aucun doute ; mais tout n'est pas là, et c'est mal voir que de ne pas tout voir et de croire qu'on a tout vu.

Castrez un cheval à peu près à l'époque du dressage, et si vous profitez du changement qu'apporte cette opération dans l'organisme pour travailler dans le même sens, sans doute vous ferez merveille. Mais l'opération toute seule ne fera rien ou fera peu de chose.

Je ne sais s'il me sera donné de convaincre ceux qui

me liront, et dans le cas même où Ton goûterait mes raisonnements, où l'on ajouterait foi à l'expérience que je puis avoir, je n'aurais pas encore lieu d'être complètement satisfait, car la conviction véritable, celle qui vous donne des adeptes, celle par conséquent qui est utile, si vous avez raison, celle-là ne vient que par une série d'expériences faites par celui qui vous écoute; elle vient quand les faits confirment les paroles que Ton a entendues. C'est ainsi que je voudrais convaincre.

Celui-là seul est homme qui n'a pas besoin de mettre les bras d'un autre au bout des siens.

Le docteur Esparbos.

Bien des personnes veulent se mettre à élever des chevaux, dans l'espoir de s'amuser, ou par désir de gagner de l'argent; ce ne sont pas là des garanties de succès. Il faut d'abord la capacité.

Supposition, Un homme choisit une localité; on la lui fait enclore; on l'y enferme avec les étalons et les juments qu'il a désignés, plus quelques hommes complètement étrangers au métier de palefrenier, et qu'il formera. Et après quatre ou cinq ans de séjour dans cet enclos, sans aucune relation hippique avec l'extérieur, cet homme sortira à cheval ou en voilure , porté ou traîné par les chevaux qu'il aura créés.

Voilà l'homme capable d'exécuter parfaitement la tâche

de l'éleveur; celui-là csl le seul que je regarde comme un éleveur véritable. Combien y en a-t-il comme ça en France?

Se passer de capacité personnelle , appeler à son secours des gagistes qui font la loi et se rendeut nécessaires! Mauvais moyen.

Personne ne contestera, ni en France, ni ailleurs, le mérite de l'armée française.

Eh bien, l'excellence de cette armée ne tient-elle pas, en partie du moins, au mode d'avancement ; à ce que nul échelon ne peut être sauté; à ce que tout officier, quel que soit son grade, a fait et bien fait le métier de soldat, soit au régiment, soit aux écoles ; à ce que ce système d'inflexible justice et d'égalité légale donne l'aplomb aux chefs, la confiance et le respect aux subordonnés?

Par la même raison , il n'y aura d'établissement raisonnable que celui où le maître ordonne tout parce qu'il peul tout faire.

De oc qui *r fait et de ce qui devrait M felrc quant ro »Irc»«age de* poulains.

Je n'ai vu nulle paî t en France employer une méthode suivie, rationnelle et systématique pour dresser les poulains.

Dans certaines contrées il y a des dresseurs, hommes vigoureux, méprisant ou ignorant le danger, qui montent sur les jeunes chevaux, cl en tombent, jusqu'à ce que le

cheval soil las de jeter le cavalier, ou le cavalier las de remonter.

Quelquefois c'est un homme palient ou entêté qui entreprend l'éducation par tel ou tel commencement, par telle ou telle exigence, sans se rendre bien compte de ce qu'il fait, et qui réussit, à moins qu'il n'échoue.

Causes du succès. Avec ces manières de faire et bien d'autres, il y a beaucoup de chevaux qui entrent en service, et par certaines raisons.

D'abord il existe d'excellents chevaux, très-heureusement doués, qui, même avec de la fierté et de la susceptibilité, sont organisés de telle sorte qu'ils se dressent d'eux mêmes et quoi qu'on fasse.

On a ensuite les chevaux lourds et sans espèce, à qui leur torpeur, leur apathie, leur maladresse tient lieu de docilité ; ceux-là vont faute de pouvoir ne pas aller.

11 en est qui résistent et dont ou vient à bout par la fa ligue : ils meurent ou s'usent avant le temps, mais leur indocilité n'a pas duré longtemps, et on l'oublie.

H y encore ceux qui vont très-mal jusqu'à ce que le hasard les fasse rencontrer par un homme moins maladroit qui les achète à bon marché.

11 y a enfin ceux qui ne vont pas du tout , qu'on tue ou dont on se défait à vil prix. Ceux-là, quoique beaucoup plus communs qu'on ne le croit généralement, ne forment cependant qu'une faible minorité; et ou ne se rend pas compte des sommes perdues chaque année par l'ineptie et des dresseurs et du dressage.

Les chevaux qui vont bien, c'est-à-dire d'eux-mêmes cl

tout seuls, s'usent obscurément, sans qu'on apprécie leurs qualités.

Ceux qui vont mal iraient très-bien.

Ceux qui ne vont pas iraient bien.

11 y a en France beaucoup de chevaux qui eussent été très-bons si on les eût compris, si on les eût formés ; on les vend pour peu de chose, et on va acheter à l'étranger, et très-cher, des individus inférieurs, mais qui ont reçu une éducation raisonnable.

On fait naître fort mal, cela est vrai ; mais quand par hasard un produit vient au monde bon, ou on ne le développe pas ou on l'empêche de se développer.

A qui avoir recours pour bien dresser les poulains? Tout simplement à réquitalion.

Ici je crois entendre un chorus de huées et d'imprécations. Un écuyer! mais ces gens-là ri entendent rien aux jeunes chevaux; mais ils les estropient, ils en ont peur! Un écuyer! mais le dernier de mes grooms en sait plus que lui. Un écuyer! je ne veux pas que mon cheval sache rien ! il ne ferait que piétiner, etc.

Et comme toutes ces allégations peuvent se soutenir, et ont même leur côté juste, et que j'ai parfaitement raison de dire ce que j'ai dit, je le répète : à réquitalion.

Ce que c'eut que l'éqit Italien.

Non quis, sed quid

L'équitalion est l'élude de tout ce qui a rapport au cheval eu service.

Toutes les sciences, en se perfectionnant, arrivent a l'état de division , c'est-à-dire que leur domaine devient trop étendu pour être embrassé dans son ensemble par un seul homme, et de là prennent naissance diverses spécialités qui deviennent chacune une science à part.

C'est ainsi que les vieux auteurs, Garsault, Solleysel, Saulnier, Laguérinière, ont traité également l'équitalion et l'hippiatrique.

L'écuycr Bourgelat a opéré la division entre l'équitation et Part vétérinaire.

De là les écoles de Lyon, d'Alfort et de Toulouse.

Aujourd'hui et même depuis longtemps, le besoin d'une nouvelle division se fait sentir dans la science de l'équitalion proprement dite.

Pour se rendre compte parfaitement de ce besoin de division, il est indispensable d'examiner avec attention et avec iulelligeuce ce qui se passe sous nos yeux.

L'art est en discrédit, la science est niée, la profession d'écuyer if est ni honorée ni lucrative.

Tout ce qui se dit en France aujourd'hui contre l'équitalion et les écuyers peut se résumer par les quelques lignes qui vont suivre, extraites d'un vieil ouvrage anglais, en observant, toutefois, que c'est faire beaucoup d'hon-

neur aux diatribes répandues journellement que de les résumer de la sorte :

« Des doutes cl des diversités d'opinion se sont éle- « vés sur ce sujet , à savoir si le sportsman qui a appris « l'art , de la nature, de l'habitude, de la pratique, n'est <• pas, en général, un homme de cheval, plus aisé, plus « gracieux, plus expert, et plus courageux que la plu- « part de ceux qui ont passé leur vie dans les manèges, « à monter le grand cheval des professeurs les plus capables « et les plus éminents. »

Sporti?ig Dictionary , 69. W. Taplin, 1803, tome I, page 440.

Il y aurait bien des choses à répondre à cela en faveur des écuyei s, mais ils ne sont pas en cause ici ; je ne veux parler que de l'équi talion.

Je me contenterai de dire que le cavalier de la nature est en France, sauf peut-être quelques exceptions, un mythe, un être imaginaire, qui n'existe pas, qu'on n'a jamais vu, qu'on ne verra jamais, parce que l'art de monter à cheval se pratique chez nous encore moins qu'il ne se professe, si toutefois cela est possible.

Il pourrait y avoir des cavaliers de la nature, s'il y avait des hommes sérieusement occupés à la pratique du cheval; et ces hommes deviendraient, avec ou sans un peu d'éloquence, des savants, des hommes experts et doctes; et entre eux et les professeurs il n'y aurait de différence que le diplôme, si les écuyers de profession avaient des diplômes.

Soyons donc de bonne foi; l'étude de la nature, sans

aide, sans guide, sans indication aucune, peut amener à des résultats. Mais celui qui se lance dans cette voie s'expose à tous les mécomptes que lui prépareront ses fautes et le hasard. 11 vaut mieux, ce me semble, s'appuyer sur l'expérience d'au trui, et proGter du travail de nos devanciers, sans se faire toutefois une loi de ue voir que par leurs yeux.

Tout professeur a ses préjugés, ses obstinations , ses exclusions, son système; et ceux de ses élèves qui le copient exactement dans ses pratiques et dans son esprit ne deviennent que ses caricatures.

11 n'en est pas moins vrai que tout homme apprendra plus vile et mieux à monter à cheval dans un manège quelconque, qu'enfermé seul et sans secours dans un grand parc avec une douzaine de chevaux.

Laissez dire les sots ; le savoir a son prix.

Je rirais beaucoup d'un homme qui médirait : Uéquitation, c'est moi; seul je réponds à tout et de tout; hors de moi, il n y a pas une question équestre qui puisse être jugée en dernier ressort sans ma décision suprême.

Et, en même temps, je dirai à tout homme qui voudra apprendre à monter à cheval : prenez un maître, écoulez-le religieusement, et faites tout ce qu'il vous dira avec la plus complète abnégation.

Mais nous sommes aujourd'hui à une époque où plus que jamais, peut-être, ou est avide de jouissances morales et physiques, avare de temps et ennemi de loul ce qui est travail, peine, application.

On est donc sûr d'avance de la faveur universelle si ou arrive avec les principes suivants.

Monter a cheval est chose naturelle; le mieux est de s'abandonner à la nature, et à sa propre nature; l'habitude et Vadresse font tout. Il est inutile et ridicule de se guinder par des règles surannées et pédantes. La science gâte la belle nature ; laisses vos pieds tranquilles, ils sont comme ils sont ; prenez de vous-même une tournure aisée et gracieuse, etc., etc.

Celte opinion, formulée avec aplomb, est même fort avantageuse dans la bouche d'une personne née adroite et résolue. Elle lui sert à s'assurer une grande supériorité sur tous les ignorants qui l'imitent , et à cacher soigneusement ses études et ses moyens particuliers.

Je me rappelle avoir eu dans ma jeunesse une parente dont on admirait la tournure, la hardiesse et la charmante exécution.

Elle répétait saus cesse : Je ne sais pas pourquoi on s'ennuie à prendre des leçons, c'est si facile et si naturel de monter à cheval ! on n'a qu'à se laisser faire.

Et elle se gardait bieu de dire qu'elle avait passé son enfance et sa jeunesse à s'occuper de chevaux sous la direction de son père, écuyer de premier mérite.

Une de ses études, entre autres, avait été un voyage de Naples à Paris à petites journées, dans une curricle à pompe, à côté de son père, qui, atteint de la fièvre tierce, ne pouvait mener lui-même, et la dirigeait de ses conseils pendant toute la route.

Malgré son apparent mépris pour les hommes spéciaux, elle préférait de beaucoup, à cheval, la compagnie de

feu M. Vigogne, écuyer courtier du roi, et la mienne, lorsqu'elle me trouva assez fort pour lui inspirer de la confiance.

Je ne puis malheureusement pas donner de recette pour apprendre à manier les chevaux, sans étude, sans peine, ni même absolument sans danger.

Quelque prudent que soit votre maître, vous serez toujours plus exposé à tomber de cheval quand vous serez sur un cheval, que si vous vous éloignez soigneusement de ce quadrupède.

Seulement, si vous sortez d'une école sérieuse et rude où vous en aurez vu de toutes les couleurs, vous serez plus assuré contre les chances de mourir d'une chute de cheval , que si vous avez été dorloté entre quatre murs au petit galop d'un cheval rompu depuis des années.

Examinons à présent l'équitation en hommes sérieux, qui aiment l'étude et la pratique, qui font cas de la science, qui méprisent la routine, et qui, en un mot, veulent arriver à la vérité.

On se sert du cheval de deux manières distinctes : monté et attelé.

La conduite des voitures est une annexe indispensable de léqui talion. Les écoles régulières ne l'ont pas encore adoptée ; il est vrai qu'il n'y a plus d'écoles régulières.

Mener une voiture n'est pas seulement se rendre d'un point à un autre sans accident majeur.

L'aurigie (pardon du mot) consiste à dresser le cheval à s'employer dans les traits, suhant ses moyens et la tournure qu'on veut lui donner. Il y a des attelages de

vitesse : courses au trot ; des attelages de parade : voitures de luxe et de plaisir; des attelages de route : voyages et malles-postes; des attelages eu cocher, eu postillon, en tendam, à deux, trois ou quatre chevaux.

On doit comprendre que tout cela ne peut pas se faire et se faire bien sans étude et sans science.

Ou monte à cheval de diverses façons : au manège, pour faire preuve d'adresse, de précision, et aussi de bonne grâce et d'érudition chevaline.

Les courses et les chasses exigent d'autres qualités, et sou \ eut les mêmes. J'ai entendu un couver dire : courir, ce n'est pas malin ; il n'y a qu'à se faire emporter « par un cheval. Ceci était une bêtise. L'homme qui n'est pas mailre de son cheval dans une course est sûr de la perdre, pourvu que celle course soit une course, c'est-àdire une lutte entre deux animaux de mérite comparable.

Sauter la barre est un exercice difficile. Je ne sais si c'est plus ou moins que de piaffer ou de changer de pied au temps, mais je sais que c'est autre chose.

Il y a des cavaliers qui empêchent leur cheval de sauter; il en est qui le laissent sauter; il en est qui le font sauter.

Et ces trois cas se peuvent voir sur un seul et même cheval qui ne se défend pas, et qui roule sur l'obstacle à chaque fois avec celui-ci, saute deux pieds et demi avec celui-là, et vole au-dessus de un mètre quarante centimètres avec un troisième : tous du même poids.

Ce n'est pas que je veuille commencer ici un traité

(J'éqnilation ; ce n'est pas le lien, et la lâche serait trop longue.

JYi voulu rappeler ce que j'ai dit ailleurs avec plus de détail, que léquitation est une science et une science qui a plusieurs branches distinctes.

Mais, d'un autre côté, la science, est une, et s'il est permis, nécessaire même, de renfermer sa profession dans l'exercice de telle ou telle spécialité, il n'en est pas moins vrai qu'il faut avoir jeté un coup d'oeil approfondi sur l'ensemble de la science.

J'ai vu souvent des écuyers se plaindre du désagrément des chevaux qu'on leur confiait au sortir de l'entraînement.

Ils les trouvaient rasant le tapis, brisés dans leurs allures, roides partout, maussades, quelquefois même indisciplinés et farouches.

Et les amateurs frénétiques du turf de rire ou de plaindre d'un air narquois les hommes du dedans qui ri entendent rien au maniement tles chevaux de course.

Et moi je dis, qu'à part la roideur inévitable résultant des fatigues nécessaires de l'entraînement, tout cheval de course qui va mal le pas, qui est lourd, inégal, maussade, qui n'a pas la louche faite, a été mal monté, mal dressé, non moins dans le sens de la course que dans tout autre.

Que de chevaux de course n'ai -je pas vus, qui couraient fort mal et qui auraient couru mieux, peut-être même très-bien, si par une bonne manière on leur eût appris à disposer convenablement de leurs forces !

J'ai eu des poulains de voiture manquant de train et d'épaules au harnais et auxquels j'en ai donné par des galops de vitesse, au grand chagrin des cochers de profession et des écuyers du manège.

N'oublions pas que nous en sommes ici au dressage des jeunes chevaux.

Toute cette digression n'a eu pour but que de faire comprendre l'utilité des connaissances les plus étendues en équitation, pour former les poulains même les plus jeunes.

Il doit donc y avoir en équitation une spécialité que j'appellerai, si Ton veut, l'équitation des éleveurs, et qui ne sera qu'une application des principes généraux de la science à un but spécial.

Le cheval se développe de lui-même de dix-huit mois à cinq ans , mais il est évident que ce développement peut être modifie et augmenté par l'exercice.

On peut donc le rendre plus précoce en le mettant à même de faire à trois ans, par exemple, ce dont naturellement, et livré au repos, il ne serait capable qu'un an plus tard.

Il y a plus : je soutiens qu'on peut lui donuer une force et des moyens qu'il n'aurait jamais eus.

Celle vérité une fois admise, il n'y a plus qu'à choisir avec discernement le degré d'exercice , de fatigue même, qui peut aider la nature, et en tirer tout ce qu'elle peut donner, sans outre-passer ses ressources.

Je ne veux donc plus qu'on of fende les chevaux, et qu'on

laisse faire au lemps ce qu'on peut faire soi-même plus tôt, et que le temps ne ferait peut-être pas.

L'intérêt de l'éleveur doit le mener à chercher les moyens de tirer parti le plus tôt possible de ses productions.

En France , pour l'espèce de trait , le problème est résolu d'une manière satisfaisante. Les poulains gagnent, ou à peu près, leur nourriture dès l'âge de dix-huit mois, sans inconvénients appréciables.

La preuve évidente de ce fait est dans le prix ordinaire et marchand de nos meilleurs chevaux de charrette de cinq ans, lesquels ont évidemment consommé en avoine et en fourrage une somme plus élevée que celle pour laquelle on les donne. Et comme celte industrie ne périclite pas, il est évident que l'éleveur y trouve son compte. Par conséquent , il a été rémunéré de la différence par le travail.

L'institution des courses de deux ans a pareillement pour origine le désir général de diminuer les frais et les chances de l'éleveur; et quoi qu'on en dise, je ne sais pas trop si cet usage est aussi désastreux que le prétendent certaines personnes.

Les espèces intermédiaires ne sont pas malheureusement susceptibles des mêmes ressources , du moins au même degré.

On pourrait, il est vrai , je crois, avancer d'un an la vente des carrossiers.

Les chevaux sont généralement livrés aux consommateurs à l'âge de quatre ou cinq ans.

Un funeste préjugé fait préférer cinq ans; l'éleveur cherche à s'en dédommager en économisant sur la nourriture de l'animal, et il livre un mauvais cheval de cinq ans au lieu d'un bon cheval de quatre.

D'un autre côté, l'acheteur se voit forcé de prendre tant de ménagements pour les jeunes chevaux achetés sans préparation, qu'un cheval de trois ans, convenablement accommodé, rendrait au moins les mêmes services.

Voilà encore un exemple où le producteur et le consommateur essaient de s'abuser réciproquement, et arrivent de concert à un résultat nuisible pour l'un comme pour l'autre.

Un cheval bien né, bien élevé, peut, chez un homme intelligent, gagner sa nourriture à trois ans et même à deux, que ce soit un cheval de voilure, que ce soit même un cheval de selle.

Admettons ce paradoxe ; je le démontrerai tout à l'heure.

Cela posé, le prix de revient d'un cheval de quatre ou cinq ans n'est plus que ce qu'il a coûté depuis sa naissance jusqu'à deux ans, et cela ne peut guère monter qu'à 1,000 francs, avec tout le luxe nécessaire.

Le surplus sera donc une rémunération profitable et tant soit peut aléatoire ; car il est. évident qu'un cheval d'un mérite réel sera toujours payé très-cher dans un pays de connaisseurs, et qu'il y a sur d'autres produits des pertes inévitables par une cause ou par une autre.

J'ai dit qu'il y avait moyen d'utiliser les chevaux à trois ans et même à deux.

Il me reste à le prouver.

D'abord on m'accordera que les carrossiers doux peuvent êlre employés aux travaux de l'agriculture concurremment avec des chevaux d'un autre âge et d'autres espèces. Il faut, il est vrai, que les hommes auxquels ils sont confiés soient des hommes capables, et que ces chevaux soient d'un caractère doux.

Deux obstacles.

Je lève le plus facile, celui qui dépend du cheval, en combinant sa naissance et son éducation jusqu'à dix-buit mois, de manière à arriver à mon but.

Il existe pour cela une méthode certaine; je l'ai pratiquée, je m'efforcerai de la développer clairement.

Quant aux hommes adroits, je ne me charge pas de les trouver aujourd'hui ; on pourra en former quand on le voudra.

Mais qui veut la fin doit vouloir les moyens, et ceci formera un chapitre à part.

Quant aux poulains de selle, je dis qu'on peut les utiliser pareillement.

Les poulains de course passent leur vie à porter des enfants qui ne sont pas d'une habileté exceptionnelle, qui ne reçoivent pas dès le berceau une éducation spéciale, et qui ne sont pas voués à une mort violente et prématurée, car je n'ai pas ouï dire qu'à Chantilly il y eût annuellement plus de jeunes palefreniers tués par des chutes de cheval que dans n'importe quel autre arrondissement de France.

J'en conclus hardiment que ces poulains peuvent être employés à l'éducation des jeunes cavaliers. Il n'y a point

d'impossibilité à ce que les écoles d'équitation utilisent in, 33*

ainsi le premier âge des chevaux, soit par un accord avec réleveur, soit autrement.

Et cela peut se faire d'autant mieux que cela a été fait.

Pour mon compte, je me suis vu, à l'école du Pin, ne disposer que d'étalons ayant fait la monte, ou de jeunes chevaux entiers, et les conditions d'admission pour les élèves n'exigeaient pas les moindres connaissances pratiques et théoriques en équitation.

Les leçons se donnaient, et il n'y avait pas de sinistres à déplorer.

Chez moi,> j'ai vu un collégien malade à qui on avait recommandé Pexercice, promener une heure par jour une pouliche de deux ans, et suivant un proverbe irlandais :

Cela n'a nui ni à f un ni à l'autre.

Mais s'il n'y a pas d'inipossibihié, il y a, quant à présent, des obstacles.

Il faut donc laisser là comme utopies des idées parfaitement réalisables, et revenir au cas actuel, c'est-à-dire à la position d'un éleveur qui ne sait pas monter à cheval et qui demande à Péquilation de lui dresser son poulain.

Quelle méthode, quel maître choisira-t-il ? Je me garderai bien de lui conseiller qui que ce soit, et cependant je ne demanderai que deux ou trois ans pour faire d'un jeune homme quelconque un dresseur de poulains fort convenable pour les cas ordinaires.

Auriez-vous la prétention d'enseigner à n'importe qui,

en trois ans, plus que n'en savent les hommes les mieux éprouvés ?

Nullement, mais dans mon système d'éducation, je me garderais de certaines fautes que beaucoup commettent par ignorance, et d'autres parce qu'ils y sont forcés parles circonstances.

Ainsi, par exemple, au lieu de mettre un commençant sur un cheval parfaitement mûr et dressé pour lui apprendre Tari , je lui donnerais un cheval tout neuf, ou du moins ignorant de tout dressage, afin de montrer d'abord ce que c'est que la nature, et ensuite ce à quoi l'art peut servir.

Je m'appliquerais à donner à l'élève la plus belle assiette possible.

Non pas précisément dans le but de rendre son extérieur séduisant et irrésistible, mais afin qu'il ait tous les moyens d'adhérence et d'adresse nécessaires.

Il faut être assez solide pour se passer d'élriers.

11 faut savoir se servir de l'étrier, instrument sans lequel beaucoup de choses sont impossibles.

Il faut connaître toutes les allures de tous les chevaux, naturelles, artificielles, franches, perfectionnées, rompues; tous les maniements les plus incohérents et les plus bizarres; enfin, tout ce qui est.

Et puis, quand on a tout expérimenté, on est admis à apprendre qu'il y a un bien absolu, une perfection artistique, et une manière de transformer entièrement un cheval.

On l'assouplit, on le cadence, on le ploie, on le sou-

met aux exigences les plus bizarres, on annule ses forces, et on les emploie à son gré ; on fait de lui une mécanique que Ton décompose à son gré.

Mais si on veut commencer par autre chose que par rétude de la nature prise sur le fait , on forme des cavaliers pitoyables, lesquels à leur tour abîment tous les chevaux, si toutefois ils sont capables de se risquer dessus, ce qui heureusement n'arrive pas toujours.

Tout ceci pourra paraître trop élevé , trop général , trop vague même, à la plupart des lecteurs; mais je ne peux donner sur le papier les leçons nécessaires à un homme pour arriver à dresser des poulains. Je ne puis que lui montrer des aperçus propres à le diriger dans le choix de ses professeurs et des méthodes auxquelles il devra recourir.

Je vais donc me contenter de consigner ici quelques indications partielles.

Et premièrement , il faut se persuader que ni en ceci ni en autre chose, on ne réussira sans peine et sans application.

Principales qualité» nécessaires* an cavalier qui entreprend le dremage de» poulain».

Duruin, sed le\ius fil pa lien l u) corrigere osl nefos.

Horace.

Indépendamment de l'expérience et des notions théoriques nécessaires pour mener à bien le dressage complet

d'un bon cheval de vente, c'est-à-dire, propre à faire immédiatement le service du consommateur, il faut les q ua H tés d' exécution que donnent une bonne éducation hippique et aussi la jeunesse ; car il est rare que, même avec la conformation la plus heureuse , on conserve au delà d'un certain âge tout ce qu'il faut pour bien monter un jeune cheval.

Peu d'hommes d'une taille élevée arrivent à l'âge mûr, sans acquérir un poids nuisible, sinon à la solidité, au moins à l'entreprise de choses hasardeuses, ou au maniement des sujets faibles et peu développés.

D'un autre côté, les hommes petils manquent souvent de l'enveloppe ou de la puissance nécessaires.

Une certaine force physique et surtout l'agilité sont indispensables dans le travail à pied, et à la longue.

Quelle que soit l'individualité d'un cheval, et par conséquent sa destination, il lui arrive, dans les diverses phases de son éducation, de nécessiter l'application des méthodes les plus diverses.

Il faut donc être bien au fait de toutes les pratiques des diverses écoles.

L'étricr long augmente l'enveloppe, et favorise la finesse des aides; Pétrier court assure la position, augmente la solidité, et met à même de résister aux défenses.

11 faut, suivant l'occasion , se trouver apte à modifier ses moyens d'action et de tenue.

Ce sera donc un grand avantage de n'avoir point d'habitude, ou mieux d'être accoutumé à se plier à toutes les exigences dh erses.

Une excellente position est une qualité indispensable.

Non, que je dise : cet icuyer n existe pas, il n'y a rien audessous, parce qu'il a les mains trop hautes, ou les coudes trop en dehors ou le postérieur en serre- (de (style troupier).

On peut être un homme éminent avec ces défauts-là el bien d'autres encore ;

Mais ce qui est certain, c'est que rélève qui professe pour lui-même l'indulgence dont a besoin tel ou tel maître, acquerra ses ridicules el non son talent.

Il faut donc avoir travaillé sa position afin de développer tous ses moyens et toute son aptitude a la finesse des aides. Un cavalier qui a sérieusement travaillé son propre corps aura bien du malheur s'il ne devient pas d'une grande habileté.

Parmi les difficultés naturelles qu'un homme peut rencontrer , on parle des cuisses rondes. Je ne connais pas de cuisses rondes chez un jeune homme de 18 ans qui a bien appris à monter à cheval depuis quinze.

11 faut, pour se mettre à dresser des poulains, savoir user de l'étricr de toutes les manières possibles.

La première est de s'en passer. Qui n'a pas appris sérieusement à faire sans étrier tout ce qu'il est possible de tenter sur un cheval, sera exposé à des chutes honteuses, s'il vient à le perdre, ou si une él rivière vient à se rompre.

On porte Télrier long et peu engagé (sur la racine du pouce) dans le travail fin et précis de l'académie.

On le raccourcit el on engage plus le pied pour la chasse et la guerre.

On l'a tout à fait court et chaussé pour la course ou le» occasions critiques et dangereuses.

De la longueur de Tétricr dépend la position du corps pour les vitesses et les exercices différents.

11 faut savoir donner carrière, bien assis comme Eiseuberg sur le Facile {fig. 41).

Ou allonger l'allure de son cheval dans la plaine comme ce whiyer in anglais de la même [époque à peu près

{fig- 42).

La tenue est de plusieurs sortes.

On peut être fixe, ferme, solide.

La fixité est la qualité qui consiste à ne jamais éprouver le moindre vacillcm eut qui compromette la perfection des aides.

— uo —

Tous les hommes habiles qui, par l'âge ou par une mauvaise santé ont perdu leur force et leur souplesse, conservent leur ûxilé, ou renoncent au cheval.

La fixité leur permet de prévenir les irrégularités compromettantes, et ils montent encore avec facilité des chevaux qui embarrasseraient un cavalier plus solide et moins expert.

La fixité, indispensable pour le travail de manège et de précision, Test moins pour le dehors et les usages ordinaires.

L'homme ferme est celui qui, sans fixité, en a cependant les apparences, en ce que peu de chose le déplace sensiblement aux yeux de la multitude. On peut être ferme, et monter fort mal.

La solidité est la faculté de ne pas tomber, déplacé ou non déplacé. Un homme déterminé et adroit te rattrape dans les cas les plus désespérés et se remet en selle.

On voit des gens qui ne tombent presque jamais, et qui semblent toujours au moment d'uue chute, tant il* ont peu d aplomb ou d'adhérence.

Le cavalier de la nature arrivera toujours à être solide, s'il a du moral, de la patience et du goût.

Quand un homme est ignorant, je l'aime encore mieux solide que ferme. 11 y a de l'espoir.

La tenue se mesure par quatre épreuves, les contretemps , les sauteurs, les sauts de barre, et les bonds de poulains.

Chacun de ces exercices ne saurait remplacer Pautre; il faut de toute nécessité se familiariser à tous, pour ne pas être pris au dépourvu.

Les contre-temps s'évitent par un bon maniement, à tel point que l'homme Gxe et possédant un certain accord de la main et des jambes ne rencontrera jamais ou presque jamais celle difficulté.

Le saut de barre if est rien pour celui qui le sait, et il n'y a pour un bon cavalier d'autres risques à courir que la chute de son cheval.

Il n'en est pas de même du sauteur aux piliers ; comme chaque secousse est indépendante de la volonté et des moyens du cavalier, elle lui arrive dans toute sa violence.

Il faut, par conséquent, être souple et jeune pour mon-

ter les sauteurs. Plus tard, on peut en conserver l'habitude, en ne peut plus la contracter.

Les sauts de poulains sont imprévus; leurs variations et leur violence iront aucune limite. Par conséquent, il faut poser cet axiome : On ne lient pas aux sauls de poulains.

On les supporte par nécessite quand ils arrivent, ou s'y habitue jusqu'à un certain point; mais ou ue les brave jamais impunément.

Nous verrons, à l'article du dressage des chevaux, que la question n'est pas de tenir, mais de prévenir; et quoiqu'il soit agréable et commode de n'avoir pas à craindre de tomber à chaque instant, ne qu'on doit redouter le plus au monde est un dresseur qui défie le jeune cheval de le jeter.

Dans ce cas, la tenue est bonne pour le cavalier, pernicieuse pour le cheval, si on veut en user.

Tenir à cheval est évidemment la première règle ; elle n'est rien sans le resle.

Pour r homme qui tient, la question est de mener son cheval, je voudrais traiter celle question de haut et sans aucun esprit de parti pour ou contre tel ou tel système, sans prédilection pour (elle ou telle spécialité d'équitation.

Mais ceci m'entraînerait trop loin , et je remets à l'article du développement des jeunes chevaux dans leurs allures, les conseils que je croirai bons à donner au cavalier en le supposant initié suffisamment à tous les genres d'équitation, au piaffer en arrière, comme au rtuh d'une course bien disputée.

.... Ego a mstulina- More nto<)0'|ue, G rata carpcnt» Ibyuia per laboreoi

Plurimum

Operosa panu«

Canniua fingo.

HoftACE, OJ. t, Iit. i».

Kl moi, chélir, à l'exemple d« l'abeille de Calabre, rassemblant a force de travail dis parfums agréable», je compose •les chanson* qui me donnent bieo de la peine (*aot résultai).

Nous avons dit ailleurs, et nous pouvons le répéter encore, que le travail prématuré est favorable au développement des forces, que les inconvénients de ce travail précoce sont loin d'en balancer les avantages.

Bornous-nous, ici, à ajouter que plus le dressage commence de bonne heure, moins il offre de difficultés.

La raison en est simple. Le cheval, plus jeune, a moins de forces, plus de timidité, de familiarité, de curiosité, et pas du tout de celte assurance et de cette audace que donnent à ranimai déjà adulte le sentiment de sa vigueur et l'expérience de la vie.

Nous avons déjà indiqué le moyen de mettre au poulain de lait un licol et de le promener en laisse.

11 est bon, dès cette époque, de l'habituer à se laisser lever les pieds, surtout si le père ou la mère est difficile à ferrer, on ne saurait s'y prendre trop tôt.

La répugnance du poulain a besoin d'êlre vaincue par

la persévérance qu'on emploie , et le respect que l'on inspire.

Comme la plus mauvaise leçon est de laisser la victoire au rebelle, on doit être peu exigeant et très facile quant aux marques d'obéissance.

11 faut surtout éviter ces luttes où Tanimul apporte toute l'énergie que lui inspire son instinct de conservation. IVeffrayez-donc jamais le jeune cheval parce que vous lui demandez; et, si vous voulez l'intimider, parce qu'il devient offensif, ne le faites jamais de manière à le désespérer ni à l'irriter.

Lorsqu'on prend le pied d'un poulain, il pèse dessus, se couche ; cherche à l'arracher, ou à frapper. Ce dernier cas est le seul où il faille le châtier, et cela avec sang-froid, patience, et de telle sorte qu'il comprenne son action et sa conséquence. Il se prêtera à ce que l'on veut, si on ne lui cause ni douleur, ni gêne, ce qui est toujours possible cl si on n'a pas peur de lui.

Le lever des pieds et la leçon de ferrage se lient au reste de l'éducation. Il faut commencer par là, et cet enseignement sert pour les autres.

Commencement du travail pour le jeune cheval.

Ceux qui n'aiment pas les courses et qui ne voient dans cette institution que la ruine des poulains, éprouveront naturellement de la répugnance à dresser leurs poulains fort jeunes.

Je les prierai, pour se donner une idée de ce que peut le poulain qu'on exerce, d'observer la manière dont il se conduisait à six mois auprès de sa mère.

La nature crée toujours chaque objet pour remplir le but auquel elle le destine.

La chienne met au monde des petits aveugles et incapables de marcher ; elle les dérobe à tous les yeux et les colporte dans sa gueule de cachette en cachette.

Le poulain, au contraire, est en naissant capable de suivre sa mère; sa marche, qui semble gauche et vacillante, est en réalité rapide et adroite.

11 n'y a donc aucun inconvénient à l'exercer, il y a plus; si on l'abandonnait à lui-même, sa nature indolente et la sécurité de son existence le pousseraient à un embonpoint prématuré, entraveraient le développement de la charpente osseuse et de l'appareil musculaire.

Autre question d'économie; si vous vouliez absolument tenir ce poulain dans l'oisiveté jusqu'à 4 ou 5 ans, d'après les vieilles méthodes de nos hippiâtrcs , quelle nourriture pourriez-vous lui donner pour qu'il arrivât k son développement complet, dans un état présentable et sans avoir coûté plus qu'il ne peut se vendre?

La longe.

Non ire in gyros edoeent.

Tacite.

Je suppose que le jeune cheval a déjà le licol, la bride

et le filet, qu'il ne se refuse à aucune approche, à aucun maniement.

Si, toutefois, il ne savait pas encore suivre l'homme à la main , c'est-à-dire marcher à côté de lui en laisse, je me mettrais à le lui apprendre avec le caveçon, et, dans aucun cas, je ne m'embarrasserais d'une longe en corde ou en cuir d'une longueur énorme, comme il est d'usage en pareil cas ; deux on trois mèlres suffisent d'abord.

Bien des gens se figurent qu'il faut faire tourner le poulain tout autour de soi au trot et à une grande dislance. Je ne vois pas du tout à quoi cela peut servir.

Moi je mets à la longe, pour me faire connaître, aimer et respecter du cheval ; pas pour autre chose.

Si donc il a déjà l'habitude de marcher en laisse, il n'y a qu'à s'arrêter et à lâcher un pied de longe, il commencera à pirouetter autour de l'homme.

Si on s'exerce à cette manœuvre dans un endroit propice, c'est-à-dire où il n'y ait ni grand espace ni objet effrayant, il sera facile d'obtenir un cercle de quatre ou cinq pieds de diamètre en tenant la longe de la main gauche, et en faisant quelques gestes du bras droit.

Une fois le cheval accoutumé à marcher en cercle, il y va de lui-même sans hésitation et sans combat.

Je préfère cette méthode où l'homme est seul, sans fouet, sans moyen de contrainte, à l'usage de pousser suide grands cercles en poursuivant avec une chambrière, et employant deux ou trois aides à tenir la longe, lesquels ont quelquefois bien de la peine : le cheval s'eflraye, recule , se cabre, se force, se renverse , et lors même qu'on réus-

ni, c'est une obéissance de contrainte et de terreur ; non une leçon où le cheval , rempli de confiance et de bonne volonté, fait des efforts d'intelligence pour complaire à son maître.

La longe à main droite est toujours plus difficile à cause de Thabitude où Ton est d'aborder le cheval constamment d'un seul et même côté : à gauche.

La difficulté serait inverse pour un dresseur gaucher, nulle pour un ambidextre.

Lorsque ce n'est plus une question de mener le poulaki «a laisse et eu cercle à droite et à gauche, qu'il n'a plus aucune répugnance à se laisser approcher, qu'il re- > ient a l'homme au premier signe, sans tirer sur sa longe, et même malgré vous, lorsqu'il se trouve fatigué, alors oà commence le harnachement.

Pour cela je \»n\ d'abord le caveçon, puis un bridon spécial.

Il est vrai qu'à défaut de ce que je demande, le premier bridon d'abreuvoir peut servir; mais il vaut mieux un mors anglais a jouette, avec des canons d'une grosseur et d'un poids énormes (Fig. 43).

Fig. 43.

Quelques-uns croiront que loul ce fer a pour objet de ménager les barres, c'est la vieille idée ; mon but est de placer la tête, et voici comment : .l'animal, incommodé par le poids et le volume, ouvre la bouche et tourmente la jouette, ce qui évite les contractions de la ganache et de l'encolure; il a de plus bientôt découvert que le moyen le plus commode de porter tout cela est de le laisser pendre sur la têtière en tenant la tête verticale, et voilà le cheval se plaçant lui-même dans l'attitude désignée et recherchée par M. Baucher, on il lêekê son mors.

Le reste de l'équipement consiste en un surfaix (Fig.

44) excessivement rembourré des deux côtés, ayant au moins 9 centimètres d'épaisseur en mamelles b c et c d à la partie qui touche les reins, un large dégagement en a b de 0m,07 où on puisse passer la main. Deux courroies à boucles de chaque côté en g g, afin que le même puisse servir aux plus grands chevaux et aux plus petits, une courroie à boucle en haut en a, et deux deux ou boucles de chaque côté, en d.

Une martingale à anneau ordinaire avec un collier et une croupière forte, en cuir très-souple, avec une boucle à gauche très-près de la queue.

Enfin, trois paires de rênes. De lonl cet appareil, je ne mets d'abord que le filet avec le caveçon, une paire de rênes lâches et le surfaix sans croupière.

Ce surfaix se pose avec précaution et graduellement. L'important n'est pas de le placer, mais de le placer facilement et avec l'agrément de l'animal. Tout ce qui est contrainte est mauvais. Ce qui est sm prise doit être commandé par la nécessité, et les suites sont très a craindre. Il faut que le poulain se prête à tout avec patience, sans souffrir, sans sVflrayer, sans contrainte.

On sangle très-peu, parce que le poulain aurait peur, ferait gros dos, s'efforcerait de tout rompre; plus l'appareil est serré, plus les efforts de l'animal sont grands et plus ils ont de puissance.

Il est à craindre que le surfaix étant lâche , ne coule en arrière et n'arrive aux rotules, cYst pour éviter cela

Fi», m.

qu'une rêne ajustée de chaque coté doit réunir le mors à la boucle, ou anneau placé au surfaix en a {Fig. 45).

Le poulain ainsi attifé et mis sur le cercle s'effraie, s'arrête et bondit. Il est des gens alors qui le poussent en avant, mais je préfère lui donner le temps de se reconnaître, afin de juger de ses intentions.

S'il a été bien commencé, il vient contre moi me demander aide et assistance dans sa peur, et je le fais marcher en le caressant.

Si, au contraire , il entreprend des défenses et la destruction du harnais, j'ai deux partis à prendre, le châtier et le porter en avant, ou bien, sûr de la solidité de mon appareil, lui permettre d'user ses forces et sa colère.

L'occasion détermine le choix, mais dans tous les cas, ce que j'aime le moins c'est la réduction par sueur et fatigue : le moral y gagne peu et les lares sont à craindre.

Il est rare que l'effroi dure plus de cinq minutes la première fois, quand on sait s'y prendre, el se remontre encore au huitième jour.

Le placement de la croupière est quelquefois difficile , je ne suis coulent que lorsque je la mets seul, sans résistance aucune, ayant cessé de tenir le poulain, qui me regarde pendant ce temps-là, mais ce n'est pas toujours possible, au moins avec sécurité.

11 faut surtout que la croupière ne soit pas trop courte, car le poulain la raccourcit beaucoup en faisant gros dos, el alors il bondit en désespéré.

L'accoutumer, à une croupière ajustée et à des sangles bien serrées est une affaire de lact, de patience et de

temps. Moins on se presse , plus rapides sonl les progrès.

Arrivé là, il s'agit d'apprendre au poulain à marcher. Jusqu'ici, il a été comme il a voulu, tournant autour de l'homme dans ses allures naturelles. Il a fallu pendant ce temps-là étudier sa conformation et, ce qui n'est pas toujours la même chose, sa manière de faire.

Les trois paires de rênes ont alors leur utilité : Tune s'ajuste droit pour agir dans une direction horizontale (Fig. 46); elle empêche de porterai! vent; la seconde

Pif. 46.

(Fig. 47) passe dans la martingale à anneaux pour lîrw en contre-bas; la troisième enfin (Fig. 48), disposée

Fig. 47.

comme nn rèdage «ie voilure ordinaire, relève la tête et fait porter beau.

C'est an dresseur, à combiner ce triple moyen suivant l'opportunité.

Il doit savoir que ce n'est pas tonl d'un coup que la réforme doit s'opérer. La résistance d'une rêne doit toujours être telle que le poulain trouve immédiatement la voie commode de l'obéissance.

Tout ceci est, du reste, du ressort de Téquilalion, il n'est pas besoin de dire que l'homme doit se tenir en garde contre l'acculement, ne jamais y porter le poulain par trop d'exigences, mais conserver les moyens de le remettre en avant, sans que l'enrênage soit assez dur pour entraver la progression.

Quelques-uns s'imagineront peut-être pouvoir s'amuser à tous ces préliminaires sans connaissance du cheval

Fig. 48.

et sans pratique de l'équitation. Il est évident qu'ils ne risqueront pas de tomber de cheval, mais ils feront d'étranges bévues.

Un jour, un poulain fort doux, équipé comme je viens de le dire, mais peu convenablement, à mon avis, reculait ou levait les jambes de devant sans avancer. Le men ton élail au poitrail et les oreilles tenues très-hautes, sans que les reins eussent pu prendre l'habitude de fonctionner. Tous les mouvements étaient paralysés ; je voulais qu'on lâchât tout et on ne voulait pas.

Sur ces entrefaites, d'autres poulains en liberté, qui lui

faisaient face dans le lointain, se mirent à hennir et il leur répondit, toujours en reculant.

Et on attribuait sa désobéissance à ce qu'il était trop près de ses camarades et préoccupé par eux.

Et je ne fus pas écouté, quand je disais que si c'eût été cette cause-là , le poulain eût marché vers les autres au lieu de s'en éloigner à reculons ; que la question était l'enrènement trop court et trop prématuré, etc.

De même, dans l'arrêt par l'éperon, ce n'est pas l'éperon qui arrête, c'est la main sur laquelle l'éperon jette le cheval dans de certaines conditions.

Et voilà pourquoi je dis que pour commencer des poulains en liberté, il faut savoir, et savoir bien, monter à cheval.

Je ne manquerais pas de preuves pour appuyer mon opinion.

Accoutumer le cheval à porter la selle au lieu du surfaix, et ensuite le harnais de voiture complet, est une suite de la même leçon qui n'a pas besoin d'être détaillée pour un homme intelligent.

Disons seulement, qu'il faut procéder pièce à pièce, prendre garde aux étriers qui pendent, et les faire pendre convenablement et à propos.

Faire attention au collier, le séparer d'abord des attelles et Télargir avec le genou, car un poulain nYime pas qu'on lui frôle les yeux et les oreilles avec violence.

Ayez surtout des aides dociles, et qui n'en sachent pas plus que vous, ou plutôt n'en ayez pas, c'est le mieux. Le palefrenier, homme fort, homme au fait, qui ue craint rien, et

qui en a va bien d'autres, est le fléau de l'éleveur qui

Heureusement, ce héros qui ne connaît pas d'obstacles , a bientôt rencontré une occasion qui lui enlève , non pas sa bonne opinion de lui-même, niais son aplomb et son audace ; il renonce, et c'est autant de gagné ; mais il a le temps jusque-là de faire bien du mal.

Par exemple, de désorganiser à tout jamais un jeune cheval très-doux, en lui jetant d'un seul coup sur le dos tout un attirail de cuir, de fer et de cuivre connu sous le nom de harnais, a/m de r accoutumer.

Le jeune cheval s'effarouche, rue sur l'homme, se renverse, saute par-dessus les stalles, s'enchevêtre, roule sous la mangeoire, etc., etc., etc.

Ou bien, on met la croupière sans assujettir le mantelet par un point de sangle, le tout coule sous le ventre. Le cheval tire en renard et va se promener dans la ville, ou gagne la campagne.

Et le domestique a toujours eu raison.

Faites-vous obéir, ou opérez seul.

Enfin, le cheval a porté le harnais, y compris les œillères; il y en a qui ne les aiment pas, et tous ont trop peur de la voiture pour qu'on puisse se passer d'œillcres sans péril.

Quand on est sûr de mener le poulain où l'on veut et comme on veut, avec le harnais complet, on met, en guise de traits, de longues cordes ou longes de cuir, auxquelles se pendent un, deux ou trois hommes avec gradation et prudence. 11 faut surtout, au préalable, habituer le poulain à ne pas s'occuper de l'attouchement de ces traits sur ses jambes, on lui apprend à les fuir en lui faisant ranger

les hanches comme s'il était moulé, en employant le trait en guise de jambes.

Lorsque cela est fait et bien Tait, le dressage élémentaire est terminé.

Dans cette première période, le poulain n'a qu'à savoir porter l'homme et tirer la voiture.

On a pu l'assouplir et le placer, on a pu rectifier le port de léle, le pli de l'encolure , donner à toute la masse uue répartition d'aplomb suffisante.

Non-seulement on sait ce que le cheval sera, mais encore on a pu le mettre sur la voie d'être beaucoup meilleur qu'il n'eût été sans cela.

Ou a pu lui faire subir une sorte d'entraînement , en prolongeant l'exercice selon le besoin, et dans tel ou tel sens.

Ou a pu habituer les hanches à fuir à la cravache, faire tourner le cheval autour de soi, en restant soi-même immobile et eu tenant un contre-sanglon du surfaix, ce qui exige un certain degré d'assouplissement. Enfin, ce travail en liberté, poussé aussi loin que l'on veut, apprivoise le cheval au plus haut degré, même mille fois plus qu'il n'est nécessaire pour n'importe quel service.

Toutes ces choses, il est vrai, ne sont pas du domaine de l'équitatiou proprement dite; et, quoiqu'il soit difficile d'arriver à une habileté consommée dans l'art de travailler les chevaux eu liberté sans être écuyer, on peut cependant admettre comme possible l'existence d'un homme qui saurait familiariser les poulains et qui ne saurait ni monter à cheval ni mener une voiture.

Cet homme, s'il existait, deviendrait actuellement inutile, et serait incapable de continuer l'éducation du jeune cheval.

Pour bien dresser un poulain , il ne suffit pas d'un cavalier; il en faut deux, un pour monter, un pour rester à côté, à pied, pour le contenir, ou sur un cheval sûr pour accompagner.

Je me suis étendu à dessein sur celte première éducation. Je me suis appesanti sur les détails. J'ai traité minutieusement chaque phase de cet enseignement si lent et si gradué.

Lorsque je faisais mon cours au haras du Pin, un de mes anciens camarades de collège, peu spécial en chevaux , mais homme de capacité et d'intelligence, y vint par curiosité; après avoir entendu fort patiemment une interminable dissertation sur la théorie des attelages, il n'y tint plus, et me demanda : Mais, est-ce que Ton fait habituellement tout cela? Moi, je croyais qu'on mettait tout bonnement à la voilure un jeune cheval pour ressayer, et que cela allait tout seul.

« Sans doute, on fait ordinairement ainsi, et c'est là le « mal : il y a des chevaux qui se prêtent si admirablement « à tout ce qu'on peut leur demander, qu'ils vont effec- « tivement tout seuls, et malgré tout ce qu'on peut faire « de sottises et de maladresses. »

Il y en a d'autres qui, parce qn 'on a voulu aller trop vite, sont Iteaucoup plus longs et plus difficiles à dressa* que si l'on avait pris tranquillement la longue route de la patience et de l'analyse.

Il y en a qui restent tarés, dangereux ou rétifs, par suite

d'un dressage mal entendu, lesquels eussent été fort dociles et excellents.

Il y en a enfin qui ne réussissent jamais et dont la valeur est totalement perdue pour le propriétaire.

Le propriétaire pourra croire que la perte d'un poulain manqué par hasard n'est rien auprès des longueurs et des ennuis de cette méticuleuse éducation.

A ceci, je ne répondrai ni par des raisonnements, ni même par des citations de faits, j'aime mieux que le lecteur se réponde lui-même et par ses propres observations.

Qu'il prenne un calepin et qu'il aille partout où Ton dresse des chevaux, qu'il prenne note de la valeur apparente du poulain, de la valeur probable qu'il prendrait en se perfectionnant autant que possible, puis de la dépréciation du poulain tué, ruiné ou rétif, lorsque cela arrive, et qu'il fasse le calcul.

Moi, je prétends qu'avec ma méthode bien suivie, il if y a à craindre que les accidents de force majeure, que les tares auxquelles chaque individu est condamné par sa propre nature. .

De plus, les frais de cette éducation sont nuls ou presque nuls. Une leçon d'un quart d'heure est souvent trop longue. Je ne crois pas que l'individu le plus mal doué par la nature résiste à trois mois de fréquentation. Voilà donc un total de 100 leçons, d'une demi-heure chacune si vous voulez, en un mol, cinquante heures consacrées à mènera bien le poulain le plus exceptionnellement ingrat.

Mais ce maximum n'a aucun rapport avec les moyennes ordinaires.

I) y a des chevaux qui se p relent à lout et dont l'éducation ne présente aucun obstacle.

,Tai recommandé les plus minutieuses précautions, et j'ai indiqué une marche d'une lenteur désespérante.

Mais c'est dans l'hypothèse d'un praticien novice, qui doit s'attendre à tout, et que rien n'avertit qu'il n'a pas affaire à un individu extraordinairement susceptible.

Plus tard, l'habitude fait pressentir une foule de circonstances exceptionnelles, le moindre indice rassure et donne de l'audace, on peut alors, sans imprudence, négliger telle ou telle précaution, et insister précisément sur celle dont la nécessité vous est instantanément révélée.

Ceci est une affaire d'habitude.

Pour fixer les idées, je vais essayer de classer les poulains par séries et suivant leurs races, et donner quelques indices généraux sur le plus ou moins de difficulté de chaque catégorie.

Mais j'avertis d'avance que tout individu peut, au moment où il s'y attend le moins, se montrer complètement différent de tous ceux à qui il devrait ressembler, et que l'esprit d'observation doit toujours guider dans toutes les expériences.

Page 1