MANIÈRE DE TAILLER LE PIED
L'Anglais et le Français s'y prennent de même ou à peu près pour dégrossir le pied ; là, s'arrête la similitude.
L'Anglais pare le pied avec une reinette, instrument qui se manie à la main, et dont la pratique est, dit-on, difficile.
Le Français manœuvre son boutoir avec le ventre (Bourgelat, page 100), ce qui peut être commode, mais m'a semblé bien singulier; je laisse aux hommes compétents le soin de la critique ou de l'apologie.
Pourvu que le pied soit bien paré, c'est l'essentiel.
A la française, un aide tient le pied et le maréchal travaille.
A l'anglaise, le ferreur lient le pied et le fer tout ensemble. Un homme de moins, que l'on peut utiliser avantageusement à tenir le cheval et à l'occuper.
Tout le monde connaît ces deux vieilles gravures de C. Veroet : le maréchal anglais, le maréchal français. En les regardant, on donne raison aux Anglais. Qu'on regarde, si on l'aime mieux, ce qui se pratique tous les jours.
Un seul homme autour d'un pied de cheval a plus d'avantage; d'abord il a moins de force, partant il contrarie moins, il lui faut plus de confiance de la part du cheval; H l'apprivoise mieux, et l'a toujours plus doux. Je ne sache pas qu'un cheval difficile soit plutôt renoncé par un Anglais que par un Français de même force.
Quand je vois un garçon maréchal français résolu, em-
poigner de force, maintenir le pied d'un cheval et croire qu'il Ta maîtrisé, j'ai toujours envie de rire.
Est-ce que si un cheval voulait résister, un homme lui tiendrait le pied de derrière, fût-il un hercule?
On tient un cheval parce qu'il le veut bien, il faut donc lui faire vouloir. Question d'éducation ; persuasion et non lutte.