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de ia santé, et la santé étant par elle-même une beauté sans laquelle l'autre beauté n'existe pas, il est naturel qu'on s'y méprenne.
Mais il y a plus, il faut s'y connaître beaucoup plus qu'on ne croit pour savoir ce que c'est qu'un cheval fort ; pour savoir de deux chevaux quel est le plus fort, lorsqu'ils sont inégalement gras, et encore lors même qu'ils sont en égale condition.
Deux individus sont de même taille, de même épaisseur à la croupe et au poitrail, Tiiu a des membres d'une épaisseur remarquable, l'autre ne possède que juste ce qu'il faut à cet égard. Quel est le plus fort?
Enlevez par la pensée à tous deux les quatre membres dans leur entier, c'est-à-dire Pavant-bras avec l'épaule et ses dépendances, le jarret avec la cuisse jusqu'à la hauche, en un mot, toute la charpente de l'appareil locomoteur proprement dit; le plus fort sera celui qui aura laissé sur le sol la carcasse la plus volumineuse extérieurement. Peu m'importe la garniture musculaire des reins, je ne tiendrai compte que de la capacité intercostale, là est la source de la vie. Cuvier a dit que la force d'un animal est en raison de ses organes respiratoires. On a vu d'excellents boxeurs avec l'attache du poignet extrêmement fiiie.
Telle est la manière de procéder pour juger de la force réélit, ou mieux de la masse de vos productions, quand vous voulez faire autre chose que du pur sang.
— Votre percheronne, puisque percheronne il y a, n'est
pas ce que vous croyez; vous espérez obtenir d'elle avec
Tétalon de pur sang un vrai carrossier, d'après le dire des m. 4
personnes qui prônent ce genre de croisement ; j'en suis, de ces personnes-là; mais comme, par ce croisement on risque de faire excessivement commun, il faut être sûr de faire excessivement fort. — Aussi, ai-je choisi une belle jument de trait. — Jument de trait, oui, de charrette, encore mieux, car elle n'est pas de sang à faire trois lieues à Theure, mais elle est toute petite, 8 pouces à peine, courte à se retourner sans gêne dans une stalle de 4 pieds de large; elle est trî'S-grasse, très-ronde, c'est vrai; mais pesez-la, et elle sera enlevée dans une balance par ce tanfer de 1 1 stones dont elle n'a pas les moyens, dont elle ira pas non plus la masse, et que vous appelez avec raison ficelle, car si ce tarifer était une jument, il ne donnerait, par Fétalon de pur sang, qu'un cock-tail sans valeur.— Et on continue à admirer la poulinière percheronne, et quatre ans après on a un pony fans allures.
Ions allez me soutenir que je ne peux pas distinguer un cheval de pur sang d'un cheval de charrette, peut-être!
Or, écoutez et recherchez, si ça vous amuse, le livre où ont été imprimées les lignes suivantes; elles sont d\ui homme d'esprit, d'infiniment d esprit, qui s'est occupé de chevaux plus qu'un autre, qui a monté achevai mieux qu'un autre, et qui, en écrivant ceci, avait l'assentiment de beaucoup d'autres:
Le cheval de pur sang soumis à un tigime ordinaire prend du corps presque autant souvent que nos plus gros cheiwtx de trait.
La vérité est que fortement empâté par la nourriture et l'oisiveté, il acquiert assez de volume pour offrir une
silhouette en apparence aussi considérable que certains
de nos gros chevaux à nous.
Mais la vérité est aussi qu'il ne saurait entrer en comparaison sous ce rapport avec les grosses races anglaises.
La vérité est encore que, comme je l'ai dit au chapitre de l'extérieur, il faut voir le cheval aussi hien en dessus que de niveau, c'est-à-dire dans tous les sens de son étendue.
Il y a donc difficulté même à juger absolument le volume d'un cheval, et comme en éle\age la question de volume est tant que quelquefois die est tout, il faut s'étudier à la résoudre avec certitude.
Boileau dit :
Avant donc que d écrire apprenez, à penser.
On devrait dire à l'éleveur :
Avanl donc d'élever, apprenez à jauger.
Dût-on commencer par peser les chevaux après les avoir toisés, on n'aurait peut-être pas toujours à regretter les frais d'établissement d'une bascule; car, suivant le proverbe de Simon de Nantua, « l'expérience vaut de Por ».
Si on peut se tromper sur le poids, il est encore plus facile de se tromper sur les formes et la race.
Peut-on prendre un cheval de course pour un cheval espagnol ?
Des officiers d'artillerie, m'a-t-on dit, sont venus un jour voir le fameux Cadland; on prêle à Pun d'eux cette
parole mémorable : «c'est un cheval espagnol fort beau,
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sans doute, mais pas tout à fait aussi beau que celui que notre commandant a ramené d'Espagne en 1823. »
Je ne garantis pas l'anecdote; si elle n'est pas vraie, elle est fort possible. Et moi-même, qui me pique de perspicacité en fait de chevaux, si on m'avait montré un certain Arthus bai-brun par Physician ou Alteruter et Cloton, j'aurais peut-être cherché plutôt la marque R E sur la fesse que la page 162 du Stud-Book.
Mais voici mieux :
Un jour M. Diltmer passait une inspection générale au haras royal du Pin. Il voit arriver, au trot cadencé, au passage, au pas d'Espagne, si vous voulez, une espèce de genêt, le menton au poitrail, bai-brun, zain, comme on les aime par-delà les Pyrénées, avec une crinière épaisse et une queue balayant la terre.
M. Diltmer me dit à l'oreille : « il y avait autrefois un écuyer qui, montant un cheval andalou comme celui-là, se servait du bout de sa queue pour écrire son nom sur le sable de la carrière en manœuvrant à courbettes. »
Tout le monde riait : on savait que M. Diltmer, assez anglomane, détestait par- dessus tout le manège, les chevaux espagnols et toute l'Espagne en général ; la guerre de 1823 l'avait ennuyé, et les récits plaisants qu'il en faisait ne produisaient pas le même effet sur les auditeurs.
Ce cheval était une malice du directeur du haras : c'était Sylvio, par Trance et Hébè, auquel on avait mis une bride française, à filet d'or, une selle en volaque, avec poitrail, croupière el housse, et par-dessus le tout un