‹ Leçons de statique graphique (volume 4)Chapitre 131 sur 218 · I. — Définition générale · texte numérisé non relu

I. — Définition générale

179. Considérons deux ponctuelles projectives superposées, n'ayant pas tous leurs éléments unis, et telles que, si un point A, pris comme élément de Tune, correspond à un point A, de Taulre, le point A,, considéré comme élément de la première, corresponde

( * ) Plusieurs cas particuliers de la théorie de Tinvolution étaient déjà connus des géonuMres grecs. Quarante Icmmcs environ du livre VII des Mathematicœ collectionei do Pappus sont relatifs au Traité />« </tf r<?r/n //lara iecr/o/i^ d' Apollonius, et rentrent aujourd'hui dans les nouvelles doctrines de la Géométrie. Ce sont des relations entre les negmcnts faits sur une droite par des systèmes de points. On n'aperçoit pas, au premier al)or<l, la vraie lignification de ces propositions, ni les rapports qui peuvent les rattacher à une même question ; mais on reconnaît, par un plus ample examen, qu'elles Hont toutes relatives à la théorie de Vinvolution de six points, créée par Desargues, et devenue d'un usage si fréquent dans la Géométrie moderne. Ce ne sont pas les propriotés de la relation d'involution la plus générale, qui a lieu entre six points; mais ce sont dos propriétés de plusieurs relations que l'on peut aujourd'hui considérer comme dos cas particuliers de cette relation générale.

Los propositions aa, 29, 3o, 3a, 3^, 35, 36 et /|/f , par exemple, concernent une invo-

DÉFINITION GÉNÉRALE. l5l

encore au point A, pris comme élément de la seconde. On dit alors que les points A et Ai se correspondent doublement.

lution de cinq points. On y considère deux systèmes de deux points conjugués, et leur point central; et Ton en déduit une autre relation entre les cinq points.

Pour conclure cette relation de la relation plus générale entre six points, il faut observer que le conjuj^é du cinquième point ou point central est à l'infini.

Les propositions 87 et 38 concernent une involution de quatre points, qui sont deux points conjugués, un point double et le point central.

La 39* et la 4o* roulent sur une même propriété d'une involution de cinq points. On y considère deux systèmes de points conjugués et un point double.

Les 4i*> 4^* ®^ 4^* *^^^ u°^ relation entre deux systèmes de deux points conjugués et leur point central; relation nouvelle, différente des relations connues de Tinvolution de six points.

Les douze propositions 4^t 4^f • • • ^^ ^^ expriment une autre relation générale entre deux systèmes de deux points conjugués, leur point central et un autre point quelconque. Les propositions 4'» 4^ ^^ 4^ ^^ donnent que des corollaires do cette relation générale.

Desaegues est aujourd'hui reconnu, malgré ces précédents anciens, comme le véritable auteur de la théorie de Tinvolution. On lui doit le théorème suivant :

■ Le produit des segments compris sur la transversale, entre un point de la conique et deux côtés opposés du quadrilatère, est au produit des segments compris entre le même point de la conique et les deux autres côtés opposés du quadrilatère, dans un rapport égal à celui des produits semblablement faits avec le second point de la conique situé sur la transversale, h

Pascal, dans son Essai pour les coniques^ donne ce théorème « dont le premier inventeur est M. Dbsabgde*, un des grands esprits de ce temps, et des plus vcraés aux Mathématiques et entre autres aux coniques ». (Œuvres de Pascal^ t. IV, p. 408).

Le même théorème est énoncé par Bbadgrand dans une lettre critique sur l'Ouvrage de Dbsabgces mis au jour en i636 sous le titre de : Brouillon proiect d*une atteinte aftx événemens des rencontres d'un cône avec un plwi. Cette lettre nous apprend que Desargces désignait sous le nom d'involution de six points la relation qui constitue son beau théorème.

L'examen de la méthode de Desargces a été facilité, dans ces derniers temps, par la publication de ses Œuvres, dont on est redevable à M. Poudra {Œuvres de Deiargues, précédées d'une nouvelle biographie de Desargues, suivies de l'analyse des Ouvrages de Bosse, élève et ami de Desargues ; de Notices sur Des argues extraites de la vie de Des- CARTES par Baillet ; de lettres de Descartes ; de ?fotices diverses sur Desargces, par le P. CoLOMA, PERSETnr, Po!<C£LET et Cdasles; ...et d'un recueil très-rare de divers libelles publiés contre Desarcues. 3 vol. in-8. Paris, 1864 et 1875). Le Brouillon proiect cité plus haut, qui constitue l'œuvre principale de Desargces (vol. I, p. io3-a3o) a été découvert en i845Jpar CnASLES, dans un manuscrit de La Hire, daté de 1679. On ignorait, avant cette découverte, jusqu'à quel point Desargues avait poussé ses recherches de Géométrie moderne. La perte du Traité des coniques de Desargces et, bientôt après, la disparition du Traité des coniques de Pascal, fondé sur des considérations empruntées à Desargces lui-même, ont causé un grand dommage aux progrès de la Science et à la connaissance historique des travaux du xvii* siècle. — Voir Chasles. aperçu historique, etc. Bruxelles, iS37, p. 39-41» ll'lO'y Comptes rendus de V Académie des Sciences^ t. XX, i845, p. i55o-i554; Rapport sur les progrès de la Géométrie. Paris, 1870, p. 3o3-3o6. — Hocfer, Histoire des Mathématiques. Paris, 1874^ p* 4^^*

l5a GËOUÉTRIE DE POSITION. — CHAPITRE XIII.

Lorsque, dans deux ponctuelles projectiveSj u et u^deux points distincts, A et Aj , se correspondent doublement ^ tous les autres couples de points correspondants se trouvent dans la même condition.

Soit, en eficty B un troisième point quelconque de u et B| son correspondant dans U|. Les deux formes de points AAiBB, et \, ABjB sont projeclives (52) et le point B, pris comme élément de la seconde, a pour correspondant le point B,, considéré comme (•lément de la première.

Deux ponctuelles dont les éléments se correspondent ainsi doublement sont dites ponctuelles involutoires ou en involution.

La même définition s'applique, non-seulement à deux formes de la même espèce (faisceaux de rayons concentriques, faisceaux de plans coaxés, etc.) qui répondent aux conditions du précédent énoncé, mais encore à deux formes projectives d'espèces différentes, lorsque les éléments de Tune sont en double correspondance avec les éléments de la section ou de la projection de l'autre.

IL — Courbes et faisceaux de rayons du second ordre en inyolntion.

180. Deux courbes du second ordre, projectiles et superposées^ sont en involution lorsque deux quelconques de leurs points, A et Ai , se correspondent doublement.

Soient B et B| [fig- 44 ^^ 4^) deux points correspondants quelconques. U le point d'intersection des droites AAi, BB,, et u la polaire de ce point par rapport au lieu des deux courbes du second ordre superposées.

Aux points A, Ai , B de l'une des courbes correspondent respectivement les points Ai, A, Bi de l'autre. Les deux faisceaux de rayons Bj (AAi B) et B (AiABi), qui projettent respectivement, des points B, et B, les courbes A Ai B et Ai ABi , sont perspectifs à la ponctuelle u. Ils sont, en effet, projectifs aux courbes et, par conséquent, projectifs entre eux; de plus ils ont comme élément uni le rayon B| B ou BB| et sont dès lors des projections d'une même ponctuelle. Cette ponctuelle est d'ailleurs située sur u ;

FORMES ÉLÉUENTAIRES EN INVOLVTION. l53

car les couples de rayons correspondants B| A et BA|, B| A| et BA se coupent sur la droite u.

Deux autres points de la courbe, C et C|, alignés avec U, sont projetés de la même manière par deux couples de rayons correspondants des faisceaux B etB|, perspectifs à u, et sont, par suite, deux points doublement correspondants des courbes.

U suit de là et des théorèmes précédemment établis (105) que:

Si deux courbes projectives du second ordre sont en involulion, les droites qui joignent deux points correspondants quelconques se coupent en un même point U, et les points d'intersection de deux tangentes correspondantes quelconques sont situés sur la polaire u de \J.

La droite u est nommée Vaxe d'involution et le point U le centre d'involution des courbes.

181 . Les deux faisceaux de rayons du second ordre qui enveloppent deux courbes involutoires du second ordre sont aussi en involution.

En effet, les tangentes en deux points doublement correspondants quelconques sont elles-mêmes doublement correspondantes.

Les faisceaux sont dès lors coupés, par chacun de leurs rayons, suivant deux ponctuelles involutoires ; et pareillement :

Deux courbes du second ordre en involution sont projetées, de cliacun de leurs points, au moyen de deux faisceaux de rayons du premier ordre en involution, et de tout point pris hors de leur plan, au moyen de deux surfaces coniques en involution.

Un système de droites, perspectif à Tune des deux courbes, est en involution avec l'autre, et ainsi de suite.

m. — Formes élémentaires en involution.

182. Nous pouvons étendjre à toutes les formes élémentaires le théorème établi au n° 180, en disant que :

Deux formes élémentaires de la même espèce, projectives et

l54 GKOUÉTRIE DE POSITION. — CHAPITRE XIII.

situées l'une sur l'autre, sont en involution lorsque deux quelconques de leurs éléments se correspondent doublement.

Si les deux formes élémentaires sont deux faisceaux de rayons situés l'un sur l'autre, on construit deux courbes du second ordre, situées aussi l'une sur l'autre et perspectives aux faisceaux considérés. Ces courbes sont en involution, car deux de leurs points se correspondent doublement. Les deux formes de rayons sont donc aussi en involution.

Si les deux formes élémentaires sont deux faisceaux de plans ou deux ponctuelles y on construit deux formes de rayons , situées l'une sur l'autre et perspectives aux formes données. Ces formes de rayons étant, d'après ce qu'on a vu, en involution, il en sera de même des formes données.

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