AGENTS THERMIQUES (SUITE ET FIN
Description des différents>rocédi:s (fin). —Procét/és ??i(a;<es ou cotjj^iWs: douche écossaise; douche alternalive; bains alternatifs; bain russe; bains romains. — Préceptes généraux concernant la cure hydi-othérapique. — Indications et contre-indications.
Messieurs,
Les différents procédés simples, que vous connaissez maintenant, peuvent être combinés entre eux de diverses façons suivant les besoins de la pratique. Le plus souvent on fait alterner les applications chaudes avec les froides, ou bien on fait suivre une seule application chaude, plus ou moins prolongée, d'une application froide, unique également.
Lorsqu'on emploie de l'eau à température suffisamment élevée et qu'on prolonge un peu la durée de l'application, on>btient une rubéfaction de la peau. Si, à ce moment, on fait intervenir brusquement de l'eau froide, la rougeur delà peau devient plus vive et la sensation de froid est fort atténuée. La phase dite de réaction se produit plus facilement et évolue plus rapidement, ou bien, au contraire, est retardée. L'effet cutané obtenu varie proportionnellement à la différence entre les deux températures des moyens employés, à la durée respective de l'application de l'eau chaude et de l'eau froide'et enfin à la force de percussion.
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On dispose ainsi de facteurs multiples h l'aide desquels on peut obtenir des effets plus divers qu'à l'aide des procédés simples.
Un des principaux moyens de cet ordre est repré- Douche
T , 7 , • écossaise.
senté par la douche écossaise.
Pour l'administrer on fait arriver les conduites d'eau chaude et d'eau froide dans un réservoir commun, d'où part le tube de décharge. Comme nous l'avons indiqué pour la douche chaude, le dispositif adopté permet d'avoir de l'eau à température variable par une simple .manœuvre de robinets. Le mélange qui s'opère dans •le réservoir commun est instantané, grâce à la pression. 'On peut donc se servir d'un seul tube. Le mieux est •d'avoir deux tubes distincts, un pour la douche froide, lun autre adapté au réservoir de mélange.
Habituellement la douche écossaise est à jet mobile 'let à température progressive. Bottey, qui en a fait une bonne étude, en distingue trois variétés : la révulsive, ;la révulsive tonique, la sédative et tonique.
La (louche révulsive se donne avec de l'eau chaude, !de 45 à 50°, dont on prolonge l'application pendant 13 à 5 minutes jusqu'à ce qu'on obtienne la coloration «rouge cerise de la peau. Quelques aspersions froides faites à ce moment produisent la couleur rouge écarlate.
Une application de 5 à 6 secondes avec de l'eau à suffit et n'intervient que pour enlever l'excès du calorique.
On se guide sur les colorations successives de la peau. Cette douche ne produit pas d'abaissement 'thermique ; elle détermine une action analgésique puissante.
Pour ohi^niTY action révulsive et tonique, on procède exactement de la même manière ; mais on prolonge
118 LEÇONS Dii; THÉRAPEUTIQUE.
lapplication de l'eau froide pendant un certain temps après l'apparition de la teinte rouge écarlate, jusqu'à ce que le patient ait la sensation du froid. Après la douche la sensation de chaleur revient très rapidement.
Quand les malades ne peuvent pas supporter l'eau chaude à 45% ou bien quand la peau ne rougit pas malgré l'emploi de l'eau à cette température, on obtient l'effet révulsif et tonique à l'aide d'une double douche écossaise.
La perte de tonicité des vaisseaux, produite par la première douche froide courte, rend la seconde douche écossaise plus efficace. La durée totale de l'application de ces deux douches ne doit pas dépasser la durée d'une simple douche écossaise.
La douche sédative et ionique est celle que Tartivel a décrite sous le nom de forme sédative de la douche écossaise, légèrement modifiée parBottey.
On commence par une douche donnée avec de l'eau dont la température est de 35" au début; puis progressivement, dans l'espace de 30 secondes à une minute, on fait monter la température de l'eau jusqu'à 40-42°. On reste à la température maximum pendant une minute et demie à 2 minutes, et, pour terminer, on faitbaisser progressivement la température de l'eau de façon à arriver, dans l'espace de 30 secondes à une minute, à celle de l'eau froide.
Après l'application la peau reste rosée, la température interne est à peine abaissée et elle revient très lentement, en deux heures au moins, à la normale.
Cette variété de douche peut servir de préparation à la douche froide lorsque les malades sont faibles ou pusillanimes.
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La douche alternative est moins employée que la douche écossaise et les effets en sont moins bien étudiés. Elle consiste en l'administration alternative, plusieurs fois de suite et pendant un temps égal pour chaque douche, d'une application chaude et d'une application froide. C'est un procédé d'excitation plutôt que de sédation. La durée totale de cette douche est de 2 à 4 minutes.
On peut faire alterner les divers bains aussi bien que les douches. Le procédé décrit par S. Yinaj, sous le nom de bain refroidi est, en réalité, une sorte de bain alternatif. •
Le malade est mis d'abord dans un bain dont la température est de 34 à 36°. Il y reste pendant une période de 5, 10 ou 15 minutes. On refroidit alors rapidement l'eau, et dès que le malade commence à frissonner, ce qui survient au moment où l'eau est à la température de 25 à 23", on le sort du bain et on le frictionne avec un peignoir rude. Pendant ce temps l'eau froide du bain est remplacée par de l'eau chaude et le malade est plongé de nouveau dans la baignoire. Au bout de 2 à 3 minutes, il est frictionné de nouveau. Cette pratique déterminerait un effet tonisédatif.
Les applications partielles se prêtent également à diverses combinaisons. Nous choisissons comme exemple de ces procédés compliqués, celui qu'emploie Winternitz dans certaines formes de dyspepsie, notamment lorsqu'il existe de la cardialgie ou des vomissements. Le corps et les cuisses sont enveloppés dans un drap froid mouillé, tandis que, sur la région épigastrique, on applique un aerpentin à travers lequel on établit une circulation d'eau chaude à 40°.
Douche alternative.
BaiD alternatif.
Applications
partielles complexes.
Le malade éprouve, après une sensation de froid plus ou moins noiable, une chaleur agréable.
Il ne me reste plus qu'avons parler des comLinaisons dans lesquelles on fait entrer un bain d'étuve. Bain russe. Le bai?! viisse est un bain de vapeur (étuve humide) suivi d'une application froide. Le malade pénètre d'abord dans une étuve où l'on a disposé des gradins et un lit de bois, A la fin du bain de vapeur il s'étend sur le lit et est frictionné (fig. 16).
Il reçoit ensuite une douche en pluie, puis se plonge dans une piscine alimentée par de l'eau chaude et de l'eau froide. Dans une dernière chambre il trouve un lit de repos où il est encore frictionné. Cette pratique bien dirigée est toni-sédative.
Bain romain pj^g important dcs baius d'étuve complexes est
ou baiu turc. , , . . , • / • 7 •
le bain romain^ nomme aussi bain turc ou bain maure. Tous les peuples soumis aux lois de l'Islam ont conservé, en les modifiant selon leur génie propre, les pratiques multiples du bain romain , comprenant le bain d'étuve, le nettoyage de la peau, le massage, l'emploi de piscines chaudes et froides, le repos, etc.
Les établissements où se prennent ces bains sont répandus partout en Orient (bains maures) et se font remarquer par l'habileté avec laquelle on y pratique le massage, tout au moins pour les hommes. Il y a environ vingt-cinq ans des établissements du même genre ont été créés en Europe : en Angleterre, en en France, en Allemagne, où ils ont pris le nom de bains turcs.
La profession de masseur remonte déjà au temps des Grecs. Les thermes romains ont emprunté la pratique du massage aux Grecs et aux Asiatiques (Asie Mineure), mais en lui faisant subir un amoindrissement.
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Dans les bains maures elle est exécutée depuis longtemps parles mozabites, secte industrieuse et très civilisée, connaissant le massage par tradition. Mais pour les femmes le massage est exécuté par des négresses, qui sont beaucoup moins habiles.
Amédée Maurin a parfaitement décrit la disposition des établissements maures et la manière dont le bain y est administré. La construction est divisée en deux parties essentielles : la partie centrale ou étuve représente le sudatorium^ vaporarium ou laconiciim des anciens ; sur les côtés se trouvent les galeries ou couloirs avec les chambres publiques ou privées pour le repos. Au-dessous de letuve est placé le four {hypocaiisis des anciens), constamment alimenté par du bois. L'eau répandue dans l'étuve pour les ablutions modère et humidifie l'atmosphère de l'établissement.
La flamme du four vient chauffer un réservoir plein d'eau bouillante, surmonté d'une table de marbre située au milieu de l'étuve. La salle a la forme d'une croix latine, de sorte que la température y est irrégulièrement distribuée. Au-dessus delà table le thermomètre marque 62°; aux extrémités des bras de la croix, on ne trouve plus que 45°. Au fond de la salle et au milieu de la muraille sont disposées des vasques en marbre ou en onyx auxquelles correspondent des robinets d'eau chaude et d'eau froide.
On commence par séjourner sur la table de marbre afin d'obtenir une sudation abondante; puis on se livre au masseur qui pétrit les parties antérieures et postérieures du corps et exécute ensuite des frictions énergiques à l'aide d'un gant en -poils de chameau. Après viennent les ablutions d'eau chaude et d'eau savon-
lieuse; puis l'arrosage avec des parfums et enfin la toilette, le repos et le thé.
Les bains turcs installés en Europe sont des étuves dont la température va de 50° jusqu'à 100". On y pratique aussi le massage et on y fait usage des ablutions tièdes, de la piscine froide ou de la douche. Il est assez difficile d'en régler l'emploi d'une manière méthodique et scientifique. Aussi ces sortes d'établissements ne conviennent-ils guère qu'à des demi-malades.
Dans les pays chauds, ils sont fréquentés indistinctement par tous et ils constituent une pratique hygiénique. On y obtient une forte diaphorèse, surtout lorsqu'on boit, pendant le cours des diverses pratiques, une certaine quantité de liquide. L'ensemble des opérations n'aboutit pas, comme on pourrait le croire, à la fatigue, mais plutôt à un sentiment d'allégement et de bien-être. E. Large a constaté que l'effet général produit sur l'organisme parle bain turc se traduit par une excitation générale des échanges nutritifs.
D'après OErtel, qui a étudié les pertes aqueuses subies par les patients dans l'établissement des bains romains de Kolditz, la quantité d'eau perdue dans chaque séance s'élève de 500 grammes à 1 kilogramme.
Messieurs,
Après cette description des divers procédés de l'hydrothérapie froide et chaude, je crois devoir vous indiquer les préceptes généraux relatifs à la manière de diriger une cure.
Lorsqu'il s'agit d'un cas tant soit peu grave, la cure doit être faite, non à domicile, mais dans un établissement convenablement installé et sous la direction
Cure hydrothérapique.
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d'un médecin expérimenté. Presque toujours les malades peuvent continuer à vivre chez eux ou à l'hôtel;, mais souvent l'internement est absolument nécessaire. En tout cas, vous devrez toujours considérer la cure hydrothérapique comme très sérieuse et ne pas perdre dé vue que, faite d'une manière non méthodique, elle peut être plus nuisible qu'utile.
Lorsqu'il existe une indication pressante à l'emploi de l'eau froide, toutes les époques de l'année sont bonnes pour commencer la cure. Mais si cela est possible, on choisira de préférence pour l'instituer un temps modérément froid et sec, plutôt qu'un temps chaud et humide. Les malades impotents, incapables de prendre de l'exercice, de même que ceux qui sont atteints d'une affection des voies respiratoires, se trouveront mieux de faire leur cure en été plutôt qu'en hiver. Au contraire, cette dernière saison sera plus favorable lorsqu'il s'agira de modifier une maladie constitutionnelle (obésité, diabète, névrose, etc.).
La durée de la cure est, en général, longue. Assez souvent, au bout d'un certain nombre de jours, on verra, survenir une sorte d'exacerbation des phénomènes morbides. Ce ne sera pas une raison pour suspendre la cure. On ne l'interrompra pendant quelques jours,, pour la reprendre ensuite, que s'il survient de la surexcitation.
Dans les cas où la cure doit être très longue pour amener un résultat, il est nécessaire de la couper par des temps de repos de plusieurs semaines. Il n'est pas rare d'observer pendant ces périodes de repos, une amélioration qui faisait défaut pendant le cours même de la cure.
Le choix du moyen à employer ou des divers moyens
rapeutiques.
i\ faire intervenir, simultanément ou l'un après l'autre, est une question importante qui ne peut être convenablement discutée qu'à propos des médications et des traitements. Je vous renverrai donc sur ce point aux autres parties de mon cours. Et, cependant, je puis vous donner ici, pour terminer, quelques indications générales sur les effets thérapeutiques qu'on peut obtenir, ainsi que sur les principaux états morbides où l'on peut faire intervenir utilement les divers procédés de l'hydrothérapie.
EiTeis thé- Les pratiques de l'hydrothérapie permettent de produire, ainsi que j'ai déjà eu l'occasion de vous en montrer des exemples, des effets thérapeutiques divers, dont le sens général est habituellement désigné par les expressions suivantes : excitation, sédation, révulsion.
L'excitation, c'est-à-dire la provocation de phénomènes réactionnels vifs et intenses, est obtenue par l'emploi d'applications froides, de courte durée, associées aux moyens mécaniques les plus énergiques.
Par suite, les pratiques les plus excitantes sont les simples lotions et frictions, les enveloppements froids dans le cours desquels on frictionne la peau, la douche écossaise ordinaire et la douche alternative; mais surtout la douche froide en jet mobile ou en pluie, de courte durée.
En hydrothérapie, l'action dite sédative se manifeste toutes les fois qu'on parvient à rendre les phénomènes de réaction peu intenses et à en prolonger l'évolution. Elle exige l'emploi de moyens assez puissants, d'une durée suffisamment prolongée. Aussi faut-il souvent faire passer les patients, avant d'y recourir, par une
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période de préparation pendant laquelle on utilise des procédés moins énergiques.
On commencera, par exemple, avant d'arriver à la piscine froide suffisamment prolongée, qui représente un des plus puissants moyens de sédation, par l'immersion dans une piscine tempérée ou par des affusions tièdes, puis on se servira des applications froides sans percussion et entre autres du maillot humide très mouillé. Les autres procédés de sédation sont ceux dans lesquels on fait intervenir alternativement le chaud et le froid : alternance des bains de baignoire, des bains de vapeur avec les applications froides énergiques; douche écossaise sédative précédemment décrite.
Enfin on peut obtenir encore la sédation à l'aide de moyens qui atténuent l'excitabilité nerveuse des extrémités des nerfs sensibles, tels que le séjour prolongé dans un bain tempéré, auquel on ajoute parfois des substances mucilagineuses.
La révulsion, c'est-à-dire l'appel énergique du sang à la périphérie du corps, non d'une manière passagère, mais soutenue pendant un temps aussi long que possible, est obtenue à l'aide des applications chaudes ou de certaines applications successives du chaud et du froid.
La douche écossaise révulsive, générale ou partielle, précédemment décrite, est un des bons moyens d'atteindre le but. Quand les malades sont alités, on peut se servir des maillots secs ou humides, suivis d'applications froides.
Les divers procédés de l'hydrothérapie froide et mdicaiious. chaude interviennent avantageusement dans un grand nombre de médications et de traitements. Je citerai notamment la médication antipyrétique, où l'on fait
fréquemment usage de la méthode réfrigérante; la médication sthénique, où l'on tire un grand profit des applications froides, courtes ; la médication anliphlogistique, qui réclame les applications froides, prolongées, localisées ; les maladies du système nerveux, où l'on a recours à des applications très diverses suivant le but à atteindre; la médication de la douleur, où les procédés de révulsion sont particulièrement indiqués ; le rhumatisme qui est justiciable de l'hydrothérapie chaude ou des moyens mixtes, combinés souvent avec le massage; la médication hémostatique, qui met à profit d'une part l'action styptique du froid, de l'autre les effets réflexes que peuvent déterminer les applications chaudes ou froides localisées et suffisamment énergiques; enfin les maladies dites de la nutrition, qui bénéficient des effets produits sur la nutrition générale par la plupart des pratiques de l'hydrothérapie.
Contre- Malgré la place fort importante, vous le voyez, dications. qu'occupe l'hydrothérapie dans le traitement des maladies aiguës et chroniques, les divers procédés dont elle dispose ne peuvent être appliqués à tous les malades. En d'autres termes, il existe un certain nombre de contre-indications à l'emploi des pratiques hydrothérapiques.
D'une manière générale, les affections organiques, la tuberculose pulmonaire, la paralysie générale, le diabète sucré, les néphrites et l'albuminurie chronique, les maladies du cœur et des vaisseaux doivent faire écarter l'emploi des moyens de réfrigération.
Il est vrai que, dans les cas où ces maladies sont peu avancées dans leur évolution, il est parfois possible d'intervenir avec circonspection à l'aide des procédés
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les plus doux; mais la contre-indication devient formelle dès que les affections que nous venons d'énumérer ont amené un certain degré de débilité générale, ou simplement un mauvais état des organes circulatoires.
Les maladies de la peau ne contre-indiquent qu'une partie des procédés hydrothérapiques, et entre autres l'eau froide et la sudation à la lampe. Beaucoup d'en tre elles, au contraire, réclament l'intervention de certains moyens spéciaux, tels que les bains de baignoire, simples ou médicamenteux, les bains de vapeur, la douche tempérée ou chaude.