SEPTIÈME LEÇON
AGENTS THERMIQUES (SUITE)
Description des différents procédés. — Applications froides partielles : bain de jambe ; bain de siège à eau dormante ; enveloppements humides ou froids partiels. — Bains et douches d'air ; berceau à glace; emploi de l'air décomprimé. — II. Applications chaudes. —
A. Procédés avec percussion : douches chaudes générales, locales. —
B. Procédés sans percussion : maillot sec ; maillot humide ; demimaillot ; bains de baignoire ; bain de piscine tempéré à eau courante ; bains partiels; bains d'air et de vapeur : étuve humide, douche de vapeur, étuve sèche.
Bain de jambes.
Bain de siège à eau dormante.
Messieurs,
Poursuivons la longue description des procédés d'application du froid. Parmi ceux dans lesquels la percussion n'intervient pas, nous trouvons encore les applications partielles .
Le bain de jambes se donne avec de l'eau modérément froide de 24 à 30°. Lorsqu'il est suffisamment prolongé, il détermine un effet révulsif puissant.
Le bai?i de siège à eau dormante nécessite de l'eau à une température analogue, de 25 à 30° . Pendant sa durée, qui est au plus de 15 minutes, une compresse froide placée sur la tête elle front empêche l'apparition de la céphalalgie. Pour éviter la fatigue qui résulte de la situation fléchie des cuisses, Delmas se sert d'une sorte de chaise longue (tig. 14). Viennent ensuite les applications plus strictement localisées.
Les enveloppements humides partiels avec des com-
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presses sont plutôt, en raison de la longue diiréè de l'application, des procédés d'échauffement.
Les véritables applications froides se font à l'aide de
Fig. 14 (d'après Delinas).
serpentins dans lesquels l'eau se renouvelle plus ou moins rapidement, ou de sacs remplis de glace.
Les serpentins ont l'avantage d'empêcher l'échaufife- Serpentins ment des parties sur lesquelles on les applique et de pouvoir prendre les formes les plus diverses. Ce sont, en effet, des siphons de caoutchouc, nus ou recouverts de toile, dont la longue branche peut prendre, en un point donné de son parcours, une forme appropriée à la région sur laquelle doit porter l'application.
On les a parfois remplacés par des matelas froids dans lesquels on fait circuler un courant d'eau.
Parmi les appareils construits sur le principe des serpentins, nous citerons la ceinture réfrigérante de Dumontpallier et Galante, dont l'emploi semble être abandonné, le boniiet réfrigérant^ etc. (appareils de Gariel, Petitgand, Galante) (Voy. Médication antipyrétique et Médication antïphlogistique).
Les sacs à glace sont faits avec une vessie ou avec un
t02 LEÇONS DE THÉRAPEUTIQUE.
sac de caoutchouc; les plus soignés sont ceux de Chapmann, destinés à la réfrigération de la région rachidienne. Le sac vaginal pour la réfrigération du vagin doit être également mentionné.
)nde froilif Jq signalerai encore, au nombre des appareils à réfrigération locale, Idi sonde froide OMpsichro fore.
C'est un cathéter à double courant, sans fenêtre (Winternitz), présentant un tube d'afflux et un d'issue. On en fait parvenir l'extrémité au col de la vessie et on y établit un courant d'eau à 14-10° pendant 8 à 12 minutes. Il vaut mieux encore se servir au début d'eau à 18-16°, que l'on refroidit très lentement.
Burgonzio s'en est servi avec avantage en cas de pollutions et d'impuissance.
Atzperger a imaginé un tampon métallique analogue, destiné à la réfrigération du rectum pour combattre les hémorroïdes et les engorgements prostatiques, uain d'air. Pour être complet, nous dirons quelques mots de l'emploi de Vair comme agent de réfrigération.
Vous vous souvenez qu'en raison de ses qualités physiques, l'air est peu propre à produire une soustraction notable de calorique. Les bains aériens ont cependant fait l'objet de quelques essais, parmi lesquels je mentionnerai ceux de Kaczarowski (1879) et de Traubenberg(1883) (Voy. Médication a?itipyrélique).
Plus récemment, un médecin de Londres a repris la question en se servant d'un dispositif nouveau auquel il a donné le nom à'icecradle (berceau à glace). L'appareil de Soltan Fenwick se compose de 5 à 6 cerceaux de fer reposantpar leur-base sur lelit (fig. 15) etportant chacun, au sommet de leur courbe, au-dessus du lit, un seau de zinc à moitié plein de glace. Chaque seau est enveloppé de manière à empêcher l'égouttement et
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les cerceaux sont recouverts d'une légère couverture. Le malade, vêtu d'une simple mousseline non transparente, repose ainsi dans une atmosphère refroidie, une bouillotte d'eau chaude aux pieds. Il est nécessaire de faire circuler l'air autour du lit. Dans ces conditions l'atmosphère qui entoure le malade n'est refroidie que de 1 à 2 degrés.
Cependant on voit parfois survenir des frissons ou
bien un abaissement thermique au-dessous de 38°. Dans l'un et l'autre cas, on cesse l'application. Mais souvent on a dû maintenir des typhiques dans le berceau à glace pendant dix à quatorze jours consécutifs. Je ne puis encore porter un jugement sur ce procédé ; je vous l'indique à titre de renseignement.
Mentionnons encore les douches d'air imaginées par Douche d'air. M. Dupont (1884). Vous savez qu'il existe dans Paris une canalisation d'air comprimé, destinée à mettre en mouvement les horloges pneumatiques. M. Dupont a eu l'idée d'utiliser cet air sous pression pour administrer des sortes de douches. La décompression de l'air produit un froid assez intense, bien que le courant
d'air ait encore, au moment où il vient frapper la surface du corps, une grande force de percussion.
La capacité calorifique de l'air étant beaucoup plus faible que celle de l'eau, le procédé en question se rapproche plus du massage que de la douche d'eau.
Dupont a noté l'excitation des muscles profonds, de l'estomac par exemple, à la suite de l'application faite au niveau de la région épigastrique. Il ne mentionne pas les modifications thermiques obtenues.
Après la douche d'air la peau devient rouge et les malades éprouvent une sensation de chaleur périphérique.
Le procédé parait être plus facile à supporter que la douche d'eau, et il se prête particulièrement bien aux applications localisées.
Applications Abordous maintenant la description des applica-
chaudes. j • i i i i r • i
tions chaudes, en commençant, comme pour les Iroides, par les procédés dans lesquels intervient la percussion.
Douche. La douche générale commence à être chaude à partir de 33 à 35°. Si on ne dépasse pas cette température, l'évaporation de l'eau à la surface du corps, pendant l'application et immédiatement après, détermine une action rafraîchissante légère.
L'impression de chaleur étant naturellement moins forte que lors d'une immersion, il faut dépasser la température de 35° pour que la douche soit réellement chaude, c'est-à-dire réchauffante.
On peut arriver jusqu'aux températures de 40 à 45". Il est très rare de dépasser cette dernière. Le plus habituellement on élève progressivement la température de l'eau depuis 30 ou 32° jusqu'à 40 ou 42°. D'où
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la nécessité d'avoir un outillage permettant de graduer convenablement la température et surtout de connaître le plus exactement possible cette température à chacun des moments de l'application. Comme le plus souvent la température de l'eau utilisée est le résultat d'un mélange d'eau froide et d'eau chaude, qui se fait instantanément grâce à la pression, cette dernière condition — c'est-à-dire la détermination exacte de la température — est presque toujours imparfaitement réalisée.
Le plus souvent la douche chaude est administrée avec le jet brisé. Quand on se sert de la pluie, on emploie de l'eau simplement dégourdie.
Les douches partielles ou locales sont données avec les mêmes appareils que pour les applications froides.
Les procédés dans lesquels on ne fait pas intervenir la percussion sont les plus nombreux. Et tout d'abord, nous trouvons les divers genres d'enveloppement destinés à produire la sudation.
La sueur peut être provoquée aussi bien par les moyens qui s'opposent à la déperdition du calorique que par les procédés faisant absorber de la chaleur. Les premiers sont les maillots : maillot sec et maillot humide.
Le maillot sec, plus usité en Allemagne que chez nous, Maillot sec. est appliqué de la manière suivante.
Après avoir disposé sur le matelas une ou deux couvertures, puis un grand drap, on place le malade très d'aplomb sur le dos, les bras étendus le long du corps, la tête basse, reposant sur un petit coussin. Le drap est alors relevé et serré autour du corps et mis de manière à dépasser par en haut les couvertures. En bas il est roulé en corde et ramené sous les talons ;
puis les couvertures sont bordées. On ne doit pas laisser de vide entre les deux épaules, la poitrine elle cou, tout en ne gênant pas les mouvements respiratoires.
On place une boule d'eau chaude aux pieds et on ajoute, au besoin, des couvertures ou un édredon.
Le patient ainsi emmailloté reste au repos pendant au moins une heure, parfois pendant trois à quatre heures.
La surface de la peau s'échauffe d'environ 2 degrés.
Dans les cavités, la température s'élève de 0°,1 à 1 ° au plus. La quantité d'eau perdue pendant une application prolongée n'est guère que de 100 grammes.
A la longue il survient des malaises, de la pesanteur de tête, de la turgescence de la face, des vertiges, des bruissementsd'oreille, et, enfin des nausées, de la soif et de la fatigue.
Le maillot humide n'est que le drap mouillé déjà décrit, prolongé jusqu'à sudation, c'est-à-dire pendant une heure et demie à deux heures et demie. Après l'application, le patient est soumis au bain froid de piscine ou à des frictions avec un linge mouillé. Le maillot humide produit au début une impression peu agréable et quelques frissons; mais, quand la température commence à s'élever, le patient éprouve du bien-être et tend à s'endormir. Pendant le cours de l'application, les vaisseaux cutanés restent contractés; ils ne se dilatent qu'après. A ce moment, la température du corps est très légèrement augmentée. Priessnitz se servait du maillofhumide comme moyen de préparation à la douche. On en obtient une courte excitation, suivie de sédation. D'après Vinaj il ne serait jamais débilitant.
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Les enveloppements partiels sont plus souvent utilisés encore que le maillot humide.
Le demi-maillot est l'application humide limitée au Deuii-n.aiiiot. tronc. On place sur le devant du corps une grande compresse de toile mouillée qu'on recouvre d'une toile imperméable et le tout est maintenu à l'aide d'une
bande de flanelle.
Le matin, au moment où on l'enlève, le patient est soumis à une lotion ou à une friction froide. Appliqué pendant la nuit, le demi-maillot possède une action somnifère. D'une manière générale, il est sédatif.
Le maillot abdominal, un peu moins étendu, est employé souvent dans les états dyspeptiques. Il produit sensiblement les mêmes effets.
On emploie encore la ceinture thoracique, la ceinture cervicale (Oppolzer), les enveloppements articulaires, les enveloppements des pieds, destinés à combattre le refroidissement des extrémités.
Le bain est le moyen le plus employé. Le bain ordi- Baiu tempéré. naire ou tempéré est donné avec de l'eau à 33-34°; il estditparfois indifférent ^d,vQ,Q que, théoriquement, il ne devrait produire aucun effet physiologique. Chez les non-fébricitants, lorsqu'il atteint la durée d'une heure au moins, il exerce une action sédative qu'on rapporte à l'imbibition de la peau et à la soustraction des extrémités nerveuses à l'impression des excitants extérieurs. Chez les fébricitants, il modère la température fébrile, ainsi qu'Hippocrate déjà l'avait reconnu. Chez l'homme sain il ne déterminerait d'après Liebermeister, aucune modification de la température . Et, en effet, G. vonLiebig n'a noté que des fluctuations insignifiantes pendant et après le bain. Cependant, 'plus récemment, Théry a observé une légère diminution de la température après
le bain d'eau à 33-36°, d'au moins une demi-beure de durée, et C. Cbauvet, à Royat, a fait la môme constatation pour le bain à eau courante de 34 à 35°. L'abaissement de la température centrale se produirait lentement pendant le bain et s'accentuerait pendant quelque temps encore après pour disparaître plus tard progressivement. Enfin, disons dès maintenant que le bain tempéré
Fig. 16.
semble, d'après les derniers travaux, activer la nutrition générale (Zawadzki) .
Le bai7î chaud, le bain de piscine tempéré à eau courante, les bains partiels ne sont guère utilisés que dans certaines stations thermales. Ces diverses pratiques peuvent produire des effets excitants ou sédatifs.
A partir de 37° et au-dessus, le bain chaud est suivi d'une élévation de température de 1° à 4° (Liebermeister) etd'une sudation plus ou moins abondante qui continue après le bain (Donnai) .
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Nous aurons plus tard à revenir sur ce Lté question des bains à propos des eaux minérales.
Il nous reste encore à parler des bains d'air et de vapeur. Les généraux sont les bains d'étuve que Ton distingue en bain d'étuve humide ou de vapeur et en bain d'étuve sèche.
Uétuve humide est particulière ou commun. La pre- Étuve humide.
Fig. 17.
mière est constituée par une petite chambre de 2 mètres sur 2 mètres, d'une hauteur de 2'",50 à 3 mètres, dont le plafond est en voûte ou terminé sur les côtés par une forte pente (fig. 16). La chambre doit contenir un lit de bois pour le patient, un robinet de vapeur placé contre la paroi opposée au lit, une sonnette et un thermomètre à proximité du malade. Enfin, il est encore nécessaire d'y mettre une cuvette d'eau fraîche et un appareil à douche.
Vétuve commune est disposée d'une manière très variable suivant les établissements et les localités. En général elle renferme des gradins assez larges pour permettre aux patients de s'y asseoir commodément, de s'y coucher même(fig. 17), Au fur et à mesure qu'on monte les gradins, la chaleur y devient plus élevée et des thermomètres indiqiientla température de l'atmosphère des divers étages. Cette température varie habituellement de 35 à 75"; elle est, en moyenne, de 45 degrés.
Dans les établissements, on séjourne le plus souvent dans l'étuve le corps nu, dépouillé de tout vêtement. Dans certaines stations thermales, où les chambres de vapeur restent à une température de 32 à 35°, les malades conservent un vêtement léger.
Au début la sensation de chaleur qu'on éprouve dans Fétuve humide à 45° environ est difficile à supporter ; mais, au bout d'un petit nombre de minutes, le malaise disparaît, la respiration devient libre et régulière, la tête se dégage et bientôt la sueur apparaît. Plus tard on éprouve une certaine fatigue. La durée de cette sorte d'application est de 30 à 45 minutes. Dans beaucoup de cas l'étuve humide est associée à d'autres procédés hydrothérapiques. Wigand a calculé que la perte en poids qu'on y subit est d'environ 15 grammes par minute. Mais il faut faire observer qu'au fur et à mesure que l'atmosphère de l'étuve se sature, la perte aqueuse éprouvée par l'organisme va en diminuant.
Dans les chambres de vapeur maintenues à la température de 43°,8 à 50°, pour une durée moyenne de séjour d'environ 40 minutes, la perte d'eau s'est élevée, d'après les estimations d'OErtel, de 222 grammes à 743 grammes. Cette perte s'est montrée sans rapport, soit avec la surface du corps, soit avec le poids corporel.
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L'élévation de la température centrale y est d'abord lente, puis ensuite plus rapide.
A 33-34°, elle se traduit par quelques dixièmes de degrés seulement (LieLermeister) ; quand l'atmosphère atteint 51 à 53°, la température centrale monte en iO minutes de 36° à 40°, 4 et en 30 minutes de 38 à 41°, 6 (Bartels et Jûrgensen). Frey et Heiligenthal ont trouvé dans des chambres de vapeur dont la température était de 50 à 58°, la température centrale à 39° au bout de 30 minutes. Ainsi donc l'étuve humide détermine constamment une élévation de la température du sang.
La douche de vapeur est un jet de vapeur que l'on dirige, en général, pendant le cours du bain d'étuve, sur un certain point du corps, au moyen d'un réservoir de vapeur (dit réservoir de purge) muni d'une lance. On introduit parfois , dans ce réservoir,
des liquides ou des plantes aromatiques (fig. 18).
Vétuve sèche, rarement utilisée comme application isolée, est une salle hermétiquement close, chauffée par divers moyens, tels que circulation d'eau, de vapeur ou d'air. Nous y reviendrons à propos du bain turc. Les bains d'air sec ou humide se pratiquent encore à l'aide de deux -autres procédés : étuve à la lampe, bains de caisse.
Douche ilo vapeur.
L'éiuve à la lampe date du xvii* siècle. C'est une chaise de bois munie de cerceaux s'élevant jusqu'aux épaules et dont le siège est percé de quinze à vingt trous d'un centimètre de diamètre. Entre les pieds se trouve une planche à jour et en avant un escabeau
Fig. 19.
pour les pieds. Le malade, dépouillé de ses vêtements, est assis sur la chaise et enveloppé ensuite dans une couverture de laine qui remonte jusqu'au cou et par-dessus laquelle on étend une toile imperméable. Pour produire l'air chaud on fait brûler sous la chaise une grosse lampe à alcool à quatre ou cinq becs (fig. 19).
La température de l'air qui entoure le patient doit monter à 40-50°. La pièce doit être aérée. Pour faciliter la sudation, on fait boire au malade toutes les 10 minutes un verre d'eau fraîche . Tant que la température ne dépasse pas 50°, le pouls est peu modifié
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et la température interne ne monte pas sensiblement. Mais quand l'air de l'étuve arrive aux températures de 00 à 60% le malade éprouve une sensation de brûlure à la peau, de la soif, des nausées, des bruissements d'oreille, tandis que le pouls devient fréquent et que la température interne s'élève.
L'avantage de ce procédé, qui maintenant est rarement utilisé, réside en ceci, qu'il peut, à l'aide d'un outillage analogue, être appliqué dans le lit lorsque les malades sont incapables de se lever. Il suffit de ménager, à l'aide de cerceaux placés sous les couvertures, une sorte d'espace dans lequel un tuyau venant en s'évasant surplomber la lampe conduit l'air chauffé par celle-ci.
A l'emploi de la chaise on substitue souvent le bain caisse. e?2 c«me. L'appareil est variable. Il peut être en bois et fermé par un couvercle percé d'un trou pour la tête ou bien en marbre et avoir la forme d'une borne creuse, fermée par un couvercle percé et mobile. Un banc ou une chaise permet au malade d'être assis et de pasêer la tête cà travers l'orifice du couvercle, de manière à respirer cà l'air libre, et une collerette vient obturer l'espace resté béant entre le cou et le bord de l'orifice (fig. 20). Ces caisses peuvent servir à l'administration d'un bain de vapeur simple ou médicamenteux, ou bien d'un bain d'air chaud. Pour ce dernier réchauffement de l'air est obtenu au moyen d'une lampe à alcool, ou bien de plaques en fonte, ou encore de briques rougies au feu.
Dans l'étuve sèche l'air n'étant pas saturé de vapeur, la sudation est plus facile et. plus abondante que dans l'étuve humide, mais elle cesse immédiatement quand le malade sort de l'atmosphère échauffée (Bonnall.
G. Hatem. — V. g
U4 LEÇONS DIî THÉRAPEUTIQUE.
Les phénomènes produits se déroulent d'une manière plus progressive que dans le bain de vapeur, de sorte que, somme toute, l'étuve sèche est plus facilement supportée que l'étuve humide.
La capacité calorifique de Tair n'étant que les trois millièmes de celle d'un égal volume d'eau, et d'autre part la sueur et l'évaporation étant rendues plus aisées par la sécheresse de l'air, on comprend pourquoi cer-
Fig. 20.
tains expérimentateurs ont pu pénétrer et séjourner pendant un certain temps dans des étuves dont la température était supérieure à celle de l'eau bouillante. Dans les expériences de Fordice et Blagden, de Dobson, la température des étuves s'est élevée jusqu'à 127". Plus récemment Bonnal a poussé la température de l'air sec
jusqu'à 135 degrés.
Dans les conditions ordinaires, la température du sang s'élève moins dans l'air sec que dans l'air humide.
Dans une étuve dont l'atmosphère était de 50" à 90% E. Large a observé, au bout d'une heure à une
AGENTS THERMIQUES. 115
heure et demie, une élévation de 0°,5 à 1° au maximum. Flemming a noté une élévation de 2° dans une étuve de 76° après 50 minutes de séjour.
Le retour de la température interne à la normale s'effectue d'une manière progressive.