E = IR
C'est la formule la plus importante de celles que tout médecin doit connaître.
D'après les unités pratiques précédemment définies, cette formule se traduit ainsi :
L'intensité d'un courant exprimé en ampères est égale au quotient de la force électromotrice (supposée invariable), exprimée en volts, parla résistance du circuit exprimée en ohms.
Nous supposons la résistance invariable et le courant constant.
Dans chaque unité de temps la force électromotrice soulèvera une quantité d'électricité à une hauteur E et développera une énergie égale à El.
Cette énergie représente la puissance mécanique P. P = El exprimée en watts ou, étant donnée la valeur de E = IR,P = PR.
Cette puissance mécanique est la source de toutes les actions produites par le courant. Ainsi que je vous
G. Hayem. — V. jo
l'ai fait remarquer elle est caractérisée, comme celle d'une chute d'eau, par deux facteurs : le débit (I) et la hauteur de chute (E).
La quantité Q n'étant que l'intensité en fonction du temps, Q = It. Un courant d'une intensité donnée possédera toujours la même quantité et produira, à circuit fermé, le même travail chimique.
Quand le couple est fermé sur lui-même, c'està-dire à court circuit, la résistance du conducteur est nulle ou à peu près; la résistance R est représentée uniquement par la résistance intérieure du couple.
Mais quand les choses sont disposées de manière à ce qu'un certain travail soit exécuté, le courant rencontre dans le circuit extérieur une résistance plus ou moins notable.
Le facteur R comprend donc deux termes que l'on désigne habituellement par r pour la résistance intérieure du couple et par R pour la résistance extérieure.
En tenant compte de ces deux fractions de la résistance totale, la formule d'Ohm devient :
L'interposition de la résistance a donc pour effet de diminuer l'intensité et cette résistance peut devenir assez grande pour rendre cette intensité nulle, c'està-dire insuffisante pour qu'un travail soit exécuté.
On peut rendre le fait saisissant en fermant un couple alternativement sur un galvanomètre et sur un voltamètre.
Prenons un couple Daniell et mettons-le en rapport avec un galvanomètre. Nous obtenons une déviation de l'aiguille indiquant que 1=125 M. A. (milliampères).
Faisons maintenant passer le courant à travers le
galvanomètre et à travers un voltamètre. L'aiguille du galvanomètre est alors à peine déviée, et il ne se produit pas d'électrolyse dans le voltamètre.
Voici, en effet, ce qui se passe. La résistance intérieure de notre couple étant de 8 ohms, celle du voltamètre de 1000 ohms, on a, d'après la précédente formule, la force électromotrice du Daniell étant 1 :
1 = g |\ooQ~ 0,992 M. A. (moins d'un milliampère.)
La résistance offerte par le corps humain étant plus grande encore que celle du voltamètre, il est nécessaire de posséder des appareils capables de fournir, en présence d'une certaine résistance à vaincre, une intensité convenable.
Tel est le but rempli par V association des couples. La Associations formule montre que cette association, pour les usages '^^^ «^o'^p^^s. médicaux, doit être faite de manière à produire l'augmentation de la force électromotrice en fonction des résistances. On obtient l'effet voulu à l'aide de la disposition des couples en série, c'est-à-dire en les associant positif à négatif.
J'associe de la sorte deux éléments qui, pris isolément, restent sans action sur le voltamètre et vous voyez que j'obtiens ainsi un travail chimique énergique. Qu'avons-nous réalisé à l'aide de ce dispositif? Dans l'association en série on multiplie la force électromotrice par le nombre des éléments. E pour un couple, devient ?îE, pourn couples.
De même on multiplie la résistance extérieure par le nombre de couples ; r devient nr. Mais R reste invariable.
On a :
nr + R
En série.