G. HAYE.M. — V
recours aux couples de grande force élecLromolrice au bichromate ou à l'acide chroraique.
Trouvé et Gaiffe fabriquent des batteries à treuil assez commodes quand on ne craint pas d'avoir un appareil encombrant (fig. 48 et 49).
On peut encore utiliser les batteries Chardin et Trouvé spécialement disposées pour la galvanocaustie (fig. 51, 52, 53).
Fi". 51. — Batterie de Chardin au bichromate.
Mais il estp eut-être préférable, pources divers usages, de se servir d'accumulateurs entretenus par le fabricant.
Rappelons encore que le praticien a besoin, pour actionner les appareils d'induction, d'un ou de deux couples.
A cet égard on n'a que l'embarras du choix. Les appareils portatifs contiennent la pile fournissant le courant. Pour le cabinet on se servira d'une pile-bouteille, de deux couples Gaiffe (moyen ou grand modèle)
ÉLECTRICITÉ. — ÉLECTR1SA.TI0N. -igSî
associés en série, ou d'un des autres couples dont nous avons donné précédemment la description.
Il nous reste encore à faire connaissance avec le con- Coûdcasateur densateur à feuilles d'étain, instrument introduit en '^.màln^
Fig. 52 et 53. — Batteries de Trouvé au bichromate.
électrothérapie depuis quelques années, dans le but de produire, avec le courant de pile, des effets de décharge se rapprochant de ceux qui sont déterminés par les courants induits. L'usage de ce condensateur tend à remplacer dans la pratique celui de la galvanisation interrompue.
L'instrument en question est d'une construction très simple, mais d'un étalonnage assez délicat.
On superpose des feuilles d'étain et on les sépare par du papier paraffiné, jouant le rôle d'isolant. Chaque
feuille dépasse un peu par un de ses côtés le papier paraffiné.
Les rebords ainsi ménagés sont superposés de deux en deux, de telle sorte que l'on a une série de feuilles paires, une série de feuilles impaires, ainsi que l'indique le schéma de la figure 54, C.
Le tout est comprimé, plongé dans de la paraffine bouillante et enfermé après refroidissement dans une boîte dont le couvercle porte deux bornes en rapport avec les rebords des armatares.
Cet instrument, tout en différant des condensateurs électrostatiques par la petitesse relative de son volume, présente une surface de condensation très considérable et par suite une grande capacité. Pour les usages physiologiques et médicaux il est disposé de manière à avoir une capacité d'au moins 1/2 microfarad, le plus souvent d'un microfarad, divisé ou non par fractions de 0,1 à 0,5 micro farad.
Guillemin ayant démontré qu'un condensateur à lames d'étain peut être chargé instantanément à saturation à l'aide d'une batterie ordinaire à cause de la quantité considérable d'électricité que celle-ci peut fournir dans un laps de temps extrêmement court, cet instrument a reçu diverses applications. L'usage en a
Fig. 54.
été introduit en médecine il y a quelques années par Boudet de Paris.
Connaissant les divers appareils destinés à fournir le courant de pile, il nous reste à apprendre comment on détermine les conditions physiques dans lesquelles on opère.
/ E nE \ , ,
La formule d'Ohm (1= -5- ou — permet de
\ R w 4- ly
résoudre divers problèmes ; mais, dans la pratique, les calculs sont évités grâce à l'emploi d'appareils de mesure qui doivent être considérés comme les accessoires indispensables des batteries médicales.
La force électromotrice des couples dont on fait usage est intéressante à connaître et on pourrait la déduire de la formule précédente. Mais c'est une constante invariable, déterminée une fois pour toutes, et la plupart des livres ou des catalogues donnent le tableau des forces électromotrices des principaux couples et parfois aussi des résistances de ces couples.
Voici quelques renseignements sur les couples que nous avons décrits :
Tableau des forces électromotuices.
Daniell 1,079
Callaud-Trouvé 0,98
Gaiffe 1,33
Couples au bisulfate de mercure 1 ,526
Couples au bichromate de potassium. 1,9 à 2,026.
La mesure la plus importante, celle de l'intensité du courant, est fournie par le galvanomètre, instrument indispensable, devant être annexé à toute batterie médicale. Pendant longtemps on s'est servi uniquement de galvanoscopes. La pratique du galvanomètre pro-
Mesures diverses.
Force électromotrice.
Intensité.
prement dit n'a été possible qu'à partir du moment où l'on s'est entendu sur les unités électriques.
Les premiers galvanomètres médicaux construits par GaifTe avaient pour principe le multiplicateur de Nobili.
Vous n'avez pas oublié l'expérience d'OErsted. Lorsqu'un courant de pile traverse un fil situé dans le plan du méridien magnétique et situé dans le voisinage d'une aiguille aimantée, mobile dans un plan horizontal, l'aiguille est déviée et tend à se mettre en croix avec le courant.
Ampère a comparé le courant électrique à un bonhomme couché sur le dos, regardant l'aiguille et traversé par le courant des pieds à la tête.
Quand le courant passe, le pôle austral (N) de l'aiguille est toujours dévié à la gauche du bonhomme. On peut se servir de celte loi pour reconnaître pratiquement le sens d'un courant.
Schweigger augmenta l'effet produit sur l'aiguille en faisant passer le courant à travers un fil recouvert de soie et enroulé sur un cadre de bois, d'ivoire ou mieux de cuivre rouge. Enfin Nobili remplaça l'aiguille unique, mobile, par deux aiguilles aimantées, reliées l'une àl'autre par une tige métallique et disposées parallèlement de manière à se correspondre par leurs pôles* de nom contraire. Ces aiguilles représentent un système asiatique. L'une des aiguilles étant plus fortement aimantée que l'autre, on suspend le système à l'aide d'un fil de cocon et, tandis que l'une est entourée d'un multiplicateur, l'autre se déplace à l'extérieur sur un cadran de manière à indiquer les déviations du système pendant le passage d'un courant à travers le multiplicateur.
ÉLECTRICITÉ. — ÉLEGTRISATION. 199
L'amplitude de la déviation dépend de l'intensité du courant.
C'est à l'aide d'un système de ce genre que Gaiffe a obtenu des galvanomètres médicaux dont les divisions indiquaient des milliampères. En imprimant au cadre qui porte les torsades de fil une certaine courbure, il était parvenu à donner aux divisions une valeur uniforme. Ce genre de galvanomètre tend à être abandonné pour diverses raisons. Il est influencé par le voisinage des masses magnétiques, et vous savez que nos maisons modernes comprennent presque invariablement des constructions en fer .
D'autre part, il n'est
pas gradué de manière à permettre d'employer les courants très intenses qui sont actuellement d'un usage fréquent.
Les nouveaux galvanomètres Gaifîe procèdent du galvanomètre de Desprez et d'Arsonval.
Ce dernier instrument est fondé sur l'action réciproque d'un aimant et d'un courant (fig. 55). Il comprend un aimant puissant en fer à cheval, A, A', dont
Fior. 55.
Galvanomètres.
200 LEÇONS DE TAÉRAPEUTIQUE.
Taxe est vertical, entre les branches duquel est placé un tube de fer doux, B, fixe comme l'aimant et qui, en s'aimantant sous son influence, concentre les lignes de force du champ magnétique sur la bobine.
Dans le double champ magnétique ainsi constitué peut se mouvoir un cadre de fil de cuivre isolé, suspendu par un fil fin d'argent soutenu lui-môme par une potence.
Un bouton molletté permet de soulever le cadre et de l'orienter par rapport au champ magnétique. Un miroir, solidaire du cadre, permet de lire la déviation par la méthode du miroir. En projetant sur ce miroir un rayon lumineux qui va éclairer une échelle divisée, placée à distance sur le mur de la salle, les moindres déviations du cadre deviennent apparentes. Inférieurement, ce cadre porte un fil de platine qui trempe dans un godet à mercure que surmonte une couche d'eau contenant du cyanure de potassium. Un des bouts du fil enroulé sur le cadre correspond au fil JH, et se trouve mis en contact électrique avec la potence M et la borne K. Un second fil de platine trempant dans le mercure met, par la vis E, le second bout du fil formant le cadre mobile, en contact avec la borne L. Le courant à mesurer entrant par K monte le long de la colonne M, descend par le fil de suspension HJ, traverse le cadre CC et ressort par D pour aboutir à la vis E et à la borne L. Le fil d'argent HJ a environ 5 centièmes de millimètre. Il sert à la fois de conducteur au courant, d'axe de rotation au cadre galvanométrique et de ressort antagoniste s'opposant à la force qui tend à dévier le cadre et par conséquent il peut servir à mesurer cette, force.
Cet instrument ne peut être influencé ni par le ma-
ÉLECTHICITÉ. — ÉLEGTRISATION. 201
gnétisme terrestre, ni parle voisinage des corps magnétiques. Il est, de plus, absolument apériodique et instantané, de sorte que, traversé par un courant, le conducteur mobile prend immédiatement sa position d'équilibre sans aucune oscillation. Enfin il est d'une grande sensibilité.
Gaiffe construit, d'après le galvanomètre d'Arsonval,
deux nouveaux instruments. Le premier modèle, catalogué sous le nom de galvanomètre apériodique, se compose (fig. 56) d'un galvanomètre d'Arsonval dont la bobine B, mobile entre les branches de l'aimant M, est ramenée au zéro par une masse de fer doux F, remplaçant les fils de torsion. Le mouvement de la bobine est transmis, par l'intermédiaire d'une fourchette T et de deux fils de soie, à une aiguille index en aluminium Y qui l'amplifie en se mouvant dans un plan perpendiculaire au plan de rotation de la bobine. L'aiguille parcourt un cadran G qui porte 100 divisions à gauche et à droite du zéro. L'instrument étant équilibré dans toutes ses parties, peut être employé indifféremment dans toutes les positions. Il permet la lec-
ture trois à quatre secondes après que le courant a été lancé à travers la bobine/ct il est suffisamment stable
pour que les vibrations ou chocs qui lui sont transmis restent sans action sur la marche de l'aiguille.
Dans le secondinstrument, portant le nom de d'Arsonval-Gaiffe, la masse de fer doux du galvanomètre d'Arsonval est supprimée. La bobine est montée sur un axe en acier dont les pointes très polies roulent dans des chapes en pierre dure très
travaillée, tandis que deux ressorts spiraux, en métal non magnétique, servent à la fois à ramener la bobine au zéro et à conduire le courant.
Deux dispositifs différents ont été adoptés. Dans le premier, deux aimants A A', (fig. 57) sont roulés en cylindre et disposés de telle sorte que les pôles de l'un correspondent au point neutre de l'autre , Le champ magnétique est ainsi régularisé et la bobine se meut dans l'espace resté entre les deux aimants.
Dans le second dispositif des aimants plats découpés comme l'indique la figure 58, sont superposés et laissent entre les deux extérieurs AA et les deux intérieurs A', la place nécessaire pour loger la bobine.
Fig. 58.
ÉLECTRICITÉ. — ÉLECTRISÂTION. 203
Comme dans le premier disposiLif, les pôles des uns regardent les points neutres des autres. Dans les deux
Fig. 59.
cas la branche N des aimants extérieurs correspond à la branche S des aimants intérieurs.
Fig. 60.
Les galvanomètres ainsi obtenus sont sensibles, apériodiques et à divisions régulières. On en fabrique trois
modèles. Les deux premiers sont petits, transportables et doivent être utilisés aplat (fig. 59). Le troisième est grand, à cadran vertical; il est surtout destiné aux expériences de laboratoire (fig. 60).
A tout moment d'une électrisation, on doit pouvoir consulter le galvanomètre et connaître l'intensité du courant employé sans avoir de calcul à faire.
Il est, de plus, nécessaire, lorsqu'on emploie le courant continu, de savoir quelle est la quantité d'électricité dépensée dans le cours d'une séance.
Si le courant conservait d'une manière constante la même intensité, on connaîtrait la quantité d'électricité utilisée dans un temps quelconque, à l'aide d'une des formules précédemment indiquées Q = It (( étant le nombre de secondes). Mais la résistance extérieure étant variable pendant le cours d'une même opération, un calcul de ce genre est presque impossible. Pratiquement il est rendu inutile par l'emploi du voltamètre.
Cet instrument est une heureuse application des lois de Faraday touchant l'action chimique dite électrolytique. Je dois vous rappeler ces lois.
r L'action électroly tique est indépendante de la position relative de la pile et de l'électrolyte.
On peut donc introduire le voltamètre en un point quelconque du circuit extérieur, fermé d'autre part sur l'organisme.
2° La quantité d'électrolyte décomposée est proportionnelle à la quantité d'électricité qui a passé dans le circuit.
Un coulomb décompose toujours une même quantité d'eau; il donne naissance, par conséquent, à un poids connu et déterminé d'hydrogène.
ÉLECTRICITÉ. — ÉLEGTRISATION. 205
Comme le même nombre de coulombs traverse simultanément toutes les parties du circuit, toutes les actions chimiques qui se produisent simultanément sur le parcours de ce circuit, s'effectuent en quantités équivalentes.
Cette loi ne souffre aucune exception, ni aucun écart.
Donc, toutes les fois qu'un même volume de gaz se sera produit dans le voltamètre, le travail chimique et la quantité d'électricité dépensée seront déterminés. Vous remarquerez, toutefois, qu'on n'a pas ainsi la mesure de l'énergie totale employée.
Je crois important de vous faire bien comprendre le genre d'indication fournie par le voltamètre.
Introduisons dans le circuit de pile un organisme humain pour procéder à une galvanisation continue.
Avec quatre couples nous obtiendrons un courant dont l'intensité sera I.
Plaçons maintenant dans le circuit un voltamètre, toutes choses égales d'ailleurs. Nous augmenterons par ce fait la résistance extérieure et le travail. Pour que le courant conserve la même intensité I, il faudra faire usage d'un nombre n' de couples, plus grand que n. La puissance de la pile ou énergie deviendra
nm > nm.
L'augmentation d'énergie correspondra à l'électrolyse produite dans le voltamètre; elle donnera la mesure proportionnelle du travail effectué dans le reste du circuit, c'est-à-dire dans l'organisme, par le courant d'une intensité I, pendant le temps t, ou, si l'on veut, la mesure de la quantité d'électricité qui traverse pendant ce laps de temps, toutes les parties du circuit.
Le voltamètre de Gaiffe(rig. 61) se compose de deux
tubes de verres concentriques, dont l'un, le central C, qui enveloppe les électrodes de platine, est divisé et sert à recueillir et à mesurer les gaz mélangés (H et 0), et dont l'autre T est le réservoir de liquide.
Les deux tubes communiquent entre eux par les
tubulures 00'. Il suffit, après chaque expérience, de soulever un instant par l'anneau A, le bouchon b qui ferme le tube central pour remplir de nouveau ce dernier de liquide.
Autrefois ce tube central était divisé en centimètres cubes. Aussi Boudet de Paris a-t-il dressé une table qui indique immédiatement, pour des séances d'une durée de 10 minutes, les quantités d'électricité
j^.g qui correspondent respec-
tivement aux divers volumes de gaz accumulé dans le voltamètre. Actuellement Gaiffe a adopté la division en coulombs et a donné à l'instrument le nom de coulombmètre. Chaque degré, qui est divisé en dixièmes, est égal 0", 1740844 et représente, à la température de 0° et à la pression de 0'",76 le travail d'un ampère pendant une seconde, c'est-à-dire un coulomb. Le galvanomètre et le coulombmètre sont, vous le voyez, les deux compléments les plus indispensables des batteries médicales.
Rhéostats. Les instruments destinés à mesurer les résistances
sont d'une utilité pratique moins considérable. Ils peuvent remplir cependant divers buts importants.
En général, pour la pratique, on se sert de boîtes de résistance ou rhéostats médicaux, constitués par des bo-
Fig. Q1.
bines de fil de maillechort isolées dans de la paraffine et disposées de telle sorte qu'on peut intercaler dans le circuit une ou plusieurs d'entre elles, de manière à
. Fi^. G3.
additionner au circuit une résistance connue, variant de 1 ohm à 40 000 ohms (fig. 62).
Dans le rhéostat médical de Gaiffe (fig. 63), il suffit de dévisser un des boutons du circuit métallique fixé sur le cadre de la boîte pour obliger le courant à passer par la bobine correspondante.
Cet instrument peut servir à mesurer l'intensité du courant lorsque le circuit de pile est fermé sur une
résistance donnée. Dans ce cas le galvanomètre est certes plus commode.
Le même instrument sert à mesurer la résistance d'une partie quelconque du corps humain dans des conditions déterminées, ou bien encore à graduer finement l'intensité du courant par diminution progressive de la résistance.
Dans le premier cas, on opère par la méthode dite de substitution. Après avoir observé au galvanomètre l'intensité du courant en fonction de la résistance opposée par l'organisme ou par une partie de l'organisme, on substitue à cette résistance un rhéostat dont on fait varier la résistance jusqu'à ce que le galvanomètre indique la même intensité de courant. La résistance marquée sur le rhéostat donne la valeur cherchée.
Le rhéostat sert surtout à graduer le courant d'une manière douce et progressive, ce qui est indispensable dans les applications se faisant dans certaines régions, notamment à la tête. On peut dans certains cas faire usage d'un rhéostat à liquide. Ce petit instrument permet de faire passer le courant à travers une colonne de liquide de longueur variable. Il existe encore d'autres rhéostats fonctionnant comme graduateurs du courant dans certains appareils spéciaux.