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GROUPES COMPLÉMENTAIRES

Eaux arsenicales — iodo-hroinurécs — lithinées — azotées.

Pour faire l'étude de ces eaux d'une manière méthodique, il nous paraît utile de nous occuper d'abord des eaux relativement simples. Les eaux mixtes, ayant des propriétés se rattachant à plusieurs principes minéralisateurs, ne peuvent, en effet, être convenablement appréciées que lorsqu'on a pris connaissance des eaux plus simples. Ainsi, par exemple, l'étude des eaux sulfurées chlorurées suppose connues celles des sulfurées simples et des chlorurées pures; il serait peu logique de la placer après la description des sulfurées pures et avant celles des chlorurées. L'ordre que nous suivrons sera, par suite, le suivant :

A. Eaux où prédomine l'action d'un seul principe ou d'un groupe de principes analogues. — Eaux relativement simples.

1. Sulfurées (sodiques ou calciques). — II. Chlorurées sodiques. — III. Bicarbonatées sodiques. — IV. Alcalino-terreuses ou calciques. — V. Sulfatées sodiques et magnésiennes. — VI. Ferrugineuses. — VIL Indéterminées (hydrominérales simples et acidulés gazeuses).

B. Eaux dont l'efTet thérapeutique semble se rattacher à plusieurs principes. — Eaux mixtes ou complexes : Classes ou groupes se rattachant aux familles précédentes.

1° Sulfurées chlorurées et chlorurées sulfurées; T chlorurées bicarbonatées; 3" sufaltées mixtes. 4° Groupes complémentaires : eaux arsénicales, iodobromurées, lithinées, azotées.

L'importante famille constituée par les eaux sulfii- Eaux

^ sulfureuses,

reuses ou sulfurées nous met immédiatement en présence des problèmes les plus difficiles de l'hydrologie médicale. Tout est, en effet, complexe dans l'étude de ces eaux : la minéralisation, la description des effets physiologiques, l'appréciation des effets pharmacothérapiques.

Les eaux sulfureuses sont remarquables par la complexité de leur constitution, bien que dans la plupart d'entre elles la somme des principes minéralisateurs soit minime, si minime que beaucoup d'auteurs en ont mis un certain nombre parmi les indéterminées.

L'élément chimique qui sert à les caractériser est le soufre. Il s'y présente le plus habituellement sous une forme propre à lui faire produire à petite dose des effets relativement puissants et il y est associé à d'autres principes susceptibles, dans bien des cas, d'en favoriser l'action, mais aussi, d'autrefois, d'en atténuer ou d'en faire dévier les effets.

Le soufre s'y trouve soit à l'état d'hydrogène sulfuré, soit à l'état de sulfure alcalin (de sodium, de calcium, de magnésium et de potassium). A côté de lui on rencontre du sulfate de chaux, des chlorures, des carbonates, des silicates, de la matière organique et des gaz: acide carbonique, azote; parfois encore, on note des traces de fer, d'iodures et de bromures.

Un grand nombre de sources sulfureuses sont thermales, d'autres sont froides. Quelques auteurs ont pris ce seul caractère comme base d'une division. Malgré

l'intérêt qu'il présente, le facteur leinpératurc nous paraît être un élément insuffisant pour autoriser un tel groupement.

Il est plus rationnel de prendre pour base de classement la manière dont se présente et se comporte l'élément soufre.

La division la plus simple, celle de Durand-Fardel, comprend seulement deux grandes classes : les sulfurées sodiques, les sulfurées calciques ousulfhydriquées.

Le Bret admet cinq classes : les sulfurées sodiques, les sulfurées sodiques hyposulfitées, les sulfurées calciques, les hydrosulfurées, les sulfurées et chlorurées sodiques. Il nous semble qu'on peut rattacher, à l'exemple de Durand-Fardel, les hyposulfitées aux sulfurées sodiques et les hydrosulfurées aux sulfurées calciques.

Nous admettons donc les trois classes suivantes : Sulfurées sodiques ; Sulfurées calciques et sulfhydriquées ; Sulfurées chlorurées.

Mais nous aurons à indiquer certaines subdivisions importantes, tant au point de vue de l'hydrologie pure qu'à celui de la clinique hydrominérale. Sulfurées Les sulfurées sodiques sont celles dont le principe sodiques. miuéralisateur le plus actif thérapeutiquement est le sulfure de sodium. Ce sont à la fois les plus nombreuses, les plus abondantes et les plus importantes au point de vue de leurs applications. La plupart d'entre elles sont thermales. Elles sont éminemment françaises et gisent de manière à former deux groupes géographiques d'inégale valeur. Le premier, de beaucoup le plus considérable, occupe le pied du massif pyrénéen sur tout le parcours de la chaîne; le

secoiul est siiiié dans la région qui avoisine les Alpes du Dauphiné et de la Savoie. Quelques rares stations de même ordre sont encore disséminées dans d'autres régions.

Le principe sulfureux se trouve toujours dans ces eaux en proportion très faible, ne dépassant pas dans les plus riches (Ludion) 0,077 par litre. La forme sous laquelle il y existe est encore actuellement objet de discussion.

Sans parler des sources qui ne renfermeraient que de l'hydrogène sulfuré en présence ou non de soude et qui auraient été mises à tort dans ce groupe, on trouverait dans les sulfurées sodiques proprement dites, tantôt un monosulfure (Filhol), tantôt un suifhydrate de sulfure (Garrigou, Duhourcau). Dans plusieurs d'entre elles, Berthelot a trouvé un sulfhydrate de sulfure alcalin, de l'acide sulfhydrique libre et de l'alcali libre (soude). Ces résultats un peu disparates semblent tenir à l'altérabilité de la plupart des eaux de ce groupe, altérabilité provenant de la complexité de leur constitution. On y trouve, en effet, des éléments qui ne peuvent rester, en présence les uns les autres, dans leur état primitif, que dans certaines conditions. Lorsque celles-ci viennent à changer par suite de l'arrivée de l'eau à l'air libre, d'un abaissement de la pression primitivement supportée, du dégagement de gaz, du contact de l'air, de l'altération des matières organiques, il se produit avec plus ou moins de facilité et depromplitude des mutations chimiques et, cela, au lieu même de l'emploi des sources.

Résumons, d'après Durand-Fardel, qui en a donné une bonne description, les principaux faits connus relativement à ces mutations chimiques. Celles-ci ont

pour résultai le dégagement d'acide sulfhydriqm;, lequel ne cesse que lorsque l'eau est devenue hyposulfitée. On peut dire qu'en général les sulfures alcalins se décomposent en donnant naissance à des polysuifures, des hyposulfites, puis des sulfites et des sulfates alcalins. La polysulfuration est habituellement un phénomène transitoire ; mais elle peut persister, comme à Barèges, etêtreen rapport avecdes propriétésthérapeutiques particulières. Dans quelques cas, une certaine quantité de soufre serait mise en liberté et, en restant en suspension fixe dans l'eau, elle produirait les eaux blanches (Luchon)oules eaux bleues (Ax). Dans d'autres cas encore, la dégénérescence s'opérerait rapidement et c'est ainsi que prendraient naissance les eaux dites dégénérées ou modifiées (Réveil), possédant des propriétés spéciales.

Durand-Fardel conclut de ces faits qu'en pratique il faut tenir compte du degré d'altérabilité des eaux sulfurées, plutôt que de leur teneur en sulfure, telle que permet de la mesurer la sulfhydrométrie. On devra donc prendre en considération la fixité relative du sulfure, le dégagement plus ou moins abondant d'hydrogène sulfuré, la polysulfuration, la présence de sulfites (dégénérescence).

Laissez-moi toutefois vous rappeler comment on dose le soufre par la méthode sulfhydrométrique de Dupasquier.

Lorsqu'on verse une dissolution alcoolique d'iode dans une eau sulfureuse amidonnée, la couleur bleue n'apparaîtra pas tant que l'iode n'aura pas entièrement décomposé le principe sulfureux, ou bien elle disparaîtra par agitation du mélange. La couleur bleue se montrera et persistera, au contraire, dès que

lii dernière trace du composé sulfureux aura disparu (Pelouze). Un équivalent d'iode déplaçant un équivalent de soufre, il suffira d'employer une liqueur titrée.

Les sulfurées sodiques les mieux caractérisées sont presque toutes réparties dans les Hautes et dans les Basses-Pyrénées. Elles émergent des terrains primitifs ou de ceux qui sont à la limile des primitifs et des terrains transitoires. Presque toutes sont thermales, toutes donnent une réaction alcaline et renferment une matière organique azotée qui paraît y jouer un certain rôle. Quelques auteurs attachent, en outre, de l'importance à la richesse de quelques sources en silicates alcalins. Toutes exhalent à leur point d'émergence une odeur franchement hépatique.

Les plus altérables, dans lesquelles on trouve des carbonates, des hyposulfîtes, des sulfites et des sulfates alcalins, ont également une réaction alcaline ; mais elles n'ont ni odeur ni saveur sulfureuses. Elles renferment également une certaine proportion de matière organique. Ces eaux appfcrtiennent aux Pyrénées- Orientales et viennent des terrains primitifs de nature granitique. Elles forment la classe des sulfurées hyposulfitées de Le Bret.

Il me serait impossible d'étudier avec vous, en détail, la composition chimique des eaux minérales. Je me bornerai à vous présenter, sous forme de tableaux, les données les plus importantes à cet égard, et encore ne mettrai-je, dans ces tableaux, que les stations et les sources principales.

Eaux sulfurées sodiques françaises.

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