‹ Leçons de thérapeutique (volume 3)Chapitre 58 sur 72 · QUARANTE ET UNIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

QUARANTE ET UNIÈME LEÇON

Action physiologique des eaux cliloi-urées (suite). — EfTels produitspar les moyens exlernes. — Eau de iner et cure marine; stations de bains de mer. — Indications des eaux chlorurées sodiqucs pures et de la cure marine.

Messieurs,

Effets des Les moyeiis externes, les bains surtout, jouent un bains. ^^Yq très important dans la médicamentation chlorurée sodique. L'eau des bains renferme en général 2 à 3 p. 100 de chlorure de sodium, soit 12 à 18 livres de sel pour 300 litres d'eau. Parfois la proportion de sel s'élève jusqu'à 8 à 10 p. 100; dans d'autres cas, au contraire, elle tombe à 1,5 p. 100.

Les bains salés déterminent nettement les phénomènes d'excitation attribuables, d'une manière générale, aux bains hydrominéraux. On y voit la peau pâlir d'abord, puis devenir rouge pour ne reprendre sa coloration normale qu'au bout de quelques heures. Ces bains afïectent donc la répartition du sang et ils provoquent, sans doute aussi, des phénomènes réflexes qui peuvent avoir une valeur thérapeutique.

Les faits physiologiques les plus importants sont ceux qui concernent les modifications du mouvement nutritif.

Rôhrig et Zuntz, Paalzow ont étudié la question au

point de vue aes vanaiions respirtituires. us oui constaté qu'un bain renfermants p. 100 de sel augmente l'absorption d'oxygène et l'exhalation de l'acide carbonique. L'augmentation est de 15,3 p. 100 dans la consommation d'oxygène, de 25 p. 100 dans l'excrétion du CO^ Ces phénomènes ne s'observent pas avec les bains d'eau douce et sont empêchés par la paralysie curarique.

Je vous ai dit que Beneke avait, d'autre part, observé une augmentation de l'excrétion azotée. Il y aurait donc exagération de toutes les combustions intraorganiques.

L'étude de cette question a été récemment reprise par divers expérimentateurs, et notamment par Keller et par Gauly.

Keller, à Rheinfelden, a comparé les effets du bain simple à ceux du bain pris avec de l'eau contenant 3 p. 100 de sel. Les résultats qu'il a obtenus peuvent se résumer sous la forme du tableau suivant :

Buins salés. Bains simples.

Quantité des urines augmentée diminuée.

Chlorures augmentés diminués.

Phospliates augmentés diminués.

Azote diminué augmenté.

Acide sulfurique augmenté augmenté.

Poids corporel diminué augmenté.

Les bains salés, contrairement à ce que l'on croyait, diminueraient, d'après Keller, l'excrétion azotée qu'augmente légèrement le bain simple ; ils accroîtraient les excrétions non azotées.

Gauly a entrepris sur lui-même, à Salins, des expériences dont le plan lui a été donné par A. Robin. Il est arrivé à d'autres conclusions; mais il s'est servi d'une eau plus salée. Cette eau renfermait, au quart

w p. iuu ae SCI, au demi-sel, 12 p. 100, pure 25 ]). 100.

Voici d'ailleurs un résumé des principaux résultats qu'il a obtenus. Le l)ain au quart a produit une diminution (le la quantité des urines, une diminulion des matériaux organiques, de l'acide urique, des matières extractives azotées; il est resté sans influence sur les matériaux solides et sur l'azote incomplètement oxydé; il a augmenté les matériaux inorganiques, l'azote total, l'urée, le coefficient d'oxydation azotée, les chlorures, l'acide pliosphorique, le rapport de l'acide pliosphorique à l'azote total.

Le bain demi-sel a fait augmenter tous les éléments de l'urine et diminuer le rapport de l'acide phosphorique à l'azote total.

Enfin, le bain pur sel a fait diminuer l'azote incomplètement oxydé, les matières extractives azotées, l'acide urique, le rapport de l'acide phosphorique à l'azote total ; il a fait augmenter tous les autres éléments analysés. Après la cessation des bains, l'azote incomplètement oxydé, les matières extractives azotées, le rapport de l'acide phosphorique à l'azote total sont restés diminués; au contraire, les augmentations signalées pendant les bains sont allées en s'accentuant.

Ces expériences tendent à établir que les effets des bains salés varient assez sensiblement avec la richesse de l'eau en sel. On ne peut pas dire qu'elles infirment celles de Keller.

D'ailleurs, malgré toute la peine prise par l'auteur, elles ne sont pas démonstratives.

Les effets des bains s'étant prolongés après leur cessation, que peut-on tirer d'analyses faites d'une manière suivie pendant trois jours de période pré-

Dalneaire, puis HUlb juui» uc jjaina au i^uait, IJ.U10

jours de bains au demi-sel, six jours de bains avec de l'eau non coupée ? Ajoutons que l'auteur n'a pas pris soin de comparer les effets produits chez lui par les bains simple?- à ceux que suscitent les bains salés. En réalité ces sortes d'études sont longues et pénibles; il est nécessaire, pour arriver à des résultats précis, de choisir des conditions plus simples et de poursuivre les expériences pendant un temps plus long.

Je suis entré à cet égard dans quelques détails pour vous montrer que les lacunes, tant de fois signalées dans l'étude physiologique des eaux minérales, ne pourrontêtrecombléesquepar des travaux delonguehaleine.

L'addition à l'eau des bains de un à vingt litres d'eaux mères est une pratique dont les effets restent, pour le moment, indéterminés. Il en est de même des effets physiologiques des douches.

En résumé, en nous en tenant aux données les plus certaines, la cure chlorurée sodique est reconstituante et excitante. En faisant accroître la combustion des matériaux non azotés, elle peut faciliter le dégraissement du corps. Elle a pour résultat une action générale tonique et lorsqu'elle augmente l'appétit et améliore la digestion — ce qui est habituel — elle facilite la reconstitution des tissus azotés, quoique puissent indiquer les résultats analytiques qui tendent à faire croire à une désintégration exagérée.

L'eau de la mer est en quelque sorte un immense réservoir d'eau minérale. C'est un type naturel d'eau chlorurée sodique. Sa composition chimique est très complexe, car on n'y trouve pas moins d'une trentaine de corps, mais le chlorure de sodium en représente à lui seul les trois quarts en poids.

xxv>iiv>oi3c un 3131 ucpuiiu uc iciiaiiiuue , eue uiminuc d'une façon assez régulière à mesure qu'on s'élève vers le Nord. Le tableau suivant en fait foi :

ciii.om uK m: sodii m poi k dOOO :

iVIer Rouge 40

Médiloiranée 40

Atlantique (au large) 38

Manche 30

Mer du Nord 33

Sund et Cattégat -to

Baltique occidentale ;. 8

— orientale 4,33

Rade de Cronstadt 0,61

Le long des côtes la salure varie, dans de fortes proportions, suivant l'absence ou la proximité des cours d'eau. Les matières salines autres que le chlorure de sodium diffèrent sensiblement d'une mer à l'autre, La plus importante d'entre elles est le sulfate de magnésie : il y en a une plus forte proportion dans la Méditerranée que dans la Manche.

On a trouvé, en outre, dans l'eau de mer une matière organique grasse encore indéterminée, désignée sous le nom de mucosine et répondant à la mucosité de Bory de Saint- Vincent, des gaz en proportion variable. La densité de l'eau de mer est de 1025 à 1032; elle augmente des pôles à l'équateur, ainsi que pouvaient le faire prévoir les variations de composition que nous venons d'indiquer.

La température moyenne de l'eau de mer, pendant l'été, du 21 juin au 22 septembre, est donnée par le tableau suivant :

Méditerranée 22 à 27"C.

Océan Atlantique 20 à 23°

Mer du Nord 16 à 18°

Mer Balli([ue 15àl7°

JUans la ivieaiierranee, la lemperacure convenaJDle' pour le bain est atteinte en juin et persiste jusqu'en, novembre.

A la cure marine prennent part trois facteurs principaux : l'air, l'eau, le sable.

L'eau est employée, comme une autre eau minérale eu boisson, en bains, en douches.

L'usage interne de l'eau de mer remonte à une haute antiquité, car Pline donne une formule d'eau de mer miellée. Toutefois l'emploi thérapeutique régulier de cette eau est attribuée à Richard Rùssell (1 750). Il a été depuis l'objet de divers essais qui permettent de placer l'eau de mer à côté des chlorurées fortes. Elle purge l'adulte à la dose de deux à trois verres. Disons, toutefois, que si certains praticiens font boire à leurs malades une petite quantité d'eau de mer pour compléter la cure marine, l'usage interne de cette eau est, en somme, restreint et nullement comparable à celui des eaux minérales servant à la cure chlorurée sodique interne .

Quelques essais faits par Liste, avec du pain à l'eau de mer, n'ont pas été poursuivis.

Donc, la cure externe est la plus importante. Elle Cure extei'ne. compte comme moyens les bains de mer froids, les bains de mer chauds, donnés dans des baignoires, l'hydrothérapie marine et enfin les bains de sable.

Pendant la durée de cette cure les malades sont soumis à l'action de l'atmosphère marine qui exerce par elle-même une influence notable sur l'organisme, influence que l'on a cherché à reproduire, nous l'avons vu, dans les stations où l'on fait respirer aux malades l'air des salines.

Dans la « grande piscine du bon Dieu », pour Bains.

G. Hayem. — V. 38

employer 1 expression de Michelet, les lacieurs dont il y a lieu de tenir compte sont la température, la densité, la pression, la composition chimique de l'eau, l'action mécanique des vagues. Les effets physiologiques produits sont très analogues à ceux que détermine le bain froid, mais plus excitants. Ils sont d'une analyse difficile, les sujets soumis aux bains de mer respirant de l'air marin et parfois aussi avalant un peu d'eau de mer pendant la durée du bain.

Les bains de mer ne doivent être pris que trois heures au moins après le repas. Il faut choisir le moment de la marée haute. Le sable est alors échauffé et la lame plus sensible. Dans les plages du Nord, l'eau et l'air ne sont jamais trop chauds, mais ils peuvent être trop froids. Les malades doivent entrer rapidement dans l'eau, se livrer à des mouvements assez énergiques et rechercher le choc des lames.

Ils éprouvent tout d'abord un premier frisson léger, qui cesse bientôt. Le second frisson, qu'on ne doit pas atteindre et qui, dans tous les cas, indique, lorsqu'il débute, que le bain devient nuisible, survient au bout d'un temps variable suivant maintes circonstances et, en général, au bout de cinq à quinze minutes. Il est plus tardif quand les personnes commencent à s'aguerrir à l'effet réfrigérant du bain. Après le bain, on doit se livrer à un exercice actif sur le bord de la mer. Quand le malade est sujet à la céphalalgie après le bain, on peut prévenir cet effet à l'aide d'un pédiluve chaud pris à la sortie de l'eau.

On ne doit prendre qu'un bain par jour. Après une série de quinze à vingt bains, on se reposera quelques jours et, pour faire une saison complète, on prendra de quarante à cinquante bains.

Les individus laibles, anémiques, amaigris, supportent mal les bains de mer froids. On peut avoir recours pour eux aux bains de baignoire, pris avec de l'eau de mer chauffée, pratique qui n'est qu'une imitation des bains usités dans les stations d'eaux minérales. Dans un bon nombre d'endroits on emploie également la douche, dont les effets ont été particulièrement, étudiés par Lemarchand. La douche est froide ou écossaise, plus rarement tiède. Sa durée doit être inférieure à celle qui est donnée avec de l'eau ordinaire.

Enfin, dans les stations un peu chaudes, on met par- Bains de sabite-. fois à contribution le bain de sable. On creuse un trou dans le sable, on laisse le soleil échauffer la place, puis on y étend l'enfant — ces bains leur sont surtout réservés — et on le garantit d'une tente-abri en flanelle blanche. Le sable conserve de l'humidité bien que sa température soit parfois de 43° (Campardon). La durée des bains de sable est de vingt minutes à une demi-heure ; elle peut être portée à une heure sur certaines plages méridionales.

Je vous ai cité les stations maritimes hibernales qui stations de

^ bains de luer-

servent à la cure climatérique. Il me reste à vous énumérer les principales stations estivales qui sont propres à la cure marine. Mais je vous ferai remarquer que bon nombre de stations hibernales peuvent également convenir à cette cure, et même permettre delà prolonger pendant l'arrière-saison.

Les stations de bains de mer du Nord de l'Europe peuvent être passées sous silence ; elles offrent pour nous peu d'intérêt.

Nous citerons Scheweningue (Hollande), Ostende (Belgique), les stations nombreuses des Iles-Britanni-

ques qui sont, pour les cotes orientales, les environs de Dundee, Leilh,Dunbar (Ecosse), Newcastle, Whitby, Hull, Yarmouth, à Test et au midi des rives de la Tamise; Ramsgate, Folkestone, Hastings, Brighlon, l'île de Wight, Weymouth, Dartmouth ,Plymoulh, pour les côtes occidentales, Bristol, Cardiff, les environs de Liverpool, les bords de la Clyde (Ecosse), en Irlande, les environs de Belfast, Dublin, Cork. A ces nombreuses stations des côtes britanniques, il faut joindre celles qui ont été énumérées à propos des climats.

En France, les stations bien connues de la côte Nord jouissent en partie à l'Ouest des mêmes avantages que celles des côtes de l'Angleterre ; mais elles sont moins chaudes et d'une température moins égale. Elles sont recherchées en été par les Parisiens en raison de leur fraîcheur relative et de leur proximité. Signalons Bercksur-Mer, station intéressante à cause de l'hôpital qui y reçoit les petits malades venant des hôpitaux de Paris, Boulogne, le Tréport, Dieppe, Trouville, Deauville, Fécamp, Beuzeval, Honfleur, Saint-Malo, Dinard.

Sur la côte occidentale ou trouve Le Croisic, Pornic; dans le golfe de la Gironde, à droite Royan, à gauche Arcachon ; plus au midi, près de Bayonne, Biarritz, puis Saint-Jean-de-Luz.

Les principales stations du Midi, non encore citées à propos des climats, sont Marseille, Fréjus, Porto- Maurizio, Cogolito (près de Savone), Gênes, Sestri- Levante, Pegli, Spezzia, Viareggio, Livourne, Bocca d'Arno, Civita-Vecchia, Naples, Castellamare ; dans la mer Adriatique, on trouve Ortona, Pesaro, Fano, Sinegaglia, Rimini, le Lido (Venise), etc. Emploi Les eaux chlorurées sodiques sont utilisées dans le thérapeutique, traitement de la scrofule et des tuberculoses locales,

aans ceriaiiics luiin^o xx..y^^y^^^^^ — — o ,

dans les maladies de l'appareil génito-urinaire, dans les affections paralytiques du système nerveux, dans le rhumatisme chronique, etc.

Elles conviennent d'une manière toute particulière dans le lymphatisme et la scrofulo-tuberculose. Leurs effets sont surtout remarquables chez les enfants et les adolescents entachés d'une disposition constitutionnelle, héréditaire ou acquise.

Ce sont naturellement les manifestations superficielles, celles qui actuellement constituent les seules qui puissent se rattacher à la scrofule proprement dite, qui guérissent le plus facilement. Les lésions articulaires et osseuses dues à une tuberculose locale sont bien plus résistantes. Cependant on compte encore, même dans ces conditions peu favorables, des améliorations et des guérisons.

L'expérience clinique a démontré que le traitement externe avait, dans ces cas, plus d'importance que la cure interne. On devra donc s'adresser de préférence aux eaux chlorurées sodiques fortes, en choisissant les stations les mieux aménagées au point de vue balnéaire.

Celles où l'on utilise des eaux mères, celles qui possèdent des salines où l'on respire une atmosphère imprégnée de sel marin sont particulièrement appropriées à ce genre de cure.

C'est également au lymphatisme et à la scrofule que convient la cure marine. Cette cure paraît même particulièrement appropriée aux formes dites profondes, à la condition toutefois que la fièvre et les phémonènes aigus soient calmés. Elle a l'avantage de faire intervenir la vie au grand air et la respiration de l'atmosphère marine qui jouent un grand rôle dans le traite-

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condition d'être suffisamment prolongée. Quand il s'agit de tuberculose profonde, notamment de tuberculose des os ou des articulations, les malades doivent rester en permanence au bord de la mer jusqu'à ce que la cure ait donné les résultats qu'on est en droit d'en attendre. Voilà pourquoi les gens pressés se rendent de préférence dans les stations bydrominérales où les malades ne sont guère retenus que pendant un mois.

Les résultats qui ont été obtenus à Berck, et qui ont été exposés dans un lumineux rapport de Bergeron, sont remarquables. A une époque où l'on ne choisissait pas les malades (du juillet 1861 au 31 décembre 1865) il y eut 284 guérisons sur 380 cas, soit 74 p. 100 de guérisons.

Depuis, Cazin et Perrochaud nous ont fait voir que, même dans la coxalgie suppurée, on obtenait à Berck des résultats tout à fait satisfaisants. Et cependant cette station est loin d'être dans des conditions avantageuses. Le climat y est froid, la plage très sablonneuse et l'atmosphère y renferme des poussières.

Il serait préférable d'envoyer les malades suivre la cure marine dans une station climatérique. C'est du moins ce que pensent, avec raison, je crois, certains médecins et en particulier Knauthe, qui propose Nice et Menton. Les Italiens ont fondé, le long de leurs côtes, divers établissements hospitaliers qui rendent de très grands services.

Les stations d'eaux minérales les mieux appropriées au traitement du lymphatisme et de ;la sci'ofulotuberculose sont, en France : Salins (Jura), Salins, près Moutiers (Savoie),, Salies-de-Béarn (Basses-Pyrénées), Bourbonne (Haute-Marne), Balaruc (Hérault), Lamotte-

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Rhénane) ; Rheinfelden (près de Baie, en Suisse), Bex- Lavey (Suisse), Nauheim (Hesse-Darmstadt), Ischl (Autriche) etc.

A Salins (Jura) les eaux renferment 27 grammes par litre de chlorure de sodium et on peut ajouter à l'eau des bains une certaine proportion d'eaux mères. On pratique dans cette station la cure externe et la cure interne et on y traite toutes les manifestations de la scrofulo-tuberculose.

Les eaux de Salies ne renferment pas moins de 216 grammes de chlorure de sodium par litre; elles conviennent particulièrement dans les formes profondes, osseuses. On vient de créer à Biarritz un établissement où l'on utilise des eaux analogues.

Les autres stations françaises et étrangères ne sont guère appropriées qu'au traitement des manifestations superficielles et ganglionnaires.

Dans les maladies du tube digestif, les eaux chlorurées sodiques sont employées surtout en boisson. On choisit donc pour ce genre de cure les eaux de facile digestion, moyennement ou faiblement chlorurées et celles qui produisent sans fatigue une augmentation des exonérations. Les affections du tube digestif, justiciables de cette cure, sont encore insuffisamment précisées. Ce sont celles qu'on appelle communément les dyspepsies atoniques, gastriques ou gastro-intestinales. Mais qu'entend-on exactement par ces termes un peu vagues?

Parmi les affections stomacales, celles qui me paraissent indiquer la médication en question sont k' gastrite muqueuse et la gastrite chronique mixte, avec atrophie glandulaire plus ou moins avancée, particulièrement lorsque ces formes de gastrite sont compliquées

tube digestif réclamant l'intervention des eaux chlorurées sodiques, les affections du gros intestin, la constipation opiniâtre et particulièrement l'état désigné sous le nom de pléthore abdominale et qui est surtout caractérisé par un état de stase dans les rameaux efférents de la veine porte. A mon avis, on fera bien chez les constipés, obèses ou non, de se rendre compte de l'état gastrique avant de prescrire les eaux salées. La gastrite hyperpeptique devra toujours être considérée comme une contre-indication à leur emploi.

Les principales stations appropriées au traitement des maladies du tube digestif sont Kissingen (Bavière), Niederbronn (Alsace), Bourbon-l'Archambault (Allier).

Les eaux de Kissingen renferment de 2 à 5 grammes de sel; elles sont assez fortement gazeuses, légèrement ferrugineuses. Dans cette station les malades sont soumis à un régime alimentaire sévère et dirigé en vue du traitement de l'obésité.

A Niederbronn, où l'on pratique souvent aussi la cure de réduction, les eaux contiennent 3 grammes de chlorure de sodium par litre ; elles sont d'une digestion facile et on en peut porter progressivement la dose jusqu'à 8 à 10 verres par jour. Ces eaux servent surtout à combattre la constipation chronique et ses conséquences.

Les eaux de Bourbon-l'Archambault, dans lesquelles on trouve 2s'",20 de chlorure de sodium par litre, donnent également de bons résultats dans l'atonie gastro-intestinale .

Les eaux chlorurées sodiques interviennent utilement dans quelques-unes des affections du sexe féminin. Dans les affections catarrhales de l'utérus elles

entachées de lymphatisme ou de scrofule. On les fait intervenir dans les métrites et dans les périmétrites chroniques (salpingites, etc.) à un moment où l'on n'a plus à redouter d'exacerbations aiguës. Elles sont contre-indiquées quand il existe une grande irritabilité nerveuse et des phénomènes douloureux.

Les stations de choix sont Creuznach et Salies-de- Béarn, Bourbon-l'Archambault. On pourra recourir, dans certains cas, aux bains de mer chauds de baignoire ou même aux bains de mer froids.

Creuznach et Salies exercent une action favorable et encore actuellement mal expliquée sur les fibromes utérins ou périutérins, accompagnés ou non de métrorragies. On cite actuellement un grand nombre de cas dans lesquels la cure a provoqué l'expulsion des tumeurs ou produit leur atrophie. En tout cas elle arrête presque toujours les hémorragies ou les rend moins abondantes.

Certaines eaux chlorurées sodiques jouissent d'une grande réputation dans le traitement des paralysies, notamment de celles qui ont pour origine une apoplexie cérébrale. Quelques médecins ont prétendu qu'elles étaient utiles à une époque rapprochée du début ; ils ont pris sans doute l'amélioration qui survient spontanément à ce moment pour un effet thérapeutique. Lorsqu'on attend pour les prescrire, ainsi qu'on doit le faire, la période de cicatrisation, elles agissent probablement en produisant une dérivation sur le tube digestif, grâce à leurs effets évacuants, et aussi par action réflexe dont le point de départ est l'excitation cutanée.

Les malades sont soumis, dans ces stations, à la cure interne et à la cure externe, parfois à cette dernière

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joue tin grand rôle. Bourbon-l'Archambault, Bourl3onne,Wiesbaden (Nassau) se partagent, avecBalaruc, les malades de ce genre.

On a obtenu également dans ces stations, particulièrement à Wiesbaden, des guérisons dans des cas de paralysies dites fonctionnelles, paralysies qui étaient sans doute liées à des névrites périphériques d'origine variable.

Toutes les manifestations du rhumatisme chronique peuvent d'ailleurs être traitées par les eaux salées. Ce genre de traitement est même un des plus actifs. On peut recommander dans ces cas : Bourbonne, Bourbon-l'Archambault, Lamotte, Salies, Wiesbaden.

Enfin on cite encore, parmi les indications des eaux chlorurées sodiques, les lésions traumatiques et l'intoxication palustre. Ainsi Bourbonne paraît activer la consolidation des fractures.

Les contre-indications à la cure chlorurée sodique ne sont pas bien précisées. On a rangé parmi elles la chloro-anémie et les affections scorbutiques, les maladies organiques du cœur et des gros vaisseaux, la phtisie pulmonaire. L'action de ces eaux dans la chloroanémie dépend évidemment de la maladie ayant donné naissance à cet état. Dans là chlorose vraie l'état gastrique hyperpeptique étant très fréquent contre-indiquera souvent l'emploi des eaux salées, surtout à l'intérieur. Pour montrér que ces eaux ne sont pas nuisibles dans le scorbut on a fait rémarquer qu'à la suite de la campagne dé Crimée wti grand nombre de malades ont été guéris à Balaruc. Mais il me semble probable que les vieux praticiens hydrologues ont désigné sous le nom d'affections scorbutiques, les di-

le purpura est vraiment une contre-indication à l'emploi des eaux chlorurées sodiques.

D'après Rotureau, les eaux chlorurées sodiques provoquent des hémoptysies, accélèrent la fonte des granulations tuberculeuses et impriment à la maladie une marche désastreuse. Nous verrons pourtant plus tard que les tuberculeux supportent certaines eaux chlorurées mixtes et môme s'en trouvent bien.

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