‹ Leçons de thérapeutiqueChapitre 14 sur 41 · CH3)S · texte numérisé non relu

CH3)S

Ç2jj5 j CHO.

Il a été découvert par Wurtz. On l'obtient en traitant le trimé thyléthylène par l'acide sulfurique.

L'hydrate d'amylène est un liquide incolore, mobile, doué d'une odeur aromatique particulière, légèrement camphrée, d'une saveur fraîche, analogue à celle de l'essence de menthe.

Il est miscible dans 19 parties d'eau et en toutes proportions dans l'alcool. Sa densité à 12° est de 0,812. Il est souvent adultéré par de l'alcool amylique.

Effets pbysioio- Ses ProPriétés hypnotiques n'ont été utilisées que giques. tout récemment par von Mering (1887). D'après cet observateur il déterminerait le sommeil sans exercer d'action sur le cœur. Eskoiï [Th. de Saint-Pétersbourg,

MÉDICATION HYPNOTIQUE. ISo

1888) nous a fait connaître quelques-uns de ses effets

physiologiques.

Chez les grenouilles il est toxique à la dose de 0gr,05 à 0er,06. On observe, chez ces animaux, une paralysie du cerveau, de la moelle épinière, des nerfs sensitifs, des muscles et un ralentissement des mouvements respiratoires.

Chez les animaux supérieurs, Eskoff a constaté un affaiblissement de l'excitabilité cérébrale et médullaire, une diminution de la sensibilité et des mouvements réflexes et la production d'un sommeil ressemblant au sommeil naturel.

Pendant ce sommeil les battements du cœur s'accélèrent, ainsi que les mouvements respiratoires, la pression sanguine s'abaisse, la température descend de 4 à 6°.

Chez l'homme, l'hydrate d'amylène n'a encore été utilisé et étudié que par un petit nombre d'observateurs. Après von Mering et Thierfelder, je citerai Jolly, Scharschmidt, Giirtler, Buschan, Laves, Riegel et Avellis.

Buschan a noté sur sa propre personne, deux ou trois minutes après l'ingestion du médicament, une oscillalion du diamètre irien et une mydriase atteignant son maximum en dix minutes, une accélération du pouls avec tension de l'artère, puis une tendance au sommeil contre lequel on est incapable de lutter. Les paupières tombent et on s'endort pendant huit à neuf heures. Au réveil, on n'éprouve aucun phénomène désagréable; l'esprit est libre.

Prescrit particulièrement aux aliénés, l'hydrate d'amylène viendrait prendre place, d'après les résultats obtenus, et au point de vue des effets hypnotiques, entre le chloral et la paraldéhyde.

nistration.

Il ne paraît pas affecter le cœur, mais il échoue en cas d'insomnie chez les cardiaques. Il a sur la paraldéhyde l'avantage de ne pas altérer l'haleine. ETeultiq!!f"a" Jus(lu,à Posent l'hydrate d'amylène s'est montré Mode d'ad'mi- particulièrement efficace en cas d'insomnie nerveuse : on l'a également prescrit avec avantage aux fébricitanls et on lui a reconnu la propriété de faire cesser les démangeaisons qui trouhlent le sommeil chez les ir lyriques. Il échoue quand l'insomnie est entretenue par l'existence de douleurs.

L'hypnose provoquée par cet agent paraît être plus réparatrice que celle de la chloralisation, mais les doses utiles sont un peu plus élevées que celles du chloral et la médication est coûteuse à cause du prix élevé du médicament.

La dose ordinaire est de 3 grammes per os et de 3 grammes à 3sr,50 (Giirtler) par la voie rectale.

On n'a observé encore ni accoutumance ni phénomènes toxiques.

Comme exemples de formules je choisirai les principales prescriptions de Fischer.

Potion :

/ gr

Hydrate d'amylène

Eau distillée 60 —

Extrait de réglisse 10 —

La moitié en se couchant.

Potion :

Hydrate d'amylène 6 gr.

Chlorhydrate de morphine 0,02

Eau distillée 60 —

Extrait de réglisse 10 —

La moitié en se couchant.

io7

Lavement

Hydrate d'amylérie î> f,'r-

Eau distillée SO

Mucilage de gomme arabique 20

Lavement :

Hydrate d'amylène 4gr.

Chlorhydrate de morphine 0sr,01b

Eau distillée 50 gr.

Mucilage de gomme ai'abique 20

Vous voyez que les doses de Fischer sont un peu plus fortes que celles du Gùrtler.

Nous trouvons un autre somnifère également nou- urétbaae. veau, dans l'uréthane. C'est l'éther éthylique de l'acide carbamique, nommé ainsi à cause de ses rapports avec l'urée. Le nomi exact serait celui d'élhyluréthane; celui d'uréthane tout court a prévalu en thérapeutique.

/AzH2

Ce corps a pour formule CO\^q^,2^3.

Il se présente sous la forme de cristaux lamellaires, larges, transparents, ayant une saveur fraîche et une faible odeur rappelant celle de la paraffine. Il est très soluble dans l'eau, dans l'éther et dans le chloroforme.

Après avoir étudié l'action de l'uréthane sur les animaux, Schmiedeberg proposa, en 1884, d'utiliser cet hypnotique.

A une courte période initiale d'excitation, signalée Effets phydoiopar Coze et Anrep, succède, chez les animaux mis en expérience, un état de sommeil sans analgésie, sans phénomènes cardiaques. A haute dose seulement la pression sanguine est diminuée (Schmiedeberg).

L'action du médicament sur la pupille est douteuse.

Emploi thérapeutique.

Mode d'administration.

En cas d'intoxication la température s'abaisse (Eloy, Goze); mais déjà pendant la période d'hypnose la respiration est ralentie (Eloy, Coze, Anrep) et la mort a lieu par asphyxie. La turgescence des vaisseaux de l'oreille chez le lapin peut faire admettre une paralysie vasculaire chez les animaux intoxiqués (Eloy).

Notons encore qu'à haute dose l'uréthane produit, d'après M. Coze, de l'anesthésie en même temps qu'une diminution des mouvements réflexes, tandis que ces mouvements sont, au contraire, exagérés par les petites doses (Anrep).

Enfin, il résulte d'expériences faites par ces deuxderniers observateurs qu'à forte dose l'uréthane semble être antagoniste de la strychnine. Pour obtenir cette action chez l'homme, il faudrait en prescrire de 8 à 12 grammes. Les doses de 1 à 8 grammes produisent chez lui de l'hypnose simple, sans analgésie. Le sommeil dure de six à huit heures. Il s'accompagne de ralentissement du pouls et d'accélération de la respiration (Gunther).

Ober a noté quelques effets secondaires, tels que des sueurs, des maux de tête, des vertiges, des éblouissements. Ces phénomènes se sont montrés même après l'administration de faibles doses (i gramme), ayant déterminé du sommeil.

En général, la quantité des urines n'est pas modifiée; cependant Riegel et Sticker ont observé un peu de diurèse. On n'a pas noté de vomissements.

L'uréthane a été employée par Jolly, von Jaksch, Riegel et Sticker, MM. Mairet et Combemale et depuis par un assez grand nombre de médecins, particulièrement par des psychiatres. Cet hypnotique paraît, en effet, convenir particulièrement aux aliénés.

On s'accorde à lui reconnaître des propriétés hypnotiques assez certaines quoique inférieures à celles du chloral, et, de plus, une grande innocuité.

Il a été essayé dans l'aliénation mentale, dans la paralysie générale et il a réussi surtout chez les malades peu agités (Maire! et Combemale). En cas de grande excitation, il parait capable d'augmenter l'agitation; il a cependant donné, entre les mains d'Ober, d'assez bons résultats dans le delirium tremens.

On l'a également prescrit avec des succès divers dans l'hystérie, dans les manifestations gastralgiques.

Ce médicament est un hypnotique pur; il a échoué quand on a cherché à le faire prendre aux tuberculeux atteints de toux tenace, aux tabétiques affectés de douleurs.

Il exerce une action à laquelle les malades qui peuvent en tirer profit s'accoutument au bout de peu de jours (Mairet et Combemale). Nous voyons même que Vakulovsky ne lui reconnaît aucune valeur thérapeutique ; mais jusqu'à présent l'opinion défavorable de ce médecin est isolée.

L'uréthane s'administre en potion à la dose de 2 à 4 grammes à prendre en une fois. On en a élevé la dose jusqu'à 8 grammes. Tout correctif est inutile.

On peut se servir indistinctement de la voie buccale ou de la voie rectale; qu'il soit irritant (Eloy) ou non (Coze, Roltenviller), il n'y a pas de raison pour chercher à l'employer en injections hypodermiques.

Un des plus nouveaux hypnotiques, le sulfônal (1 888), Suifonai. entre dans la série des composés étudiés chimiquement par Baumann. C'est le produit de l'oxydation de la combinaison du mercaptan éthylique avec l'acétone, soit chimiquement le diéthylsulfondiméthylmélhane, ayant

pour formule : (CH3),==C = (C,H8SO,)\ On comprend la nécessité pratique de simplifier pareille appellation.

Le sulfonal prend l'aspect de grosses paillettes cristallines, dépourvues de saveur et d'odeur. Il est soluble dans 15 à 18 parties d'eau bouillante, dans 500 parties d'eau à 15°, dans 133 d'éther, 2 d'alcool bouillant, 65 d'alcool à 15°. De plus, il est difficilement attaqué parles acides, par les alcalis et par les oxydants. Ses principaux caractères sont donc son insolubilité et sa fixité.

tsphysioio- Étudié d'abord par Kast et par Rabbas il n'a encore

giques. 1 1

donné lieu qu'à un petit nombre de recherches physiologiques. Chez le chien, il provoque des troubles delà coordination et du sommeil sans altérer sensiblement la circulation. Même à dose forte il ne paraît pas déprimer la tension sanguine, mais il abaisse alors la température.

Voici, en effet, les résultats consignés récemment par M. A. Clerval (Th. de Paris, 1890), dans un travail où se trouvent rapportées les expériences entreprises par M.Gilbert. Les faibles doses de sulfonal n'impressionnent pas (chez le cobaye) la température ou l'élèvent de quelques dixièmes de degré. Des doses un peu plus fortes, après avoir déterminé une élévation thermique qui peut atteindre 1°, produisent ensuite un abaissement de 1 à 2 degrés ; de même les doses élevées, mais non encore toxiques, après avoir fait monter la température de quelques dixièmes de degré, l'abaissent ensuite de plusieurs degrés, et enfin les doses toxiques dépriment d'emblée la température jusqu'à la mort. Celle-ci survient chez le cobaye après une dose de 0gr,50par un mécanisme non encore déterminé. M. Gilbert ayant vu dépérir au bout d'un mois un des cobayes qui prenaif chaque jour 0gr,05

desalfonal, n'admet qu'avec réserve la prétendue inef- . ficacité du médicament sur la nutrition générale.

Chez l'homme, employé aux doses de t à 4 grammes, il ne se montre hypnotique que clans les cas pathologiques. Dans l'état de santé il ne produit guère que de l'accélération du pouls, de la lourdeur de tête et une légère somnolence. Quand il y a insomnie, il réussit dans environ 75 p. 100 des cas, quelle que soit la cause de la perte de sommeil. L'effet ne s'en fait sentir qu'au bout d'une demi-heure à une heure; il dure de 5 à 8 heures. Le réveil n'est accompagné d'aucune manifestation désagréable. L'action hypnotique est lente, progressive; elle ne s'accompagne d'aucun trouble soit du côté du, pouls, soit du côté de la respiration. Elle laisse parfois à sa suite un peu de fatigue et chez quelques malades une tendance à la somnolence.

Le sulfonal n'irrite pas l'estomac, il ne provoque aucun trouble moteur; il n'exerce pas d'action vasculaire sensible et n'altère pas le sang. Il peut être prescrit pendant longtemps sans qu'il soit nécessaire d'élever les doses. Donc pas d'accoutumance. L'élimination en est lente et elle n'entraîne pas d'action fâcheuse sur les reins(OEstreicher). En un motlemédicamentparaît tout à fait inoffensif aux doses où il se montre utile.

Au point de vue de ses effets thérapeutiques il a été Emploi thérajugé supérieur à l'hydrate d'amylène et à la parai- peutique déhyde(Rabbas, OEstreicher) ; mais on doit lui préférer la morphine en cas de toux ou de phénomènes douloureux. Cependant on peut en obtenir de bons résultats dans quelques cas de névralgies (Matlhes). De même que les autres hypnotiques, il échoue lorsqu'on cherche à le substituer à la morphine au début de la cure d'abstinence appliquée à la morphiomanie.

G. Hayem, — III. ii

Jusqu'à présent c'est dans l'insomnie de cause nerveuse et chez les aliénés qu'on a obtenu les résultats les plus remarquables. Pour ma part je n'ai eu qu'à m'en louer dans des cas de ce genre. Schmey le considère comme contre-indiqué dans l'artério-sclérose et dans l'angine de poitrine.

Mode d'adini- La dose habituelle est de 2 grammes ; un gramme peut suffire chez les femmes, tandis que pour les hommes robustes il faut parfois atteindre 3 grammes. Le plus souvent la dose prescrite est administrée en cache! s, à prendre en une fois, sans correctif. L'insolubilité du médicament en rend l'absorption lente, de sorte que les effets en sont sentis encore ou surtout le lendemain. L'acide chhlorydrique, les peplones elles sels de l'estomac en facilitent la dissolution. Aussi Kast conseillet-il de le faire pulvériser finementetde le faire prendre dans 200 centimètres cubes de liquide chaud au moment du repas du soir. Cette pratique est évidemment la meilleure.

Quand on arrive à la dose de 5 grammes la période de sommeil est plus longue ; mais au réveil il se produit quelques vertiges (Rosin).

Les accidents notés ont été légers et'passagers : céphalée, malaises, vertiges ; rarement vomissements, diarrhée.

Hypnone. On a encore essayé comme hypnotique un autre produit de la série aromatique, le méthylphénylacétone, nommé plus simplement acétophénone ou, suivant la proposition de M. Dujardin-Beaumetz, hypnone.

Ce corps obtenu par M. Friedel a pour formule: C6H5COCH3, soitC8H80. C'est à la température ordinaire un liquide incolore, d'une densité de 1032. A 4 ou 5° il se prend -en masses composéesde cristaux transparents en

forme do grandes lames. Il répand une odeur vive, rappelant à la fois celle de l'amande amère et celle de la fleur d'oranger. Insoluble dans l'eau, il se dissout dans l'alcool, l'éther, la glycérine. Son point d'ébullition est entre 196 et 198°.

Les premières études faites sur l'hypnone sont dues à Effets physioio- Popof, Nencki, MM. Dujardin-Beaumetz et Bardet. Ac- giquestuellement on n'est pas encore d'accord sur les effets produits par ce médicament. Chez le chien, il ne provoque pas de sommeil, mais à dose toxique il détermine un état comateux (Arloinget Magnien, Danillo et Blumenau). Cet état conduit à la mort par asphyxie (Laborde). MM. Mairet et Combemale après l'avoir expérimenté sur les animaux et sur l'homme se refusent également à le considérer comme hypnotique.

D'après Popof et Nencki, il se transforme dans l'organisme en acide carbonique et en acide benzoïque et il apparaît dans les urines à l'état d'hippurate.

Pensatolui a trouvé une certaine valeur comme antifermentescible.

Administré à l'homme à la dose de 3 à 4 gouttes il aurait, d'après les observations de M. Dujardin-Beaumetz, déterminé le sommeil et se serait montré supérieur, chez les alcooliques, à la paraldéhyde et même au chloral. Son élimination par le poumon donne lieu à une odeur désagréable.

Les faits relatés par M. Dujardin-Beaumetz n'ont pas été confirmés. Cependant Norman accorde à l'hypnone une certaine action en cas .d'excitation avec insomnie, particulièrement lorsqu'on l'emploie en injections hypodermiques. De même Pensato lui reconnaît la propriété de calmer l'excitabilité nerveuse et l'irritabilité musculaire.

Le moment n'est pas encore venu de se prononcer sur la valeur de cet agent dont les effets sont, en tout cas, beaucoup moins sensibles que ceux desbypnotiques précédemment étudiés.

Pour compléter celte leçon, je crois devoir présenter ici une courte description des nouveaux dérivés du chloral. Chioraïamide. Le cbloralamidc, que von Mering a proposé comme hypnotique, est un corps dont le mode de préparation n'a pas encore été publié. Il résulté de l'addition des équivalents moléculaires du chloral anhydre et de la formiamide et devrait porter le nom de chloralformiamide.

Ce nouveau médicament se présente sous la forme de cristaux incolores brillants d'une saveur légèrement amère. Il est soluble dans dix parties d'eau froide, mais ne fond bien que dans quinze parties; il se dissout également dans une partie et demie d'alcool à 95°.

Dans l'eau dont la température dépasse 60° il se décompose. Cette décomposition se produit très facilement en présence des alcalis, mais elle n'a pas lieu sous l'influence des acides dilués. D'où le précepte d'administrer le médicament en solution acide.

Effets physioio- Le chloramide n'est pas caustique; l'action soporifigiques. qUe qu'on lui a reconnue est probablement due, d'après les réactions que nous venons d'indiquer, à sa décomposition en chloral et en formiamide au contact du sang alcalin.

Les effets qu'il produit chez les animaux n'ont encore été étudiés que par un petit nombre d'expérimentateurs (von Mering et Zunz, Kny, Langaard, Malakowsky, etc.).

On a observé après l'administration de faibles doses un effet hypnotique, une diminution des réflexes et

une faible action sur la pression sanguine et sur la respiration. La diminution de la pression, le ralentissement de la respiration et l'affaiblissement des échanges notés par Langaard ne seraient, d'après von Mering et Zunz, que la conséquence de l'état de sommeil. On sait cependant que le cliloral affaiblit l'action du cœur et Kny a vu que le chloralamide s'élimine comme lui par l'urine sous forme d'acide urochlorali que. Les expériences récentes de Malakowsky montrent d'ailleurs une grande analogie d'action entre le chloral et son succédané.

En voici les principaux résultats :

Desd oses de 0gr,25 à 0gr,50 déterminent chez les grenouilles de l'immobilité et des troubles de coordination, dus à l'action cérébrale ; une diminution et une abolition des réflexes, dues à la paralysie du centre réflexe de la moelle épinière ; un ralentissement et plus tard un arrêt de la respiration d'origine également centrale; un ralentissement, puis un arrêt du cœur par suite de l'excitation de l'appareil inhibitoire périphérique. Le dernier phénomène noté consiste dans la paralysie de l'appareil moteur du muscle cardiaque.

Chez les chiens et les lapins on constate du sommeil avec diminution de l'excitabilité du cerveau et de la moelle épinière, un affaiblissement des mouvements réflexes, un abaissement de la pression sanguine par paralysie du centre vaso-moteur, une augmentation dans la fréquence des battements du cœur par altération du centre inhibitoire du cœur, une excitation du centre respiratoire, un abaissement de la température.

Ajoutons que, d'après le même observateur, l'ingestion de chloralamide détermine chez le chien des désordres gastro-intestinaux.

Emploi thérapeutique.

Modo d'administration.

Chez l'homme sain ou malade le nouvel hypnotique, essayé déjà par un assez grand nombre de médecins, n'a guère produit qu'un sommeil plus ou moins prolongé, ressemblant au sommeil naturel. L'effet soporifique, qui a paru immédiat à Hagen et Hiifler, ne se montre guère qu'au bout d'une demi-heure à une heure et demie (Reichmann, Peiper, AU, etc.). La durée du sommeil est variable; elle peut atteindre huit heures. Au réveil, on note assez souvent de la céphalée, plus rarement on a vu survenir des élourdissemenls et des vomissements.

Von Mering a fixé à 3 grammes la dose convenable pour l'adulte. Celte dose a été rarement dépassée; souvent des doses moindres de 1 à 2 grammes ont paru suffisantes. On s'accorde actuellement, assez généralement, à en prescrire 2 grammes aux femmes et 3 grammes aux hommes. Il ne paraît pas y avoir d'accoutumance. Le chloralamide s'administre en cachet ou mieux en potion, tl a été également prescrit en lavement.

Voici les formules adoptées par Peiper. Elles sont à peu près les mêmes que celles de Langaarcl. Potion :

Chloralamide 2,b0a3gr.

Acide chlorhydrique dilué IV gouttes.

Sirop simple ou sirop de framboises 10 gr.

Eau distillée .... 60

A prendre en une seule fois.

Lavement :

Chloralamide 2,;>0 à 3gr.

Acide chlorhydrique dilué II gouttes.

Alcool à 58° i g,-.

Eau distillée 100

Ce nouvel hypnotique a déjà été essayé par un grand nombre de médecins (Hagen cl Hiifler, Reichmann, Peiper, Alt, Rabow, Robinson, Peabody, Haie White, etc.).

Il s'est montré surtout actif dans l'insomnie simple ; mais parfois aussi dans l'insomnie des alcooliques ou des neurasthéniques.

Chez les phtisiques il paraît pouvoir supprimer les sueurs nocturnes. Il réussit moins souvent quand l'insomnie est causée par une affection douloureuse ; il a cependant été utile dans un cas où la morphine avait échoué (Reichmann).

Enfin il a été également essayé dans la migraine et dans la chorée (Alt). Il paraît devoir être évité ou du moins employé avec précaution en cas d'accidents cardiaques ou cardiaco-pulmonaires, ainsi que dans les maladies infectieuses, susceptibles de se compliquer d'affaiblissement du cœur (Robinson).

Les observations publiées jusqu'à présent ne permettent pas de le considérer comme supérieur au chloral.

On a encore obtenu de nouveaux hypnotiques en combinant le chloral avec d'autres agents nervins. Parmi ces nouveaux corps je citerai l'ural, le somnal et l'hypnal.

L'ural ou chloraluréthane a été obtenu par Bischoff en faisant dissoudre l'uréthane dans le chloral. Il se présente sous la forme de cristaux possédant une saveur amère, solubles dans l'alcool, peu solubles dans l'eau. Dott le considère comme une combinaison atomique intime différant par ses propriétés physiques aussi bien du chloral que de l'uréthane.

Ce nouvel agent recommandé par Poppi serait moins hypnotique que le chloral, mais dépourvu des inconvénients de ce dernier. Étudié récemment par

MM. Schmitl et Parisot de (Nancy) il n'a pu déterminer entre leurs mains qu'un sommeil léger et entrecoupé. Bien que sa valeur comme hypnotique se soit montrée inférieure à celle du chlôraL, il a été mal supporté et a occasionné facilement des troubles digestifs. Somnai. Le somnal ne mérite qu'une simple mention. Obtenu par l'action du chloral et de l'alcool sur l'uréthane par Radlauer et représenté par ce pharmacien comme de l'éthylchloraluréthane, il n'a pas encore élé suffisamment étudié. Il est même impossible pour le moment de se prononcer sur la question de savoir s'il s'agit d'un médicament bien défini, différant du chloraluréthane.

Hypnai. Le plus intéressant de ces nouveaux agents est sans contredit l'hypnal, combinaison du chloral etdel'anlipyrine, paraissant réunir les propriétés thérapeutiques de ces deux médicaments importants.

L'hydrate de chloral peut réaliser avec l'antipyrine diverses combinaisons qui ont été étudiées au point de vue chimique par MM. Béhal et Choay. Parmi ces combinaisons il en est une, le monochloralantipyrine (le nom chimique est trichloracétyldyméthylphénilpyrazolone) ou hypnal, dont l'activité a été reconnue par M. Bonnet.

Ce corps se présente sous la forme de gros cristaux transparents, à forme rhombique, n'ayant ni goût, ni odeur, ni causticité. Il se dissout clans cinq à six fois son poids d'eau chaude et fond à 58-60°. Traité par une base diluée, il se décompose en chloral et en anlipyrine et par la chaleur il donne naissance à du chloroforme.

Ce nouveau corps a été l'objet de quelques recherches de la part de M. Bardet, de M. Schmitl (de Nancy)

et son histoire encore sommaire a été exposée récemment par M. Fraenkel.

1 à 2 grammes d'hypnal injectés sous la peau chez le lapin déterminent de la somnolence, puis du sommeil et de l'abaissement de la température. Les phénomènes observés se rapprochent beaucoup de ceux qui sont produits par le chloral. 1 gramme d'hypnal équivaut, au point de vue de l'hypnose, à 0,55 de chloral hydraté.

Les essais thérapeutiques poursuivis jusqu'à présent paraissent être assez favorables. On a pu obtenir, en effet, à l'aide de l'hypnal, une action soporifique manifeste et assez prolongée, même chez des malades dont l'insomnie était entretenue par des phénomènes douloureux.

L'hypnal s'administre à la dose de 1 à 2 grammes. 11 présente sur le chloral l'avantage de n'avoir aucun goût désagréable et de pouvoir être administré pendant assez longtemps sans provoquer d'intolérance gastrique. C'est un moyen commode d'utiliser à la fois les propriétés du chloral et celles de l'antipyrine.

Comme il est plus soluble dans l'alcool que dans l'eau, on peut le faire prendre dans un liquide alcoolique.

Voici les formules proposées par M. Fraenkel.

Chartreuse 4gr.

Eau : lo

Hypnal ... : 1

On peut aussi prescrire :

Julep gommeux G0j,'r.

Hypnal 2

Chaque cuillerée h bouche renferme 0,50 du médicament.

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