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MÉDICAMENT

— Et cela par des procédés divers, dont les principaux sont les suivants :

i* En associant des j^rincipes différents d^unmême agent médicamenteux.

C'est ainsi que , dans nombre de cas, il est indiqué d'unir le sulfate de quinine à une solution d'extrait

de quiiiijiiina. Cl'S cas se pn'^sentent toutes les fois

que *h*< iàa:*'> fi''bril"S iii'frinitt«'nts ou simplement r«l-iniU»*iil.s îjjoutuiil TOl.'-iiKnl 'It.- in>nodicité à un état rnorMili* dmi li foii-I est con<liliié par Thyposthéiiisalioii »;l 1 U'iviiainie. — tlit«>ii.s It? «lûbut d*une fièvre typlioï»li*. — lUnaiit li.-s premiers jours, il est ordinaire du \<)'\v siirvL'iiir cli.iqut; soir une recrudusceuce fébrile simulant un VL'rilabl»j aoc^s. — l)ans ce cas il est impossilili* de ne pas joindre la quinine au quinquina. J*on dirai autant du certaines pneumonies ataxoadynamiques. — Il n*est pas un clinicien qui ne sache que la ihjniiiiu.ih' uni urée à Tiolure de potassium, c'est-àdire Tadilitlun dune petite <pianlité d*iode pur à son sel potassique, accroît siiijjulièrement les propriétés fondantes et résolutives de cette préparation.

2** Kn associant Jrs produits similaires.

De même (|ue dans les gi.'ures morbides, il existe des famill<*s voisines qui peuvent se prouper pathologiquemeiit sui'uu même inilividu. (variololde et varicelle, roséole et rou^tîol»»); ainsi, il peut convenir, pour accroîtn^ raçtion médicamenteuse, d'asseoir dans une seufe prescriplifjn deux ou plusieurs agents similaires. C'est ainsi que, pour condiattre extéiieurement les manifestations al^jitles du choléra, Talcoolature de mélisse additionnée de menthe et de lavande, accroît la pnq)riété dtî stimulant dilîusiblc dévolue séparément à chacune <le ces espèces. Un liniinent composé de plusieurs produits de nature stupéfiante et anesthésique réussit mieux ({u'aucun Uniment simple avec un seul de ces accents.

exemple : (Chloiijforme, 8 ^ram; laudanum, 4 gram; huile de jusquiame, 20 grammes). La valériane et le camphre, le musc et le castoreum, peuvent être utile-

ment rapprochés^ par mélange ou par combinaison, pour des effets antispasmodiques. Il faut chercher la raison de cet accroissement d'effet dans cette donnée de thérapeutique physiologique si chère à Trousseau, et d'après laquelle de même que des caractères en quelque sorte individuels , donnent, non-seulement à des espèces morbides de la même famille, mais à la même maladie développée dans des milieux différents et sous des causes distinctes, un vrai cachet de spécificité, de même des substances médicamenteuses appartenant au même groupe d'histoire naturelle ou possédant physiologiquement les mêmes propriétés générales, sont douées en outre de propriétés électives^ et d'une véritable idiosynci^asie thérapeutique. C'est ainsi que l'extrait de jusquiame possède» en outre des propriétés mydriatiques et olighémiques sur l'encéphale une vertu narcotique qui le rapproche de l'opium, et que n*a pas la belladone. Voilà pour les substances de même famille naturelle. D'autre part, Vergotine et la quinine^ le bromure de potassium et la digitale sont quatre médicaments connexes par la propriété commune de stimuler le pouvoir nerveux vaso-moteur, de diminuer ainsi la pression normale du sang sur les parois vasculaii*es, finalement de ralentir la systole cardiaque et d'abaisser la chaleur animale. Aussi, peuton couper la fièvre avec chacune de ces quatre substances isolées. Qui ne connaît cependant les actions électives absolument spéciales do la quinine sur la moelle, du bromure de potassium sur le bulbe cérébral, de l'ergot, sur les fibres lisses de l'utérus, et de la digitale sur le cœur? Voilà donc, des substances similaires à certains égards et cependant tellement douées d'actions électives, qu'on peut soit, combattre à leur

ai<l<* les maladies los i^lus ditîéivntes (fièvre perniciense pînla i|niuiiie, convulsion épileptiqni; par le bromure p<)lassi<|ii(*, niiHrorrhagie par Ter^^ot et palpitations cardiaques, par la di^nUile). Mais on peut aussi les assorirr avant.ij(iMisement, et doubler leur énergie indivi<luelle poui' \uu) action commune. Déjà M. Duboué {du Pau), avait préconisé contre la fièvre intermittente la substitution de Tergot à la (piinine; aujourd'bui on vante, au contraire, la quinine comme agent tocique pour contracter l'utérus. On comprend déjà comment l'association de la quinin*» ut de l'ergot pourra être indiquée contre des accidents puerpéraux cornpliqués de métrorrbagie.

3° En introduisant dans la préparation un ai^juvant qtii favorise Vahsorption du médicament.

I^renons pour premier exemple le phosphore. Ce dangertMix poison est parfois prescrit comme agent médicamenteux aphrodysiaque, et comme stimulant cne^ gique du système nerveux cérébro-spinal. Mais ]>ûur l'introduire sans danger et d'une façon efficace dans l'éconoinie, il importe de lui donner comme adjuvant en niénie teni[)S que comme véhicule un dissolvant dilTusible, tel <|ue le sulfure de carbone, ou un corps gras, l/alcool, rétlier servent à composer des teintures avec di.'S extraits qu'ils dissolvent, et auxquels ils im* priment des propriétés d'absorption et d*éIimination rapides. L'ammoniaque agit de même. C'est ainsi que cerlains liniments, tels que celui de Fioraventi, doivent à luuiou de Talcool et de l'ammoniaque, à l'huile d*aman(l(*s tlouces, leur (efficacité prompte et énergique. Le camphre, le castorruni, le musc, l'assa-ftetida, la valériane, lus résines, l(îs gonnnes-résines, et les baumes en général, empruntent, soit à l'alcool, soit à Téther, des propriétés de dilïusibilité.

On rend de mémo très-actives les solutions d'extrait d^opium, de quinquina, les poudres de digitale, de jusquiame, de belladone, de ciguë. C'est donc là encore un moyen incontestable de développer Ténergie médicatrice d'une foule de principes actifs.

B. — On CHEIICHE A ATTÉNUER L' ACTION D'UN MÉDI- CAlf ICNT OU A ANNULER L' EFFET D'UN POISON :

1« En augmentant la solabitité de V agent.

Certains oxydes métalliques, tels que la magnésie (magnésie calcinée ou décarbonatée, oxyde de magnésium), voient leurs propriétés médicinales s'accroître ou même changer dans un sens favorable à rorganisme, lorsqu*on augmente leur solubilité en associant à la base des acides appropriés. Alors, en eifet, la causticité souvent toxique de l'oxyde métallique est diminuée, et l'agent devient laxatif, purgatif, diaphoré tique ou diurétique. C'est ainsi que les acides citrique et sulfurique changent en propriétés dérivatives l'action simplement absorbante de la magnésie. La soude , la chaux et la potasse ne sont utilisables à l'intérieur qu'autant qu'on en a augmenté la solubilité en les con- Tertissant en sulfate ou en carbonate de soude, en carbonate ou en sulfate de potasse. Les phosphates de chaux, hypophosphites de soude , les chlorures et les hypochlorites, donnent à la chaux, au sodium des vertus thérapeutiques précieuses. J'en dirai autant pour le calcium et le potassium, des iodures et des bromures. L'acide acétique uni au plomb et dissous dans l'eau distillée, devient un astringent tonique et utilisable dans certaines lienteries ou sufTusions séreuses. L'acétate de potasse porte à la sueur, et l'azotate à la sécrétioQ urinaire.

Un exemple direct et frappant de l'utilité qu'il y a

•i .'lîj'^Ki-.-iii'-r 1 j S'j'uil;îiit'- -1*11» in-Mioainoul, nous est pr-l-- -:il-'rc [«'i:' l." ^'liitt; «i ; j liiiiiie. L-i bL-suliate est infiriirii»Mil plus acli!. L^-^ [»i ritii i»?ri5 savent si bien que le .sull.fl-' n-.Mjtr.'. jMi.^'iiie in-oliililedan.s r»'-liit?r, exige, pour s*: «li^-ou'lp.-. s»;|it-r»rnt-i}ij;ua!ite pcirlies iTeau fruidtî, li»iite «i'fau iMjuilliint»- et :ïui\aiite J'al»:ool absolu. ^[u'iU pn.'sriivtMit tnnjoursi !•• sulfate acide de qjiiniii'r. C»; •l«Tiji'.r n'iAi;:».', un elVt't, quo onze parties d'»;aa froid»; |i«>iii' >•; ili>ïfuUilre. iN^ur l'ulttciiir, il suffit d';ijout»-r au sulfatt; n».'Utre, l'J ".* d'acide sulfurique dilu«}.

Nous avons fait souvi.uil cclli? nMnan|ue personnelle (\\i*t \r .siilfati; d«.' quinint* en potion a^it beaucoup plus acliv^.'iiifnt i»oiir lann*'Uit.' dose, «pie le sulfate en pilule. Kn ouln* qut; l*.* pharniat'itMi additionne souvent la potion d'une ou duux ^'oultrs d'acidt*, la forme même de la préparation, en favorisant la solubilité, favuriselao tion niédiratrioe de l'a^iMit antipérioditpie.

2'* En supposant à lu solubilité de l'agent^ ou en diminuant les effets toxiques.

On sait que le proto-chlorure de mercure oj caloni<;I devient très-toxique, aussitôt qu'un acide le convertit <.Mi bi-clilorure ou suJ^limé. Le médecin qui évil».* lie Tassocier à aucun acide, qui veille à ce que li.* maladfï qui le prend s*abstienne d'aliments salés (en vue de l'acid^î chloi'liydrique qui se forme dans Testoniac), qui pro'^crit le Lût, s*oppose ainsi à la production d'un état de solubilité dangereux.

Dans d'autre cas, la solubilité ne pouvant être évitée, on cherche du moins à la rendre inoiïensive, en isolant Tacido de la base, par décomposition, et en recomposant avec cet acide et une base non toxique, un sel indiiïérent ou simplement éliminateur. C'est ainsi que

dans les empoisonnements par le phosphore, Tacule arsénieux, les sels de mercure , Tacide cyanhydrique, on utilise la magnésie calcinée, Thydrate de peroxyde de fer, le charbon animal. De la sorte, les acides engagés dans des combinaisons nouvelles saturent les bases et donnent des sels tels que le phosphate de magnésie, pour le phosphore, le perchlorure de fer pour le sublimé, etc., etc. Et il peut advenir alors que la base métallique toxique soit reléguée dans l'organisme comme un agent insoluble et d'une innocuité presque complète, devant être éliminé par intermittence, et tardivement, comme il advient ordinairement des métaux dont les sols sont toxiques.

3^ En associant dans une même préparation , ou en administrant successivement des substayices douées de propriétés antagonistes ou antidotiques ,

Ainsi, on sait que Topium stupéfiant narcotique, est d'une administration délicate et même dangereuse chez les enfants de très-bas âge , et cela , en vertu de son pouvoir congestiomxîint de Tencéphale^ et myosique de la pupille. Par centime , la belladone, mydriatique puissant de la pupille, provoque facilement le délire avec l'olighémie cérébrale ; de là , chez les vieillards et les malades anémiés par une longue maladie, des dangers qu'il faut prévoir. Or, si Ton associe à quantités égales l'extrait d'opium et l'extrait de belladone , par exemple sous forme de pilule composée de 3 centigrammes de chacune des deux. substances, on obtient une pilule parfaitement stupéfiante et même narcotique, mais non toxique, parce que l'antagonisme spécial des deux agents détruit leur action nocive spéciale , par neutralisation, sans nuire à la propriété plus générale de sédation narcotique qui leur reste commune.

mple : le thé au rhuin laudani»

L des meilleurs remèdes que l'on opposer à la diarrhûiî cholérique. Or, ici, lu prinol stimulant du Uni sert de corruclir à l'action stupéfianlt du laudanum et réciproquement.

Dans d'autres cas, plus nombreux, c'est seulement lorsque les elTets toxiques d'un poison ou d'un médicament mal dosé ont éclaté, que Ton recherche non plus par un antagoniste, mais par un antidote, te moyeu d'annuler ou d'enrayer dans sa marche un empoisonnement. Une solution concentrée de bon café peut détruire la sidératioii mortelle produite par un excès d'opium ou de ciguë. L'empoisonnement par la strychnine trouvera un précieux adversah-e dans le chloral; et cette même strychnine pourra annihileriez accidents produits par l'êsérine. C'est donc là encore une métliode féconde pour enrayer, en en diminuant l'action, les effets d'une médication dangereuse.

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