‹ Lecons de therapeutique generale et de pharmacodynamieChapitre 4 sur 46 · MÉDICATIONS ET TRAITEMENTS, NATURE MÉDICATRICE · texte numérisé non relu

MÉDICATIONS ET TRAITEMENTS, NATURE MÉDICATRICE

SoMMAiRB : Ce qn^on doit entendre par Médication en Thérapeutique. — En quoi elle diffère de la Méthode et du Traitement. — Le nombre des médications rarie indéfinitivemont , selon le nom de Tagent employé ou la propriété thérapeutique qui lui est attribuée. — Toutes peuvent être ramenées par leurs effets (généraux à quatre ordres : Médications Htposthéxisaxtes, HTPERSTHÉxiSÀNTBa, substftu- TiYss et SPÉCIALES — Divisious principales de ces ordres.

Après avoir établi rimportance et fixé le rang de la Thérapeutique dans la leçon précédente , nous nous sommes proposé d'en définir les Méthodes générales, de les diviser, de les expliquer.

Ces méUiodes ont été ramenées à trois : TEmpirisme (traditionnel ou rationnel), TExpérimentation et la Méthode purement rationnelle. Nous avons admis comme de simples divisions du rationalisme thérapeutique, le Nosologisme y qui assied les indications de traitement sur l'idée d'une essentialité morhide régissant révolution de la maladie ; et le Symplomatologisme, doctrine qui consiste au contraire à ne reconnaître et à ne traiter que des symptômes, abstraction faite de toute entité palhogénique dominante. Enfin, YExpectation a été considérée par nous comme une autre application de la Méthode rationnelle, cette sous-mélhode considérant la maladie comme une évo-

lulion naturelle que le médecin doit se borner à surveiller avec les yeux de la raison, et selon les enseignements de Texpérience.

En éliminant de fausses méthodes, nous avons prononcé le mot de système, La Thérapeutique comme la Pathogénie, abonde en théories, en procédés, prônés par leurs auteurs à l'exclusion de tout autre. Un système en thérapeutique est la théorie ou la mise en pratique d'une méthode exclusive et c'est ce caractère d'exclusivisme qui lui enlève de valeur comme méthode générale.

L'Homœopathie, Tllydrothérapie, T Électrothérapie, présentées comme des méthodes absolues, deviennent des systèmes en médecine. Tel ou tel procédé de pansement des plaies ou d'opération — pansement ouaté, écrasement linéaire, cathétérisme forcé, présentés comme exclusivement praticables, constituentde môme des systèmes en chirurgie.

Un système est donc une méthode spéciale qu'il convient de réserver à des indications particulières et qu'on ne saurait confondre sans erreur avec les méthodes générales.

De la méthode thérapeutique à la Médication, la transition est naturelle.

La médication, en effet, n'est applicable que par la méthode, et la méthode reste sans oI)jet, si eHe ne sert à diriger uneMÉnicATiOxX.

Les auteurs ne se sont pas toujoui's accordés sur le sens de ce dernier mot. Plusieurs lui conservent encore l'interprétation que lui donna Bichat, lequel ne voyait dans la médication que les changements immédiats déterminés par des médicaments agissant sur réconomie animale. Dès-lors, la médication était con-

sidérée plutôt comme un effet du traitement que comme une cause de modification pathologique. Il convient mieux de voir dans une médication : Vapplication d'un ensemble d'agents ou de moyens thérapeutiques^ en vue d'un traitement. Ainsi, dit avec raison Littré, médication n'est pas tout à fait synonyme de traitement. Celui-ci a pour but définitif plus ou moins prochain de guérir ou de palUer une maladie ; le but de la médication est seulement de provoquer sinon immédiatement, du moins très-prochainement , un effet particulier qui n'est qu'une sorte d'intermédiaire par où l'on doit passer pour arriver au but définitif. Il est bien rare, ajoute Littré, qu'un traitement ne comporte pas l'emploi simultané ou successif de plusieurs médications souvent fort différentes.

Ainsi la médication se distingue à la fois de la méthode qui n'est qu'une règle de l'esprit, et du traitement qui vise directement la cure, la prévention ou la palliation de la maladie.

L'origine des dénominations attribuées aux médications, est diverse.

Parfois, la médication tire son nom de l'agent médicamenteux {médication arsenicale^ mercurielle^ 6romurée^ électrique); plus souvent elle est dénommée d'après son action physiologique présumée!: {médiation révulsive, astringente^ sédative, substitutive).

Autant on peut distinguer d'actions médicamenteuses spécifiées, autant il est loisible d'admettre de médications. Mais, outre qu'il importe dans tout enseignement d'éviter la confusion qu'engendre si facilement la multiplicité, c'est le propre d'une bonne méthode d'associer des divisions sur des caractères assez généraux pour que ohacune d'elle possède des distincts suffisants.

Quand on observe les inodilicaLions que peut engendrer sur l'économie animale, soit la maladie, soit le médicament, on n^connaît vite que toutes ces modifications sont réductibles en un petit nombre de types principaux.

C'est ainsi que, sous rinlluonco d'un grand nombre d'agents, la température normale du corps s'abaisse, le pouls t(»mbe et se ralentit, la sensibilité s'émousse, les mouvements réflexes perdent de leur puissance, la contractibilité musculaire elle-même est diminuée. L'ensemble de ces syndromes (»st heureusenjent exprimé par un mot ancien, mais toujours juste; celui d'ilvpos- THÉNiSATiON ; Ics agents hyposthénisants donneront, dans noti'c division, une première série de médications.

II est d'autres agents thérapeutiques dont l'effet se traduit par des épiphénoménes absolument opposés aux précédents : la température du corps est élevée, le pouls devient plus fréquent, plus plein, la sensibilité est exaltée, la motricité surexcitée, la contractilité musculaire accrue. Les agents générateurs de ces phénomènes sont dits Hvpeustuémsants. Ils fournissent une deuxième série de médications

Un troisième ordre d'actions thérapeutiques est déterminé par des agents modificateurs dont on ne peut pas dire les ellets directement hypersthénisants, plutôt qu'hyposthénisants , et qui modifient cependant profondément l'organisme. Soit par élimination, soit par révulsion , par effet de contact ou par combinaison chimique, ces agents substituent à l'état pathologique un état provoqué. Ce sont les Substitutifs, qui nous donnent cette troisième série de médications.

Enfin t les thérapeutistes , ceux-là même qui nient

la spécificité, reconnaissent à certains médicamenls des notions Spéciales ou électives sur tel organe ou élément anatomique. De là une quatrième série d'actions médicatrioes .

On peut dire que toute la thérapeutique se ramène à la syntlièse de ces quatre modifications générales : Effets hyposthénisak'pi , hypersthémsants, subs- TrruTiFs et spéciaux.

Or, nous trouverons, dans une division naturelle de ces quatre séries, la nomenclature des médications principales:

A. — Effets Hyposthémsauts.

Les actions iiyposthénisantes comportent une première division qui fournit cinq médications générales, savoir ;

Médications : sti-péfiaste,

— CONTHO-STIMULA>TE OU SÉnATOT,

— ANTJPHLOGISTIQUE,

— ASTlSPASMOniQUE,

Page 1