ADRESSE AUX ÉLECTEURS
17 octobre 1877.
Électeurs,
Le scrutin du 14 octobre 1877 a confirmé, en lui donnant une force nouvelle, celui du 20 février 1876.
Malgré les menaces, malgré les violences, brisant avec dédain les entraves de la candidature officielle, vous m’avez, par 9654 voix sur 14 630 votants, de nouveau nommé votre député pour quatre ans.
Je ne saurais vous remercier d’ùne manière plus digne de vous et de moi qu’en vous promettant, après comme avant l’élection, d’exécuter fidèlement ce que vous avez voulu ;
Yous avez voulu, et la France a voulu avec vous, que la République soit fermement et définitivement établie, que les fonctionnaires politiques lui soient activement dévoués, que les fonctionnaires administratifs cessent de l’attaquer, que nul ne puisse plus impunément l’outrager;
Yous avez voulu que le pouvoir personnel prenne fin
à tout jamais, et que la souveraineté nationale ne rencontre plus devant elle, redoutables ou ridicules, ni maîtres ni rivaux;
Vous avez voulu que le respect de la justice et celui de l’autorité, compromis par tant de folies coupables, reprennent leur puissance ; que la loi soit de tous obéie, qu’elle cesse d’être un instrument de guerre entre les mains d’un parti, que ses interprètes retrouvent le sentiment de sa force et de sa dignité ;
Vous avez voulu que les rapports des citoyens les uns avec les autres, parles réunions, par les journaux, par les livres, soient débarrassés des entraves d’uiie législation jalouse, léguée par des gouvernements ennemis de toute liberté ;
Vous avezvouluquc la France ne soitplus l’espérance et l’agent d’une secte sans patrie, toute prête à fomenter la guerre civile, et à tirer l’épée contre une nation amie;
Vous avez voulu que le prêtre catholique, respecté comme ministre religieux et comme fonctionnaire public, soit, dans ses rapports avec la société laïque, ramené à l’obéissance stricte des . lois librement consenties au début de ce siècle entre le pape et l’État ;
Vous avez voulu que l’éducation publique de vos enfants soit, le plus tôt possible, exclusivement confiée à des citoyens libres comme vous, n’ayant d’ordre à recevoir que de la loi, pénétrés de l’esprit national, attachés avant tout à l’enseignement des devoirs civiques ;
Vous avez voulu que les artisans de désordre, les habiles comme les violents, les cyniques comme les hypocrites, soient désormais réduits à l’impuissance, après, avoir, des plus petits aux plus grands, reçu la juste punition de leurs méfaits récents ;
Vous avez voulu que le calme revienne enfin dans les