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Fig. 13.
Hémiplégie chez un homme intoxiqué par le suifure de carbone.
née est profondément atteinte sur toute l'étendue du membre supérieur paralysé, et également sur toute l'étendue du membre inférieur correspondant (Fig. 13.) Vous savez que cette circonstance est fortrare dans l'hémiplégie
vulgaire ; on ne la rencontre guère dans l'espècé, que lorsqu'il s’agit d’une lésion de la partie postérieure de la capsule interne et encore dans ce cas la sensibilité n’est à peu près jamais atteinte au degré que nous constatons chez notre homme.
Nous relèverons de plus chez lui, un contraste remarquable entre la sensibilité cutanée qui est, comme nous le disons, très profondément affectée, et le mouvement qui lui, au contraire, n’est pas complètement aboli ; et c’est là encore un fait qui n'appartient pas aux hémiplégies de cause organique.
Ajoutons que ce n'est pas seulement sur les membres paralysés qu'est répandue l’anestbésie, mais encore sur toute la moitié gauche du tronc, en avant, en arrière et sur la moitié de la tête et de la face ; que cette anesthésie n’occupè pas uniquement la peau, qu’elle s'étend encore aux parties profondes. Ainsi les articulations peuvent être soumises aux mouvements de traction ou de torsion les plus'énergiques sans que le malade ait notion de ce qu'on lui fait. Il ignore aussi si l'on déplace ses membres et ne peut déterminer la position qu’on leur donne, ou pour le moins n’a sur ces divers points que des notions extrêmement vagues.
A ces traits, ceux d’entre vous qui sont experts dans la matière n’ont pas manqué de reconnaitre qu'il s’agit ici d'hémiplégie hystérique, Est-ce donc que cet homme à la barbe inculte, portant la marque d’une sénilité précoce, affaissé, morne, prostré, serait vraiment un hystérique ? Cela ne saurait étonner parmi vous que les nouveaux venus. Les autres savent ce qu'il en est de l’hystérie de l’homme et sous quel aspect elle se présente à chaque pas dans nos hôpitaux, depuis qu’on a appris à la connaître. Déjà même plusieurs de nos auditeurs se sont demandé, sans doute, chemin faisant, s’il n’en serait pas de même du sulfurege carbone que du saturnisme, de l'alcoolisme, voire même du traumatisme, tous agents provocateurs de l’hystérie. |
Ce sont là des questions qui devront nous occuper tout à l'heure. Au préalable, nous devons nous appliquer encore à bien établir chez notre homme le diagnostic hystérie.
Nous ne reviendrons pas sur les symptômes signalés jusqu'iei : hémianesthésie sensitive cutanée et profonde totale, parésie concomitante des membres supérieurs et inférieurs avec perte du sens musculaire, absence de rigidité et d’exaltation des réflexes, alors que l’hémiplégie date de plus d’un mois, etc., ces phénomènes sont déjà par eux-mêmes suffisamment significatifs; mais nous pouvons allonger la série.
Relevons en premier lieu la non-participation du facial inférieur à l’hémiplégie motrice, de telle sorte qu’il ne s’agit pas chez notre homme d'hémiplégie proprement dite, mais bien de monoplégies associées. Après tous les développéments dans lesquels je suis entré l'an passé à propos de la non-participation de la face à l’hémiplégie hystérique, je crois inutile d'entrer à propos du cas d'aujourd'hui, dans de nouveaux développements sur ce sujet. Certes,