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Fig. 14.
par le sulfure de carbone, en particulier dans deux observations de M. Delpech, Mais, naturellement, dans ces cas, la nature hystérique du spasme n’a pas même été soupconnée. Au spasme glosso-labié nous devons ajouter encore d'autres stigmates également caractéristiques en premier lieu; il y a rétrécissement permanent très prononcé du champ visuel à droite, côté de la paralysie motrice, tandis qu'à gauche, le champ visuel est normal.
Remarquez cette circonstance du rétrécissement portant exclusivement sur
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l'un des yeux, l'autre restant parfaitement indemne, parce que c’est là une circonstance relativement rare,
J'ai dit tout à l'heure réfrécissement permanent, parce que les rétrécissements de ce genre seuls sont caractéristiques de l’hystérie dans certaines affections, en effet, comme dans l’épilepsie par exemple : après l'attaque le même rétrécissement Concentrique peut se présenter, — à la vérité toujours d’une façon temporaire. Pas de dyschromatopsie, mais diplopie monoculaire très prononcée; pharynx insensible; ouïe à droite très affaiblie; goût nul du côté droit de la langue.
Voilà toute la série des stigmates classiques qui se déroule devant nos yeux,
et après cela il n’est pas nécessaire, pour affirmer le diagnostic hystérie, de chercher ailleurs.
‘: Sans doute notre homme n’apasd’attaques convulsives ; on nerencontre pas chez lui de plaques hystérogènes, hyperesthésiques. Mais vous savez que ces phénomènes-là ne ‘sont nullement nécessaires à la constitution de la maladie hystérique, et à leur défaut, nous avons relevé assez de signes caractéristiques pour nous permettre de conclure en toute assurance. |
Un mot maintenant'sur l’état mental de notre malade. Si je n’admets pas que l’hystérie puisse être démembrée et qu'il soit permis de reconnaître autant d’hystéries distinctes et nosographiquement séparées qu'il y a de causes capables de provoquer le développement de l’affection, j’admets cependant naturellement dans l’hystérie, espèce une el indivisible, des variétés, des fformes ; cela est élémentaire. L'ivresse produit, par l'emploi de la même substance, prise aux mêmes doses, des effets fort différents chez les différents sujets. Celui-ci devient expansif et abonde entraits d'esprit qu’on ne lui connait pas au même degré dans les conditions ordinaires, tandis que celui-là reste concentré, muet, abattu et stupide. On ne cesse de répéter aux cliniciens
commençants que la pneumonie de Pierre n’est pas la pneumonie de Jacques, et cela doit être en effet pour lui matière de bréviaire. Pourquoi l'hystérie échapperait-elle à larègle ? De fait elle n’y échappe point et, relativement au côté psychique, j'ai fait remarquer bien des fois déjà qu’il ne faut pas s’attendre à rencontrer chez l’homme, ce brio morbide, fréquent en réalité chez la femme, mais dont quelques auteurs font, bien à tort, un caractère constant de la névrose hystérique. Les hommes hystériques de la classe ouvrière, qui, ainsi que le fait remarquer avec raison M. Marie, encombrent aujourd'hui les services hospitaliers de Paris, sont à peu près toujours des gens sombres, mélancoliques, déprimés, découragés, et justement le pauvre hère que nous avons sous les yeux présente, ainsi que je vous l'ai fait remarquer il yaun instant, toutes ces apparences-là. Le voilà timide, sombre, comme désemparé et remarquez-le bien, cette prostration psychique date exactement de l’accident survenu dans la cuve au sulfure de carbone. Autrefois notre homme n'élait pas gai à proprement parler, mais il supportait les choses de la vie sans
se plaindre et apportait même dans la lutte un certain entrain. Aujourd’hui le tableau s’est considérablement assombri, le pauvre diable se trouve tout changé ; il a la persuasion qu'il n’est bon à rien et se laisse aller à un découragement profond. Je me réserve de vous montrer ailleurs que celles des positions d'esprit des hystériques mâles tient certainement, en partie du moins, à ce que, chez eux, la neurasthénie se montre presque toujours associée en proportions diverses à la névrose hystérique.
Quoi qu'il en soit, je le répète, ces conditions de dépression mentale vous les retrouverez fréquemment chez l'homme hystérique ; chez lui également, vous aurez l’occasion de constater en outreune tendance à subir des rêves terrifiants. Cette tendance-là est fort prononcée chez notre malade d'aujourd'hui ; souvent, en effet, fort souvent,presque toutes les nuits depuis l'accident de la cuve,il est poursuivi par des loups, des lions, des animaux fantastiques et terribles ; ce matin mème il nous a conté que la nuit dernière il s'était trouvé tout à coup entouré d’eau de tous côtés. L'eau montait,montait toujours,etallait couvrir la montagne ou il s'était réfugié, lorsqu'il se réveilla dans un état d’anxiété des plus pénibles. Si j'insisie une fois de plus sur les modifications psychiques fréquentes à observer chez l’hystérique mâle et très accentué en particulier chez le malade d'aujourd'hui, c’est qu’on a voulu les considérer comme appartenant à la prétendue névrose traumatique et constituant même pour elle un caractère qui la séparerait de l'hystérie.
Evidemment, c’est là une erreur.
Ces mêmes caractères appartiennent bien et dûment à l’hystérie virile et ils s’y observent non seulement lorsque la maladie relève d'un traumatisme ou d’un choc nerveux, mais lorsqu'elle s’est développée en conséquence de l’action d’une cause toxique, saturnine (sulfo-carbonée) ou, pour tout dire, sous l’influence d'une cause déterminante quelconque. Cet état mental particulier sur lequel je viens d'insister n’est donc pas l’apanage, la marque d'une hystérie spéciale, elle peut se rencontrer dans toutes les formes de l’hystérie.
Après avoir montré que tous les accidents nerveux relevés chez notre homme appartiennent sans exception à l’hystérie, plus ou moins mêlée à la neurasthénie, irons-nous prétendre que c’est l’hystérie encore qui a été en jeu dans toutes les observations publiées par Delpech et autres, comme exemple d'intoxication spéciale sulfo-carbonée ? Ce serait là, je pense, généraliser beaucoup trop vite. Sans doute, la lecture de ces observations nous révèle à chaque instant l'existence de phénomènes qui relèvent très certainement de la névrose hystérique ; tels sont les cas dans lesquels se trouvent signalés expressément le spasme glosso-labié, les étouffements, la boule, les sensations particulières dans les parties sexuelles, des contractures, des anesthésies ou des hypéresthésies, des crises enfin dont la description rappelle exactement celle des crises hystériques épileptoïdes dont plusieurs avec arc de cercle. Evidemment, ces observations-là se rapportent à l'hystérie et il faut en con-
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clure, car les observations de ce groupe sont fréquentes, que dans la plupart des cas l’hystérie a été vue par les auteurs qui ont écrit sur l'intoxication sulfo-carbonée, par fragments, sans être reconnue par eux pour ce qu'elle est. L'hystérie serait donc d’après cela l'affection qui se développe le plus fréquemment en conséquence de l’action des vapeurs de sulfure de carbone ; il faudra à l'avenir pour savoir exactement ce qu’il en est, réellement examiner les choses de plus près qu'on ne l'avait fait jusqu'ici et songer à l’hystérie. Mais, dès aujourd'hui, on peutaffirmer que toutes les observations, passées ou futures, ne se préteront pas à cette interprétation exclusive. En effet, parmi les observations de Delpech et de ses successeurs il en est plusieurs où certainement ce n’est pas l'hystérie qui est en jeu. Je citerai comme exemples du genre les cas où les malades éprouvaient dans les membres des douleurs vives et soudaines, en mème temps qu'ils marchaïent d’une façon incoordonnée.
Ces malades-là ont été considérés quelquefois comme des ataxiques (ataxie sulfo-carbonée); ilest bien plus vraisemblable qu’il s’agit ici de névrites périphériques analogues à celles, qu’on sait relever de diverses intoxications, alcoolisme, beriberi, ete., ete., et que l’incoordination motrice de ces malades, si l’on y eût regardé de près, eût présenté les caractères, non pas de la démarche tabétique, mais bien ceux de la démarche du steppeur, comme nous avons coutume de l’appeler. En tout cas bien évidemment, ces cas-là ne se rapportent pas à l’hystérie. Car si l'hystérie est capable de simuler une foule d'états morbides qui lui sont étrangers, il en est d’autres, contrairement à l’opinion de certains, qu'elle ne saurait simuler jamais devant un observateur attentif,
En résumé donc, il existe vraisemblablement des affections du système nerveux relevant directement de l’action des vapeurs du sulfure de carbone etqui mériteraient de porter le nom d’affections nerveuses sulfo-carbonées.
Il faudra s'appliquer, à l'avenir, à décrire ces affections plus minutieusement qu'on ne l’a fait jusqu'ici, et s’attacher surtout à les bien distinguer des symptômes hystériques qui se développent dans des circonstances analogues et pourront sans doute parfois se trouver entremêlés avec elles. C’est ainsi que, dans la pathologie des phénomènes nerveux saturnins et alcooliques, il faut savoir distinguer ce qui appartient à l’hystérie provoquée par l'intoxication, des accidents nerveux relevant directement de l'intoxication, et qui, lui appartenant en propre, méritent seuls de porter le nom d'accidents nerveux toxiques.
Maintenant que notre malade s’est retiré, disons un mot sur le pronostic et sur le traitement. Pronostic sérieux, cela parait être la règle dans l'hystérie mâle des adultes. Le malade guérira difficilement s’il guérit: en tous cas, cela durera certainement plusieurs mois, plusieurs années peut-être, quoiqu'on fasse. Le sujet n’est pas hypnotisable. — Où va-t-on chercher que tout le monde,les sains comme les malades,peuvent être hypnotisés ? — Donc ilne