‹ Leçons du mardi à la SalpêtrièreChapitre 2 sur 174 · DVI ARE · texte numérisé non relu

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quelque sorte, que la réédition, sous une forme nouvelle, d'accidents antérieurs.

De trois à huit ans, — elle a donc été fort précoce sous ce rapport, — élle a été sujette à des attaques de nerfs accompagnées de perte de connaissance. Ces attaques se reproduisaient quelquefois présque sans cesse et sans trêve pendant une période de vingt-quatre heures, Evidemment, il s'agissait là non pas d'attaques comitiales, mais bel et bien d'attaques hystériques de la grande forme hystéro-épilepsie.

Une affection, désignée sous le nom de chorée, à paru également vers cette époque et elle a occupé la scène pendant trois mois.

De l’âge de neuf ans jusqu'à l’époque présente, les troubles nerveux s’effacent complètement. Ils ont reparu en mai dernier, sans cause spéciale apparente, sous la forme suivante : ce fut d’abord un enrouement bientôt suivi d’une toux sèche presque incessante pendant la veille et s’arrétant seulement pendant le sommeil, pour reparaître le matin dès le réveil. Les nuits, du reste, étaient fort agitées et plusieurs fois la malade s’est réveillée à terre hors de son lit. Puis apparurent les premiers bâillements qui d’abord, alternèrent avec les quintes de toux (Voir les figures 1, 2, 3, 4), et ensuite régnèrent seuls, se répétant alors environ huit fois par minute. Depuis le mois d’octobre,les choses se sont réglées ainsi qu'il suit : quatre bâillements par minute sereproduisant avec cette régularité sur laquelle j'ai déjà appelé votre attention.

Il n’y à pas longtemps que les phénomènes de l’attaque convulsive vulgaire sont venus se surajouter aux bâillements et je dois vous prévenir que je ne considère pas cette intervention de l’attaque convulsive comme marquant un empirement dans la situation. Je vous ai déjà laissé entrevoir que la toux comme le bâillement hystériques ne sauraient, en général, coexister avec l'attaque ; l’un exelut l'autre jusqu’à un certain point. Et, à tout prendre, les phénomènes de l’hystérie convulsive vulgaire, régulière, sont bien moins tenaces, moins inaccessibles que ne le sont, dans leur monotonie &ésespérante, la toux, l’aboiement hystérique et aussi le bâillement., — Il s'agit là, en somme, d’un de ces cas où il y aurait avantage, si faire se pouvait, ainsi que l'a bien montré M. le P' Pitres, à favoriser le développement des attaques, dans l’espoir de changer le cours des choses et de rendre la maladie,dans son ensemble, plus accessible à l'influence des moyens thérapeutiques.

Pour le moment, les attaques, chez notre sujet, sont, en quelque sorte, à l’état rudimentaire. Tout à coup la malade ressent des étouffements, il lui semble qu'une boule lui monte du creux épigastrique à la gorge ; puis surviennent des bourdonnements d'oreilles, des battements dans les tempes,

Il est intéressant de remarquer qu'au moment où ces phénomènes apparaissent, les bâillements cessent ‘momentanément (antagonisme entre les attaques et les bâïllements). Souvent les choses ne sont pas poussées plus loin ; cependant quelquefois il y a rigidité convulsive des membres, perte de

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connaissance qui peut durer un quart d'heure et plus. Souvent, la malade, après les attaques, tombe dans un profond sommeil.

Voilà certes une série d'accidents qui, au premier chef, révèlent l'hystérie. Mais ce n'est pas tout : Les stigmales permanents sont, chez notre sujet, parfaitement accentués et caractéristiques. Je me bornerai à en faire l’énumération sommaire :

1° Anesthésie cutanée très accentuée sur toute l’étendue du membre supérieur droit, répandue sur le tronc en avant et en arrière, comme il est indiqué sur la figure n° 6 (A. B.);

Fig. 6. — État de la sensibilité chez Ler..…. (8 septembre 1888.)

2° Abolition presque absolue du goût et de l’odorat des deux côtés; 3° Diminution de la sensibilité pharyngée ;

4° Dyschromatopsie du côté droit : le rouge et le jaune sont seuls perçus nettement ;

5° Enfin il existe un rétrécissement du champ visuel à peu près égal des deux côtés ( Fig. 3 et 9).

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