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caractère se produire chez notre homme: à chaque pas il fléchit plus que cela ne se fait dans la marche physiologique la cuisse sur l'abdomen, et la jambe sur la cuisse, de façon à soulever les pieds anormalement au-dessus du sol : mais ceux-C1 sont flasques dans l'articulation tibio-tarsienne par suite de la paralysie des extenseurs et il en résulte que, en retombant sur le sol, chacun d'eux fait entendre deux bruits successifs, d’abord un bruit « de pointe », puis un bruit de « talon », le second bruit plus fort que le premier: tic, toc, tie, toc. Ceci contraste singulièrement avec la démarche classique du tabétique qui, à chaque pas, lance en avant sa jambe étendue et frappé du talon le sol, en produisant un bruit unique.
Ainsi que je le rappelais tout à l’heure, les gens qui marchent en steppant ont généralement une paralysie plus ou moins prononcée des extenseurs des pieds, et c’est justement à cette circonstance qu'est dû si je ne me trompe, pour la majeure partie du moins, le phénomène du steppage.
Chez notre homme vous constatez aisément, lorsqu'il est assis, cette paralysie et vous remarquez qu'elle est absolue à gauche, tandis qu'à droite elle reste incomplète. Là le pied est ballant absolument dans l’articulation tibiotarsienne et le sujet est impuissant à en opérer la flexion dorsale, tandis qu'à droite ce mouvement est possible et en même temps le pied se porte dans l’adduction ; mais nous reviendrons sur ces détails dans un instant.
Eh bien, messieurs, ce fait de l’existence de la démarche du steppeur a dû déjà, chez quelques-uns d’entre vous, éveiller certaines idées relatives au diagnostic. Cette démarche, certes, n’est point spéciale à un seul état morbide ; on peut dire que c’est un complexus, un syndrome si vous voulez, commun à plusieurs espèces nosographiques.
Mais vous allez voir, par l'énumération que nous allons en faire que, même en dehors des particularités relatives à la marche, ces affections ont bien des traits en commun. Ainsi le steppage peut se voir dans l'intoxication saturnine, bien qu'il y soit un fait exceptionnel, la paralysie en pareil cas portant principalement et dans la règle à peu près exclusivement sur les extenseurs du poignet. |
Il peut être un des symptômes des paraplégies arsenicales ainsi que nous l'avons pu constater récemment chez un sujet qui nous a été adressé par MM. Brouardel et Marie.
On l’observe encore très communément dans le béribéri sec ; .souvent nous l’avons constaté en pareil cas chez des sujets venant du Brésil et aussi chez quelques personnes européennes ayant résidé à Panama, à l’occasion des travaux du percement de l’isthme.
Mais dans le cas que nous avons sous les yeux il est facile d'éliminer toutes ces causes là, et à la suite d’un interrogatoire même très sommaire, il devient, du premier coup, éminemment vraisemblable que la cause à invoquer, c'est l'alcoolisme,
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Eh bien, messieurs, l'examen plus attentif auquel nous allons procéder n'aura pas pour résultat de démentir nos prévisions. C’est bien d’un steppage conséquence d’une paraplégie alcoolique qu’il est question ici ; cela ne sera pas, je pense, très difficile à démontrer.
Toutes ces affections toxiques qui peuvent produire la démarche du steppeur, offrent, je le disais tout à l'heure, des traits communs.
Elles paraissent toutes anatomiquement caractérisées par une lésion des nerfs périphériques, — névrite périphérique des auteurs — et par des lésions dégénératives des muscles correspondants; ces lésions entraînent après elles tout un ensemble symptomatique dont la raison physiologique n’est pas en général très difficile à déterminer. Ce sont, par exemple, l’atrophie musculaire avec réaction de dégénération plus ou moins prononcée ; l'absence ou l’affaiblissement des réflexes rotuliens, quand, bien entendu, il s’agit des membres inférieurs ; enfin des troubles de la sensibilité manifestés spontanément ou provoqués seulement par certaines manœuvres, qui n’appartiennent pas à tous les cas du groupe, car il y a très certainement des paraplégies par névrite périphérique sans anesthésie et sans douleur.
Tous les symptômes plus haut signalés, y compris les troubles de sensibilité, se retrouvent au plus haut degré dans la paralysie alcoolique qui peut être considérée comme un type du genre, et qui, du reste, est celle que nous devons nous attendre à rencontrer surtout lorsqu'il s’agit d’un malade steppeur qui vient nous consulter à l'hôpital.
Nous avons prié le malade de mettre à nu ses membres inférieurs et nous pourrons maintenant procéder à un examen détaillé de ses muscles.
Voici ce que cet examen permet de constater. Les deux jambes et les deux cuisses sont considérablement atrophiées. A gauche cette atrophie est plus prononcée qu'à droite.
Gauche Droite Circonférence de la jambe à 10 centimètres au-dessous
de la rotule. DATA TON!
Circonférence de la cuisse à 15 centimètres au-dessus de
la rotule. JO OMRAUNC:
Circonférence de la cuisse au niveau de la racine du
membre. LAVCIMMAIEE
Les deux pieds sont tombants, ballants dans l'articulation tibio-tarsienne mais cela est beaucoup plus prononcé à gauche qu’à droite.
Les deux membres inférieurs, surtout aux jambes et aux genoux, sont froids au toucher, surtout à gauche. C’est pourquoi le malade entoure habituellement la jambe et le pied de ce côté d'un matelas d’ouate recouvert d'une bande roulée. Cet appareil est destiné d’ailleurs non seulement à réchauffer le membre, mais encore à maintenir le pied, qui autrement serait ballant,
fléchi à angle droit sur la jambe : disposition qui a pour effet de rendre pour ce membre l'acte de la marche moins difficile.
Là, dans ce même membre, les troubles vasomoteurs sont beaucoup plus prononcés que partout ailleurs : en effet il suffit que le membre inférieur de ce côté soit, dans la station assise resté pendant durant quelques minutes, pour qu'il prenne une teinte d'un rouge violacé qui, de l'extrémité du pied, s'étend jusqu'au niveau du genou.
Nous parlerons plus tard de l’anesthésie cutanée qui se montre sur la jambe et le pied gauches ; je me borne à signaler pour le moment qu’au niveau des mollets la pression exercée sur les muscles est douloureuse, douloureuse également est la percussion des tendons rotuliens.
Les réflexes tendineux, comme du reste les réflexes cutanés, sont abolis.
Nous donnons maintenant l'indication plus détaillée des principaux muscles atrophiés.
A gauche, presque tous les muscles de la jambe sont atrophiés. Les extenseurs plus encore que les fléchisseurs. À la cuisse, le triceps est très atrophié (Une partie seule du vaste interne est conservée). Cependant de ce côté le malade peut étendre la jambe sur la cuisse et opposer, dans l'attitude fléchie, une certaine résistance, grâce à cette circonstance que le tenseur du fascia lata est conservé.
À droite, le jambier antérieur est complètement atrophié. L’extenseur est bien conservé au contraire et en conséquence l'extension du pied est en partie possible ; mais dans ce mouvement-là, l'axe du pied est porté en dehors. Les muscles du mollet sont en partie conservés, surtout le jumeau interne. A la cuisse le triceps est aussi atrophié qu'à gauche : le vaste interne seul est conservé en partie mais ici le tenseur du fascia lata est complètement atrophié, cequifait que l'extension de la jambe sur la cuisse est complètementimpossible.
Aux deux cuisses les adducteurs et les fléchisseurs (muscles postérieurs) sont bien conservés. Aux fesses les moyen et petit fessier sontun peu atrophiés, surtout à droite.
Il y a chez le sujet une ensellure lombaire assez prononcée.
Nous signalons en dernier lieu les principaux résultats, fournis par l’explo- ‘ation électrique : À la jambe gauche, tous les muscles sont inexcitables, tant par le courant galvanique que par le courant galvanique et le courant faradique. Seul, le long péronier de ce côté présente une contraction faible et encore par l’action de très forts courants. À la cuisse gauche, le droit antérieur et le vaste externe sont inexcitables. Le vaste interne est excitable dans sa partie inférieure : son excitabilité est seulement diminuée sans inversion de la formule.
A la jambe droite, le jambier antérieur est inexcitable par les deux courants: dans les jumeaux, excitabilité un peu diminuée sans inversion. Les autres muscles, extenseurs des orteils, etc.., sont normaux. A la cuisse droite,