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le droit antérieur, le vaste externe, le tenseur du /ascia lata sont complètement inexcitables, les autres muscles, adducteurs et fléchisseurs, de même que à gauche sont normaux.
A part certaines particularités que nous aurons à relever dans un instant parce qu’elles tendent à établir qu'il ne s’agit pas ici d’une forme pure et qu'il existe une complication que nous devons dégager, rien dans l’exposé qui pré-
cède ne vient directement à l'encontre de l'hypothèse d'une paralysie alcoolique. Toutefois, pour bien apprécier la situation, il faut avoir dans l'esprit qu'à l'heure qu'il est nous n'avons pas sous les yeux un processus en pleine activité, mais bien le résultat d’un processus éteint, c’est-à-dire d’un reliquat de maladie.
L'histoire de l'évolution du cas que nous devons exposer maintenant nous apprend en effet ce qui suit. Il fut un temps où l'impuissance motrice des membres inférieurs a été absolument complète.
Il y a eu plusieurs périodes de relèvement et de rechutes successives, enfin la guérison relative est devenue à un moment donné permanente. Les premiers symptômes de la paralysie actuelle paraissent remonter à sept ou huit ans. L'atrophie des membres s'était dès l’origine rapidement accentuée .
La démarche du steppeur était déjà manifeste en 1882. Pendant toute la période d'activité du mal, un certain nombre de symptômes caractéristiques qui aujourd'hui ont disparu, étaient fort accentués.
C'est ainsi qu'alors le malade souffrait surtout dans les jambes de douleurs vives et rapides rappelant jusqu’à un certain point par leur description celles des tabétiques ; en même temps il ressentait des picotements, des coups d'épingles d’une façon presque permanente, tout cela l’'empêchait habiluellement de dormir. Alors la peau des jambes et des pieds était peu sensible aux piqûres, mais on ne pouvait presser les tendons et les muscles, des jambes surtout, sans provoquer une vive douleur. Enfin les jambes et Les pieds étaient chauds, œdématiés, tuméfiés. Joints aux modifications des réactions électriques, à la perte des réflexes rotuliens que nous avons pu constater, ces symptômes suffiraient en quelque sorte, à établir cliniquement, dans les conditions où nous sommes, l'existence de la paralysie alcoolique.
Pour ne pas entrer à propos des caractères cliniques de cette espèce de paralysie, dans une description en règle, je vous prierai de vous reporter à la leçon que j'ai donnée sur ce sujet, l'an passé (6 mars 1888).
J'ai hâte maintenant de vous montrer que l'étude des antécédents du malade et en particulier de ses habitudes de vie ne contrediront en rien nos assertions ; vous verrez qu'au contraire, elle viendra la confirmer de la façon la plus éclatante.
Je procéderai dans ce but, à l’exposé de quelques points de l’histoire des antécédents de notre malade. C’est un garçon d'environ 27 ans, né à Paris, au premier abord d'assez chétive apparence ; mais il affirme qu'il apu autre-
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fois dans une rude profession, déployer une grande force. Je me réserve de vous parler un peu plus tard de sa famille considérée au point de vue de l’hérédité nerveuse : pour le moment je me borne à relever que son père âgé de 57 ans est un ivrogne fiefté, batailleur, emporté, colère ; que sa mère boit aussi un peu et qu'il en est de même d’une de ses sœurs qu'il va voir assez souvent le dimanche et avec laquelle il s’est grisé plusieurs fois : « II n’y a pas de mal, dit-il, à boire en famille. »
Rien d'étonnant qu'avec de pareils exemples sous les veux il ait été enclin lui aussi, à abuser des boissons alcooliques; il n’y a point manqué, en eflet, et souvent, surtout dans une certaine période de sa vie, ses excès ont été véritablement énormes ; voici dans quelles circonstances : il a commencé à boire à l’âge de 14 ans alors qu'il faisait son apprentissage chez un cordonnier. « C'était un excellent patron, dit-il, mais il buvaiït ferme ; et quand il y avait quelque bonne noce à faire il m'emmenait toujours avec lui. > Aucun changement notable cependant ne s’est produit dans sa santé jusqu’à l'époque où il est entré comme garçon de jour dans le lavoir de la rue de Charenton. Je ne vous dirai pas tout au long ce qu'est à Paris, un lavoir, et ce que sont au point de vue des mœurs les pérsonnes qui les fréquentent. Vous le savez du reste très probablement par la lecture que vous n'avez pas manqué de faire du très intéressant roman de M. Zola : L’Assommoir.
Quoi qu'il en soit, au lavoir de Charenton comme dans les autres sans doute, le travail commence le matin de très bonne heure. Le « garçon de jour » doit aider. à porter le linge dont les blanchisseuses arrivent chargées.
C’est un rude labeur, paraît-il, car il s’agit souvent de lourds fardeaux. Il faut de temps en temps relever le courage du garçon et les pourboires abondent, destinés à stimuler son zèle : ainsi il est conduit à boire beaucoup et souvent.
Puis il ya encore, dans le travail, les temps de repos nécessaire, pendant lesquels après manger se font les causeries, les épanchements autour du comptoir, nouvelle occasion de boire : le vin, le rhum, l’eau-de-vie circulent. alors tour à tour. Mais déjà on a pris l’absinthe et l'usage de cette substance en particulier paraît être très répandu au lavoir de la rue de Charenton ; on en peut juger du reste par une chanson qui y est fort à la mode. Je crois intéressant d’en détacher quelques fragments communiqués par notre malade qui la sait par cœur pour l'avoir bien souvent chantée « en société ». Cela s'appelle : La Muse aux yeux verts. |