COTÉ PATERNEL
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SŒUR DU PÈRE PÈRE GRAND MÈRE Scrofule Épileptique Plusieurs accès de mélancolie.
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Épileptique, aliéné
Agé de 10 à 12 ans ne pou- a. Vers l’âge de 10 à 12 ans,
vait toucher un objet de cuivre, surtout s’il était sale,sans éprouver une sensation de dégoût se traduisant par des crachottements.
ramassait tous les objets métalliques qu’il pouvait s'approprier et les accumulait dans une cachette.
b. Vers l’âge de 60 ans; un accès de mélancolie à l'occasion d'une maladie aiguë.
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Sa femme issue d’une famille goutteuse est goutteuse elle-même (goutte régulière occupant les gros orteils).
Un fils frappé à l'âge de 4 ans d’une paralysie infantile spinale typique.
Ces faits tendent évidemment à faire reconnaitre la paralysie infantile comme une maladie d’hérédité nerveuse. Mais je ne puis vous laisser ignorer
que, par contre, certaines observations sembleraient contredire formellement cette opinion. C'est ainsi que tout récemment, dans le Lyon médical (janvier 4888), M. le D' Cordier publiait treize observations de paralysie infantile développée dans l’espace de deux mois seulement (juin et juillet 1885), dans une population qui ne dépasse pas 1.500 âmes. De là à conclure que la paralysie infantile est une maladie infectieuse, peut-être contagieuse, la voie est facile aujourd’hui, et toute tracée. On ne saurait s'y engager cependant
Fig. 33. — Coupe de la moclle à la région cervicale dans un cas de paralysie infantile du
membre supérieur droit. — Pièce recueillie à la Salpêtrière chez une femme morte de paralysie
générale à l’âge de 50 ans.
sans quelque réserve, car en somme cette très curieuse histoire d'une petite épidémie de paralysie spinale infantile, constitue encore, à l'heure qu'il est, un épisode absolument isolé.
J'en viens à l’étude de nos deux malades; le premier est, comme vous le voyez, un gros et beau garçon d'apparence vigoureuse ; il est âgé de 11 ans. Il a été admis à la Salpêtrière le 17 octobre 1888. Il appartient à une famille de paysans normands, malins et retors, dont nous n’avons pas pu tirer grand” chose relativement aux antécédents héréditaires. Nous avons appris cependant ce qui suit, et ce sont là incontestablement des aveux intéressants. Un de ses oncles maternels est un goutteux émérite ; un autre oncle, du côté paternel cette fois, est faible d’esprit, presque idiot ; le père est un homme excitable, très emporté, il se met très souvent dans d’affreuses colères pendant lesquelles il ne sait plus ce qu'il fait!
L'enfant a une sœur morte en bas âge qui était née avec une sorte de paralysie d'un des membres supérieurs, probablement d'une paralysie obstétricale.
Lui, n'avait jamais été malade et l'affection dont il souffre aujourd'hui est attribuée, à tort ou à raison, par tous les siens, aux fatigues qu'il s’est donné à l’occasion de la fête du 15 août. Quoi qu'il en soit, voilà ce qui s’est passé : Le 46 août, l'enfant a mal à la tête, il a de l’inappétence ; il souffre un peu des « reins », ce qu'on attribue aux exercices gymnastiques qu'il avait faits la veille et qui consistaient surtout à renverser le tronc en arrière. Sur la partie douloureuse des reins, d’ailleurs, la mère aurait remarqué la présence d’une tache bleuâtre, d’une ecchymose? Le malade est resté au lit toute la journée. Le lendemain 17, allant mieux,il est sorti; le 18, continuation du mieux ; il a pu aller communier. Le 19, le mal de tête reparaît vers le soir; l'enfant a des courbatures dans les membres; il va se coucher de très bonne heure. La nuit du 19 au 20 a été fort agitée, il y a eu du délire, une fièvre vive et le lendemain matin lors d’une accalmie, le malade voulant aller aux cabinets, sentit son membre inférieur droit fléchir sous lui et tomba sur le parquet. La fièvre dura trois ou quatre jours encore, et c’est alors que commencèrent à se produire dans le membre paralysé des douleurs extrêmement vives paraît-il, et qui ont occupé à peu près le trajet du nerf sciatique à la fesse et sur la partie postérieure de la cuisse; la région surtout douloureuse est encore aujourd’hui marquée par les traces de nombreuses pointes de feu qui ont été appliquées à plusieurs reprises. L'enfant se souvient parfaitement que ces douleurs qu'il qualifie d’atroces, revenaient par accès surtout nocturnes ; l'accès duraït environ dix minutes, elles ont persisté pendant quinze jours en tout. Depuis longtemps, il n’y a plus sur ces régions de douleurs spontanées ; mais même encore aujourd’hui,trois mois etdemi aprèsle début de l'affection, il existe une certaine sensibilité à la pression sur le trajet du sciatique (1) entre le trochanter et l'ischion. L'existence de cette douleur méritait certainement d'être signalée, messieurs, parce que, dans l’espèce, elle constitue une anomalie. Dans la règle, en effet, ainsi que je le faisais remarquer en commençant, la paralysie infantile paraît évoluer sans s'accompagner de phénomènes douloureux, autant qu'on en puisse juger, toutefois, chez les très jeunes enfants qui ne rendent pas compte de ce qu'ils éprouvent.
Le fait est que ces douleurs qui précèdent quelquetois de quelques jours le début de la paralysie,et quipersistent parfois cinq ou six mois après, ainsi que l’a vu M. Seeligmüller,paraissent être relativement plusfréquentes, lorsque la maladie frappe les adolescents ou les adultes. Elles seraient dues en tout cas à
ORAN V UT NPPRRINT ENT NII MEN CSN EURE RES S 1. On éveille dans le membre paralysé un peu de douleur par la pression sur les points sui-
yants : 4° Au niveau de la sortie du sciatique au-dessous de l’échancrure ; 20 A la base du triangle de Scarpa el au niveau de l’émergence du nerf crural ; 3° Un peu au-dessous du creux poplité.
l'extension du foyer, originellement limité dans la corne antérieure, aux régions postérieures de la substance grise,et peut-être même,dans certains cas, à l'invasion des méninges et des racines postérieures des nerfs. C’est sans doute dans des conditions analogues que se produiraient les hypéresthésies, ou au contraire, les anesthésies plus ou moins durables, observées dans certains cas et dont il n'existe d’ailleurs pas de traces chez notre petit malade.
À part ce fait de la présence, à un moment donné, d’une vive douleur occupant une partie du membre paralysé, il n'y a plus rien que de normal à signaler chez notre jeune malade, si ce n'est toutefois sur un point que je relèverai tout à l'heure.
La paralysie, à l’origine, ainsi qu’on l’a dit, était complète dans le membre inférieur droit où elle occupait à la fois les muscles qui meuvent la hanche, ceux qui meuvent le genou, ceux enfin qui meuvent l'articulation tibio-tarsienne; aucune autre partie ducorps n’a été touchée: mais chose remarquable, et c’est là justement le point que je signalais plus haut, presque tous les muscles qui ont été frappés, l'ont été du premier coup, au plus hautdegré, de telle sorte que l’on pourrait dire qu’il n’y a pas eu, à proprement parler, contrairement àlarègle,de période de rétrocession.Seuls,quelques mouvements d’abduction, d’adduction et de circumduction sont redevenus possibles à la hanche vers la troisième semaine. Mais la reconstitution n’a pas été plus loin ; partout ailleurs l'impuissance motrice est restée complète ,absolue.Le membre est aujourd'hui flasque, atrophié (1), les réflexes cutanés et tendineux font complètement défaut, la peau du membre est froide, livide surtout à la jambe et au pied et couverte d’une sueur gluante. Le pied présente un léger équinisme.
Pour ce qui est des réactions électriques, elles sont absolument nulles dans tous les muscles de la cuisse, de la jambe et du pied et après trois mois de tentatives thérapeutiques appropriées, il n’y a plus guère d’espoir de voir se produire quelque retour favorable. La période d’infirmité est donc définitivement constituée.
Notre second malade est un garçon âgé aujourd'hui de 21 ans “ qui a été admis dans nos salles il y a environ de ans.
Il était âgé de 19 ans quand il a été frappé de la maladie dont il s’agit.Nous ne lui connaissons pas d’antécédents héréditaires dignes d'être signalés ; il raconte seulement que son père est éminemment irascible, violent même. Lui exerçait la profession de coupeur en souliers.
Jamais il n’avait été malade et il était en état de santé parfaite, lorsque le 4 septembre 1886, sans avoir subi l'influence d'aucune cause occasionnelle
4. 11 y a entre les parties correspondantes des deux membres inférieurs des différences de un centimètre environ,
apprécisble, un vendredi dans la journée, il ressentit des frissons, un peu de fièvre et secoucha. Lelendemain, au réveil, on constate la paralysie complète du membre inférieur gauche dans sa totalité. Le surlendemain matin, la fièvre continuant toujours, bien qu’à un degré modéré, le membre inférieur gauche a été pris à son tour. Enfin, le quatrième jour, la fièvre paraît-il était tombée et néanmoins, ce jour-là, la paralysie s’est étendue au membre supérieur droit. Aucune trace de douleurs, Mais, par contre, une paralysie vésicale dont il n'existe plus la moindre trace s’est produite dès l’origine et a exigé l'emploi du catheter pendant six jours ; fait anormal dans l'espèce vous le savez et qui paraît être relativement moins rare lorsque la paralysie spinale frappe les adultes,
La période de rétrocession à commencé au bout de 15 jours ; malheureusement, le membre supérieur droit : l'épaule, le coude d’abord, puis la main, s’est seul dégagé.
Rien de semblable ne s’est fait sentir dans les membres inférieurs qui, depuis l’origine, n’ont pas récupéré un seui mouvement soit dans les hanches, soit dans les autres articulations,
Inutile de dire l’état dans lequel se trouvent les membres inférieurs paralysés près de deux ans après le début; flaccidité, algidité des membres, absence des réflexes de tout genre, rien n’y manque et pour ce qui est de l'exploration électrique, elle amontré aux cuisses l'existence d’une réaction de dégénérescence très nette et complète, pour la plupart des muscles. Les muscles de la jambe ne répondent plus aux excitations.
Ici encore nous avons sous les yeux un cas d’infirmité indélébile.
Policlinique du Mardi 11 Décembre 1888