Montpellier médical du 17 mars 1889, no
groupes de mouvements complexes associés en vue d'un but spécial pouvant permettre au malade de se déplacer, de se transporter comme il l'entend d'un point à un autre.
Un autre fait à relever maintenant, c*est que malgré l'unité foncière du syndrome, les phénomènes de Tabasie ou de Tastasie ne se manifestent pas toujours dans la clinique sous le même aspect; à cet égard il y a à considérer un certain nombre de groupes répondant à autant de types symptomatiques distincts les uns des autres.
n. Je signalerai d'abord les cas dans lesquels le malade qui, couché, exécute cela est bien entendu, avec les membres inférieurs, tous les mouvements de l'état normal, se trouve, lorsqu'il veut quitter le lit, dans l'absolue impossibilité de se tenir debout^ ne fût-ce qu'un instant, et s'afiaisse aussitôt sur lui-même ; puis immédiatement après, ceux où, soutenu par deux aides, il pourra se tenir debout, mais dans lesquels, aussitôt qu'il s'agira démarcher, les membres resteront accolés l'un à Tautre, sans raideur toutefois, les pieds ne se détachant du sol qu'avec peine. On dirait alors un très jeune enfant complètement inexpérimenté encore dans Tcxécution du mécanisme de la marche qui, soutenu par sa nourrice, s'exerce gauchement à esquisser ses premiers pas. Ces faits-là constitueront ce que j'appellerai, si vous le voulez bien, le groupe paralytique OMpar^tique, suivant le cas (astasie, abasîe paralytique).
Dans les cas ci-dessus mentionnés, il semble que la fonction spéciale, marche ou station debout, soit purement et simplement supprimée ou affaiblie, vraisemblablement en conséquence d'une action d'inhibition sommaire ;il n'y a pas, à proprement parler, perversion des actes moteurs, incoordination motrice : on ne voit pas, en d'autres termes, les actes moteurs complexes mis en cause, troublés dans leur fonctionnement par l'intervention de mouvements contradictoires. Il n'en sera plus de même dans les deux groupes qui vont suivre.
b. Chez une malade à la fois astasiquc et abasique que j'ai observée en 1886 (1), — les mêmes faits se sont reproduits chez plusieurs autres sujets du même ordre que j'ai rencontrés depuis lors, — la station debout était à chaque instant troublée par de brusques flexions du bassin sur les cuisses et des cuisses sur les jambes, assez analogues à ce que l'on voit se produire lorsqu'une personne se tenant raide sur ses jambes reçoit h l'improviste un coup sec sur le creux du jarret ; cela rappelait fort bien aussi ces effondrements {giving foay ofthe legs) qu'on observe si fréquemment chez les tabétiques dans la période préataxique.
Dans la marche ces troubles atteignaient leur maximum. En eftet, à chaque pas que fait la malade, dit l'observation, elle se baisse et se redresse alternative.nent par des mouvements brusques et rapides, et à mesure qu'elle avance