‹ Leçons du Mardi à la SalpêtrièreChapitre 70 sur 97 · WolCr. Berlin. Klio. Woch. n» 6, 11 février · texte numérisé non relu

WolCr. Berlin. Klio. Woch. n» 6, 11 février

4. M. Bjmhardt. Syr'.ngomyelic und S:olio)e. 15 janvier 1839.

les catégories précédentes des troubles Tasomoteurs accompagnés ou non de sueurs partielles (1). Ils s'observent assez fréquemment encore dans la syringomyélie.

On ne saurait dire quant à présent, nous Tavons fait remarquer déjà, dans quelles régions de la substance grise siègent les lésions d*où dérivent les troubles trophiques divers qui viennent d'être énumérés. D'après ce que nous savons des efiets produits par les altérations qui occupent soit les cornes antérieures, soit les cornes postérieures, il ne parait pas qu'on doive les y localiser. Il y a quelques raisons, au contraire, de penser avec M. A. Starr (2), ne fût*ce que par la nécessité d'exclure les autres parties, que c'est dans la région centrale^ commissurale de la substance grise, qu'il conviendra de chercher le point de départ des accidents ; il pourrait se faire aussi que les régions dites colonnes intermédiaires de Olarke, où naîtraient suivant M. le prof. Pierret^ les filets vasomoteurs du grand sympathique, jouassent ici un certain rôle (3).

Les divers groupes symptomatiques qui viennent d'être passés en revue pourront être dits intrinsèques, en ce sens qu'ils représentent en quelque sorte directement les troubles fonctionnels produits par la lésion gliomateuse des diverses parties de la substance grise ; Tenvahissement par celle-ci des régions blanches, faisceaux pyramidaux et faisceaux postérieurs, ou leur compression pure et simple aura pour effet de déterminer l'apparition de symptômes qui pourront au contraire être appelés extrinsèques. En pareille circonstance, nous l'avons signalé tout à l'heure, on verra suivant le cas, soit des phénomènes tabétiques, soit des symptômes de parésie ou de paraplégie spasmodique venir se surajouter en proportions diverses au tableau clinique propre à la syringomyélie et embarrasser peut-être la diagnostic.

Pour en finir avec l'aperçu sommaire que j'ai tenu à vous présenter de l'histoire nosographique et clinique de la syringomyélie, il me reste à vous dire un mot concernant l'évolution de la maladie, son pronostic, son étiologie et enfin le diagnostic.

Elle paraît être plus fréquente chez l'homme que chez la femme; c'est de 15 à 2ft ans surtout qu'elle fait son apparition que certaines causes exceptionnelles semblent provoquer, à savoir : les traumatismes, le surmenage physique, l'affaiblissement de l'organisme déterminé par diverses maladies infectieuses, telles que la fièvre typhoïde, le rhumatisme articulaire aigu, la

1. Voir dans le « Montpellier médical » les leçons du P' Grasset sur le Syndrome bulhomédullaire, etc., etc. juillet 1S89. n« 1 et sulr.

2. Syriogomyelia, etc. American Journal, of med. Science, May, 1888.

3. E. Patnam. Troubles foncUonnels des nerfs vasomoteurs dans l'évolution du tabès sen~ sitif. Thèse de Paris, 1882.

syphilis, les fièvres intermittentes enfin. Vous comprenez qu'il reste considérablement à faire relativement à ce chapitre de Tétiologie.

L'évolution du mal est remarquablement lente, il peut arriver qu'une fois U maladie constituée, le sujet reste de longues années sans que survienne la IQpiQdre (iggravation dans son état; mais il faut compter sur la possibilité d'empir^ip^nts soudains, inopinés, comme aussi sur des amendements r^ides, inespérés.

« Li^gpérison est*elle possible? » se demande M. Roth. « Nous avons vu, dit-il, qu^ de nombreux symptômes peuvent s'améliorer considérablement ; nous avons vu également que le processus morbide peut pe pas progresser d'une ïTianière notable durant dix ans, par exemple. » En vue de tout cela, ajoute-tr il iç nous pouvons admettre la possibilité de Tarrèt de la maladie et de son amélioration considérable et peut-être môme la disparition des symptèmes».

Sur ce dernier point, nous nous permettrons de rester sceptiques. Jl n'est pas impossible en eflet que les prétendus cas de syringomyélie terminés par la guérison, correspondent peut-être à de certaines erreurs dans le diagnostic sur lesquelles nous aurons à insister tout à l'heure. Toujours est-il, qu'en raison même de la lenteur et dès atermoiements qu'elle présente frëquemmept dans sa marche progressive, la syringomyélie est, à tout prendre; d'un prqnostic moins sombre que ne l'est celui de ]^, plupart des afFections organiques spinales dont elle peut être cliniquement rapprochée.

La mort a été quelquefois déterminée par l'extension aux régions bulbaires du processus morbide ; plus souvent elle s'est produite en conséquence de quelque lésion accidentelle. G*cst ainsi que la pyoémie a pu survenir à la suite d'une inflammation phlegmoneuserelevant elle, toutefois, plus ou moins directement de l'altération du centre gris. Dans un cas observé à la Salpétrière, dont il a été question déjà, une perforation de la vessie suivie de péritonite suraiguë a occasionné la terminaison fatale.

L'atrophie musculaire progressive du type Duchenne-Aran, lasclérose latérale amyotrophique, lapachyméningite cervicale hypertrophique, certaines formes du tabes^ telles sont, sans parler de la lèpre anesthésique, les diverses alïections organiques du système nerveux que, dans la pratique^ on a cru, le plus souvent avoir sous les yeux, alors que cependant, après vérification nécroscopique, c'était de la syringomyélie qu'il s'était agi. H est vrai que ces erreurs datent de l'époque où les caractères cliniques de celle-ci étaient à peu près complètement ignorés, mais il ne faut pas oublier que ces temps-là sont tout récents et aujourd'hui encore, très certainement, il reste quelque chose à faire pour établir sur des bases solides les fondements du diagnostic différentiel de la syringomyélie.

11 est clair que les principales difficultés qui peuvent se produire dans ce domaine tiennent à ce que les principaux symptômes liés à la syringomyélie

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gUomâteuée; méttie leâpltis spéciailt d'entre ébt, telle que Test; par exemple; lé dissoci&tibii des diters iliodé^ dé là âbnâiBilité âUr laquelle hotis â^bHâ inéiâté; ne sauraient lui appartenir en propt*é.

Eh sothme; ces symt)tômës révèlent seulement la lésion plus oii iiibins pi*0fbnde que subisseht les élénléhts herbeux des bornes antérieut-éis et pbstériébteâ eil J)réôettbe des produits nëbiilàsiques. Ih devront, par cbhséijllfeilt; bti doit le prévdir, se teli'buver tôUjoiirs.plus où moins accentiiéà, totltëà lès fois que danâ les lésibhs leâ plus diverses par leur hature, glibmàteusës oti tibn gliothateilses; de là subiâtance griiâé céîlti*àle, lés métnes bbnditiohs anâtbmbpatholôgiques relatives aux éléments nerveux se trouveront reprbdults. Gbla est évidemment dans la Ibgique des choses.

Sur cette question du diagnbstib db la syrirtgomyélié.tiôtià tiotiS bbrnëronsi à proptis des lésions organiques spinaleè qui pèuVfent la sibliilèr, aUx reiilarques suivantes.il est très certain, ainsi qufe Ta biëii relevé M. Déjériné; (ttié Tort à fort souvent rapporté à Tatrophie musculaiirë du type Aràii-Duchènne des cas où sëulb la syringomyélié était en jëû. L'ërrëtir, à ti'én pas douter, a été cdmitlise par Ducheiirie lui-triêmë: Il admettait, vbus hé TignOreJ: paô, que parfois, par exception, une aneslhésie ciitanéé, j[tlus OU thbins prononcée, se montrait combinée aux symptômes classiques de l'atrophie musculaire progressive. * Cette àttësthésie », étrit-il à la ^agë 493 de la dernière édition dfe sbn Electrisation localisée; * est quelquefois si grande que les hialàdes iië t)ei'çoivent ni les excitations faradique^ teiplûsfottet ifAVacliôÀ dnfe^. J'en ai m qui s'étaient laissé brûler profondément les parties anesthésiées parce quHls n'avaient pas perçu Vactiondes corps incandescents et qu ils n'avaient pas été prévenus par la vue que ces parties se trouvaient en contact avec eux, » Nous reconnaissons facilement dans ce passage lanalgésie et la thermo anesthésie qui, ainsi que l'ont montré les travaux récents, appartiennent à la syringomyélie et peuvent sétMrâ la liiétingucr vis-fl-vis de la téphrb-hiyélité antérieure chrbhî'dlie (1).

La présehce die ces mêmes troubles si [idrticùliérs dé là seiislbillté dans un cas dohtté, permettrait également d'^éliminer la sclérose latérale amyotrbphidué bli ôh rie lès voit point, et dont, d'un autre côté, l'évolution relatlvéméht très rapide tié manquerait pas d'attirer lâttëntion du clihicieri. Il He faut pas négliger cependant de remarquer que, contrairement â ufaë bjiîriibh âssex giébéralfehient répandue, quelques trôbblés de là sensibilité peuvent, cbhlhië le tbht remarquer M. Érb et M. SchuÙze (2), s'é mahlfesteir dàhs ceîrtàihs càid parfaitement caractérisés de sclérosé latérale ani^btrophiique rfiàls 11 lie s'agit toujours là que de douleurs plus où moins vives, cohstàm-

1. M. Charcot a récemment montré à la clinique un nommé Schwci...eh, autrerols traité par Dachenne de Boulogne comme .atteint d'atrophie muàculaire avec anestbé;»ie. Un examenattentif k montré que dans ce cas il s'agit bel et bien de syringomyélie.

1 kcbullzlB. Zeitscb. ir. klih Medic. Berlin 1^8 là JBd. p. 53.

ment transitoires, ou d'engourdissements, de fourmillements passageraJamais on n'y observe de troubles permanents de la sensibilité comparables à ceux qui sont, au contraii*e, l'apanage de la syringomyélie.

Des considérations du môme ordre s'appliqueront au diagnostic du tabès, et de la pachyméningite cervicale hypertrophique qui, ainsi qu'on Ta fait remarquer tout à rheurCi ont pu être quelquefois simulés par la syringomyélie.

Ici encore la dissociation sensitive particulière à la syringomyélie,principalement dans les cas où celle-ci s'est accompagnée, en outre, de l'atrophie musculaire à marche lente, de divers troubles trophiques, tels que bulles, fractures spontanées, arthropathies, etc., etc., servirait surtout de critérium. D'ailleurs, on n'observe point dans la syringomyélie les troubles oculaires, pupillaires ou autres^ propres aux tabétiques, non plus que les douleurs vives occipitales, cervicales et frachiales qui marquent d'un cachet si particulier la phase initiale de la pachyméningite cervicale hypertrophique>

Ce serait le lieu de considérer maintenant le rapprochement qui^ ainsi que nous l'avons afOrmé dès le commencement de cette leçon, doit être établi, au point de vue du diagnostic, entre la syringomyélie, maladie organique du centre spinal, et certains aspects de la névrose hystérique. Mais avant d'en venir à ce point qui, pour être exposé convenablement, nécessite quelques développements, je crois utile de placer sous vos yeux, pour les soumettre à l'analyse clinique deux malades chez lesquels vous trouverez présente toute la symtomatologie classique de la syringomyélie.

Le premier de ces malades est justement celui que M. le D' Debove a présenté, il y a quelques semaines, à la Société médicale des hôpitaux. C'est un

nomme Bar my, âgé de 38 ans qui, tour à tour, a exercé la profession de

voyageur en liquides et celle d'employé aux écritures, professions qu'il a dû abandonner Tune et Tautre il y a cinq ans, en raison des progrès de la maladie dont il est atteint.

Il n'y a pas à signaler dans son histoire d'antécédents héréditaires et, dans les antécédents personnels, nous relevons Texistence d une fièvre typhoïde à l'âge de 14 ans et demi, et à Tàge de 17 ans environ, l'apparition d'une scoliose, aujourd'hui très prononcée, à convexité droite. 11 y a eu autrefois de l'alcoolisme.

11 y a cinq tins, en 1884, il commença à éprouver de la faiblesse dans les mouvements de la main droite où, peu après, se manifesta l'amaigrissement des éminenceslhenar, puis la déformation en «griffe > (griffe interosseuse) (voy./Çjr. 105).

Les secousses fibrillaires se sont montrées très accentuées dès l'origine

La parésie et Tatrophie gagnèrent rapidement le membre supérieur droit tout entier^ puis, en commençant par la main, le membre supérieur gauche

Fig. 105. ~ La main droite de Bar my. Etat actuel.

OÙ actuellement elles sont beaucoup moius prononcées encore que du cùlé droit (1).

L'examen direct vous fait connaître toutes les particularités que je viens d*énoncer ; vous remarquerez en particulier Tintensité des secousses ûbriilaires qui se voient à droite comme à gauche, aux mains, sur les avant-bras, les bras, les épaules el quelques muscles du tronc. Les réflexes tendineux, comme vous pouvez le constater, ne sont pas exagérés aux membres supérieurs.

Les deux membres inférieurs ont commencé à s'afTaibJir et à maigrir il y a deux ans.Yous voyez que l'atrophie est surtout prononcée sur les muscles antérieurs de la cuisse droite, où Ton voit se dessiner des secousses fibrillaires très accusées. Peut-être le réflexe rotulien est-il un peu exagéré de ce côté là : à gauche, au contraire, il est aboli ; par contre, la cuisse est ici beaucoup moins atrophiée et les secousses fibrillaires sont moins intenses.

L'examen électrique a donné les résultats suivants (2) : sur quelques mus-

1. Main droite : pression dynamométrique 15 le. Main gauche: — — — 30 le.

2. Note aiir les résultats de Texamen électrique fait par M. Vigoureux les 30 mars, 6 et 9 avril.

A. Réaction de dégénérescence: !<> totale! : 3* interossoux palmaire gauche et extenseur cornmoo des orteils gauches; 2^ partielle : ancôaé gauche et droit; 4* interosscux gauche.

B. Muscles ae répondant pas aux excitations soit galvaniques soit faradiqueit : muscles de rémioeneohypolhéaar droite, long extenseur du pouce gauche : court péronier latéral gauche, grand fessier gauche, loogue portion du tnceps crural droit.

C. Muscles répondant aux excitattoos fartdiques mais non aux excitations galvaniques;

des : émineDcea tbéoar et hypothénar de la mÛD droite ; moscle grand-fessier do cAté droit, les réactions soit faradiqaes, soit galvaniques font absoliinieiit

SfoMbUté u uet.

défant. Les interoaseuz palmures do c6té gauche présentent la réaction de dégéoérescence ; partout ailleurs, il ; a seulement dans les muscles atrophiéB

Juneinx «darne et interne gauchM. La Ji vn eonnot trii Fort D. Lei anlm moaclei oxplorii na [«éaentait pa» da réwtfa

eztane n* m eoDttacta fa'ndU fw

■impie diminution parallèle de l'excitabilité tant faradique que galvaniqua.

Vous Toyez, messieurs, que jusqu'ici, l'impression produite par l'examen

du malade est qu'il s'agit chez luî de l'atrophie musculaire progressiTe du

Fig. loe Fis. loe

Seniitrflilé fc U donleor.

Analgésie giDiralisfe.

type Aran-Duchenne ; l'absence d'une exagération des réflexes tendineux soit dans les membres atrophiés, soit dans ceux qui ne le sont encore qu'à un fuble degré — fc part toutefois au membre inrérieur droit qui ï cet égard fait exception ; — et aussi la non-apparition des phénomènes bulbaires cinq ans aprèâ le début, permettent de rejeter la sclérose latérale amyotrophique. Mail le point de vue se déplace complètemeat, lorsque, & la lumière daf

notions nouvelles en malièra de syringomyéUe, on étudie méthodiquemRd comme la fait M. Debove à propos de co cas. les Irouhles de la se-nsihUité qiusque-Ià étaient restés dans l'ombre.

Voici en quoi consistent ces troubles sensitifs ; je vou'i enpaae pendant I «

Suiia>tilI11<< i la chaloiir i.lj.

posé qnc je vais en faire, à porter vos yeux sur les schémas ijue j'ai pM devant VOUE, ils montrent bien la disposition qu'aiïectent à lu surface due chex notre homme, les divers modes de l'auesthésie. Je vous feini remanjuer tout d'abord (|uc partout, sur toute Tét

corps, tète, tronc, mèmbre8,extrémité8,le8 impressions tactiles sont transmises d'une façon absolument normale (fig. 106 et 107). Partout au contraire, par un contraste frappant, dans les mêmes parties qui viennent d^étre énumérées, il y a obnubilation ou perte complète de la sensibilité aux impressions douloureuses; partout en un mot les pincements et les piqûres sont perçues seulement comme phénomène tactile ; ils ne provoquent point de douleur. Seules les excitations fortes des membranes urétbrale et anale au-dessus du sphincter sont douloureuses. Les cornées et les conjonctives, ainsi que la membrane muqueuse buccale et celle de la langue peuvent par contre être pincées, tiraillées, piquées sans que la douleur s'ensuive (fig. 108 et 109). Les titillations du pharynx provoquent des nausées.

Pour ce qui est de la sensibilité à la chaleur voici les résultats obtenus pui rcxploration faite à Taide d'un thermomètre de surface (1), dont la plaque métallique, chauffée progressivement à Taidc d une lampe à alcool, peut être à volonté portée à divers degrés de température (fig. 112). Sur toute retendue des deux membres supérieurs, symétriquement, en avant comme en arrière, depuis Textrémité des doigts de la main, jusqu'aux attaches des épaules, l'application de la plaque du thermomètre chauffée jusqu'à 90** ne produit pas autre chose qu une sensation de contact ; il n'y a pas trace d'une iraprcssio!) soit de chaleur, soit de douleur. La même chose a lieu sur toute l'étendue des jambes et des pieds et sur le quart inférieur des cuisses, les genoux y compris. Sur toutes les autres parties du corps, la thermoanesthésie est seulement relative : ainsi, sur les parties supérieures des cuisses, sur l'abdomen^ la partie inférieure de la poitrine, surtout à gauche, sur la tête, le cou, le malade éprouve un sentiment pénible de brûlure lorsque la plaque du thermomètre a été portée à 100°. Les températures plus basses sur ces parties-là ne sont en général pas perçues.

La seule région du corps où Tanesthésie à la chaleur fasse com-

1. L'inslrumeni à Taide duquel nous avons mesure le degré de seosibUilé thermique de la peau chea nos malades, se compose ainsi que le montre la figure cljointc, d*un thermoroèt'*e à ré^civoir plat, dont Textrémité inTérieure de la tige et le réservoir sont compris dans deux cylindres métalliques à glissement doux. Le cylindre externe s'cnléve de façon à ce que Ton puisse constater si la cuvette thermométrique est toujours en place et on bon état. Le cylindre interne est rempli de limaille de cuivre destinée à fournir autour de la cuvette un manchon protecteur et à température fixe, pendant un certain temps tout au moins.

Une vis de pression, située à la partie supérieure des cylindres, permet de maintftnir le thermomètre en place et d'éviter les glissements de la tige.

Le cylindre métallique externe est chauffé à la flamme d*une lampe à alcool tenkement, doucement, de façon à ce que la température ne s'élève pas audeaaus de 100*, et ne s'accroisse pas d'une façon trop brusque. La graduation du ibermoaiètre va jusqu'à 115 degrés; mais il faut éviter à tout prix les élévations brusquet qui pourraient avoir pour effet de rompre le tube capillaire.

Fig. 112.

plètement défaut est représentée par une large plaque qui occupe toutel'élendue du tiers supérieur de la poitrine en avant [Qg. 110).

froid (1)*).

Les Tig. 113, lit. montrent les régions où l'application surla peau d'un Uw de glace ne produit pas de sensations de frt-id et celles où Irs improssinns i" froid sont seulement émoussées On voit, en comparant leî fig. 1 10. 111 . 113^ el 114 entre elles. i|iie les zones insensibles ou peu sensibles à lu chaleur, e celles ofi la senâibilité au froid {au°) est soil éteinte.soîl seulement obaubil£«,f se superposent à peu près exactement,tandi3 que l'insensibilité cutanAe & la4

douleur occupe à peu près indistinctement toutes les parties du corps (fig. 108 et 109).

Le malade s'était depuis longtemps plusieurs fois aperçu à ses dépens de cette insensibilité absolue de certaines régions de son corps aux impressions thermiques. Ainsi, déjà en 1886, deux ans après l'apparition des premiers symptômes amyotrophiques, un jour qu'il se chauffait devant une cheminée, il laissa se produire sur Tune de ses jambes, une brûlure au premier degré. Plus tard, alors qu'il était placé dans lé service de M. Debove, une boule d'eau chaude placée dans son lit lui a occasionné, sans qu'il en ait ressenti la moindre douleur, une brûlure au 3* degré de la plante du pied droit, dont la guérison a mis plusieurs mois à se parfaire.

Tels sont, dans toute leur originalité, les troubles sensitifs observés chez notre malade. On voit qu'ils se rapportent de tous points au type syringomyélie. Les quelques détails complémentaires qui vont suivre serviront mieux encore aies caractériser.

Les notions du sens musculaire sont partout conservées, aussi bien que les impressions tactiles : Il n'existe aucune modification appréciable des sensibilités spéciales. L'ouïe, l'odorat, la vision, le goûl sont parfaitement conservés.

Si la membrane muqueuse linguale, comme celle de la cavité buccale, sont analgésiques, le malade, par contre, perçoit parfaitement le goût des aliments et il sait dire même s'ils sont chauds ou froids. Si les cornées comme les conjonctives sont insensibles à la douleur, elles perçoivent cependant les impressions thermiques, et ainsi qu'on l'a dit la vision n'est nullement modifiée : pas traces de lésions opth^dmoscopiques, pas de rétrécissement du champ visuel. Aux parties génitales seules, la muqueuse du gland et celle de l'urèthre sont douloureusement affectées par la piqûre et le pincement.

Une certaine rigidité dans l'articulation coxo-fémorale droite, une cystite qui date de 1887, la scoliose enfin qui a été remarquée dès l'âge de 17 ans, représentent ici la catégorie des troubles trophiques.

Il est impossible de déterminer exactement si les symptômes amyotrophiques ont précédé les troubles sensitifs; ni si c'est l'inverse qui a eu lieu.

L'évolution de la maladie a été jusqu'ici lentement progressive ; elle n'a été marquée par aucun épisode répondant, soit à un temps d'arrêt, soit à une marche précipitée des accidents.

Je passe au second cas qui, suivant moi, nous présente un nouvel exemple de syringomyélie gliomateuse. Il s'agit d'une nommée Marie F...ée, âgée de 48 ans, ayant exercé autrefois la profession de passementière. Chez elle la maladie parait avoir débuté en 1879, c'est-à-dire il y a 10 ans par des symptômes amyotrophiques d'abord localisés aux mains. Depuis 5 ans, Tétat reste absolument stationnaire. Vous voyez (fig. 115) comment Tamyotrophie et les

Fig. 115. I '' 7

troubles moteurs occupent exclusivement les deux membres supérieurs, qui sont aflectés symétriquement, à peu près au même degré ; ils sont pendants le long du corps: les épaules, les bras, les avant-bras et la main considérablement amaigris présentent à peu près partout des secousses fibrillaires très accusées, presque incessantes.

Du côté droit, l'articulation scapulo-humérale est rigide, ankylosée, le deltoïde très amaigri. L*avant-bras est en pronation forcée, et l'on perçoit des craquements lorsque Ton meut Tarticulation du coude. Les seuls mouvements volontaires qui se produisent dans ce membre sont un certain degré d'extension en masse de la main, les mouvements particuliers desdoigtsétant impossibles. Par suite de la prédominance de l'atrophie musculaire dans la sphère d'innervation des nerfs cubital et médian, les muscles innervés par le radial restant relativement indemnes, la main offre l'attitude d'extension forcée, familière aux < prédicateurs », décrite par M. Joffroy et par moi à propos de la pachyméningite cervicale hypertrophique (1). — Du côté droit, il y a également un certain degré de rigidité dans l'articulation de l'épaule ; le deltoïde est de ce côté littéralement absent. Le grand pectoral, au contraire, paraît respecté^ et l'on peut dire que,d'une façon générale, il en est de même de tous les muscles du tronc. 11 y a également ici pronation forcée de l'avant-bras ; l'attitude de la main est analogue à ce que l'on voit du côté gauche, mais Textension est moins prononcée. Quelques mouvements volontaires d'extension de l'index et du médius sont dans ce membre les seuls possibles.

L'examen électrique des muscles atrophiés des membres supérieurs a fait trouver un peu partout la réaction de dégénération partielle.

Les membres inférieurs ne sont nullement affectés ; tous les mouvements naturels y sont parfaitement libres; on n'y voit point d'atrophie. Les seules anomalies qu'on y observe consistent en une légère exagération des réflexes rotuliens, sans accompagnement de trépidation spinale.

Nous avons donc ici l'image parfaite de la < paraplégie cervicale » avec amyotrophie. L'attitude particulière des mains avait pu faire songer un instant à l'existence d'une pachyméningite cervicale hypertrophique comme point de départ de tous les désordres, mais l'absence bien consultée de la « période douloureuse > au début de la maladie avait bien vite fait repousser cette hypothèse. On était plutôt enclin à penser qu'il s'agissait là soit d'une forme anomale de l'atrophie musculaire progressive, du type Aran-Duchenne, soit, mieux encore, d'une myélite partielle centrale, localisée dans les régions qu'occupent habituellement les lésions spinales dans la pachyméningite cervicale hypertrophique. Mais en somme, il fautbien le reconnaître, le diagnostic est resté flottant jusqu'à Tépoque, où éclairé parles travaux récents relatifs à

i. Ghareot. Leç, sur les mal, du sysL nerveux, t. If, p. 275, 276, 1886.

la symptomatologie de la syringomyélie, on a procédé enfin* l'étude méthodique jusque-là négligée des troubles de la sensibilité.

Voici ce que cette étude a fait reconnaître (voir les figures). 1' Les sensa-

Vig. IIG FiR. in

Sensibilité au tacU tionfltactilefsont restées normales dans toute l'étendue du corps (Pig. llCel 117) 2" L'aniil^ésie (pincement et piqûre) est complète en avant comme en arrière, aux mains, aux avant-braa, sur toute l'étendue du tiers inférieur des bras. Sur les L'i>nu1es. la partie supérieure lies bras, le cou, le devant de la poitrine, la moitiésu|>6rieurcdu tronc en arrière, il y a seulement obnuljilatioinle la sensibilitéà la douleur. L'exploration de ce mode de la sensibilité répétée à plusieurs

reprises, permet de constater qu'il y a d'un jour à l'autre quelques variations dans l'intensité des phénomènes del'analgésie et dans leur mode de répartition (fig. 118 et tt9).3* Dans une première exploration, l'application d'un morceau

Kig. un lis. liy

SenûbilUé i 1& douleur.

de glace sur la partie supérieure du doset sur ledevant de la poitrine ne produit qu'unesensation de contact. 11 en est de mémesurlouterétendue des épaules, des bras, des avant-bras et de lamain. Dans d'autres explorations par la même application, la sensation de froid est perçue h un certain degré sur la poitriae en «vantcomme en arrière, tandis que toujoors, dans toutes les explorations

des membres supérieurs sur toute leur étendue, les membres sapérienra sont restés insensibles au froid {&g. 120 et 131). 4* Sur le dos et sur le devant de la poitrine, l'application de la plaque da thermomètre ne donne la sensation de

Kis- lîO Vig. m

SeniibiliU tu froid.

brûlure que lorsqu'elle est chaufTée à 50* et au-dessus. Sur les mains, les avunt-bras, et le tiers inférieur des bras, pour produire la sensation de chaud, il faut que le thermomètre marque 63° et au-dessus. Nous n'avons pas observé, en ce qui concerne la transmission des impressions de chaud, les variations d'un jour à l'autre relevées à propos de la sensibilité au froid et à la douleur. (Voy. les fig 122 et 123.)

Od voit, en comparant les divers schémas, que les champs de l'analgésie et de la thermo-anesthésie se superposent à peu près exactement. Le mode de répartition des troubles sensitifs, dans ce cas, rappelle la dispo-

BeniiblliU fc la chtleur.

sition en < veste >siftDaIée dans quelques-unes des observations deH.Rothfl). Pas de troubles sensoriels.

Les troubles trophiques, eu dehors des amyotrophies, sont représentés

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