‹ Leçons élémentaires d'anatomie et de physiologie humaine et comparéeChapitre 18 sur 79 · VOIES AÉRIENNES · texte numérisé non relu

VOIES AÉRIENNES

A Bouche.

B Fosses nasales.

G Ép’glotte.

U I.arynit.

E Trachée-artère.

F Bronches.

G Divisions des bronches en n, I, J, (C Rameaux, ramuscules formant le poumon.

K, L Vésicules bronchiques.

rine.s ; en arrière, deux a

Voies aériennes. — Sous le nom de voies aériennes^ c’est-à-dire d’organes propres à la respiration, nous comprenons la bouche, l’arrièrebouche,, les fosses nasales , le larynx, la trachée-artère, les bronches et les poumons.

A l’occasion de la-digestion, nous avons parlé de la bouche et de l’arrièrebouche.

Fosses nasales. — On appelle fosses nasales des cavités qui s’étendent du nez à l’arrière-bouche ; elles sont séparées par une cloison nommée cloison des fosses nasales. présentent, en

avant, deux ouvertures assez étroites, que l’on appelle nautres ouvertures assez larges.

qui les mettent en rapport avec le pharynx et la bou-

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che, dont elles sont séparées par le voile du palais. Les fosses nasales communiquent avec la cavité orbitaire par le canal nasal, avec l’oreille par la trompe d’Eus tache.

La paroi externe et supérieure des fosses nasales est formée par des lames osseuses, différemment contournées sur elles-mêmes, appelées cornets. Outre ces cornets qui ont pour usage, comme nous le verrons plus tard, de retarder le cours de l’air, d’augmenter la surface tactile et d’ajouter à la perfection de l’odorat, on trouve, comme supplément aux fosses nasales, des cavités plus ou moins grandes,. pratiquées dans l’épaisseur des os environnants, et communiquant avec ces fosses par des ouvertures très-étroites. Ces cavités ont reçu le nom de sinus; et, selon les os dans lesquels'on les remarque, on les. appelle sinus frontaux , maxillaires , ethinoïdaux, palatins. .

Larynx. — Le larynx n se remarque à la partie antérieure du cou; il se présente sous forme d’un renflement, que l’on appelle vulgairement le nœud de la gorge ou pomme d'Adam; cette .éminence est plus grosse et plus saillante dans l’homme que dans la femme.

Il est composé de cinq cartilages que l’on désigne sous les noms suivants :

Le thyroïde., qui est l’antérieur et le plus grand, dont la forme ressemble assez à une cuirasse ;

Le crycolde, placé au-dessous du thyroïde : il ressemble à un anneau beaucoup plus large en arrière, qu’en avant ;

Les arythénoïdes au nombre de deux, très-petits et

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de forme triangulaire : ils sont postérieurs et placés audessus du crycoïde, très-mobiles, disposés de manière à fermer ou à agrandir l’ouvertui e laryngée ;

Et enfin Y épiglotte, placée au-dessus de l’ouverlure du larynx, qui s’oppose à l’entrée des aliments dans le larynx.

Ces cartilages sont unis les uns aux autres par des ligaments, et mus par des muscles qui agrandissent ou diminuent l’ouverture laryngée.

Trachée-artère. — Au larynx succède la trachéeartère; cette partie du tube aérien, plus ou m.oins longue selon les sujets, c’est-à-dire selon la longueur du cou, pénètre dans la cavité de la poitrine; elle est, comme tous les tubes, composée de trois couches distinctes :

L’une, externe, est formée de tissu cellulaire;

Une autre, qui est moyenne et la pTincipale, est formée d’espèces d’anneaux cartilagineux placés les uns audessus des autres et réunis par une membrane particulière;

La troisième, qui est interne et de nature muqueuse, tapisse toute l’étendue du tube aérien depuis la bouche jusqu’aux dernières divisions.

Dans l’homme, les anneaux cartilagineux qui forment la couche moyenne, au lieu de présenter un cercle complet, n’en représentent que les quatre cinquièmes : ce qui donné au tube aérien, formé par la superposition de ces anneaux, l’aspect d’un cylindre plat par un de ses côtés; cette portion aplatie est membraneuse.

Dans les animaux dont la voix est retentissante, comme l’àne, le cygne, les anneaux sont complets et

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souvent osseux ; chez ceux, au contraire, dont la voix est presque nulle, comme le hérisson, les reptiles, la trachée est presque entièrement membraneuse.

Bronches. — La trachée-artère, arrivée dans la poitrine, se divise en deux grosses branches appelées bronches : chaque bronche se divise en rameaux, ramuscules, en tubes tellement petits que l’œil ne peut plus les suivre. Arrivés aux derniers degrés de division, ces vaisseaux bronchiques se terminent par de petites ampoules, de petits sacs, auxquels on donne le nom de vésicules bronchiques. L’ensemble de ces myriades de vésicules ' forme une masse charnue, appelée poumon; ces vésicules sont unies les unes aux autres par une légère couche de tissu cellulaire, qui leur donne l’aspect d’une masse compacte qu’en terme de boucherie on appelle mou.

Ces bronches se comportent exactement à la manière des branches d’arbre, dont la trachéeartère serait la tige. Vu de loin, un arbre chargé de ses feuilles nous offre l’apparence d’unemasse compacte, homogène; si nous en approchons, nous distinguons des branches, des rameaux qui se terminent par des feuilles. Il en est de même si nous examinons au microscope le tissu pulmonaire :

nous le trouvons composé de bran- A Trachée-ar 1 ère. ches, de rameaux et de ramus-

B Poumon. '

D Ramuscuierbroncîfe^^ cules terminés par des vésicules.

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Poumons. — Les poumons sont au nombre de deux, un de chaque côté. Ils remplissent, en grande partie, la cavité de la poitri- PG no, dont ils prennent exactement la forme et dont ils suivent les mouvements.

Le poumon droit, un peu plus volumineux, présente trois divisions ou lobes;

Le poumon gauche n’en présente que deux.

Ces lobes, que . l’on peut isoler dans une grande partie de leur étendue, forment presque des poumons distincts.

Selon les animaux, la couleur est plus ou moins foncée : d’un rose clair dans les jeunes sujets, d’un rouge assez prononcé dans les vieux ; dans l’espèce humaine le poumon est parsemé de taches brunes, noirâtres, qui lui donnent un aspect marbré.

CΆR ET POUMONS.

PD Poumon droit trilobé.

PG Poumon gauche bilobé.

A Ventricule gauche du cœur.

IS Ventricule droit.

G Oreillette droite.

D Veine cave inférieure.

E Artère aorte.

F Veine sous-clavière gauche.

G Veine sous-clavière droite.

II Veine jugulaire droite.

I Veine jugulaire gauche.

J Artère carotide gauche.

K Artère carotide droite.

L Trachée-artère.

M Artère sous-clavière gauche.

N Artère sous-clavière droite.

O Oreillette gauche.

P Artère pulmonaire.

Q Grosse de l’aorte.

R Veine cave supérieure.

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HO

Plèvre. — Pour éviter l’usure qui résulterait du frottement des poumons contre les côtes, chaque poumon estrecouvert d’une membrane très-mince, appelée plèvre.

Pour vous donner une idée de la plèvre, je suppose, comme je l’ai fait pour le péritoine, une vessie sans ouverture, placée entre les côtes et le poumon ; par sa face externe elle se colle sur les parties avec lesquelles elle est en rapport ; par sa face interne elle est partout en contact avec elle-même ; si le poumon se déplace, ce sont les parois de la plèvre qui frottent les unes contre les autres. Cette membrane est extrêmement mince et tellement transparente qu’elle laisse voir la couleur des organes sur lesquels elle est appliquée; une sérosité continuellement versée dans cette poche, sous forme de rosée, donne aux parois un aspect luisant. -

Cette sérosité, sécrétée et absorbée en égale proportion dans l’état de santé, s’accumule dans certaines circonstances en trop grande quantité et détermine Y hydro-thorax hydropisie de poitrine.

Médiastins. — L’espace qui se trouve entre les deux poumons a reçu le nom de médiastin; c’est dans cet espace que se trouve le cœur, et, comme du cœur partent des vaisseaux qui s’enfoncent dans le poumon, le médiastin se trouve divisé par ces vaisseaux en deux moitiés : l’une, qui correspond au sternum, est appelée médiastin antérieur; et l’antre, qui correspond à la colonne vertébrale, est appelée médiastin postérieur.

Dans le médiastin antérieur, indépendamment du cœur, on trouve dans les jeunes sujets le thymus, corps d’apparence glanduleuse, dont on ne connaît pas

RESPIRATION

les usages; qui disparaît avec l’àge, que les bouchers vendent sous le nom de ris de,veau.

Dans le médiastin postérieur, on trouve l’artère aorte et l’œsophage.

Texture du poumon. — Outre les divisions des bronches, nous trouvons dans les poumons les divisions de l’artère pulmonaire qui portent le sang du cœur aux vésicules , et les ramifications des veines pulnaonaires qui rapportent le sang des vésicules au cœur. La texture du poumon est donc composée de bronches^, d’artères, de veines ramifiées à l’infini, aboutissant à des vésicules microscopiques , l’ensemble forme la chair du poumon.

^ Le tissu du poumon diffère de la chair ordinaire par son extrême légèreté, qui doit être attribuée à ce que-chaque vésicule renferme de l’air. Si on plonge dans l’eau une portion de poumon qui a respiré, elle revient immédiatement à la surface : c’est un moyen dont on se sert en médecine légale, pour savoir si un enfant est né mort ou vivant.

L’appareil respiratoire, comme vous le voyez, est composé de deux parties bien distinctes des voies aériennes qui commencent à la bouche et se terminent par les vésicules pulmonaires, et d’une grande cavité semi-osseuse, semi-membraneuse, dans laquelle sont renfermés les poumons.

Composition de l’air. —- L’air, vous le savez, est un fluide gazeux, transparent, qui environne la terre jusqu’à une hauteur de seize lieues et dont la masse totale forme l’atmosphère.

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Soumis à l’analyse chimique, on trouve pour 100 par¬

ties d’air :

Azote.. 79

Oxygène. 21

Acide carbonique et vapeur d’eau, t,

Vazote est impropre à l’entretien de la vie-, Voxygène seul est utilisé dans la respiration : c’est lui qui change la condition^ du sang, c’est lui qui opère la cpmbustion des corps.

Si dans un vase contenant de l’oxygène pur on plonge une tige de métal à laquelle on attache un fragment d’amadou en ignition, on voit la tige de fer brûler avec dégagement de flamme et de chaleur, comme le ferait une mèche de coton; si on la plonge dans l’azote elle s’éteint.

L’air est pesant : la surface du corps de l’homme, estimée à cinq mètres environ, supporte une colonne d’air dont le poids est évalué à plus de seize mille kilogrammes.

On se fait une idée de la pesanteur de l’air par la difficulté que l’on éprouve à enlever un piston sous lequel on a fait le vide, et la facilité avec laquelle on le retire si on laisse pénétrer de l’air dans le cylindre.

Respiration. — L’acte de la respiration se compose de deux mouvements appelés inspiration et expiration : par leur contraction les muscles inspirateurs élèvent les cotes, agrandissent la cavité de la poitrine et permettent à l’air d’arriver dans les vésicules bronchiques ; les muscles expirateurs se contractent à leur tour, abaissent les côtes, compriment les vésicules bronchiques et en expulsent l’air.

La foitrine remplit les fonctions d’un soufflet ; si nous

UESPlRVriON.

en éloignons les parois, l’air s’y précipite; si nous les rapprochons, l’air en est expulsé. Dans le soufflet, le cuir permet aux parois de s’éloigner et d’opérer le vide; dans la poitrine, c’est le diaphragme. Dans le soufflet, l’air pénètre .dans une poche unique; dans les poumons, au contraire, l’air pénètre dans des myriades de petites poches ou vésicules.

Le nombre d’inspirations, dans un temps donné, diffère beaucoup d’un homme à un autre : chez quelques sujets, il est de quatorze par minute; chez d’au- , très, de vingt et plus : ce nombre est subordonné à la capacité des poumons, à la qualité de l’air respirable, et à l’âge du sujet.

On évalue à un demi-litre environ la quantité d’air qui entre dans les poumons à chaque inspiration.

Chaque fois que la poitrine se dilate, le vide qui s’opère dans les vésicules bronchiques est aussitôt rempli par l’air extérieur; l’air, comme nous l’avons vu, à son entrée dans les poumons, contenait vingt et une parties d’oxygène, soixante-dix-neuf parties d’azote, et une très-faible partie d’acide carbonique; à sa sortie, .il contient encore soixante-dix-neuf parties d’azote, mais seize ou dix-sept parties d’oxygène seulement: quatre ou cinq parties d’oxygène combinées avec le carbone du sang sont changées en acide carbonique expulsé avec l’air.

C’est dans les vésicules pulmonaires que l’air subit cette modification.

L’air, s’introduisant par la bouche, par les fosses nasales, pénètre dans le larynx, parcourt la trachée-

RESPIRATION

artère et ses nombreuses divisions, et arrive dans les vésicules pulmonaires, où il est mis en dépôt.

D’un autre côté, le sang veineux, rapporté de toutes les parties du corps, est poussé par le ventricule droit du cœur dans l’artère pulmonaire, dont les divisions, ramifiées à l’infini, portent une gouttelette de sang dans chaque vésicule.

Le sang veineux est noir parce qu’il contient du carbone en excès ; mis en rapport avec l’air, le carbone se combine avec Foxygène, forme de l’acide carbonique, et alors il s’opère une véritable combustion dont le ré-’ sultat est de purifier le sang, de produire de la chaleur.

Hématose. — De là résulte ce phénomène appelé hématose. Le sang, de noir qu’il était, devient rouge, écumeux, plus léger, plus chaud : c’est du sang artériel. Repris par les radicules des veines pulmonaires, qui s’insèrent dans les vésicules, ce sang est reporté au cœur, qui le distribuera à toutes les parties du corps.

D’après cette rapide exposition, vous pourriez croire que l’air et le sang se trouvent renfermés dans la cavité de la vésicule pulm.onaire; ce serait une erreur. \Jhématose se fait par endosmose, c’est-à-dire à travers un espèce de crible : l’air est bien renfermé dans la cavité d^ la vésicule, mais c’est dans les parois de cette vésicule microscopique que rampent les vaisseaux sanguins. La membrane qui tapisse la face interne de cette vésicule présente des ouvertures imperceptibles même au microscope.

Endosmose. — Il se passe dans la vésicule pulmonaire ce qui arrive lorsqu’on remplit une bouteille d’eau et que l’on ferme le goulot avec une vessie, en ayant

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soin que celle-ci touche le liquide : si, en dehors de la bouteille, on met sur la vessie une pincée d’un sel soluble, le sel se dissout et passe, par endosmose^ dans l’eau que contient la bouteille.

L’hématose sera d’autant plus complète que l’air atmosphérique sera plus pur, que la cavité thorachique en recevra une plus grande quantité.

La combustion du carbone dans le poumon se fait de la même manière que celle du charbon dans un réchaud : dans l’un et l’autre cas, elle ne s’entretient qu’autant que l’air contient de l’oxygène; s’il n’en contient pas assez, le foyer s’éteint, la vie cesse, il y a asphyxie; dans l’un et l’autre cas, le résidu de la combustion du carbone par l’oxygène est de l’acide carbonique qui est rejeté dans l’atmosphère.

Asphyxie. — L’asphyxie peût arriver de bien des manières : ou le poumon n’èst point accessible à l’air, ou l’air respiré ne contient pas assez d’oxygène, ou avec l’air se trouvent mêlés des gaz délétères nuisibles, mortels par leur nature.

Jsphyxie par oblitération des voies aériennes. — La strangulation, un corps étranger introduit dans le tube aérien, la submersion, l’impossibilité des mouvements de la cavité thorachique, etc., sont autant de causes qui peuvent déterminer ce genre d’asphyxie.

Asphyxie par raréfaction de L’air. — L’excès de chaleur suffit pour déterminer l’asphyxie : l’air échauffé se dilate, et, sous un volume donné, contient moins de principes vivifiants; le demi-litre d’air qui, à chaque inspiration, s’introduit dans le poumon ne renfermant

RESPIRATION

IIG

que quelques parcelles d’oxygène insuffisantes pour changer la condition du sang^ amènerait promptement la mort, si le patient ne faisait des efforts pour agrandir la capacité de la poitrine et pour augmenter le nombre des inspirations : encore cette ressource est elle de courte durée.

L’animal soumis à une température de soixante degrés, après quatre ou cinq minutes, s’agite, devient haletant et meurt après dix minutes. La température du sang, qui était à trente-deux degrés Réaumur, arrive à trente-trois, trente-cinq, trente-six et trente-sept, et alors la-mort survient ; au delà de trente-sept degrés les globules du sang sont noirs.

L’exercice augmente la température du sang de deux ou trois degrés; aussi un exercice violent, prolongé, détermine l’asphyxie, et d’une manière d’autant plus'rapide que la température atmosphérique est plus élevée, et que les poumons, par suite de gêne ou de maladie, admettent une moins grande quantité d’air.

Voyez combien est absurde la mode de comprimer les côtes au point d’en empêcher presque tout mouvement, et cet autre usage, non moins préjudiciable, d’entasser un grand nombre de personnes à la fois dans un espace limité, où l’on déploie un grand luxe de lumières, dont la combustion ne s’entretient qu’à la condition de dépenser de l’oxygène et de rejeter dans l’atmosphère de l’acide carbonique : de là, des défaillances, des tortures de toutes sortes, et des influences sur le reste de la vie.

.Asphyxia par des gaz délélàres. — Les gaz non

RESPIUATiON.

respirables mêlés avec l’air amènent des résultats semblables, Vous avez souvent entendu parler d’asphyxie par suite d’une fuite du gaz hydrogène servant à l’éclairage;ia proportion d’oxygène devenant insuffisante, l’asphyxie arrive sans que la victime en soupçonne la cause.

Les journaux nous entretiennent fréquemment d’asphyxie dans des caves renfermant des liquides en fermentation, dans des égouts ou dans des puisarts contenant de l’air méphitique.

Vous savez que, pour connaître si l’air contient assez d’oxygène, avant de s’y plonger l’ouvrier prudent se fait précéder d’une lumière ; si elle s’affaiblit ou s’éteint, il est prévenu que la vie s’y éteindrait de la même manière.

Si les gaz mélangés, tels que l’hydrogène sulfuré, l’acide sulfureux, arsenieux, etc., ont de l’odeur, quelque méphitiques qu’ils puissent être, ils sont moins redoutables ; l’odorat nous prévient de leur présence, et nous nous mettons sur nos gardes.

Il n’en est pas de même de ceux qui sont sans odeur.

Tel est l’acide carbonique; aussi est-il un des plus redoutables : sans odeur, sans couleur, il se trouve mélangé avec l’air sans que rien puisse nous faire soupçonner sa présence. ,

Il est plus pesant que l’air, d’où il résulte qüe, dans les cas de mélange, les couches inférieures sont plus méphitiques que les couches supérieures.

Tout le monde a entendu parler de la fameuse grotte de l’Italie, connue sous le nom Ae grolte du C/nen, dans laquelle rhom.me peut vivre, et où le chien, d’une sta-

RESPIRATION

tore beaucoup plus basse, est immédiatement asphyxié.

Dans la plupart des volcans encore mal éteints, il s’échappe par les crevasses du sol des vapeurs que l’on désigne sous le nom de fumerolles.

Ces vapeurs, le plus ordinairement formées dl'acide sulfureux., infectent l’air et préviennent le voyageur de ne pas aller au delà.

D’autres fois, c’est de \acide carbonique qui se dégage.

« Au volcan de Pasto, les fumerolles du cratère ne « présentent que de \acide carbonique, d’autant plus a dangereux que rien ne révèle immédiatement sa précc sence ; c’est le même gaz à Java : il se dégage, avec « une violence extrême, de la solfatare éteinte nommée ft Guevo-Upas ou Vallée du poison, objet de terreur cc pour les habitants. Le sol est partout couvert de « carcasses de tigres, de chevreuils, de cerfs, d’oiseaux, « et même d’ossements humains (1).

A l’occasion de cette citation, un de nos auditeurs, M.T. J. Menant, voyageur distingué, nous a communiqué un épisode d’un de ces voyages qui a failli le rendre victime d’un accident qui me paraît devoir être attribué à la présence d’une trop grande quantité d’acide carbonique dans l’atmosphère (2).

(1) Beudant, Géologie, p. 43.

(2) Monsieur le docteur.

Dans votre remarquable leçon de dimanche dernier, que j’ai écoutée avec la plus grande attention et le plus vif plaisir, à propos des effets terribles que produit l’acide carbonique sur la

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Chaleur animale. — Non-seulement la respiration revivifie le sang, mais encore elle entretient la chaleur animale.

vie, vous nous avez dit que dans l’île de Java, à un endroit qu’occupait un volcan aujourd’hui éteint, un dégagement de ce gaz s’opérait par les crevasses du sol et asphyxiait subitement tous les êtres qui le respiraient.

Ne connaissant que quelques points des côtes de la métropole des possessions,hollandaises dans l’Inde, je ne puis témoigner de ce fait, qui est hors de ma connaissance; mais..

J’ai à vous communiquer un antre fait, qui, je crois, a quelque rapport avec le sujet que vous traitez..

Le 30 juillet 1853, je quittai l’île Bonron, mer des Moluques. Nous devions entrer dans l’océan Indien, par le détroit d’Ombai ; nous le reçonnûmes le 3 août, mais les vents de sud nous empêchèrent de nous y engager ; le 4, nous nous trouvions par 119° 30' long, est et 8° lat. sud. Je crois ne pouvoir mieux faire que de copier textuellement la note que j’écrivis à ce moment, vous priant de ne pas vous arrêter à la tournure et au décousu de sa rédaction rapide :

« à sept heures du soir, par le travers nord de Rusa- Rigi, qui est plus grande et plus élevée que Rusa-Linquete, nous remarquons de petits feux dans la montagne; en la relevant de très-près au sud, nos oreilles sont frappées de bruits sourds et lointains comme ceux du tonnerre; et tout à coup, au sud-est, nos yeux se trouvent éblouis par l’immense feu rouge d’un volcan en éruption dans l’île de Floris. Des torrents de lave enflammée sortent avec abondance par plusieurs issues, et se répandent en nappes brûlantes sur la déclivité ouest- de la montagne, qui paraît être tout en feu. On ne peut voir un spectacle plus grandiose et plus effrayant que ce jeu infernal de la nature, où, au milieu de détonations épouvantables, la terre s’entr’ouvre pour livrer passage à une mer de soufre et de feu qui jaillit impétueusement do

RESPIRATION

En général, la température du corps est en raison de la quantité d’air absorbée et dépensée.

son sein et rouleau loin ses flols, menaçant de tout atteindre et de tout détruire. — Le feu certainement est celui de tous les éléments qui, dans l’équilibre du monde, joue le rôle le plus grand, le plus actif et le plus redoutable.

« Nous cherchons à nous rapprocher de l’ile, afln de mieux jouir du spc3tacle qui nous est offert.

« Nous apercevons plus au sud un autre volcan, mais d’une moindre importance.

« ^linuit : nous sommes très-prèsde terre et entièrement à l’abri

de la côte; le ciel est pur, pas un nuage..

« Nous sommes surpris par un calme plat, les voiles battent sur les mâts, la mer est houleuse, le navire roule d’une manière insupportable, la chaleur est suffocante, le brai coule liquide et

brûlant dans les coutures du pont, on respire à peine.

« Vendredi 5 août. J’ai cru mourir, je crois même que la mort m’a serré le cœur, pendant un instant, dans scs griffes affreuses. Tout à l’heure ma pensée n’existait plus, ma gorge desséchée ne pouvait articuler un son, ma vue s’éteignait, je ressentais une défaillance comme celle assurément qui précède la mort...

la sueur coulait de tous mes pores, je me sentais anéanti.

« Le capitaine, baigné de sueur, ne pouvait se remuer; étendu sur son banc de quart, il paraissait asphyxié. L’équipage, paralysé par la même cause, ne pouvait serrer les voiles, qui restaient pendantes sur les vergues ; le timonnier tenait à peine la barre du gouvernail qui ne gouvernait plus rien du tout,

« Le navire, ballotté par la houle, semblait porter sur les rochers

delà côte. La mort planait sur nous tous.

« A cinq heures du matin, une légère brise de terre est venue nous faire sentir son haleine bienfaisante et réparatrice. Nos poumons se sont dilatés comme par enchantement, la vie s’est réveillée en nous, et maintenant, sanf une grande fatigue et unepe-

RESPIRATION

AnimawK à saiig chaud. — Dans l’homme et la plupart des mammifères, elle est de trente-deux degrés centigrades, de quarante dans les oiseaux; elle est un peu plus élevée dans les jeunes sujets que dans les vieux.

Les sujets à large poitrine résistent mieux au froid que ceux dont la poitrine est étroite.

Animaux à sang froid, — Dans les reptiles, les poissons, les invertébrés, la température se tient au-dessous de dix degrés, ce qui les fait désigner sous le nom d’animaux à sang froid., dénomination qu’on leur donne moins parce que la température du corps est peu élevée que parce qu’elle suit, à quelques degrés près, les changements de température du milieu dans lequel ils vivent.

santeiir incommode à la tête, il ne nous reste qu’un souvenir vague de nos souffrances de la nuit. Avec la brise, fraîcheur et gaieté reviennent. »

Monsieur le docteur, n’est-ce pas un phénomène curieux et rare qui soit digne d’être étudié ? Certainement il ne peut être attribué seulement à l’état de calme de l’atmosphère dans ces régions torrides. Pendant six semaines nous avionsélé retenus sur les côtes de la Nouvelle-Guinée et particulièrement près de la terre des Papous, par des calmes et des orages; nous avions ressenti, sans brise aucune, des chaleurs aussi grandes que celle que nous avons éprouvée sur la côte de l’île de Floris, et cependant rien de pareil et d’aussi surprenant ne s’était manifesté parmi nous. Notre brave capitaine, quej’eus la douleur d’enterrer deux mois et demi après, à Calcutta, me dit que dans sa longue carrière de marin il n’avait jamais ouï dire que semblable chose fût arrivée. Malgré mes instances pour lui faire consigner cet étonnant phénomène sur le journal du bord, il s’y refusa, jurétextant qu’on ne le croirait pas, et que peut-être même on se moquerait de lui. T. J. Menant.

RESPIRATION

L’abstinence, le sommeil, amènent un décroissement notable dans la température animale; l’immobilité la fait baisser rapidement.

Que l’homme vive au milieu de l’atmosphère embrasée de la zone torride ou sous le climat glacé des régions polaires, qu’il soit placé dans un four trèschaud, comme on a pu le vérifier sur ces bateleurs qui se prétendent incombustibles, la température du corps est toujours à peu près la même.

Altératiott des voies aériennes. — Cet exposé rapide de la respiration suffira pour nous faire comprendre comment un polype développé dans le nez, un simple engorgement, l’inflammation de la membrane muqueuse qui tapisse les fosses nasales (corysa), gênent la respiration et nous forcent de respirer la bouche ouverte;

Comment une inflammation du larynx, le croup, rétrécissant l’ouverture de la glotte, déjà étroite, surtout chez les enfants, amène l’asphyxie;

Comment \mQinflammation des bronches, avec formation de fausses membranes, détermine des accidents analogues; comment une inflammation des vésicules pulmonaires {pneumonie}), et surtout si elle en attaque un grand nbmbre à la fois, rend la respiration plus fréquente; comment des mucosités épaisses accumulées dans les bronches, dans la trachée-artère {catarrhe}), gênent le passage de l’air et nous obligent à expulser à la fois et brusquement une grande quantité d’air {la toux) ; comment une inflammation de la plèvre {pleurésie) rend les mouvements des côtes et du poumon très-gênés et extrêmement douloureux; comment une affection rhumatis-

RESPIRATION

male du diaphragme, des muscles intercostaux, des muscles inspirateurs et expirateurs, rend le jeu descôtes difficile et quelquefois impossible (Vasthme). On désigne encore sous le nom dl!asthme la perte d’élasticité des vésicules pulmonaires; ces vésicules, dilatées outre mesure, ne reviennent plus sur elles-mêmes, ne se débarrassent point de l’air contenu dans leur cavité.

D’autres fois, par suite d’une forte distension, quelques vésicules se rompent, l’air s’introduit dans le tissu cellulaire qui les réunit : ainsi se forme Y emphysème du poumon.

D’autres fois, par suite d’une lésion des nerfs qui vont se distribuer au poumon, ou d’une maladie du point du cerveau avec lequel ces nerfs communiquent, les vésicules pulmonaires cessent leurs fonctions; alors l’air sort des poumons comme il y était entré, le changement du sang veineux en sang artériel (l’hématose), n’a point lieu, et l’asphyxie en est la conséquence : c’est ce que l’on remarque dans certains cas de paralysie, dans certaines maladies, et ce que l’on produit à volonté sur des animaux vivants en coupant les nerfs qui se distribuent au poumon.

Je ne finirais pas si je devais vous énumérer toutes les lésions dont les voies aériennes sont susceptibles^ et que l’on désigne assez généralement sous le nom de maladies du poumon.

A l’acte de Y inspiration se rattachent Yodorat, le bâillement, la succion.

Si l’air qui s’introduit par les fosses nasales tient en

RESPIRATION

suspension quelque parcelle odorante, cette parcelle, s’arrêtant sur un (3es nombreux filets nerveux qui se distribuent à cette cavité, produit une sensation qui est portée au cerveau : de là, \'odorat, faculté sur laquelle nous reviendrons plus tard en vous parlant des sens.

A l’acte de Xexpiration se rattachent la toux, Xéternument, la voix, la parole.

La toux est le résultat d’une forte et brusque expiration, dans laquelle l’air, en sortant avec rapidité, fait entendre un bruit et balaye la surface des bronches, de la trachée-artère, du larynx et de l’arrière-bouche, en entraînant avec lui les mucosités, qui se trouvent sur son passage, et qui le plus souvent sont la cause du mouvement convulsif et brusque de l’appareil expirateur.

Idéternument ne diffère de la toux qu’en ce que l’air, au lieu de sortir par la bouche, sort par le nez, entraînant avec lui les corps étrangers qui titillent la muqueuse des fosses nasales.

La voix ost le bruit que l’air fait entendre en traversant la cavité du larynx.

Mécanisme de la voix. — En vous parlant du larynx, j’ai dit qu’il était composé de cinq pièces cartilagineuses, mues les unes sur les autres par des muscles; que ce larynx présentait un renflement que l’on appelait nœud de la gorge. Ce renflement laisserait croire que le tube aérien, dans cette partie, présente plus d’étendue que partout ailleurs ; c’est tout le contraire. Si nous examinons la face interne du larynx, nous trouvons de chaque côté deux replis, appelés cor-

RESPIRATION. 128

des vocales^ pouvant se rapprocher au point de fermer ‘presque complètement cette ouverkire.

L’espace compris entre les cordes vocales est appelé glotte ; c’est en passant à travers ce rétrécissement que l’air forme la voix. Ces replis ou cordes vocales sont distingués en supérieur et inférieur.

Entre la corde vocale supérieure et la corde vocale inférieure, on remarque sur chaque côté un enfoncement que l’on appelle sinus laijngc.

Si l’ouverture qui résulte du plus ou moins de rapprochement des cordes .vocales est très-étroite, le son est aigu; si elle est large, le son est grave. Ce plus ou moins d’ouverture est dû à l’action des muscles du larynx.

Sûrement c’est dans l’espace compris entre les cordes vocales que se forme le son: si l’on pratique une ouverture au larynx au-dessous des cordes vocales, l’air s’échappant par cette ouverture ne fait entendre aucun bruit; si l’ouverture est pratiquée au-dessus des cordes vocales, un son est produit, niais il est toujours le même.

Dans quelques animaux, comme le lion, le larynx présente un développement énorme. — Mais il n’y a qu’une corde vocale de chaque côté, et point de sinus laryngé. — Aussi le son est-il toujours le même.

Dans le singe, au contraire, nous trousons deux cordes vocales et un sinus laryngé, mais ce sinus reprér sente un énorme sac dans lequel se perd le son, ce qui rend l’articulation des sons impossibles.

Pour que ce son soit articulé, modulé, il faut qu’il soit inodific.

RESPIRATION

Modulation du son dans les instruments à 'vent. — Dans les instruments à vent, le son produit par le passage de l’air à travers l’ouverture ou le bec d’une clarinette, d’un basson, d’une flûte, etc., est plus ou moins aigu, selon que l’ouverture par laquelle il se forme est plus ou moins rétrécie : le son ainsi formé est modifié par les doigts qui l’obligent, en se promenant sur l’instrument, à sortir par une ouverture plus ou moins large, plus ou moins éloignée.

Modulation du son dans les animaux. — Il en est de même du son formé dans le larynx : c’est par le passage de l’air à travers l’ouverture de la glotte qu’il se forme, il est plus ou moins aigu, selon que les cordes vocales sont plus ou moins rapprochées l’une de l’autre; ainsi formé, il est modifié par le jeu du voile du palais., de la langue, des lèvres et des dents, parla disposition du nez ou de la bouche.

L’allongement ou le raccourcissement du tube vocal concourt sûrement à modifier les sons : le chanteur •jui veut produire des sons graves enfonce le menton dans la cravate ; l’enfant de chœur qui veut produire des sons aigus relève la tête, l’oiseau qui chante exécute avec sa tête certains mouvements qui allongent ou raccourcissent le tube aérien.

Dans la plupart des oiseaux nous trouvons deux larynx : l’un, comme dans l’homme, placé à la base de la langue; l’autre, à la division des bronches, et sur chaque côté de la trachée-artère on remarque des fibres musculaires qui s’étendent du larynx supérieur au larynx inférieurj et qui ont manifestement pour but de

respiration.

les rapprocher l’un de l’autre, de diminuer la longueur du tube que doit parcourir le son formé dans le larynx inférieur.

Nous devons croire que si le mécanisme de la voix eût été mieux étudié, les notables améliorations apportées depuis quelques années à nos instruments à vent ne se seraient pas fait si longtemps attendre. Pendant longtemps on n’a connu que l’usage de la trompette et de la trompe de chasse^ qui ne fournissaient que quelques notes ; on modifia l’instrument, et on inventa le cor dharmonie, modification qui consiste à appliquer des tubes de rechange, diversement contournés, au moyen desquels on allonge ou diminue le tube que doit parcourir le son, et à placer la main dans le pavillon, de manière à laisser sortir le son par une ouverture plus ou moins grande : ainsi l’on obtint un plus grand nombre de sons. Plus tard on inventa le trombone, qu’on peut allonger et raccourcir à volonté. Mais, comme on no pouvait allonger l’instrument .indéQniment, on en revint à l’idée d’un tube en spirale, et, au moyen de corps de rechange, de pistons et de clefs, on obligea le son à sortir par une ouverture plus ou moins éloignée; de là le cornet à piston, dont on tire je ne sais combien de tons différents.

Respiration clans la série animale. — Mammifères.—• Dans les mammifères l’appareil respiratoire présente à peu près la même disposition que dans l’homme : on trouve un larynx, une trachée-artère, desbronches, deux poumons, des vésicules bronchiques.

Dans le cheval, le voile du palais, beaucoup plus

RESPIRATION

long que dans les autres mammifères, descend jusque sur l’épiglolte, et ferme toute communicatioii de la bouche avec le larynx : disposition qui rend la respiration par la bouche impossible. Aussi, pour se rendre maître du cheval le plus vigoureux suffit-il d’oblitérer momentanément les narines; et quoique la bouche reste ouverte, si cette compression se prolonge, l’asphyxie arrive aussi sûrement que si on appliquait une corde sur la trachée-artère; le cavalier prévenu de cette disposition anatomique, et qui devra passer la rivière à la nage, ne se préoccupera pas de voir le cheval plonger la bouche dans l’eau.

Dans le hennissement, le son est modifié, non par le jeu des lèvres, mais par le jeu des narines, par lesquelles sort le son et sur lesquelles viennent se perdre une grande partie des muscles de là face.

L’intégrité, l’étendue des voies aériennes, sont des garanties de force et de durée; aussi dans le choix du cheval doit-on porter la plus grande attention, et, au point de vue de sa conservation, éviter tout ce qui peut restreindre -ou gêner le développement des poumons.

Les chevaux dans la nourriture desquels les fourrages prédominent, non-seulement ont le tube digestif développé, le ventre gros, mais ce grand développement repousse le diaphragme, diminue d’autant la cavité thorachique, comprime le poumon, gêne plus ou moins la respiration. Si dans cette condition on fait courir le cheval, si on le soumet à un exercice violon', ks muscles abaissent les côtes, pressent les vc-

RESPIRATION

sicules pulmonaires, et en déterminent la rupture, de là les accidents connus sous le nom de pousse; maladie fréquente dans les pays des fourrages.

Appareil respiratoire des.Oiseaux. —-Dans les oiseaux nous trouvons, comme dans les mammifères, un larynx, une trachée-artère des bronches et des poumons.

Dans les mammifères nous avons vu que les bronches se ramifiaient à l’infini dans toutes les parties du poumon ; dans les oiseaux cette ramification n’a lieu que dans la moitié du poumon qui correspond au dos: les bronches qui devraient se distribuer à la moitié du poumon, qui correspond au sternum, au lieu de présenter des ramifications, présentent de grandes ampoules dans lesquelles l’air est déposé; ces ampoules, appelées ré^erçoirs aériens^ au nombre de cinq de chaque côté, sont désignés sous les noms de résen^oir thorachique, cervical, diaphragmatique antérieur, diaphragmatique postérieur et abdominal Ces réservoirs s’enfoncent dans les régions dont ils portent le nom, et fournissent des prolongements qui non-seulement remplissent les cavités de la poitrine et de l’abdomen et enveloppent tous les viscères, mais pénètrent dans les espaces intermusculaires du cou, de l’aisselle, delà poitrine, et même dans les os du cou, de la tête, du thorax, du bras et de la cuisse, — ce qui donne à ces animaux de la légèreté et la faculté de se diriger dans l’air.

Les communications de l’appareil aérien avec les os ne sont pas les mêmes dans tous les oiseaux; on peut établir comme règle générale que ces communications

RESPIRATION

sont d’autant plus multipliées que l’animal est plus grand voilier.

Manifestement dans les oiseaux, l’appareil respiratoire remplit deux fonctions parfaitement distinctes : l’une qui a pour but l’hématose, c’est-à-dire de changer la condition du sang, et l’autre d’alléger l’animal et de lui donner la faculté de se diriger dans l’air et dans l’eau.

Oiseaux plong-eurs. — Certains oiseaux, tels que les canards, les plongeons, la poule d’eau, indépendamment des réservoirs dont nous venons de parler, ont sur les côtés de la trachée de larges ampoules, qui leur donnent la faculté de rester un temps plus ou moins long sous l’eau, c’est-à-dire le temps nécessaire pour épuiser leur réservoir aérien : alors nous les voyons reparaître à la surface de l’eau, faire une nouvelle provision d’air, et disparaître; et souvent même, pour se soustraire aux poursuites des chasseurs, ces oiseaux, pour renouveler leur provision d’air, ne sortent de l’eau que leur bec.

C’est pour une invention basée sur ces principes que l’Institut a décerné, en 4836, à titre d’encouragement, un prix à M. Thibout, du Neubourg (I).

(i) Cette invention consiste dans un tube de trois centimètres de diamètre, d’une longueur indéterminée, muni à une de ses extrémités d’un appareil moins gros qu’un œuf de poule, dans lequel se trouve un système de soupape : au moyen de cet appareil, le premier venu peut descendre sous l’eau, dans les lieux les plus méphitiques, y séjourner, y travailler comme à l’air libre, sans craindre l’asphyxie, à la condition qu’une des extrémités du tube restera daus la bouche de l’expérimentateur, et l’autre dans l’atmosphère.

RESPiRATiON.

iai

Appareil respiratoire des reptiles. — Dans les reptiles, l’appareil respiratoire est déjà moins compliqué que dans les classes précédentes : il commence par une fente située sur la langue, et dépourvue d’épiglotte.

Le larynx, composé de deux cartilages seulement, est privé de cordes vocales.

La trachée-artère, quelquefois composée d’anneaux, quelquefois membraneuse, est plus ou moins longue. Elle se termine en se bifurquant, et chaque bifurcation prend immédiatement la forme d’un sac; l’intérieur de

Des expériences qui paraissent ne laisser rien à désirer portent à croire que cette invention, lorsqu’elle sera plus connue, rendra d’immenses services aux arts insalubres.

L’invention de M. Thibout, comme l’invention de la cloche à plongeur et comme tant d’autres, ne sont que des imitations de l’œuvre du Créateur ; même la machine à vapeur.

La machine à vapeur, comme la machine animale, puise sa force dans la combustion du charbon.

Dans l’une comme dans l’autre, la force est en raison do la quantité de cliarbou brûlée.

L’une comme l’autre rejette dans l’atmosphère de l’acide carbonique.

C’est par un emprunt de cette nature que se résoudra le problème de la navigation aérienne. Uue ceux qui regardent celte difficile question comme insoluble se demandent comment et pourquoi certains animaux, oiseaux, insectes, poissons, mammifères, môme, ont la faculté de se diriger dans l’air; qu’ils abordent celle question avec toutes les ressources que peut fournir l’anatomie comparée, la chimie, la physique, la mécanique animale et les arts mécaniques, et la question ne leur paraîtra point insoluble. Mais se melli'e à la remorque d’un aérostat ne me paraît aborder qu’un côté de la question.

respiration.

ces sacs est divisé par de nombreuses cloisons assez rapprochées les unes des autres, qui forment comme autant de cellules incomplètes.

Les veines et les artères pulmonaires, ramifiées dans les parois de ces cellules, mettent le sang en contact avec Pair et en opèrent l’hématose; mais la masse d’air contenue dans cette espèce de sac, n’étant en rapport avec le sang que par sa circonférence, il en résulte que l’hématose est lente et incomplète, et qu’elle ne nécessite qu’une petite dépense d’air.

Aussi trouvons-nous que, chez ces animaux, la température du corps, toujours en rapport avec la quantité d’air absorbée, n’est que de dix degrés-, et qu’en raison du peu d’air dépensé, ils peuvent rester un temps fort long sans respirer.

Appareil d’hématose dans les Poissons. — Dans les poissons, il n’y a point de respiration, il n’y a point d’appareil respiratoire; on ne peut considérer comme tel un sac placé au devant de la colonne vertébrale, tantôt unique, comme dans le brochet, tantôt bilobé, comme dans la carpe. Ce sac, appelé vessie natatoire^ est lisse et poli à sa surface interne; à ce sac on ne trouve aucune communication avec l’air extérieur; on n’est pas encore bien d’accord sur ses usages.

Branchies. On trouve chez les poissons les branchies, vulgairement appelées les ouïes. C’est le véritable Appareil d’hématose.

Les branchies ne sont autre chose que les veines et artères pulmonaires, divisées à l’infini; qui, au lieu de se

RESPIRATION

replier, de se contourner, comme nous l’avons remarqué dans les poumons des classes précédentes, marchent accolées Tune à l’autre, en laissant échapper de leurs côtés de petits rameaux qui se comportent à peu près comme les barbes d’une plume sur leur tige. Ces petits rameaux artériels et veineux par leur extrémité s’abouchent l’un avec l’autre, et le sang porté par l’artère pulmonaire passe dans la veine. Les parois de ces vaisseaux sont tellement minces que l’oxygène tenu en suspension dans l’eau, et qui s’y trouve en liberté, se combine avec le sang et opère Xhématose par endosmose.

Dans quelques poissons, ces branchies, placées entre la tête et le tronc, sont libres et flottent dans le liquide au milieu duquel vivent ces animaux. D’autres fois elles sont recouvertes par des valvules mobiles appelées opercules. Si l’eau dans laquelle vivent les poissons est privée d’oxygène à l’état libre, il y a asphyxie.

Nous savons que l’eau est un composé de huit parties d’oxygène et d’une partie d’hydrogène, indépendamment de ces molécules constituantes, on trouve dans l’eau de l’oxygène à l’état de liberté; c’est cet oxygène qui dans les poissons opère Xhématose., ce qui nous explique pourquoi les poissons ne peuvent vivre dans l’eau distillée, pourquoi ils ne peuvent rester longtemps sous la glace, pourquoi les poissons ont comme les autres animaux besoin d’air.

On peut prolonger l’existence des poissons si l’on a soin d’environner l’animal de mousse chargée d’humi-

RESPiaATION.

dité ; on peut ainsi les garder un temps fort long, les nourrir, les engraisser, si l’on évite la dessiccation des lames branchiales, et si l’humidité contient de l’oxygèné en quantité suffisante.

Vous avez vu que dans tons les animaux vertébrés, mammifères, oiseaux, reptiles, poissons, la vie ne s’entretient qu’à la condition de mettre le sang en rapport avec l’air; vous avez pu remarquer que l’appareil respiratoire tend à se simplifier, très-compliqué dans les animaux supérieurs, il se réduit presque à un simple sac et finit même par disparaître dans les vertébrés inférieurs.

Dans les mammifères nous avons trouvé deux poumons bien complets; dans les oiseaux, des moitiés de poumons et -des sacs aériens, et dans les reptiles, des sacs aériens seulement; dans les poissons, plus d’appareil respiratoire, des branchies, c’est-à-dire des veines et artères pulmonaires qui trouvent dans l’élément ambiant le principe de l’hématose.

Appareil aérien des insectes. — Dans les animaux articulés, dans les insectes^ l’appareil d’hématose présente de nombreuses différences, selon qu’ils vivent dans l’air sec ou dans l’eau. Dans les uns nous trouvons de véritables branchies, dans d’autres des indices de poumon, mais le plus ordinairement des conduits aériens que l’on appelle trachées.

RESPIRATION

Fig. 1". Trachées. — Les trachées se pré¬

sentent sous la forme de conduits blancs, argentés, nacrés, d’un grand éclat, qui se divisent en branches, en rameaux, et se terminent par de petites ampoules assez semblables aux vésicules pulmonaires des vertébrés. Ges trachées sont très-nombreuses ; de chaque côté on en compte ordinairement autant que d’anneaux; elles sont disposées par paires et ont de nombreuses communications entre elles.

APPAREIL RESPIRATOIRE Tcxlure des traohécs. — Si nous

DES INSECTES. examiuons la texture des trachées, s SS,”.” yÆ™" nous la voyons, comme la trachée- D IrSttw^iracbéens. artère dcs Vertébrés, composée d’une

E Tronc trachéen commun.

^ Trachées se distribuant à membrane qui tapisse rintérieur du

G Vé« trachéennes. en Spirale

qui empêche les parois de se rapprocher. Par ce merveilleux appareil, l’air pénètre et arrive dans toutes les parties de l’animal.

Stigmate. — L’ouverture par laquelle la trachée communique au dehors présente une espèce de fente que Ton appelle stigmate; quelquefois l’ouverture du stigrmate partagée par des soies crochues; d’autres fois elle est fermée par une membrane percée comme un crible. L’air entre et sort par ces ouvertures, et parcourt toute l’étendue des trachées pour arriver dans les vésicules ou ampoules aériennes où se fait l’hématose.

RESPIRATION

Dans les animaux supérieurs, nous avons vu que la texture des organes est en majeure partie un composé d’artères et de veines, et que la vie ne s’entretient, dans chaque molécule qui compose les tissus, qu’à la condition de recevoir une gouttelette de sang. Dans les insectes, la majeure partie des tissus est un composé de conduits aériens, et c’est l’air qui est porté partout.

Dans les animaux supérieurs, c’est le sang qui, rapporté de toutes les parties du corps, revient au poumon pour être mis en contact avec l’air.

Dans les insectes, c’est l’air qui va trouver le sang ; c’est l’air qui circule. Il n’y a pas de circulation du sang, point sur lequel nous reviendrons en vous parlant de la circulation.

Dans les insectes, l’air est partout; de là leur grande légèreté.

Au lieu de pénétrer par une seule ouverture, l’air pénètre par un grand nombre d’ouvertures, les stigmates.

L’air est d’une nécessité au moins aussi indispensable pour les insectes que pour les vertébrés, et .cependant l’insecte peut rester un temps fort long sous l’eau sans être asphyxié. Des mouches ont pu rester douze heures sous l’eau et revenir à la vie, d’abord parce que ces insectes portent avec eux une grande provision d’air; quelques-uns sont munis de véritables appareils de plongeur; d’autres, que nous voyons courir à la surface de l’eau, disparaître et reparaître, ont le corps couvert de petits poils à l’aide desquels ils ern-

HESPIRATION.

prisonnent une certaine quantité d’air qu’ils emportent avec eux sous l’eau; d’autres ont sur les côtés de la bouche ou de l’anus des réservoirs à air, de véritables cloches à plongeur.

Appareil respiratoire des Mollusques. — Dans les mollusques, selon que les sujets vivent dans l’air sec ou dans l’eau, on trouve des branchies ou un appareil pulmonaire qui consiste dans une espèce de sac où l’air pénètre; dans les parois de ce sac viennent se distribuer les veines, qui ainsi mettent le sang en rapport avec l’air. Dans ces animaux, tels que le colimaçon, l’hématose se fait à peu près comme dans les reptiles ; aussi ces animaux, comme les reptiles, peuvent rester un temps fort long sans respirer.

Appareil respiratoire des Ilayonnés. — Dans les animaux rayonnés, les trachées sont vraisemblablement toujours aquifères ; elles appellent et rejettent le fluide ambiant par l’unique ouverture, qui sert en même temps à l’absorption aérienne et a l’absorption alimentaire.

Résumé de la respiration. — Nous avons vu que l’acte de la respiration a pour but de mettre le chyle et le sang en rapport avec l’air.

Que l’oxygène de l’âir, combiné avec le sang, rendait ce dernier plus rouge et plus chaud; ■

Que l’appareil'spécial de la respiration, très-compliqué dans les classes supérieures, se réduit à la plus grande simplicité-dans les classes inférieures ;

Nous avons trouvé dans l’homme et les mammifères le poumon composé de myriades de vésicules ;

RESPIRATION"

Dans les oiseaux, -une moitié seulement composée de vésicules, et l’autre moitié représentée par des sacs aériens ;

Dans les reptiles, des sacs seulement;.

Dans les poissons, des branchies ;

Dans les mollusques, des sacs ou des braucbies ;

Dans les animaux placés au bas de l’échelle, tels que polypes, zoophjtes, point d’appareil spécial de respiration : l’endosmose se fait par le tégument, par simple imbibition.

Nous avons vu que tout cet appareil n’était que des prolongements du tégument externe, ramifié, tantôt au dedans, tantôt au dehors; nous avons vu que tous les animaux décomposaient l’air, absorbaient l’oxygène et rejetaient dans l’atmosphère de l’acide carbonique.

Vous avez dû croire que, dans un temps donné, l’atmosphère ne contiendrait plus assez d’oxygène, ce qui serait nécessairement arrivé si, à côté du règne animal, le Créateur n’avait placé le règne végétal. Si l’animal est un appareil de destruction, de décomposition, le végétal est un appareil d’épuration, de reconstruction de l’air atmosphérique.

Si, maintenant que nous savons la manière dont s’opère la respiration dans les différentes classes des animaux, nous examinons comment s’opère celte fonction dans les végétaux, nous trouverons la plus grande analogie.

Respiration des vég^ëtaiix. — Comme dans les animaux, la partie nutritive des végétaux, la sève, doit être mise en rapport avec l’air pour devenir apte à l’entretien

RESPIRATION

et au développement de la plante. C’est dans la feuille que s’établit le rapport de l'a sève et de l’air.

La feuille représente le poumon des animaux. Si nous l’examinons à la loupe, nous la trouvons composée d’une infinité de petites vésicules, avec des ouvertures ou pores qui donnent passage à l’air.

Nous savons que la sève, absorbée par les radicules qui forment le chevelu de la plante, est portée des racines dans la tige, et passe de la lige dans les branches, dans les rameaux, pour être déposée dans la feuille; chaque vésicule reçoit à la fois une gouttelette d’air et une gouttelette de sève; par l’aclioh de cette vésicule, la sève se combine par endosmose avec l’air, décompose l’acide carbonique, s’empare du carbone, et rejette l’oxygène dans l’atmosphère. Non-seulement la vésicule décompose l’air, mais encore elle élabore la sève; les molécules hétérogènes, impropres à la plante, sont rejetées avec l’oxygène dans l’atmosphère : de là les émanations gazeuses, liquides, gommeuses, résineuses, qui affectent l’odorat ou se produisent à l’extrémité des feuilles sous forme de gouttelettes d’eau, de sucre, de manne, etc.

La feuille ne fonctionne qu’autant qu’elle reçoit l’influence de la lumière solaire ;

Soumise à cette influence, elle fixe le carbone au profit de la plante; privée de lumière, elle le rejette dans l’atmosphère :

Ce qui nous explique pourquoi on nous recommande de ne point nous endormir sous les arbres touffus, à larges feuilles, tels que le noyer, et surtout pendant la nuit ;

RESPIRATION

Pourquoi les végétaux, les arbustes, qui croissent sous les grands arbres, poussent des branches frôles, sans consistance et sans durée, et donnent des graines sans farine, sans carbone ;

Pourquoi chaque année nous voyons dans les massifs de nos jardins publics planter par centaines, à grands frais et avec de grands soins, de jeunes arbres qui meurent l’année d’après, pour être remplacés par d’autres qui auront le même sort, tant qu’on ne permettra pas aux jeunes feuilles de recevoir suffisamment l’influencé de la lumière, qui leur donnera la puissance de décomposer l’acide carbonique et de s’en approprier le carbone.

Que faudrait-il donc faire? Déjà vous l’avez deviné; il faut donner de l’air, couper les branches qui s’opposent au passage de la lumière, ou planter, comme on le fait ailleurs, des arbres d’une taille déjà assez élevée pour que leur cime au moins puisse recevoir l’influence de l’air et de la lumière, notions aussi simples à comprendre que faciles à exécuter.

Les feuilles soumises à la lumière, non-seulement décomposent l’air et la sève, mais encore elles décomposent l’eau, fixent l’hydrogène au profit de la plante et laissent échapper l’oxygène.

Nous avons tous éprouvé cet état de bien-être, ce besoin d’ouvrir largement nos poumons à l’entrée de cet air plus ou moins suave, plus ou moins odorant, qui s’échappe des feuilles après une petite pluie suivie d’un rayon de soleil. C’est que cet air est plus chargé d’oxygène. Tout le monde sait, au contraire, l’état de

RESPIRATION. 141

malaise et de fatigue qui se fait sentir pendant la nuit, si l’on reste longtemps sous des arbres très-chargés de feuilles.

Ces notions élémentaires suffiront pour vous faire comprendre l’importance que l’on doit attacher à la respiration, et la nécessité d’un air pur, la nécessité d’éviter les réunions nombreuses, dans lesquelles l’air n’arrive à nos poumons qu’après avoir passé par tant de poitrines différentes; la nécessité d’éviter non-seument le séjour prolongé dans les lieux bas ét humides oii l’air ne se renouvelle qu’incomplétement, mais surtout ces foyers d’infection dans lesquels des gaz plus ou moins méphitiques sont mélangés avec l’air.

‘ La vulgarisation de ces notions, jusqu’alors renfermées dans le domaine -dès écoles de médecine, peut sûrement rendre des services à l’hygiène générale et influer sur la production animale et végétale.

Dans la prochaine séance, je dirai comment le chyle, devenu sang, vivifie toutes les parties du corps ; je vous parlerai de la circulation.

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