‹ Leçons élémentaires d'anatomie et de physiologie humaine et comparéeChapitre 17 sur 79 · QUATRIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

QUATRIÈME LEÇON

APPAREIL DE LA RESPIRATION : LARYNX, TRACHÉE-ARTÈRE,, BRONCHES ET POUMONS, COLORATION DU SANG PAR l’aIR, TRANSFORMATION DU CHYLE EN SANG, CHALEUR ANIMALE.

Formation des sons, du chant,, de la voix, toux, éternument, respiration dans la série animale.

Dans notre dernière séance nous avons dit comment ' les aliments, broyés, triturés, liquéfiés, cheminaient dans le tube digestif; comment, en parcourant cette espèce d’alambic, ils se séparaient en deux parties ; comment une partie, à laquelle nous avons donné le nom de chyle, absorbée, portée dans le torrent de la circulation, devenait du sang; comment l’autre partie, composée de molécules non assimilables, était rejetée au dehors. Vous avez compris l’importance que l’on doit attacher aux dents, à chaque partie du tube digestif, à la salive, au suc gastrique, à la bile et au suc pancréatique, et ce qui nécessairement doit arriver-, si tel ou tel point de l’appareil digestif fonctionne mal ou cesse ses

RESPIRATION

fonctions; vous avez également compris l’importance que l’on doit attacher à la nature, à la qualité des aliments, et comment les aliments de bonne qualité peuvent, dans certaines circonstances, devenir indigestes, agir à la manière des purgatifs et meme des poisons.

Aujourd’hui nous vous dirons comment se fait la respiration, comment l’air appelé avec raison le pa~ bulum 'vitæ pénètre dans le poumon, y est décomposé digéré en quelque sorte; comment une partie constituante de l’air, Voxygène, se combine avec le sang et le chyle, et les rend propres à l’entretien de la vie; et comment une autre partie, appelée azote, impropre à la revivification du sang, est rejetée dans l’atmosphère avec le résidu de la respiration.

Au point de vue de l’entretien de la vie, du développement des organes, de la qualité des tissus, nous verrons que la respiration exerce une influence au moins aussi'importante que la digestion, fonction avec laquelle elle a beaucoup d’analogie.

Appareil de la respiration. Cet appareil est composé d’organes communs à la respiration et à d’autres fonctions, et d’organes qui lui sont propres.

Les organes communs sont : les os, les cartilages, les muscles qui concourent à la formation de la poitrine.

Les organes propres sont : les fosses nasales, le larynx, la trachée-artère, les bronches et les’ poumons.

RESPIRATION

THORAX Oü POITRINE.

Li côté gauche les muscles sont enlevés i droit les muscles sont conservés.

F'g- 1^- ' Thorax. — On ap-

^ ^ pelle poitrine ou thorax

une grande cavité forp mée dans presque toute son étendue par les cô- D tes, en avant par le sternum, en arrière par ^ la colonne vertébrale.

^ Sternum. — Le ster- ^ num est un os long et aplati, qui reçoitde chaque côté les cartilages E par lesquels se lermi- E nent les côtes antérieurement.

Côtés. — Les côtes ay sont au nombre de douze • de chaque côté ; elles se présentent sous forme d’un os long, mince,contourné sur lui-même, plus ou moins arqué; chaque côte, rapprochée de celle du côté opposé, par ses extrémités forme un anneau aplati ; du plus ou moins de courbure des côtes résulte le plus ou moins d’ampleur de la poitrine.

Les côtes s’articulent en arrière avec les vertèbres dorsales; en avant, avec le sternum.

Toutes les côtes ne sont pas de la même longueur : les premières, celles d’en haut, et les dernières, celles d’en

A Région cervicale de la colonne vertébrale, B Région lombaire de cette colonne.

C Le sternum.

D Les côtes.

E Fausses côtes.

F Cla\icule.

G Muscles intercostaux.

H Dernière fausse côte.

I Muscle du diaphragme.

J Piliers dn diapragnie.

K Muscles élévateurs des côtes.

RESPIRATION. 103

bas, sont les plus courtes ; celles du milieu, c’est-à-dire celles qui se rapprochent le plus de la sixième, sont les plus longues et aussi les plus contournées.

Une substance élastique, appelée cartilage^ moins dure que les os, fait suite aux côtes, et sert d’union entre elles et le sternum.

Vraies côtes. — Les sept premières côtes se fixent directement par leurs cartilages au sternum; on les appelle vraies côtes.

Fausses côtes. — Les cinq dernières côtes ne se réunissent au sternum qii’après s’être accolées les unes aux autres par leur cartilage, ce qui les a fait appeler fausses côtes ; les deux dernières fausses côtes tiennent à peine à ces cartilages, et souvent n’y tiennent pas du tout : leur extrémité antérieure se perd dans les muscles, ce qui les fait désigner sous le nom de côtes fLouantes.

Muscles intercostaux. ■— L’espace compris entre chacune des côtes est rempli par deux couches de fibres musculaires allant du bord supérieur de la côte qui est au-dessous, au bord inférieur de la côte qui est audessus ; ces muscles ont reçu le nom intercostaux. La direction des fibres est telle que les fibres de la couche externe s’entre-croisent avec celles de la couche interne de manière à former la lettre x^

L’ensemble de ces os et de ces muscles représente un cône aplati d’avant en arrière, qu’on appelle em. cavité thorachique.

La partie supérieure de la cavité thorachique présente une ouverture donnant passage aux vaisseaux qui partent du cœur ou s’y rendent.

IÎE3IMRA.TI0N.

lOi

Là partie inférieure est fermée par le diaphragme.

Di((phragme — Le diaphragme est une cloison membraneuse, tendue transversalement, qui sépare la cavité thorachique delà cavité abdominale.

Elle est composée de fibres musculaires qui s’implantent à la face interne du sternum, dès fausses côtes, et à la face antérieure des premières vertèbres lombaires ; ces fibres vont toutes en convergeant, pour . former, au centre du diaphragme, une large aponévrose, appelée centre phrénique.

On appelle piliers deux gros faisceaux musculeux par lesquels le diaphragme tient aux vertèbres lombaires.

Cette cloison présente trois ouvertures qui donnent passage à l’oesophage, à l’artère aorte et à la veine cave inférieure.

Muscles inspirateurs. — Des muscles nombreux et puissants, implantés par une de leurs extrémités aux os de la tête, du cou, de l’épaule et du bras, et par l’autre extrémité à la face externe des côtes, élèvent les côtes, et agrandissent la cavité thorachique ; ces muscles sont appelés inspirateurs.

Muscles expirateurs. — D’autres muscles implantés par une extrémité aux os du bassin ou à la partie inférieure de la colonne vertébrale, et par l’autre extrémité à la face externe des côtes, entraînent par leur contraction les côtes vers la partie inférieure du tronc, et diminuent la cavité de la poitrine ; ces muscles sont appelés expirateurs.

De l’action alternative des muscles inspirateurs et expirateurs, résulte l’introduction ou l’expulsion de l’air

RESPIRATION

IOd

de la cavité tliorachique, double mouvement qui constitue l’acte de la respiration.

Il est évident que plus les côtes sont arquées, plus leur courbure se rapproche de la forme semi-circulaire, plus la: cavité de la poitrine est susceptible de s’agrandir et de se rétrécir.

Fiç. 14.

Page 1