COÜPE TRANSVERSALE DE LA MOELLE
A Substance centrale grise.
B Substance corticale blanche.
C Sillon médian antérieur.
D Sillon médian postérieur;
E Racine postérieure.
F Renflement ganglionaire.
G Racine antérieure.
nicniLx^ la protubérance annulaire^ on trouve à la fois de la substance grise et de la substance blanche.
Examinée au microscope, la matière blanche paraît filiforme; soumise à l’action d’un filet d’eau, les filaments s’isolent les uns des autres.
La matière grise, au contraire, paraît globuleuse, formée de corpuscules.
Pour beaucoup de physiologistes, la matière grise serait le siège de la perception, et la matière blanche un organe de transmission.
Par cet exposé très-succinct et sûrement très-incomplet de l’ensemble du système nerveux, nous avons vu qu’au moyen des nerfs la très-grande majorité des parties qui composent le corps sont en rapport avec le cerveau ;
Que dans chaque cordon nerveux il y a des fibrilles sensitives, c’est-à-dire qui reçoivent et apportent les impressions du dehors, et que pour cela on appelle nerfs du sentiment (Jig. 3i) (d), et d’autres qui transmettent la volonté, et que l’on appelle nerfs du inouoement (C).
Paralysie. — S’il nous restait quelque doute sur la fonction des nerfs, il suffirait de nous rappeler ce qui arrive lorsque, mal placé sur une chaise, nous comprimons le nerf sciatique entre le pied de la chaise et l’os du bassin.
Momentanément la jambe cesse d’agir ; elle n’est plus soumise à notre volonté; elle refuse de supporter le poids du corps ; les impressions reçues par elle ne sont plus rapportées au cerveau ; on peut impunément couper, déchirer les chairs sans que nous en ayons
SViJTÈftlli NËkVEUX Î3E L\ VlË ANIMALË. 2!^ l
la conscience ; il y a paralysie momentanée; et si, au lien d’une simple compression;, il y avait destruction du cordon nerveux, la paralysie serait définitive.
Ce que nous disons du nerf sciatique par rapport à la jambe, nous le dirions de tous les nerfs et pour toutes les parties du corps. Tout le monde connaît l’engourdissement qui survient à la main, et surtout aux deux derniers doigts, par la compression du nerf cubital, lorsque le coude heurte brusquement contre l’angle d’un meuble; en coupant le nerf sciatique, ou tout autre nerf, il y a paralysie d’un membre ou d’une partie du membre seulement.
Paraplégie. — Si, au lieu de couper un nerf, on coupe la totalité de la moelle épinière à l’endroit où les deux nerfs sciatiques se réunissent, il y a paraplégie ^ c’est-à-dire paralysie des deux membres inférieurs, et si la section avait lieu plus haut, il y aurait paralysie des membres inférieurs et de la partie inférieure du tronc, et des bras tout à la fois, etc., selon la hauteur à laquelle existerait la lésion : phénomènes que les chasseurs remarquent souvent lorsqu’un grain de plomb pénètre dans la moelle épinière d’ufr quadrupède ; l’animal, dont le train de devant est encore docile à la volonté, fait de vains efforts pour entraîner la partie postérieure du corps, rebelle à l’action du cerveau.
C’est un exemple que l’on peut renouveler à volonté sur des animaux vivants, et qui se produit souvent dans les combats de taureaux lorsque le torréador enfonce son épée à l’union dë la tête avec le cou ; s’il est assez heureux pour diviser la moelle épinière, il fait rouler à
2!22 SYSTÈME NEKVEüX l)E LA VIE ANIMALE.
ses pieds le superbe animal, tout à l’heure furieux et devenu immédiatement impuissant.
Une simple compression du cerveau amène des phénomènes analogues; il suffit d’appliquer le doigt sur le crâne d’un animal encore jeune pour déterminer la compression du cerveau et l’anéantissement de toutes les facultés cérébrales.
Hémiplégie. — Si, au lieu d’une coupe transversale sur la totalité de la moelle épinière, la section n’intéresse qu’une des moitiés latérales , un des côtés du corps seulement est paralysé, et l’autre côté reste en l’apport avec le cerveau : il y a hémiplégie, qui affectera d’autant plus de parties que la lésion se rapprochera davantage du cerveau.
Ainsi s’expliquent toutes les nuances que peut présenter la paraplégie ou Vhémiplégie , et ce qui arrive nécessairement si le cerveau en totalité, ou simplement . un point du cerveau, ou un des hémisphères seulement, est détroit ou momentanément comprimé, comme cela arrive dans les congestions cérébrales. Nous avons dit que dans la protubérance annulaire les fibrilles nerveuses s’entrecroisent; il résulte de cet entrecroisement que si c’est l’hémisphère droit qui est congestionné, c’est le côté gauche qui est paralysé, et 'vice versa.
Perte du sentiment. — Si la lésion, au lieu d’intéresser la moitié, droite ou gauche, de la moelle épinière, n’intéressait que la partie postérieure, composée, comme vous le savez, des fibrilles sensitives, il y aurait perle du sentiment, c’est-à-dire que les impressions du dehors ne seraient plus rapportées au cerveau; mais le mouve^-
ment serait conservé, puisque nous supposons la partie antérieure de la moelle restée saine.
Dans cette condition, le malade peut exécuter des mouvements, faire des efforts pour se déplacer, marcher même, mais avec incertitude, sans savoir si les pieds reposent sur le sol ; nous le voyons avec son pied tâtonner, chercher la terre. On peut impunément faire éprouver aux membres toutes sortes de tortures, déchirer même les chairs sans que le patient en ait la conscience.
Perle du mouvement. — Si, au contraire, la lésion intéresse la partie antérieure de la moelle épinière, et que la partie postérieure reste saine, la sensibilité est conservée et le mouvement anéanti. Dans cette condition les mouvements sont impossibles; le malade cloué sur son lit apprécie les violences exercées sur ses membres, il se plaint; mais il ne peut exécuter le moindre mouvement.
Ce point de science est généralement admis et con.firmé par des cas pathologiques nombreux et par des expériences physiologiques que l’on peut répétera volonté ; si, sur un animal vivant, on coupe la racine postérieure d’un nerf, l^sentiment est anéanti dans les parties auxquelles il correspond et le mouvement est conservé; si l’on coupe les racines antérieures, c’est le contraire qui a lieu.
M. Brown-Sequare a démontré qu’en coupant transversalement seulement une partie de là moelle épinière, la transmission nerveuse continue à se faire si la substance grise qui se trouve au centre de cette tige reste intacte, et que cette transmission cesse immédiatement
SYSTÊÎVtli NKRVkLX 1)ë la Vit ANIMaLK.
si on la détruit, lors même que la plus grande partie des faisceaux blancs restent intacts.