Veine-porte
9 Lobe droit du foie.
10 Petit lobe antérieur du-toie.
11 Lobe gauche du foie.
12 Dépression du foie pour le rein.-
13 Rate.
ta Rein droit.
15 Rein gauche.
10 Vessie. .
17 Uretère.
18 Vaisseaux spermatiques.
19 Diaphragme.
PRODUCTION DU CHEVAL
« L’avoine du soir tombe dans la croupe; celle du matin dans le fumier (1). »
Üépaule haute et bien inclinée^ plus cette- articulation formée par la réunion de Xomoplate et de Vhumérus sera saillante, proéminente, détachée, plus le cheval aura de moyens; par leur disposition, ces deux os représentent les deux, branches d’un compas dont la pointe de l’épaule serait la charnière. Selon la longueur de l’humerus'formant une de ces branches, le pied qui doit servir à l’appui est porté plus ou moins loin, ce qui explique comment tel cheval couvre à cha-
Fig. 75. (Voir la planche ci-contre.)
Cheval dont les muscles de la couche superficielle ont été enlevés,
1 Muscle temporal.
2 Grand droit antérieur du cou.
3 Extrémitésupér.dusterno-hyoîdien.
U Sterno -maxillaire.
5 Trachée-artère.
6 Scalëne antérieur.
1 Splenius.
8 Ligament cervical.
9 Releveur propre de l’épaule.
10 Angulaire de l’omoplate.
11 Cartilage scapulaire. --
12 Muscle rhomboïde,
13 Intercostal commun.
lU Iléo spinal.
15 Muscle grand dentelé.
16 Muscles intercostaux externes.
17 Muscles intercostaux internes.
18 Droit antérieur du ventre.
19 Grand pectoral.
20 Court abducteur du bras.
21 Long fléchisseur de l’avant-bras ou
coraco radial.
22 Court fléchisseur de l’avant-bras.
23 Extenseur latéral des phalanges.
2U Tendon de l’extenseur antérieur du métacarpe.
25 Extenseur oblîffue du métacarpe.
26 Portion superflcielle du fléchisseur
profond.
27 Extenseur oblique du métacarpe.
28 Portion moyenne du fléchisseur pro¬
fond.
29 Petit oblique de l’abdomen.
30 Grand fessier.
31 Sus-coxigiens.
32 Muscles coxigiens latéraux.
33 Muscle cnxigiën inférieur.
SU Muscle droit antérieur.
35 Vaste externe.
36 Demi-membraneux.
37 Demi-tendineux.
38 Jumeaux de la jambe.
39 Plantaire grêle.
00 Fléchisseur profond des phalanges.
01 Extenseur latéral des phalanges.
02 Fléchisseur du métacarpe.
(1) Chevaux du Sahara.
PRODUCTION DU CHEVAL
que pas un demi-mètre, et tel autre deux et trois mètres r^ét davantage.
Outre l’épaule haute, longue, bien détachée, on recommande Y^moplaie bien inclinée. Pour bien saisir la ; valeur de cette recommandation, il suffit d’examiner ‘ la manière dont Tépaule est fixée au tronc; dans l’homme le bras tient au reste du squelette par la clavicule; dans le cheval il n’y a point de clavicule, l’épaule est fixée par des muscles nombreux et puissants, qui sont le grand dentelé, Y angulaire de C omoplate,
^ dont les fibres disposées en éventail s’implantent d’une ^ part sur la face externe des neuf premières côtes et.aux apophyses transverses des dernières vertèbres cervi- , cales; nés de ces différents points, toutes ces fibres vont en convergeant s’insérer à la base de l’omoplate. Les myriades de fibrilles qui composent ces muscles repré- 1 sentent autant de petites bandelettes élastiques sur lesquelles le corps est comme suspendu ; le plus simple exai men suffit pour faire comprendre que, plus l’omoplate ; sera inclinée et longue, plus la réaction sera douce. Si la ; direction de cet os, au lieu d’être presque horizontale, se rapproche de la verticale comme dans certains animaux, le bœuf, le porc, la réaction est violente et terrible pour le cheval et le cavalier : pour en diminuer l’effet, vous remarquerez que non-seulement l’épaule est très-inclinée, mais que la jambe, au lieu de présenter une tige droite, représente une tige brisée à l’articulation scapulo-humérale et au paturon ; aussi vout-on pour le cheval de selle un paturon long et convenablement incliné.
394 PRODUCTION DU CHRVÀL.
Dans la plupart des animaux, l’omoplate est complètement osseuse, dans le cheval on trouve comme prolongement de cet os un tissu fibro-cartilagineux, élastique, sur lequel viennent s’implanter les fibres musculaires qui fixent le membre au reste du corps, disposition qui rappelle la baleine que le cocher ajoute à la tige de bois sur laquelle est fixé le fouet.
Dans son ensemble, l’articulation scapulo-hurriérale représente un véritable ressort sur lequel est suspendu le corps : pour soutenir ce ressort et empêcher qu’il ne se fausse, nous remarquons de nombreux faisceaux musculeux qui s’implantent au-dessus et au-dessous de l’articulation, et maintiennent les os dans de justes rapports. Tels sont le fléchisseur de l’avant-bras ou çomcoradialj et le sus-épineux ou sus^acrpmw irochitérien.
Si nous voulons un cheval aux allures longues et douces, nous choisirons une épaule haute bien détachée et une omoplate bien inclinée, un paturon long et oblique.
Ce que nous avons dit pour le train de devant, nous le dirons pour le train de derrière ; plus Xischion, l’os des fesses, sera long et détaché, plus les deux branches de levier représentées par l’ischion et le fémur seront longues, plus le cheval couvrira de terrain à chaque pas : le kanguro, le lièvre et tous les animaux remarquables par la rapidité de leur course et leur disposition à sauter à une grande distance ou à une grande hauteur, ont l’ischion très-long, le compas postérieur très-grand.
Notre attention devra encore se porter sur la Ion-
PRODÜCTIOIV DU CHEVAL.
gueur comparative du compas antérieur et du compas postérieur : si l’un, en s’ouvrant, couvre plus dé terrain que l’autre, les pieds s’entrecroisent ou ne s’atteignent pas; disposition toujours préjudiciable à la vitesse et à la solidité.
Le dos et les Teins courts^ très^largës èi fortement musclés, la croupe bien nourrie, sont Une garantie de force, d’équilibre et de solidité.
Dans chaque mouvement qu’exécute l’animal, le pied qui doit se déplacer et se porter en avant ne peut se débarrasser qu’autant que le poids du corps est soutenu par les membres qui reposent momentanément sur le sol : c’est jpar l’action de nombreux faisceaux musculeux logés dans la gouttière vertébrale que se fait le déplacement de la masse; dans la progression, ils sont continuellement en action, et portent alternativement le poids du corps sur le bipède antérieur ou sur le bipède postérieur, sur le bipède droit ou sur le bipède gauche, ou sur le bipède diagonal, c’est-à-dire sur deux, pieds à la fois, l’un droit, Dautre: gauche, ou sur un pied seulement.
Si les muscles logés dans la gouttière vertébrale sê contractent successivement et d’avant en arrière, ils portent la tête sur le cou, le cou sur le garrot, le garrot sur le dos, et les muscles delà région fessière, se contractant, portent tout le corps sur les membres de derrière qui reposent sur le sol: les jambes de devant, alors complètement déchargées , se meuvent avec la plus grande facilité, ce qui arrive dans le cabrer.
Plus la croupe sera longue, plus les muscles qui la
396 PRODUCTION DU CHEVAL
composent seront volumineux, plus l’animal aura de puissance pour redresser la colonne vertébrale et reporter le poids du corps sur les membres postérieurs ; on cite tel cheval dont les muscles étaient assez forts pour donner au tronc une .direction verticale et lui permettre de marcher dans cette position.
Si la tète au contraire est abaissée et fixée vers le sol par les muscles fléchisseurs, les muscles de la gouttière vertébrale se contractant dans un ordre inverse, c’està-dire d’arrière en avant, la croupe est portée sur le dos, sur les épaules, tout le poids reposant sur les membres antérieurs, ceux de derrière sont complètement déchargés, de là : la ruade.
Dans la progression et dans tous les mouvements du corps, les muscles de la gouttière vertébrale sont conti-. nuellement en action; aussi les faisceaux qui composent cette masse musculaire désignée sous le nom de iléo~ spinale sont très-nombreux et très-courts.
Vous voyez avec quelle rapidité se déplace le centre de gravité, et comment les membres et l’encolure ne sont que des instruments mis à la disposition du corps pour rétablir la base de sustentation, et ce qui doit nécessairement arriver si les muscles manquent de la force nécessaire pour maintenir l’équilibre.
Si nous voulons un cheval aux allures longues et douces, nous choisirons donc une épaule haute et bien détachée, l’omoplate et l’ischion longs et bien inclinés, des muscles puissants sans graisse.
Si, au contraire, nous voulons un cheval fort et lourd, un cheval de trait, nous choisirons un animal aux arti-
PRODUCTION DU CHEVAL. 397
culations courtes, aux épaules épaisses, avec une croupe double, des membres forts, les canons courts et volumineüx, le paturon droit et peu allongé, le système musculaire en général très-développé (1).
Pour le choix de l’un et de l’autre, nous donnerons toute notre attention à ce que les membres soient sains, les organes intérieurs dans de bonnes conditions de santé.
De l’emploi. — Sous le rapport de l’emploi, les connaissances anatomiques ne sont pas d’une moindre importance : s’il est nécessaire, dans les arts mécaniques, que celui qui dirige les mouvements d’une machine en connaisse les rouages, il n’est pas moins nécessaire que l’homme qui doit diriger un cheval connaisse les puissances qui le font agir et la manière dont elles fonctionnent; nous dirons même que ce n’est qu’à cette condition que le cavalier peut comprendre les principes de l’équitation et la valeur des recommandations
(1) Sous le modeste titre A’Essai sur l’extérieur du cheval, le général Morris, homme d’une grande expérience, vient de faire paraître la 2® édition d’un livre dans lequel il établit en principe que les proportions doivent toujours être les mêmes au point de vue de la statique, quel que soit le type, chevaux de course, de chasse ou d’attelage; que de l’harmonie des proportions naissent la beauté, la grâce et la force.
Il le démontre par huit lignes parallèles formant, avec la verticale, des angles de 45 degrés, indiquant la direction de la tête, de l’épaule, de la cuisse, des paturons, de l’encolure, du bras, de l’os de la hanche, de l’os de la jambe.
398 PUODUCTION DU CHEVAL.
du maître. Un seul exemple suffira pour vous faire partager cette conviction.
On recommande au cavalier de soutenir la tête de son cheval, de bien tenir la bride.
L’élève appréciera la valeur de cette recommandation s’il connaît la disposition du muscle rnastoîdohuméral, s’il sait qu’il porte la tête vers le bras ou le bras vers la fête j le plus simple examen lui fera comprendre que, si la tête est solidement fixée par la main du cavalier, ce muscle, se contractant, devra nécessairement ramener le bras vers la tête; si, au contraire, la tête n’est pas suffisamment maintenue, et que, dans sa course, le pied qui doit être porté en avant rencontre un obstacle, la tête est amenée vers le bras, l’équilibre est perdu, cheval et cavalier roulent dans la poussière.
Pour le cheval d'’attelage, le collier mal appliqué gêne les mouvements de ce muscle, non-seulement compromet l’équilibre, mais, dans les mouvements répétés de contraction et de relâchement de la fibre musculaire, ou la peau, qui le recouvre, est entraînée avec lui, pressée, usée, excoriée, ou elle reste appliquée contre le collier; mais alors le mouvement de va-et-vient qu’exécute le muscle, s’exerçant aux dépens du tisSu cellulaire sous-cutané, détermine ces bosselures, ces tumeurs, ces kystes que l’on rencontre si souvent sur les chevaux qui traînent de lourds fardeaux.
Il en sera de même de la selle, des sangles, etc., si elles ne sont pas parfaitement appropriées au cheval et adaptées aux parties sur lesquelles elles doivent s’up-
PRODUCTION DU CHEVAL
pliquep ; la encore se reproduira Je mouvement de vaet-vient avec ses conséquences,
DE LA PRODUCTION DU CHEVAL
Sous le rapport de la production chevaline, la vulgarisation des connaissances anatomiques n’est pas d’une moindre importance.
L’éleveur imbu de ces notions saura choisir le poulain, l’élever, le nourrir, l’exercer selon son organisation, selon la fin à laquelle il le destine, et le modeler selon ses besoins.
Il nous paraît démontré que si, depuis des siècles, toutes les tentatives faites pour l’amélioration de la race chevaline, et pour fournir à la France les chevaux forts et légers dont elle a besoin, ont échoué, cet insuccès doit être attribué au défaut de connaissances des éleveurs, de l’homme de la ferme, de celui-là qui s’occupe plus particulièrement de la production chevaline(l).
Ce ne sont pas les poulains qui manquent: la France compte chaque année trois cent mille naissances -, c’est autant qu’il en faut pour les besoins du pays.
(1) chaque année 28,000 chevaux de selle et d’allelage, acbelts à l’étranger, franchissent la frontière; dans une seule année, pour les besoins de la remonte, Louis XIV en achète pour 100 millions de francs. Aujourd’hui encore, si les ressources de la France sont suffisantes en temps de paix pour les besoins de l’armée, elles sont sûrement insuffisantes en temps de guerre.
PRODUCnON DU CHEVAL.
Dans ces trois cent mille poulains on trouve sûrement un nombre suffisant de sujets propres à devenir des chevaux forts et légers; mais que deviennent-ils? Ils sont confiés à des bouviers ou à des charretiers : celui-ci attellera le jeune cheval avec des bœufs ; celui-là, avec un limonier. Le poulain était taillé pour enjamber un, deux ou trois mètres à la fois; on l’attellera à un lourd véhicule avec des animaux qui enjambent un demimètre; le jeune animal sera donc dans la nécessité ou de traîner à lui seul la charge, ou de restreindre ses mouvements : de là tant de chevaux tarés, difformes ; et comme nos organes se développent selon l’exercice, et que jusqu’à cinq ans, c’est-à-dire jusqu’à son complet développement, l’animal n’a été exercé qu’au pas, aux allures les plus lentes et les plus courtes, les os, au lieu de s’allonger, s’arrêtent dans leur développement; les muscles qui servent au trot, à la course, au saut, c’està-dire aux allures longues, n’étant jamais exercés, s’atrophient, tandis que ceux qui servent journellement aux efforts de traction se développent outre mesure; de là tant de chevaux sans ensemble, sans proportions, sans allures, sans valeur.
Ici, le jeune poulain, jusqu’à son complet développement, sera mis en liberté dans une grasse prairie, où il mangera de l’herbe à discrétion.
Là, pour l’empêcher de sauter les haies, de franchir les fossés, on lui mettra des entraves aux jambes ou on l’attachera à un piquet.
Ailleurs, on l’enfermera dans une écurie bien soignée, on le couvrira de flanelle, on lui donnera un palfrenier,
PRODUCTION DU CHEVAL,. 401
avec ordre de ne le sortir que quand il fera beau temps, on le promènera plutôt qu’on ne l’exercera.
Par toutes ces pratiques on fait de la viande de boucherie, on développe le tube digestif, mais on ne fait point un cheval fort et endurci qui résiste aux fatigues, ni un cheval agile, intelligent.
\1 animal qui n’est point dressé dès son jeune âge, dit l’Arabe, est indocile, difficile et maladroit ; au moindre travail il sue, il n’est bon à rien.
Tout cheval endurci porte bonheur (i).
S’il faut un temps si long pour qu’une jeune main apprenne à tenir une plume, à se promener sur un cla-
(i) «Pendant ma longue carrière, dans mes tribus, chez mes amis ou parmi mes serviteurs, j’ai vu élever plus de 2,000 poulains, et j’afûrme que tous ceux dont l’éducation n’a point été commencée de bonne heure et d’après les principes énoncés ci-dessus n’pnt jamais fait que des chevaux indociles, désagréables et impropres à la guerre.
« J’affirme encore que, lorsque j’ai fait des courses longues et rapides à la tête de douze ou quinze cents cavaliers, les chevaux en chair, maigres même, mais habitués de bonne heure à la fatigue, n’ont jamais quitté mes. drapeaux, tandis que les cheveux gras ou montés trop tard sont toujours restés en arrière.
« Ma conviction à cet égard est tellement basée sur une longue expérience, que, dernièrement, me trouvant au Caire {Masseur) dans la nécessité d’acheter quelques chevaux, je refusai impitoyablement tous ceux qui me furent présentés et qui n’avaient été montés que tard.
« Comment ion cheval a-t-il été élevé? » fut toujours ma première question.
PRODUCTION DU CHEVAL
vier ou sur une corde à violon, on ne sera point étonné qu’il faille tant d’exercice pour faire un bon cheval de manège ou de cavalerie ; vous ne serez point étonnés de la grande supériorité du cheval arabe, de son agilité, de la solidité de ses aplombs, de sa résistance aux fatigues, aux privations, et de sa docilité ;
Ni de ce qu’on rapporte de cette jument de Ben-
« Seigneur^ me répondit un habitant de laville, cet alezan a été élevé chez moi comme Vun de mes enfants, toujours bien nourri, bien soigné et bien ménagé, car je nai commencé à le monter qu’après ses quatre ans accomplis. Voyez comme il est gras et sain dans ses membres.
c( Eh bien, mon ami, garde-le : il fait ion orgueil et celui de ta famille; ce serait une honte à ma barbe blanche que de Ven priver.
a Et toi, demandai-je ensuite à un Arabe que je reconnus pour un enfant du désert, tant il était bruni par le so\c\\, comment ton cheval a-t-il été élevé ?
<c Seigneur, me répondit-il, de bonne heure j’ai façonné son dos à la selle et sa bouche à la bride; avec lui j’ai souvent frappé au loin, très-loin ; il a passé bien des jours sans boire et bien des nuits sans manger. Il a la côte nue, c’est vrai; mais, si vous rencontrez les coupeurs de route, il ne vous laissera pas dans l’embarras. Je le jure par le jour du jugement dernier, quand Dieu sera Kadi et les anges témoins.
« Attachez le gris pommelé devant ma tente, dis-je à mes serviteurs, et contentez cet homme. «
(Sid-Hamed-ben-Hohamed-el-Mokrani, kalifa de la Medjana-
chef de l’une des famiUes les plus illustres de toute l’Algérie. — Il est actuellement de passage à Paris, revenan de la Mecque.)
(15 février 1853.)
(Chevaux du Sahara.') Le général Daumas.
PRODUCTION DU CHEVAL
Zyara, dont l’histoire est connue dans le Sahara, qui fit quatre-vingts lieues en vingt-quatre heures , ne but qu’une fois et ne haangea que les feuilles d’un palmiernain, sur lequel s’était couché le cavalier.
Faisons comme l’Arabe, donnons à l’éducation du poulain le même soin, et nous aurons des chevaux agiles et endurcis; contrairement à ce qui se passe aujourd’hui, nous ferons d’un poulain médiocre un cheval passable, et d’un bon poulain un ëxcellent cheval.
« Jusqu’à dix-huit mois, le poulain arabe suit la mère; « le soir, il revient coucher auprès de la tente du maître ; a là, il est pour toute la famille l’objet des plus grands a soins. Ce contact de tous les jours prépare cette docilité « que Ton admire généralement chez tous les chevaux a arabes..
«A dix-huit mois, on commence à faire monter le pou- « lain par un enfant, à lui faire porter un poids en rap- « port avec sa force; il apprend à marcher, à ne s’effrayer « de rien ; on l’entrave, on le surveillé pour l’accou- « tumer à rester tranquille, à ne ruer ni inordre.
<c A deux ans, on commence à le brider, à le seller.
« A trente mois, un cavalier le monte sans éperons, lui « donne un mors très-léger.
a On n’exige de lui que douceur et obéissance; on lui « apprendra à ne jamais fuir les cavaliers une fois qu’ils «ont mis pied à terre, à ne pas bouger de la place tant « que les rênes sont pendantes.
«Les leçons sont courtes, mais se renouvellent aussi « souvent qu’il est nécessaire.
« De trois à quatre ans, on exige davantage, mais ou
PRODUCTION DU CHEVAL
« le nourrit bien, on le monte avec les éperons, on les aic< guise ; la leçon des éperons est au cheval ce qu’est au «chien de chasse le collier de force; l’éducation n’est « complète que quand il a passé par ces épreuves ( 1 ). »
Celte époque est l’âge de quatre ans, alors que la plupart de nos chevaux n’ont pas encore été soumis à la domination de l’homme.
Si cette observation est vraie pour les chevaux de selle aux allures longues, pour les chevaux élevés en liberté dans les pâturages, elle n’est point applicable au cheval de trait élevé dans la ferme, qui commence a travailler dès l’âge de deux ans, et qui reçoit une bonne nourriture. Aussi trouvons-nous dans cette catégorie des chevaux forts et endurcis, résistant aux fatigues, aux intempéries, aux privations de toutes sortes; qui font la gloire de la France et excitent l’envie de l’étranger, lequel nous en achète chaque année pour cinq à six millions de francs. Beaucoup de ces chevaux, comme nous l’avons déjà dit, auraient allongé leur allure, si, au lieu de les atteler avec des limoniers à de lourds véhicules, on les eût attelés de temps en temps à une voiture légère, et qu’on les eût exercés au trot et àu galop avec des chevaux aux allures longues. La charrue, la herse, nous paraissent de bons exercices pour former le pas, mais à la condition quele charretier, au lieu de chercher à restreindre l’allure, comme cela se pratique journellement, donnera tousses soins à l’allonger.
(1) Chevaux du Sahara, par le général Daumas.
PRODUCTION DU CHEVAL. 405
Ce que nous avons dit du cheval est d’une application tout aussi facile et* d’un résultat tout aussi assuré pour la production des autres animaux domestiques.
Parla vulgarisation de ces notions élémentaires mises à la portée de toutes les intelligences, la France trouvera chez elle, non-seulement les chevaux forts et légers dont elle a besoin, mais encore, dans les racés ovi-^ nés et bovines, la viande de boucherie qu’elle est dans la nécessité d’acheter à l’étranger pour les besoins de sa population.
Toutes les tentatives pour introduire le mérinos en France avaient été infructueuses. De 1666 à 1766, des essais de tous genres et des dépenses énormes avaient été faites sans succès. Daubenton, en 1786, fonda Vécole des bergers ; les élèves de ces écoles , auxquels on avait donné des notions élémentaires d’anatomie, de physiologie et d’hygiène, ont porté dans les centres de production les moyens d’améliorer les races, de les nourrir et de les soigner, et, depuis, le mérinos partout.
Faisons pour les chevaux ce qui a été fait pour les moutons, et nous aurons sûrement des résultats analogues-, faisons des écoles d’éleveurs de chevaux.
C’est le but de tous nos efforts depuis plus de trente ans ; c’est le but que se propose d’atteindre le gouvernement, en ajoutant au cours d’hippiatrique, déjà obligatoire dans tous les régiments de cavalerie, des notions élémentaires d’anatomie et de physiologie.
Ce ne sont plus quelques élèves qui sortiront chaque année de ces écoles, mais sept à huit mille individus
l’UODüCTlON DU CHEVAL.
qui, libérés du service militaire, iront au centre de la production chevaline mettre en pratique ce qu’ils auront appris dans le régiment, et porter l’art d’améliorer les races, de les nourrir, de les soigner ; l’art de faire et de multiplier des chevaux forts, légers et endurcis.
Là, pourrait se borner ce que j’avais à vous dire sons le rapport du choix, de l’emploi, de la conservation et de l’amélioration du cheval.
Comme complément, nous croyons devoir dire un mot des aplombs^ des tares ^ du pied et de T âge.