APLOMBS
On a défini les aplombs^ la répartition régulière du poids sur les membres.
Pour examiner les aplombs d’un cheval, on le suppose au repos, les quatre pieds formant les quatre angles d’un rectangle qui représente la base de sustentation.
A chaque mouvement qu’exécute l’animal, le centre de gravité se déplace, et la base de sustentation est représentée par les quatre pieds du cheval.
Selon les mouvements, selon l’attitude, cette base se modifie à l’infini, et peut ii’être formée que par trois, deux ou même par on seul pied.
Plus la base de sustentation sera large, plus l’équilibre sera solidement établi.
Cet aperçu très-court et très-incomplet suffira pour vous faire comprendre l’importance que l’on doit attacher à la bonne direction des membres.
On â indiqué par des lignes partant de telle ou telle
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partie du corps, la direction que doivent présenter les membres pour que le poids soit réparti régulièrement sur chaque appui (1). Ce moyen mécanique est avantageusement remplacé par un œil exercé.
Membres antérieurs. — r Une ligne verticale abaissée de la pointe de Vépaule jusqu’au sol doit
Fig. 74. Fig. 75. F:g.76.
rencontrer ce dernier un peu en avant de V.extrémité de la pince. (Fig. 74.)
(1) Pour les aplombs nous ne pouvons mieux faire que de reproduire les gravures et le texte contenus dans la 3® édition de Fexcellent Traité de l’extérieur du cheval, par M. Lecoq, directeur de FÉcole impériale vétérinaire de Lyon : ligures exécutées par uu homme non moins compétent, M. Gillet, vétérinaire principal de l’armée.
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Si cette ligne tombe à une grande distance en avant de la pince, le cheval est dit sous lui du devani. (Fig. 78.)
Si, au contraire, elle tombe sur le sabot avant de rencontrer le sol, le cheval est campé du devant, ( Fig. 76.)
Ces deux défauts d’aplomb entraînent des inconvénients assez'graves ; les chevaux manqueront de solidité, et seront sujets à s’abattre.
2“ Une verticale abaissée du tiers postérieur de la partie antérieure et externe de Vavant-bras doit partager également le genou, le caiwn, le boulet, et
Fig. 78. Fig. 79.
gagner le sol à une certaine distance des talons. ( Fig. 77.)
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Si le genou fait saillie en avant de la ligne, on le dit arqué ou brassicourf, (Fig. 78.)
S’il se porte, au contraire, en arrière de la ligne, il est dit creux, effacé, gerwu de mouton. (Fig. 79.)Ces déviations nuisent à la solidité.
Si la ligne tombe trop en arrière des talons, le cheval est long-jointé. (Fig. 80.) S’il gagne par cette conformation de la souplesse dans les allures, il offre peu de résistance à la fatigue, car la longueur du paturon augmente le bras du levier par lequel le poids du corps agit pour fléchir l’angle du boulet.
Si, au contraire, la ligne verticale se rapproche trop des talons ou les traverse, la direction du paturon se rapproche de celle du canon ou devient la même, et le cheval est dit droit sur ses boulets. (Fig. 81.) Il y a
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alors perte d’élasticité, d’où résulte une ruine plus prompte des extrémités, et une dureté dans les réactions qui rend les chevaux ainsi conformés peu propres au service de la selle.
3® Une 'Verticale abaissée de la partie la plus étroite de la face antérieure de Vavant-bras doit partage
Fig. 82. Fig. 83.
toute la partie inférieure de Vextrémité en deux parties égales. (Fig. 82.)
Le membre, considéré en masse, peut se trouver en dedans ou en dehors de cette ligne d’aplomb : dans le premier cas, le cheval est dit serré du devant (fig. 83); la base de sustentation se rétrécit.
Si, au contraire, les membres s’écartent de la ligne en dehors (fig. 84), la base de sustentation s’élargit, l’allure s’accompagne d’un bercement.
Si la pince est tournée en dehors, le cheval est dit panard (fig. 85), ce qui fait billarder\p cheval.
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Le cheval est dit cagneux ( fig. 86) lorsque la déviation du pied a lien en dedans.
Fig. 8i. Fig. 83.
Porté en dehors,'il est dit cambré ( fig. 87).
Fig. 86. Fig. 87.
On nomme genou de bœuf ( fig. 88) celui qui se porte en dedans.
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Dans toutes ces déviations, le poids du corps, au lieu de se répartir également sur tous les points des surfaces articulaires, appuie fortement sur une des parties seulement; il y a fatigue pour l’articulation, et les chevaux sont très-exposés à se couper, soit avec l’éponge du fer, soit avec la mamelle, et surtout si l’on exige d’eux des allures accélérées.
Fig. 89.
Membres postérieurs. — 1® Une 'verticale abaissée de la pointe de la fesse (fig. 89) doit rencontrer la pointe du jarret et longer la face postérieure du canon acant darriver au sol.
Si la ligne d’aplomb tombe en arrière du jarret et du
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Fig. 90. Fig. 91.
canon, le membre est engagé trop avant sous le corps, et le cheval est dit sous lui du derrière, (Fig. 90.)
Si, au contraire, la ligne abaissée de l’angle de la fesse coupe trop en avant le jarret et le canon, le cheval sera campé du derrière. (Fig. 91.)
2 ° Une verticale abaissée du milieu de la face postérieure de la pointe du jarret doit partager également en deux moitiés latérales tout le reste de T extrémité. (Fig. 92.) .
Les défauts d’aplomb relatifs à cette ligne sont les mêmes que pour le membre antérieur; le cheval peut être panard ou cagneux du derrière comme du devant, et ces défauts peuvent aussi provenir de la partie infé-
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rieure du membre seulement, ou en même temps des rayons supérieurs.
Fig. 92. Fig. 95.
Dans ce dernier cas, le cheval panard a les pointes Fig. 94.
des jarrets rapprochées Tune de l’autre, et on le dit clos du derrière, crochu. (Fig. 93.)
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Tandis que le cheval cagneux a les pointes des jarrets écartées et est dit ouvert de derrière. (^\%. 94.)
Sous le rapport de l’équilibre, de la solidité, de la rapidité des mouvements, il ne suffit pas que les aplombs soient bons, que les membres soient dans une bonne direction, il faut encore qu’ils soient sains et exempts de tares.