‹ Leçons élémentaires de chimie agricoleChapitre 12 sur 59 · XX U · texte numérisé non relu

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On voit que la grandeur absolue de ces gaina s'est trouvée à peu près indépendante de la richesse azotée du sol. D^ailleurs, c'est la luzerne qui a donné lieu aux fixations les plus élevées, dépassant 500 kilogrammes à l'hectare dans tous les cas. Une fraction importante de cet azote est utilisée par la nutrition du végétal, où il se distribue diversement entre la partie aérienne et les racines. Ainsi, sur 100 parties d'azote fixé pendant une culture de luzerne, la terre en a pris environ 25, c'est-à-dire le quart; les plantes ont profité des trois quarts, savoir : 30 centièmes pour la partie aérienne et 45 centièmes pour les racines. La proportion de matière azotée emmagasinée dans les organes souterrains de la luzerne surpasse donc notablement celle qui se trouve dans les organes visibles. L'écart en faveur des racines est encore plus considérable pour la jarosse: mais il parait peu accusé pour la vesce.

Cette accumulation spéciale d'azote dans les racines est en relation avec le développement considérable que prennent celles-ci, et elle est corrélative d'un emmagasinement beaucoup plus marqué de matière minérale. Sur 100 parties de cendres fournies par des plants entiers de luzerne, 97 provenaient de la racine, 3 seulement des parties aériennes.

Ces divers résultats permettent très bien d'expliquer la réelle amélioration du sol, qui résulte des cultures de légumineuses fourragères. Le défrichement de la

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terre, opéré après l'enlèvement de la récolte de luzerne, laisse au milieu de cette terre déjà enrichie d*azote, tous les débris végétaux provenant des racines qui contiennent aussi des quantités considérables de produits azotés et aussi de matières minérales accumulées. C'est Une fumure naturelle plus abondante et plus parfaite que toutes les fumures qui pourraient être apportées du dehors. Dans les exemples cités plus haut, le stock d^azote fixé sur 1 hectare par la luzerne dépassait 500 kilogrammes, dont 3 dixièmes seulement étaient utilisés par les récoltes ; le reste, soit 350 kilogrammes au moins, demeuraient dans le sol dans un état facilement assimilable pour les .cultures prochaines.

La pratique vérifie très bien ces indications : le blé que Ton sème sur défrichement de luzerne verse fréquemment par excès de nutrition azotée, et on préfère habituellement y cultiver de l'avoine, qui est beaucoup moins sujette à cet accident.

Conclusions. — Les terres végétales peuvent, en général, grâce à l'intervention de microbes spéciaux, fixer des quantités notables d'azote atmosphérique. Cette fixation a lieu aussi bien sur les sols cultivés que sur les sols nus. Si la déperdition d'azote, résultant d'une nitrification active suivie du drainage, ou de la nutrition des récoltes, n'est pas trop grande, la terre s'enrichit en azote jusqu'à une certaine limite. C'est ce qui a. lieu pour les cultures forestières ou les prairies naturelles de graminées.

Avec les légumineuses, la fixation d'azote se produit non seulement sur le sol, mais sur les racines elles-mêmes, où la fonction synthétique des microbes s'exerce encore plus vivement que sur le sol. Il en résulte un enrichissement de la terre beaucoup plus marqué que celui qui aurait pu être atteint en l'absence de toute culture.

On voit que les micro-organismes jouent un rôle incessant dans la nutrition azotée des plantes, et à côté du monde végétal visible, il y a tout un monde d'infiniment petits qui en règle pour ainsi dire le développement. Ce sont des microbes qui, détruisant les débris de plantes, forment l'humus et le modifient ; ce sont des microbes qui en dégagent les nitrates; ce sont aussi des microbes qui, fixant l'azote gazeux sur leur propre substance, préparent la terre à. nourrir les végétaux supérieurs.

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