‹ Leçons élémentaires de chimie agricoleChapitre 17 sur 59 · ORTH · texte numérisé non relu

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1^50 et plus.

1 ,75 et plus.

Toute l'épaisseur des couches perméables supérieures coUabpre à la nutrition végétale.

Au contraire, dans une terre peu épaisse, où à 30 centimètres, par exemple, on rencontre une assise imperméable de calcaire, d'argile ou de grès, les racines vont heurter cet obstacle , et , ne pouvant le franchir, sont obligées de ramper sur le fond; elles s'accumulent dans cette unique couche de 30 centimètres qui demeure seule chargée de les nourrir.

Pour apprécier la valeur nutritive d'une terre végétale, on ne peut donc se contenter de connaître la richesse en azote, phosphore, chaux, potasse, de la couche arable ;' mais il faut aussi savoir la quantité totale de ces principes que toute l'épaisseur de la terre perméable met à la disposition des plantes. On conçoit dès lors que la puissance de la couche pourra en quelque manière suppléer à la pauvreté locale. Le plus souvent, une terre pauvre, mais épaisse, vaudra mieux qu'une terre riche en couche mince. Dans cette dernière, le système radiculaire se forme mal, et il demeure beaucoup plus sensible aux intempéries de la surface, aussi bien aux sécheresses qu'au froid et à l'humidité excessive.

Ceci explique fort bien les anomalies apparentes de fertilité qui ont été signalées plus haut.

Au Rio Gupari, l'épaisseur du sol atteint 1 à 2 mètres d'épaisseur. Les terres noires de Russie sont en couches très puissantes qui atteignent jusqu'à 6 mètres et ont rarement moins de 1 mètre. La dose totale de principes nutritifs y est énorme; d'après les évaluations de M. Déhérain, 1 hectare contient dans sa masse totale :

19,900 à 71,500 kilogrammes d'azote, 21,000 à 50,600 — d'acide phosphorique,

190,000 à 267,000 — de chaux,

(la teneur en potasse est également grande),

La couche supérieure, de 20 centimètres d'épaisseur, ne renferme par hectare que ;

2,096 à 8,000 kilogrammes d'azote, 2,200 à 6,200 — d'acide phosphorique,

21,000 à 30,000 — de chaux.

Or, une terre moyenne, pas très riche, prise sur la même épaisseur de 20 centimètres, contient par hectare environ :

4,000 kilogrammes d'azote, 2,000 à 4,000 — d'acide phosphorique,

c'est-à-dire plus que certaines des terres noires, dont la fertilité est pourtant incomparablement supérieure. C'est que dans la terre noire très profonde, les racines profitent de cette épaisseur, où les matières nutritives se trouvent dans un état de dissémination favorable à leur assimilabilité.

L'épaisseur de la terre végétale est donc bien réellement un des facteurs les plus importants de la fertilité. Mais ce n'est évidemment pas le seul ; une épaisseur indéfinie de sol tout à fait infertile ne vaudrait guère mieux pour la culture qu'une couche mince.

Les opérations agricoles qui ont pour effet d'accroître la profondeur de la couche perméable du sol, augmentent habituellement sa fertilité. Ainsi, dans des terrains absolument improductifs où la roche dure n'était couverte que de quelques centimètres de sol arable, on a pu créer quelques champs de fertilité moyenne en transportant sur certains points la terre meuble recueillie sur tout le reste. Ce serait là le plus souvent une opération peu recommandable, dont le résultat même heureux ne pourrait compenser les frais énormes.

Le défoncement profond du sol fournit une solution beaucoup plus pratique, mais il faut qu'il soit pratiqué avec discernement ; parfois, le mélange à la terre arable des matières très différentes qui viennent du soussol, peut rendre moins bonnes les qualités physiques du champ défoncé.

La fertilité n'est pas une notion absolue. — La fertilité ne peut donc être définie exactement au moyen d'une caractéristique unique ; elle ne pourrait Tètre que par un ensemble de caractères. La fertilité relative d'une terre dépendra évidemment de ses qualités physiques et de sa nature chimique ; mais elle dépendra aussi des conditions climatériques et de la nature des cultures qu'on y poursuit, le choix de ces dernières étant réglé dans une certaine mesure par la constitution physique du sol qui doit les nourrir. Le froment ne pourra en général être cultivé avec avantages que dans une terre présentant une ténacité suffisante, due le plus souvent à une proportion notable d'argile. Dans les sols plus sablonneux, l'orge et surtout le seigle se développent mieux. L'abondance du gravier et des cailloux dans la terre végétale est habituellement défavorable à la végétation des racines, et quand cette abondance est très marquée, la plupart des cultures donnent des rendements déplorables; au contraire, la vigne s'adapte fort bien à ce genre de sols, infertiles d'une manière générale, fréquemment très fertiles pour elle.

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