TAUX MÉTRIQUES
par hectare.
Heclolitres.
En plus que sans fumure.
Poids.
En plus que sans fumure.
qm.
Sans f uuiare
qm.
Engrais minéral seul.. .
Id. H- 48 kil. azote
ammoniacal .
Id. + 96 kil. azote
ammoniacal .
Id. -f 144 kil. azote
ammoniacal .
Id. -f 96 kil. azote
nitrique
Rendements x
noyens
obtenus é
i Wo
qm.
bum.
Sans fumure
hV3
qm.
Engrais minéral seul..
48 kilog. azote ammo
niacal
48 kilog. azote nitrique
Engrais minéral, plus
48 kil. azote ammo-
niacal
Engrais minéral, plus
48 kil. azote nitiiquc.
L'examen de ces tableaux établit bien nettement Tin-
186 L6Ç0N8 fiLÉMENTAIRR8
fluenoe des engrais sur la culture du blé dans des terres de fertilité moyenne. Par Taddition combinée des fumures minérales et azotées^ le rendement a pu s'accroître dans une proportion ùotable. A Rothamsted^ il est à peu près triple de celui obtenu sans engrais. A Woburn^ terre meilleure, il a presque doublé : Tefficacité des fumures a été moins grande parce que, la dose de matières nutritives fournies aux récoltes par la terre seule étant plus importante qu'à Rothamsted, la néces* site d'un secours extérieur était moins impérieuse.
L'engrais minéral employé seul n*a pas produit grand effet, tandis que les fumures azotées appliquées seules ont déterminé à Woburn une amélioration notable des rendements. Sur des terres moyennes la culture des céréales réclame donc principalement d:S additions
Mais les résultats sont de beaucoup meilleurs dans l'emploi simultané des deux fumures minérale et azo»» tée.
Quant à la forme d'emploi de l'azote assimilable ainsi fourni à la terre, azote ammoniacal ou azote nitrique, il semble qu'elle soit assez indifférente, bien que cependant dans ces expériences l'azote nitrique paraisse conserver quelque avantage.
L'addition au sol de quantités croissantes d'engrais détermine des rendements qui vont en augmentant, et lorsque les poids d'engrais employés ne sont pas trop considérables, l'accroissement de récolte est à peu près proportionnel à ces poids. Mais au-delà d'une certaine limite, la proportionnalité disparaît, et l'excédant fourni par une quantité nouvelle de fumure, va constamment en diminuant, de telle sorte que cette addition devient très désavantageuse.
Ainsi, à Rothamsted, avec une fumure minérale constante, 48 kilogrammes d'azote ammoniacal ont, par hectare, accru la récolte de blé de 8»»6,
DE ntîIMIE AGRICOLE. 18*?
48 kilogrammes de plus déterminent un accroissement à peu près égal, savoir ^8*^2.
Mais 48 kilogrammes ajoutévS en plus n^accroissent le rendement que de 4*»5, et 48 kilogrammes nouveaux ne détermineraient qu'une augmentation à peu près nulle^ insuffisante pour compenser les frais d'achat de l'engrais.
Le calcul est aisé à faire.
48 kilogrammes d'azote ammoniacal, à 1 fr* 60 le kilogramme, valent 77 francs environ.
Avec 77 francs d'engrais azoté on obtient donc en plus 8*»6 de blé qui, supposés vendus à 19 francs, valent 163 francs.
77 francs de plus donnent 8*»2, valant 156 francs.
77 francs en plus donnent seulement 85 francs, c'està-dire sensiblement le prix d'achat de l'engrais; le gain réalisé serait ici trop faible pour justifier la dépense supplémentaire d'engrais et compenser les légères plusvalues de main d'oeuvre. Au-dessus de 144 kilogrammes, l'opération serait devenue déplorable.
On voit donc q\i'ap)*i\î une certaine limite^ Vadditîon û*engrixis ne produit plus aucun effet utile. Il est impossible à grand i^nfort de fumures, de multiplier indéflninient la production végétale; diverses causes naturelles s'y opposent; en particulier l'espace nécessaire à chaque végétal en limite forcément le nombre et chacun d'eux ne peut dépasser un certain développement individuel.
Dans la culture pratique, il faut toujours que la valeur de l'accroissement de récolte dû à la fumure surpasse les frais d'achat et de distribution de cette fumure.
C'est là un problème éminemment variable, dont la solution ne saurait être fournie d'une manière générale. Le plus souvent, jusqu'à une certaine dose, l'engrais est économiquement utile ; au delà, il peut encore ac*
croître la récolte, mais aux dépens du cultivateur. Quant à cette limite, elle Variera nécessairement selon les prix relatifs d'achat des engrais et de vente des récoltes. Elle variera aussi avec la nature du sol cultivé. Ainsi qu'on l'a dit plus haut , dans certains sols très fertiles, bien pourvus de tous les éléments nécessaires, il arrivera souvent que toute addition d'engrais serait désavantageuse. Il en serait de même fréquemment dans des terres de très mauvaise qualité.
Méthodes qui permettent de reconnaître si une terre réclame des engrais. — Nous venons de voir que le plus souvent il est avantageux de fournir des matières fertilisantes : azote, acide phosphorique , chaux, potasse, à une terre de richesse moyenne qui ne contient pas une quantité suffisante de ces principes disponibles. Si l'un d'eux est abondant, il est inutile d'en fournir tant que cette abondance subsiste et n'a pas été supprimée par la culture prolongée.
De la prétendue loi de restitution, — Certains agronomes ont posé comme une loi nécessaire, et cette opinion est encore assez répandue, qu'il est indispensable de restituer à la terre tous les matériaux nutritifs que les récoltes annuelles lui enlèvent. L'utilité de la restitution est bien visible quand il s'agit d'un sol pauvre ou fatigué: même, dans ce cas, la restitution ne suffît pas, et une amélioration plus importante est habituellement désirable.
Mais à une terre riche en azote, ou en acide phosphorique, ou en potasse, fournir de nouveau ces principes sous prétexte que les récoltes en ont emporté une certaine dose, c'est ensevelir inutilement dans le sol la valeur de ces matières; les terres riches sont, en réalité, une mine de principes fertilisants que l'agriculture exploite, comme l'industrie exploite les gîtes métallifères. Tant que la fertilité subsiste , il est inutile de
t)Ë CHIMIE AGRICOLE. 189
chercher à combler les vides que la culture a faits dans dans le sol; tmit qu'un des éléments fondamentaux se trouve en abondance dans le sol^ il est inutile de rajouter dans les fumures. Il ne convient de fournir par l'engrais que les éléments contenus en quantité trop petite.
La fumure ne doit être en général qu'un aide de la fertilité naturelle.
Dans un sol très riche, elle est inutile et par conséquent désavantageuse.
Dans un sol tout à fait infertile, il en serait de même, car il faudrait ajouter des quantités d'engrais trop considérables , dont la valeur dépasserait notablement celle des récoltes. L'amélioration des sols stériles doit en général être réalisée progressivement, principalement par la culture forestière, très peu exigeante, qui enrichit lentement la terre arable aux dépens des couches profondes et aussi de l'azote atmosphérique.
Il est très important pour la pratique de pouvoir reconnaître si une terre exige le secours d'engrais et si elle réclame également les divers principes : azote , potasse', chaux, acide phosphorique. Ces besoins ne sauraient d'ailleurs être absolus et s'appliquer d'une manière générale à toutes les cultures.
La solution de cette question est malheureusement fort délicate. Pour y répondre, on peut s'appuyer :
1*^ Sur l'aspect des récoltes;
2» Sur l'analyse chimique de la terre ;
3® Sui' des essais culturaux directs.
1» Aspect des récoltes. — L'observation des récoltes peut fournir quelques renseignements utiles sur les besoins nutritifs de la terre qui les porte.
La teinte jaunâtre des feuilles au printemps, est généralement l'indication d'une insuffisance d'azote.
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Si après une végétation herbacée vigoureuse, les céréales donnent des épis maigres et mal garnis, on peut conclure au défaut d'acide phosphorique.
La réussite du trèfle ou du sainfoin sans fumures indique l'abondance de la potasse et de la chaux ; celle de la pomme de terre prouve une richesse relative en acide phosphorique et potasse,
La végétation spontanée fournit aussi de précieuses indications (voir page 60) ; le coquelicot , le chardon, etc., dénotent la présence du calcaire dont au contraire les prêles, l'oseille, marquent l'absence; les légumineuses indiquent du calcaire, ainsi qu'une notable proportion de potasse.
^ Analyse du sol. — L'analyse chimique du sol fournit des règles beaucoup plus précises.
Azote. — Si le calcaire manque tout à fait , la richesse azotée est à peu près indifférente, puisqu'elle demeure inutilisée faute de nitrification ; il faut alors nécessairement, ou ajouter de l'azote assimilable, principalement sous forme de nitrate, ou fournir du calcaire en quantité suffisante, pour qu'il en demeure une certaine dose à l'état libre.
Si la terre contient du calcaire , son azote est utilisable par les récoltes. Quand la proportion d'azote dépasse 2 grammes par kilogramme de terre fine, il est en général tout à fait inutile sinon nuisible, de fournir des engrais azotés.
De 1«^''5 à 2 grammes, l'utilité d'addition d'azote est variable, et le plus souvent peu marquée.
De 0^''5 à l*ff5, les fumures azotées sont très avantageuses, principalement au voisinage de 1 gramme.
Au-dessous de 0«'"5 d'azote, la pauvreté de la terre est habituellement trop grande pour que la fumure soit rémunératrice.
Acide phosphorique. — Un sol renfermant par
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kilogramme plus de 2 grammes d'acide phosphorique, ne profite pas habituellement d'une addition de ce principe.
La fumure de phosphates donne encore peu de résultats dans des terres qui contiennent de 1 à 2 grammes.
Au contraire, les résultats sont bons au-dessous de 1 gramme ; très bons pour les sols encore plus pauvres, qui ne possèdent que O^^'S (et moins) d'acide phosphorique par kilogramme de terre fine ; alors les engrais phosphatés sont absolument indispensables.
Potasse. — Si la terre renferme moins de 1 gramme de potasse par kilogramme , l'usage des fumures potassiques s'impose nécessairement. De 1 gramme à 1^% elles donnent encore des résultats favorables; au-dessus de 1k''5, elles paraissent être superflues.
Chaiioc. — La forte teneur en chaux est une bonne condition de fertilité de la terre; mais ce dont il faut surtout se préoccuper, c'est de la présence du carbonate de chauœ libre. Si l'analyse chimique du sol y indique du calcaire libre intimement disséminé dans toutes ses parties, il sera en général inutile de se préoccuper de fumures calcaires. Si le calcaire libre fait défaut, il est très avantageux d'en fournir en quantité suffisante, pour saturer tous les produits acides de la matière humique, de telle manière qu'une certaine dose de calcaire subsiste dans le sol amendé.
9fi Essais culturaux. — L'analyse chimique de la terre ne conduit pas toujours à des résultats satisfaisants, car elle ne peut nous renseigner sur le degré d'assimilabilité et de dissémination des principes nutritifs de la terrée Un procédé plus exact, qui a été recommandé par M. G. Ville, puis par M. Joulie,