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Mode de fixation du cat'bone. — L'acide carbonique qui a pénétré dans les organes verts de la plante se fixe sans doute sur la chlorophylle; par l'intervention de la lumière, sa réduction a lieu ; de l'oxygène est mis en liberté, remplacé par une nouvelle quantité d'acide carbonique, et ainsi de suite, tant que l'illumination solaire continue.

Sous quelle forme reste le carbone? Ce n'est pas certainement sous forme de charbon; jamais il ne se montre à l'état libre; mais, au fur et à mesure, il se combine avec l'eau pour produire des hydrates de carbone, amidon, glucose, dextrine, cellulose, si abondants dans la constitution des plantes. L'insolation fait apparaître l'amidon dans les cellules à chlorophylle, et le microscope permet en quelque sorte d'assister à la formation des grains solides de cette substance au sein du milieu liquide de la cellule.

La sève brute, très riche en eau, qui monte du sol vers les feuilles, contient avec l'eau une certaine quantité de composés minéraux, et spécialement des nitrates ou des sels ammoniacaux qui, au contact des hydrates de carbone, forment des substances nouvelles, et, en particulier, ces matières complexes dites albuminoïdes nécessaires à la vie de tous les êtres.

La sève, débarrassée de son excès d'eau par la transpiration des feuilles, redescend dans lès parties inférieures de la plante et leur apporte la nourriture élaborée par l'action chlorophyllienne.

Nutrition carbonée iasue du sol. — L'acide carbo^ nique aérien réduit par les plantes vertes est-il la seule source où ces plantes puisent leur carbone?

Ne peuvent-elles pas en emprunter au sol, soit direc* tement sous forme de matière organique carbonée ou même azotocarbonée, immédiatement absorbée par les racines, soit indirectement sous forme d'acide carboni-

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que qui, dissous par la sève ascendante, arrive avec elle dans les feuilles et y subit l'action chlorophyllienne?

C'est là une question dont l'importance est visible, non seulement du côté théorique, mais encore au point de vue de la pratique agricole. Les engrais carbonés apportent-ils aux récoltes une source abondante d'alimentation carbonée ?

Les avis sont assez partagés sur ce sujet. Quelquesuns croient que la matière carbonée du sol ne sert jamais à fournir du carbone à la plante verte : l'acide carbonique de Tair y suffit seul.

D'autres, au contraire, avec Boussingault, estiment que la matière organique de la terre fournit i)ar sa combustion lente, du gaz carbonique qui, charrié jusqu'aux feuilles par les sucs végétaux, y est réduit par la chlorophylle sous l'influence de la lumière.

Certains savants pensent que la substance organique du sol arable peut directement être absorbée par les racines et concourir tout de suite à la nutrition des végétaux. C'est ce qui a lieu visiblement pour les plantes sans chlorophylle non parasites. Le sol sur lequel vivent les champignons est toujours pourvu de débris végétaux en décomposition; c'est dans leur substance qu'ils puisent leur nourriture. La néottia, plante sans chlorophylle de la famille des orchidées, vit de la même façon. Il semblerait assez difficile d'admettre que ce genre de nutrition n'existe jamais dans les plantes vertes ^

Quoi qu'il en soit, et c'est là un point bien établi qui diminue beaucoup l'importance pratique de ces désaccords scientifiques, la mitîHtion carbonée des plantes vertes^ à parti?^ de la matière organique du sol, est^ si elle existe, peu importa^ite ; c'est presque exclusi-

1. Certaines expériences sur la culture des betteraves, récemment publiées par M. Débérain, sont favorables à cette utilisation directe de la matière carbonée de la terre.

vement par la réduction de Facide carbonique atmosphérique que ces plantes se nourrissent de carbone.

Ce qui le prouve bien, c'est qu'il est impossible pour un végétal vert de vivre et de se développer dans une atmosphère privée d'acide carbonique, alors même que le sol contiendrait beaucoup de matières organiques. Une plante verte placée sous une cloche, à côté de chaux éteinte qui absorbe tout l'acide carbonique, jaunit, perd ses feuilles et ne tarde pas à périr.

Travail de l'énergie solaire. — Nous venons de voir que le carbone des végétaux leur vient à peu près tout entier de l'acide carbonique contenu dans l'atmosphère. Cet acide carbonique, composé chimique très stable, que peuvent à peine ébranler les plus puissants moyens de destrjaction que possèdent nos laboratoires, les végétaux le réduisent facilement sous l'action de la lumière. La radiation solaire accomplit là un gigantesque travail chimique, l'énergie s'emmagasinant ainsi dans les végétaux en quantités énormes. C'est cette énergie, dissimulée provisoirement dans la matière des plantes, que nous faisons reparaître en l'utilisant sous forme calorifique, quand dans nos foyers ou dans ceux de nos machines nous brûlons les végétaux ou les charbons fossiles qu'ils ont formés jadis. C'est elle aussi qui reparaît, lorsque l'animal, qui avant tout est un organisme d'oxydation, se nourrit du végétal et consume sa matière, engendrant par elle de la chaleur et du mouvement. Les combustions, la respiration régénèrent l'acide carbonique, et de nouveau l'énergie solaire le reprendra pour se fixer sur la plante avec le carbone qu'il renferme.

Le règne végétal nous apparaît donc comme un accumulateur immense, où l'énergie solaire s'enferme peu à peu et demeure dans la suite à la disposition de l'homme et des animaux.

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