‹ Leçons élementaires de chimieChapitre 111 sur 284 · X^ LEÇON. — PROPRIÉTÉS DU GAZ SULFUYDRIQUE · texte numérisé non relu

X^ LEÇON. — PROPRIÉTÉS DU GAZ SULFUYDRIQUE

partie vide du tube dans un mélange réfrigérant ; le liquide distille alors, et se réunit dans la partie refroidie.

On peut également liquéfier le gaz sulfhydrique en le comprimant à l'aide d'une pompe aspirante et foulante dans un petit ballon à parois épaisses, plongé dans un mélange réfrigérant. A cet effet, on fait communiquer la tubulure aspirante avec l'appareil qui produit le gaz, et la tubulure foulante avec le ballon; lorsque celui-ci est rempli aux j, on le bouche hermétiquement ; mais, comme on ne pourrait pas boucher à la lampe, la pression intérieure étant beaucoup plus considérable que la pression extérieure, on a recoure à l'artifice suivant. On effile à la lampe le col du ballon de manière qu'il ait, avant d'être adapté à la tubulure de la pompe, la forme indiquée par la figure 6S ; on dépose ensuite en a un fragment de mastic, qui n'empêchera nullement l'entrée du gaz : dès qu'on voudra fermer le ballon, on fond le mastic, et par un coup de piston, on le fait passer dans la partie effilée b, où, en se figeant, il constitue une fermeture hermétique.

140. Propriétés du gaz sulfliydrique. — Le gaz acide sulfhydrique se liquéfie sous la pression de 16 à 18 atmosphères. Une fois liquéfié, il peut cristalliser, si on l'expose à un froid de 80°, obtenu par un mélange d'acide carbonique solide et d'éther (Faraday). Quel que soit son état, cet acide est toujours incolore et doué de l'odeur caractéristique des œuls pourris. Sa

densité à Fétat de gaz est 1,1912

Si l'on retranche de cette densité celle de l'hydi^ogène. 0,0692

il reste 1,1220

nombre qui est à peu près égal à la moitié de la densité de la vapeur de soufre, déterminée à 860®. La densité permet donc d'admettre que le gaz sulfhydrique est formé par un volume d'hydrogène et ~ volume de vapeur de soufre condensés en un seul volume. Si l'on rapporte cette composition à 2 volumes de gaz hydrogène (équivalent de ce corps), on dira que deux volumes de gaz acide sulfhydrique renferment deux volumes de gaz hydrogène et 1 volume de vapeur de soufre. Mais comme, en parlant du gaz acide sulfureux, nous avons vu que i volume de vapeur de soufre est égal à l'équivalent, on conclura que le gaz sulfhydrique est composé d'un équivalent d'hydrogène et d'un équivalent de soufre.

îo^ \^ lEnuN. — l'uoriUËTKS Di; gaz sulfii vuuK»Cii:. I éqiiiv. Soufre = Ifî ^ 0IJ2

Un litre de ce gaz pèse («"^piS. A l'état liquide, il possède uue densité irenviron Ojî)lj et, suivant M. WOLler, il peut, sous la pre&sion de 17 atmosphères, se combiner ^vec l'eau et former mi hydrate cristallisé permaneut sous cette prcssiouj et à la lernpétahire ordinaire- Si on ehautïe dansleau à liO^ le tube qui renferme lliydrate, celui-ci se liquelîe, mais il reprend l'état solide lorsqu'il revient à la tempéniture ordinaire.

L'acide sulftiydri{jue est faiblement iicide; ou peut le prouver en versant un peu de teinture de tournesol dans une éprou- \cttG remplie de ce ^az, La teinture, qui est bleue, devient d'un ronge yineux; ce qui prouve qne la faculté acide de ce ^'^is est Irès-faiblc, car les acides un peu énergiques font virer cette même teinture au rouge pelure d oignon* L'eau en dissout 2 f à :i fois son volume. La dissolution^ d'abord limpide^ se trouble par Tac lion de l'oxygène de Tair ; aussi doit-oula préparer avec de l'eau préalablementbourlliej et la conserver dans des flacons bien pleins et bien bouchés. La cause du trouble de cette dissoliilioji est due à du soufre très-divisé, car l'oxygène de raîr enlève l'hydrogène au gaz dissous, et met eu liberté le soufre. Si l'oxygène agissait il chaud sar le gaz sulfhydrique, il y aurait également formation d'eau; en me me temps il se formerait de l'acide sulfnreuï, puisque son action se porterait (ont à la fois sur le soufre et l'hydrogène, Fai elM, si l'on approche de la flainnie d*une bougie l'ouverture d'une éprouve tte remplie d'hydrogène sulfuré, ce gaz s'enflamme et donne naissance â de Varide sulfureux et à de Teau, taudis que les parois intérieures de t'éprouvette se recouvrent de soufre. L'exphcation de ce dernier fait est facile : qu'on ait deux eprouvettes d'égale capacité ; qne les deux tiers de Tune d'elles renferment du gaï sidfhydnqne; qu un tiers de l'autre renferme du gaz acide sulfureux ; si ou rémiit les deux gaK, étant humides, its disparaîtront peu àpeuj le mercure les remplacera, et une légère couche de soufre se déposera sur les parois intérieures du récipient. Il est donc certaiii que ces deux gaz, mis en présence, se décomposent, et que le soufre est un produit de ïenrdécompositioji. Maintenant on se rendra compte de l'apparition du soufre quand on enflamme de riiydrogtine sulfuré contenu dans une éprou-

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vette. Lorsqu'on met le feu à une colonne d'hydrogène sulfuré, les premières couches brûlent complètement, et forment, ainsi que la théorie l'indique, de l'eau et du gaz sulfureux ; ce gaz agit sur les couches voisines que l'air n'a pas encore atteintes, et qui sont encore formées d'hydrogène sulfuré : il doit donc se former du soufre, puisque l'expérience démontre que tel est le résultat de la décomposition mutuelle des deux gaz. Pour que cette action secondaire se manifeste dans toute sa plénitude, il faut que la portion du gaz sulfhydrique qui ne brûle pas soit justement le double de celle qui brûle, condition qui se trouve approximativement remplie lorsqu'on opère dans une petite éprouvette. L'égalité suivante explique la nécessité de ces rapports entre le volume des deux gaz.

2lHS = 4'°i-) + (SO* i= 2'<'»-) = 2H0 -f- 3S.

Il va sans dire que si la quantité d'air enveloppant une masse de gaz sulfhydrique était suffisante pour la brûler complètement, il ne se déposerait point de soufre : aussi de l'hydrogène sulfuré que l'on allume dans une éprouvette en produit-il sensiblement; mais un jet capillaire de ce gaz également allumé n'en donne pas du tout. C'est que la quantité d'air qui enveloppe le^ jet contient assez d'oxygène pour opérer une combustion complète. Au surplus, on aura la preuve que l'apparition du soufre, lors de la combustion de l'hydrogène sulfuré, n'est que le résultat d'une combustion entravée par l'effet d'une action secondaire, en introduisant dan« une éprouvette un demivolume de gaz sulfhydrique, un volume et demi d'oxygène, et en enflammant le mélange : celui-ci brûlera avec détonation, mais pas une trace de soufre ne se déposera sur les parois de l'éprouvette, ce qui prouve que la proportion d'oxygène, était précisément ce qu'il fallait pour brûler en entier les éléments du gaz sulfhydrique.

141. Explication du phénomène des fumerolles d'A«gnano. — Ces dernières observations méritent une attention particulière, car elles servent à expliquer un phénomène naturel qui a pendant longtemps exercé en vain la sagacité des savants.

Sur le sol de quelques anciens cratères, et notamment à la solfatare d'Agnano, près de Naples, on remarque un fait curieux^ qui) dans le pays, est connu sous le nom de fumerolles (fumajoli).

ÎOti X*^ LEÇON.-- TTIAKSFOH. DU GAZ SUtFU YDRIQUE.

C'est une légère l'uinée qui sort de terre par des fentes a peine lisibles, et qui devient épaisse j et se propage quelquefois au loin, si ou en approche un peu d'amadou cmbraBé. Dans nu espace limite» lel que Jea petiteià salles à bain de vapeur na lu relie, établies sur le bord du lac, le phénomène est encore plus frap. pantj car un lilet a peine visible de fumée se transforme souvent en un nua^e blauLMtre qui envahit peu k peu toute la capacité ambiante. M, l*iria a expliqué le phénomène après avoir découvert une nouvelle propriété du gaz sulfhvdrique : ce gaz mêlé à de Tair peut se convertir en acide sulfureux sous T influence du diarbon, des laves volcaniques, du fer et de ses composés naïurelSj pourvu que tous ces corps soient portés à Tincandescciice; l'argent, le cuivre, l'or j le verre et la porcelaine ue produinùent pas lemiînie elTet. Or^ du sol volcanique d*Agnano se dégage continuellement de Thydrogène sulfuré^ qui se mule à l'air; en plaçant dans ce mélange de ramadou embrasé, c*est comme si Ton y portait du charbon incandescent : il arrive donc que tout autour de l'amadou il se forme du gaz sulfureux: qui réagit sur l'hydrogène sulfuré ambiant : la fumée est l'indice de celle réaction : elle eist formée par du soufre et de la vapeur d'eau qui sont le résultat immédiat de la réaction elle-niôme. La fumée qui sort naturellement dn sol et qui tbrme les fumtrollesy s'explique de 3a même manière., puisqu'elle est formée de vapeur d'eau, de soufre et de gaz sulfhvdriqne : elle provient des cavités souterraines où des laves incandescentes agi rasent probablement .sur des mélanges d'bydrogv'^ne sulfuré et d'air.

142, GoQvâraion du gaz sulfhydrique en acide sulfurique. — Il y a des cas où ce gaz donne, par sa couibustion, un produit qui n'est ni du soufre ni du gaz sulfureux, J.es toiles qui servent ii isoler les malades dans les piscines des étabU.ssemenls d'eau sulfureuse, se détériorent à cause de Facidc sulfurique dont leur tissu est imprégné. D'où vient cet acide ? Les tissus n'en contiennent pas par cux-^mèmes^ et leâ sources des établissements n'en fournissent pas la moindre trace à l'état libre. M, Dumas, qui a fait celte observai inn, a prouvé que l'acidesulfurique provient de l'hydrogène sulfuré des eaux un né rat es :eu efl'etj sij pendant 20 à 24 heures, on fait arriver de ce gaz humide sur de la toile chauffée à 40" ou h oO", on la trouvera assez imprégnée diacide sulfuriquc pour que les réactifs puissent donner une réaction bien tranchée-

Ainsi l'hydrogène sulfuré, sous l'influence des tissus organi-

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